‹ Tableau encyclopédique et méthodique des trois règnes de la natureChapitre 118 sur 246 · V. Albus ; remigibus nigris ; rostro pedibusque griseis · texte numérisé non relu

V. Albus ; remigibus nigris ; rostro pedibusque griseis

Blanc ; rémiges noires; bec et pieds gris.

Si on n’avoit égard, dit Sonnerat, qui a fait connoître cet oiseau , qu’au caractère du bec, on ne pourroit le placer dans le genre Fautour ; car son bec ressemble absolument à celui du Dindon ; aussi , les habitans de la côte du Coromandel , n’ayant égard qu’à cette partie, lui donnentle nom de Dindon sauvage ; mais du reste.il a tous les caractères des Vautours , savoir, les narines dé-

couvertes, la base du bec garnie d’une peau hué, l’espace entre les narines et les yeux, couverc d’un petit duvet qui ressemble à du poil. Sa taille est celle du Dindon; le front, la gorge, les joues sont nus et rougeâtres ; les plumes du derrière de la tête et du cou , longues et blanches ; les petites plumes des ailes , le dos , le . ventre et la queue , de la même couleur ; les grandes plumes des ailes, noires , et l’iris rouge.

Mauduy t ( Encyclopédie méthodique ) , regarde comme certain, que c’est le même que le Fau- ' tour de Norwège ( Fultur percnopcerus ) , et nous le croyons fondé dans ce ' rapprochement. Ce Fautour a le vol rapide et léger, est d’une insatiable gloutonnerie et sans courage. Il aime beaucoup les reptiles, se tient presque toujours seul dans les endroits marécageux , et sur quelque tertre d’où il guette sa proie. Sonnerat , Foyage aux Indes et à la Chine , tom. 2 , p. 124. 2e édit, du nouv. Diction, dé Hist. natur, tom,. 3 j . p. 24p. Les Grandes-Indes.

* Le grand Vautour des Indes. 7. F. In -

dicus. F. F 'us eus ; corpore supra fasciis pallidis ; capite colloque denudatis , ru fis ; remigibus , nccricibus j. rostro pedibusque nigris.

Brun; corps à bandes pâles en dessus ; tête et cou nus , roux; rémiges, tectrices, becec pieds , noirs. (Pl. 195 .fig. 2 . )

On rencontre ce Fautour d ans les Grandes- Indes, où il se tient ordinairement surdes bords de la mer , pour, prendre les poissons morts que les vagues'jettent sur le rivage. Il vit généralement de chair corrompue et déterre même les cadavres. Son vol est lourd, quoiquul aie des ailes fortes. Il a la vue très-perçante , et le sens de- l’odorat exquis. Ces grands Fautour s se rassemblent, avec une promptitude remarquable , dans les lieux où les hommes se dévouent à la mort et au carnage; il en est de même lorsqu’un animal est tombé mort, il se présente à l'instant quelques individus , que l’on n’avoit pas aperçus auparavant dans le voisinage ; de sorte que , dans l’Inde, ces oiseaux passent pour être doués d’un instinct prophétique, par lequel ils pressentent les combats et sont avertis de la mort des anL., maux.

La grosseur de ce Fautour est celle d’une Oie ; sa tête est couverte d’un petit duvet séparé, qui ressemble à du poil ; le cou , garni de distance en distance de plumes très-fines, placées par petics paquets; celles de la poitrine sont courtes, rudes

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ORNITHOLOGIE

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et pareilles à un poil ras ; celles du bas du cou , en arrière, longues, étroites , terminées en pointe et d’un roux presque mordoré; les petites des ailes, celles du dos et du croupion , couleur de terre d’ombre , terminées par une bande d’une teinte plus claire; les grandes pennes aîaires et caudales, noires; l’iris esc rouge. Sonnerat 3 Voyage aux Indes et à la Chine 3pl. 195. 2 e édit', du no uv. Dict. d’Hist. natur. tom. 35 . p. 150. Les Grandes-Indes.

Le Vautour griffon. 8. V. Vulgaris. V. Super ne griseo-rufescens ; capite 3 collo et torque albis ; remigihus rectricibusque nigris ; rostro cinereo ; pedibus plumbeis. -

D’un gris-roussâtre en dessus; tête, cou et collier, blancs; rémiges et rectrices noires; bec cendré; pieds plombés. ( Pl . I95,J%. 4, et pl. c)7,fig. 1, sous le nom de Vautour percnoptère. ) Cette espèce, que l’on voit en troupes nombreuses sur les Alpes et sur. les Pyrénées, les abandonne pendant l’hiver; elle est aussi répandue en Afrique et dans l’Inde. Levaillant l’a vue au Cap de Bonne-Espérance , sur la montagne de la Table, qu’elle ne quitte que dans les grandes tempêces du sud-est. Sonnini l’a aussi rencontrée en Egypte et dans le Levant, où les Turcs et les Grecs font grand cas de sa graisse, qu’ils regardent comme un excellent topique pour appaîser les douleurs du rhumatisme. Son nom, én grec moderne, est Skania; celui de Percnopètre 3 tiré du grec ancien,. a été adopté par Buffon, pour le distinguer de tous les autres Vautours; mais ce n’est pas le Percnopterus de Linnée, qui est une espèce très-distincte; enfin , les Catalans l’appellent T/encalos. Le Pline français a tombé dans une méprise, lorsqu’il a donné pour variétés du Griffon 3 le Vautour doré et le Vautour noir ; le premier étant la Ph'ene ou le Gypaète des Alpes 3 et l’autre, une espèce particulière décrite ci -après.

Ce Vautours huit pieds d’envergure; la tête, couverte de petites plumes blanches et effilées ; celles de l’occiput et de la nuque forment une huppe d’un pouce de long ; le cou est presque nu ; le duvet court et rare , dont il est parsemé, n’empêche pas de voir les couleurs brune et bleuâtre de sa peau; les longues plumes du bas du cou sont disposées en forme de fraise d’un blanc éclatant; il y a un grand creux tapissé de poils au haut de l’estomac, c’est la peau du jabot; mais, malgré cette cavité extérieure, il y a intérieure-

ment une bosse et un grand élargissement dans cette partie de l’œsophage, qui soulève la peau du creux et se remplit lorsque l’oiseau est bien repu. Les plumes du corps sont d’un gris-rous-*' sâtre, et d’un joli gris-blanc dans l’âge avancé; les pennes des ailes et de la queue sont noires ; l’iris est d’un bel orangé. Brisson, Ornithol. tom. i-pag. 462. n. 7 [Vautour fauve), Buffon , Hist. nat. des Oiseaux 3 tom. 1 . p. 151 . pl. end. n. 42 6 [le Percnoptère). Gmelin, Syst. natur. n. 11. Latham 3 Index , n. 11 [Vultur fulvus). Idem 3 Suppl, w. 2 3 ( Vultur Kolbii ). L Europe et l’Afrique.

Le Vautour noir. 9. V. Niger. V. Niger; remigibus rectricibusque fuscis ; pedibus nuais et c&rulescentibus ; rostro nïgricante.

Noir; rémiges et rectrices brunes; pieds nus et bleuâtres ; bec noirâtre. ( Pl. iç)6,fg.i,sous le nom de Vautour d’ Arabie.)

Les ornithologistes se sont trompés en donnant à ce Vautour des pieds totalement vêtus , car il a les tarses nus; cette erreur nous parole provenir de ce que les longues plumes des jambes descendent assez bas pour couvrir le tarse jusqu’aux doigts, ainsi que l’a fort bien remarqué Edwards dans la description de son Vautour noir couronné, qui est un individu de la même espèce. Si ce n’est pas ce motif, ils s’en seront donc rapportés à Belon, qui a cru que tous les Vautours avoient les jambes garnies de plumes jusqu’au-dessus des doigts [Oiseaux, chap. 2, p. 85 ). Au reste , il est certain que tous les Vautours d’Europe , dont celui de cet article fait partie , ont la plus grande partie du rarse nue ; ce dont on peut facilement se convaincre sur les individus-dé la Ménagerie du Muséum d’histoire naturelle; il faut cependant en excepter les Vultur aurca 3 barbitus - et barbarus 3 mais qui sont des Phènes dont on a fait un genre particulier.

Selon des auteurs, 1 e grand Euwrowr de Buffon et le Vultur monachus de Linnée , appartiennent â la même espèce ; ce qui est vrai , si l’on n’a pas égard aux pieds vêrus , ni aux doigts jaunes que le premier porte sur la pl. enl. n. 426; mais il est très-probable qu’on a mis à l’individu qui a servi de modèle pour le dessin, des pieds d 'Aigle; et ce ne seroit pas le premier oiseau qu’on a ainsi défiguré dans des collections, même publiques. Néanmoins, nous reconnoissons dans le resre de cet oiseau , un individu âgé d’un ou deux ans de l’espèce du Vau -

tour noir ; mais ces auteurs n’auroient pas du donner des pieds vêtus au Vautour noir couronné d’Edwards, d'après lequel Linnée a établi son Vultur monachus /s’ils eussent consulté sa figure et sa description dans cet ornithologiste anglais ; de plus , ils se seroient abstenus d’indiquer le Vautour arrian pour une espèce distincte du Vultur monachus , attendu que la différence qu’ils tirent des pieds n’existe point entre ces deux Vautours y qui sont du même âge et ne portent point encore le plumage des vieux. Nous rapprochons , comme nous l’avons déjà dit , le Vultur monachus du Vautour noir y quoiqu’un auteur moderne le dise d’un genre différent , et nous nous fondons sur des attributs communs à tous les deux , savoir, les narines rondes , la couleur bleuâtre de la peau du cou , la cire des tarses et des doigts, le nombre des pennes caudales et le bec conformé de même. Son plumage signale un individu qui est encore dans ses premières années. Quant à l’espèce de huppe qu’il porte sur la tête, dont on a voulu faire un caractère distinctif et spécifique, sous le nom de huppe ou de callosité y quoique ce ne soit ni i’une ni l’autre , elle n’esr due qu’au duvet laineux de l’occiput , lequel est un peu plus élevé que partout ailleurs. Nous avons remarqué que ce duvet avoir à peu près la même élévation sur le Vautour brun du Muséum d’histoire naturelle, lequel est un Vautour noir dans sa deuxième année, ainsi que sur celle du Chincou de Levaillant [pi. iz des Oiseaux d’Afrique). Ces deux oiseaux ont la cire er la peau du cou bleuâtres , et de plus , un plumage tellement analogue , que nous les regardons comme des individus d’une même espèce, quoique l’image du Chincou le représente avec des narines oblongues et un bec qui diminue insensiblement de grosseur jusqu’à sa pointe ; rpais cette image est-elle exacte? C’est probablement d’après ces formes des narines et du bec , que M. Savigny, qui le premier a jeté un grand jour sur la distinction d=s Vautours d’Europe , nous dit de comparer le Chincou au Vautour noir y comme un oiseau de genre vraisemblablement différent •, mais il n’auroir pas dû le joindre au V autour d’Edwards et au Vultur monachus de Linnée, attendu qu’ils n’ont pas les narines et le bec pareils. Au reste, nous les réunissons, parce que les caractères du Chincou nous paroissent une faute du dessinateur. M. Levaillant présente le Chincou pour un oiseau de la Chine , sur un oui-dire ; ce dont on doit douter, ditLarham , puisque c’est le même oiseau que le Vautour

OLOGIE. jï7r

d’Arabie de Brisson et le Vultut monachus , ou l’individu figuré dans les Oiseaux d’ Edwards t sur la planche Z90 ; ce qui entre dans notre sentiment.

Le Vautour noir porte un collier de plumes longues , étroites et hérissées ; la peau nue de la tête et du cou , est bleue et garnie de duvet ; la cire , le tarse et les doigts sont bleuâtres ; les jambes couvertes de plumes longues , pendantes sur les côtés et vêtues jusqu’au-dessous du genou; la queue est arrondie à son extrémité et composée de douze pennes.

Il a, dans sa première année, un plumage varié de brun et de gris sale. Le duvet de la tête et du cou est dans sa deuxième année gris et -brun ; le tour de l’œil, blanc ; le collier , cendré ; le corps, brun , mais plus clair en dessous. Dans la troisième année, le duvet devient totalement brun, et le corps d’un brun-noiiâtre ; enfin , dans la quatrième , le duvet de la tête et le plumage sont noirs. Brisson y Appen dix , n. z 9 ( Vautour d’Arabie). Idem 3 Ornith. tom. i. p. 151. n. 4 Edwards > pl. Z90 ( crested black Vulture). Gtnelin 3 Syst. nat. édit. 14, n. 9» Latham y Index y n. 11 (Vultur ni ger). Gmelin t n. 4. Latham y n. 9 ( Vultur monachus). L’Europe et l’ Afrique.

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