‹ Tableau encyclopédique et méthodique des trois règnes de la natureChapitre 4 sur 246 · L. 4 f. Ë.. P.. R. ri · texte numérisé non relu

L. 4 f. Ë.. P.. R. ri

Le Bruant mitilène. 4. E. Lesbia. E. Griseo nig roque varia ; subtus orbheque albaj sub oculls albo nigroque ter striata ; rectricibus lateralibus partim albis.

Varié de gris et de noir; dessous du corps et orbites blancs; trois raies blanches et noires sous les yeux ; rectrices latérales èn partie blanches.

Cet oiseau a de grands rapports avec le précédent, mais il en diffère en ce que le noir des côtés de la tête se réduit à trois bandes étroites, séparées par des espaces blancs ; en ce que le croupion et les couvertures supérieures de la queue sont nuancés de roux, et que les pennes de la queue, excepté les intermédiaires, sont bordées de blanc; mais ce qui distingue bien ces deux espèces, outre que le Gavoué n’a point de plumes blanches à la queue,, c’est que le Mitilène

ne commence à chanter qu’au mois de juin ÿ qu’il est plus rare, plus farouche, et avertit les autres oiseaux, par ses cris répétés, de l’apparition des oiseaux de proie. Cet instinct a donné lieuaux Grecs de Mitilène et de l’ancienne Lesbos, de l’établir gardien de leur basse cour, en le tenant renfermé dans une cage assez forte pour qu’il ne puisse être dévoré lui-même par ceurqu’il trouble dans la recherche de leur nourriture. Bujfon y Hist. natur. des Oiseaux 3 tom. 4. pag. 3 ti.pl. enl. n. 6j 6-fîg> 1 • L’Europe méridionale^

Le Bruant ortolan. 5. E. Hortulana.E.Ca pite colloque cinereo-olivaceis ; gulâ flavicante y lineâ cinereâ circurnscripta ; remigibus fuscis ; primis tribus margine albidis ; rectricibus fuscis 3 lateralibus duabus extrorsum nigris ; rostro pedibusque Jlavicantibus

Tête et cou d’un cendré-olivâtre; gorge jaunâtre et entourée d’une ligne cendrée; rémiges brunes ; les trois premières bordées de blanchâtre ; rectrices brunes , les deux latérales noires à l’extérieur;, bec et pieds jaunâtres.

Cette espèce passe dans nos provinces septen^ trionales au printemps, à peu près dans le mêmetemps qu’arrivent les Hirondelles , et devance un peu l’arrivée des Cailles ; cependant leur passage n’est pas régulier dans les mêmes cantons , surtout aux environs de Paris. Ceux qui viennent , dit-on, de la basse Provence, remontent jusqu’en Bourgogne , fréquentent les vignes , où ils se nourrissent des insectes qui courent sur les pampres et sur les tiges, et l’on assure qu’ils ne touchent point au raisin.

Dès les premiers jours du mois d’août , lesjeunes prennent le chemin des provinces méridionales , et les vieux ne se mettent guère en route qu’au mois de septembre et même sur la fin. Ils passent dans le Forez, s’arrêtent aux environs de Saint-Chaumont et de Saint-Etienne, dans les champs d’avoine,, et y demeurent jusqu’aux premiers froids ; ils s’engraissent tellement et deviennent si pesans qu’on pourvoit les tuer à coups de bâton ; mais dès que le froid se fait sentir, ils continuent leur route pour les provinces les plus méridionales. On en voit-aussi beaucoup, dans les deux passages, aux environs de Bordeaux, et surtout dans le Béarn. Ils se répandent pendant la belle saison en Ailemagne, où on les prend pêle-mêle avec les Bruans et-U^

ORNITHOLOGIE

Pinsons. Quelques personnes regardent ces oiseaux comme originaires d’Italie ; mais, dans le Midi , ils ne tiennent pas plus à un pays qu’à l’autre, et se fixent volontiers dans celui qui leur offre une nourriture plus abondante ou plus de tranquillité pour s’y perpétuer; c’est ainsi qu’ils se sont naturalisés dans un petit canton de la Lorraine, entre Dieuse et Mullé. Il paroîr que dans leur émigration au nord, ils s’avancent audelà de l’Allemagne , puisque Linnée les place parmi les oiseaux de la Suède ; enfin , Pennant dit que les Ortolans fréquentent les parties méridionales de la Russie et de la Sibérie , qu’on en voit dans les environs de la rivière Ob, mais qu’ils ne s’avancent pas plus au nord.

Le ramage du mâle a de l’analogie avec celui du Bruant commun , et il chante , au printemps , la nuit comme le jour.

Un Ortolan gras est un excellent manger ; mais , sans le talent du cuisinier , il perd de son mérite. Il faut savoir conserver à sa graisse sa saveur , son fumet et son goût exquis. Pour cela, on les fait cuire, soit au bain-marie, soit au bain de sable ou de cendre , et même dans une coque d’œuf naturelle ou artificielle , comme les Romains le faisoient pour des Bec-figues dans des œufs de Paon.

Le nid de cette espèce est construit assez négligemment , à peu près comme celui des Alouettes; elle le place, en Bourgogne, sur les ceps , mais dans d’autres pays , comme en Lorraine, elle le fait à terre, et par préférence dans les blés. La ponte est de quatre ou cinq œufs grisâtres. Le nid , figuré dans Sepp . , pi. 145 , est composé de deux sortes de joncs, secs et verts, et les œufs sont d’une teinte pourpre très-pâle, parsemée de très -petites taches noirâtres.

Le mâle a la tête et le cou d’un joli cendré ; le tour des yeux et la gorge, jaunâtres; la poitrine , le ventre , les flancs et les couvertures supérieures de la queue, d’un marron-brun uniforme ; les pennes des ailes , noirâtres ; les plus grandes, bordées extérieurement de gris; les moyennes, de roux; les inférieures , d’un jaune fauve ; les pennes de la queue, noirâtres et bordées de roux. La femelle a un peu moins de cendré sur la tête et sur le cou ; n’a point de rache jaune au dessus de l’œil , et ses autres couleurs sont moins vives. Brïsson , Ornith. tom. 3 ,p. 1 5 9. n. 4. Buffon, Hist. natur, des Oiseaux , tom. 4. p. 3 o ; . pi. enl. n. z^-j.ffg. 1. V Europe,

Le Bruant de passage. 6. E. lothoringiça. E .

Nigro maculata ; supra rufa , subtus cinerascens ; strigâ per oculos maxilUque inférions nigrâ ; rectricibus lateralibus albo nigroque variis ; rostro pedibusque fuscis.

Tacheté de noir; roux en dessus; cendré en dessous; raie noire partant de la mandibule inférieure et traversant les yeux; rectrices latérales variées de blanc et de noir ; bec et pieds bruns. ( Pl . 153 ,fig. 3 , sous le nom d’ Ortolan de la Lorraine. )

Cette espèce n’est que de passage en France; mais elle est commune en Sibérie, où elle se tient dans les brousailles et dans les bois. Les Italiens appellent ce Bruant, fou, parce qu’il donne indifféremment dans tous les pièges ; mais cette espèce de folie est , comme le dit Buffon , une maladie de famille, que le Bruant de cet article a seulement dans un plus haut degré. En effet, M. Guys, cité par Buffon, l’appelle l’oiseaubête par excellence. Il est connu en Provence sous le nom de Chic-farnouse.

Le mâle ne portant pas un plumage pareil dans toutes les saisons, et celui de la femelle étant différent, il en est résulté des méprises ; en effet, celle-ci a été donnée pour une espèce distincte, sous le nom de Bruant fou ou des prés , et est représentée sur la pl. enl. de Buffon, n . 30 * fig. t. Nous devons encore observer que l’individu de la pl. enl. 5 1 1 ,fig. 1 , n’est point une femelle de cette espèce , mais un Ortolan de neige.

Le mâle, sous son habit de noce, ale dessus de la tête et du corps varié de gris -roux et de noirâtre; les sourcils, les joues, la gorge et la poitrine , d’un cendré clair ; les parties postérieures, d’un roux foncé; un trait noir à travers l’œil et une bandelette qui descend de la mandibule inférieure sur les bords de la gorge ; les petites couvertures des ailes , cendrées ; les pennes primaires , frangées à l’extérieur de gris sur un fond noirâtre; les secondaires, bordées de roux ; les deux pennes intermédiaires de la queue, rousses et bordées de cendré; les suivantes , noires et blanches. Chez des individus, la gorge est mouchetée de noir, avec une ligne transversale noirâtre sur le bas de cette partie ; la poitrine et les flancs sont pointillés de noir.

Des femelles ont une sorte de collier mélangé de roux et de blanc; d’autres n’en ont pas ; mais, chez toutes, le dessous du corps est d’un roux très-clair; le dessus de la tête d’un gris-roussârre , varié de brunâtre et quelquefois de blanchâtre; les sourcils sont de la dernière couleur; les joues,

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