O R N I T II O L O G 1 E
rieure, onguiculée, échancrée et inclinée vers la pointe.
Narines ovales, ouvertes, latérales et situées vers le milieu du bec.
Lingue courte, épaisse, charnue, demi-cva’e, j arrondie à sa pointe.
Cou très-long.
Ailes inutiles au vol, couvertes de plumes décomposées et à barbes désunies.
Cuisses posées hors de l’abdomen ; jambes dénuées de plumes sur leur partie inférieure.
Pieds tridactyles ; trois doigts devant ; une callosité nue en arrière.
Queue nulle.
Le Nandu habite dans l’Amérique australe, ■particulièrement dans les vallées des Andes , est presque de la hauteur d’un homme , se défend avec ses pieds, se nourrit d’herbes et principalement de mouches , rappelle ses petits par un sifflement et niche dans un trou en terre, où il dépose 40 à 60 œufs très-savoureux. Le mâle les couve ; les petits naissent clairvoyans , quittent le nid, courent et mangent .seuls -dès leur naissance.
* Le Nandu ou l’Autruche de Magellan.
1. R. Americana. R. Corpore albido , nigro 3 varïo 3 interdîim coco albo ; dorso alarumque permis ■atro cinereis ; uropygii permis elongatis 3 cauda toco ; palpebris ciliatis.
Corps blanchâtre , varié de noir , quelquefois totalement blanc ; dos et plumes des ailes d’un cendré-noir ; plumes du croupion alongées , tenant lieu de queue ; paupières ciliées.
Barrère , Brisson , Guesneau de Moiubelliard et Bonnaterre ont confondu cet oiseau avec le „ Touyou. En effet , le Touyou de la Guyane ou le Jabiru du Brésil 3 est un oiseau de rivage , qui vole aussi bien que le Héron 3 et qui n’a d’autres rapports avec le Nandu que dans sa grande taille. L’on en prendroit donc une fausse idée, si l’on s’en rapportoit aux ouvrages du plus grand nombre des ornithologistes, et particulièrement à celui de Buffon, dans lequel ne se trouveroient pas les notes indispensables qug. Sonnini y a ajoutées.
Les noms de Nandu et de Chari sont ceux que les naturels du Paraguay ont imposés à cet oiseau; mais les Espagnols de cette contrée et de Buenos-Ayres l’appellent Avestru 1 (Autruche), et les Portugais du Brésil le nomment Etna 3 dénomi nation que les auteurs ont consacrée au Casoar. Cette espèce est présentement rare au Para-
guay, mais elle est commune dans les plaines de Monte- Video, dans les Missions et dans les campagnes de Buenos-Ayres. On la trouve aussi au Pérou , mais seulement dans les régions froides des Cordillères , au Chili , dans les vallées qui séparent les hautes montagnes des Andes, ec principalement aux terres magellaniqües ; mais on ne la voit point à la Guyane. Barrère ne la range parmi les oiseaux de la Franche équinoxiale qu’à cause de la méprise qu’il a faite en la confondant avec le Touyou et le Jabiru.
Les Nandus ne pénètrent jamais dans les bois; ils restent toujours dans les plaines découvertes, soit par paires, soit par troupes, qui excèdent quelquefois trente individus. Dans les contrées où l’on ne fait point la chasse à ces autruches , elles s’approchent des habitations champêtres , et elles ne se dérangent pas à la vue des hommes de pied; mais datas les pays où l’on a coutume de les poursuivre, elles -fuient de loin et elles sont toujours en défiance. Si elles s’aperçoivent qu’on cherche à les surprendre , elles se mectenc à courir de très-loin et avec tant de vitesse, qu’il n’y a que d’excellens chevaux , montés par de bons cavaliers , qui peuvent les atteindre. Les chasseurs, pour les prendre , leur lancent au cou une espèce de collet formé de trois pierres grosses comme les poings, et attachées par des cordes à un centre commun. -Les Nandus se trouvant arrêtés dans leur course par ce collet, on ne doit les approcher qu’avec précaution, car ils détachent des ruades capables de briser une pierre.
Lorsque ces oiseaux courent de toute leur force , ils écendent les ailes en arrière , ce qui esc sans doute l’effet du venr, et pour tourner ec faire de fréquens crochets, ils ouvrent une aile,, et le vent les aide à exécuter très- rapidement ces Vôtres qui mettent le chasseur en défanr. S’ils sont tranquilles, leur démarche est grave et majestueuse; ils tiennent la tête ec le cou élevés , et leur dos arrondi ; pour paître , Ils baissent le cou ec la tête, et ils coupenc l’herbe dont ils se nourrissenr.
Le mois de juillet est l’époque des amours du Nandu j on entend alors les mâles pousser des mugissemens assez semblables à ceux d’une vache. Les femelles commencent â pondre â la fin d’août, et les premiers petits paroissent en novembre. Les œufs ont leur surface très-lisse , d’un blanc mêlé de jaune et également gros aux deux bouts. Le nid 11e consiste qu’en un creux large, mais peu profond, fait naturellement dans la terre ; quelquefois les Nandus le façon-
O R N ITH
neut avec de la paille. Ils ne cherchent point à le cacher, de sorte qu’on aperçoit de loin les œufs de l’oiseau. Leur nombre dans chaque ponte n’est pas connu ; cependant M. de Azara , à qui nous devons tous ces détails, a vu une femelle qui vivoit en domesticité et privée du mâle, pondre dix-sept œufs à trois jours d’intervalle l’un de l’autre , et les laisser tomber en différens endroits. Dans l’état de nature, on voir quelquefois soixante -dix à quatre-vingts œufs dans un seul nid, et c’est sans doute le produit de la ponte de plusieurs femelles. En effet, on dit, dans leur pays, que toutes les femelles du canton déposent leurs œufs dans le même nid , et qu’un seul mâle se charge de les couver. Il paroît certain, d’après les observations de M. de Azara, qu’un seul individu fait éclore les œufs, conduit et protège les petits, sans l’aide d’aucun autre. L’on assure aussi , que si quelqu’un vient à toucher les œufs, l’oiseau les abandonne ; et s’il s’aperçoit qu’on le regarde pendant l’incubation, il les prend en horreur et les brise à coups de pied. C’est une opinion générale, que le mâle, sépare avec soin quelques œufs, qu’il casse quand les petits éclosent , afin qu’ils trouvent à leur naissance de la pâture dans la multitude de mouches qui s’y rassemblent. Les Nandus paroissent ne pas connoître la jalousie , puisqu’ils se réunissent par bandes pour faire un nid où toutes les femelles pondent en même temps leurs œufs ; mais cette espèce a cela de singulier, qu’un seul mâle se charge de les couver et de conduire les petits.
Toute la dissemblance entre le mâle et la femelle consiste en ce que celle-ci est un peu plus petite, et qu’elle a moins de*noir à l’origine du cou , distincion qu’on ne peut saisir si on ne les voit ensemble. Les Nandus ont la jambe fort grosse en devant ; le tarse très-robuste et revêtu de grandes écailles ; l’œil, arrondi ; le croupion conique et pointu ; les plumes du corps, longues, , foibles et décomposées •, celles de la tête serrées et rudes comme des^ crins ; le fouet de l’aile terminé par un éperon long de six lignes et qui ne sert point à l’oiseau ; les plumes du corps blanches, à l'exception de celles du dos qui sont de la couleur du plomb ; celles du dessus et du derrière de la tête , noirâtres } une bande noi re coin mence à la nuque, descend sur les parties postérieures du cou et s’élargit jusqu’à entourer le cou entier à son insertion dans le corps ; le reste du cou et | de la tête est blanchâtre ; les épaules et les plumes scapulaires sont cendrées, les plumes des [
OLOGIE. j 03 !
ailes sont à peu près de la même teinte, mais les grandes ont du blanc vers leur origine et du noirâtre dans leur milieu; parmi celles du dessus de l’aile, quelques-unes sont entièrement blanches, et les autres n’ont cette couleur que jusqu’au tiers de leur longueur : le reste est noirâtre. Marcgrave 3 Bras. 190 ( Nhandaguacu brasiliensïbus). Brïsson 3 Ornithol. tom . 5. p. 8. n. x ( Thouhïou ). Bujfon , Hist. nat. des Oiseaux y tom. 1 ( l’Autruche de Magellan). De A^ara 3 Apuntamientos para la Hist. nat. de l'os Paxaros del Paraguay3 etc. tom. y p. S 9. n. 339. L’Amérique australe.
L X X I Xe Genre.
SPATULE, Platalea , Linn. Lath.
Corpus oblongum y albo 3 roseo aut rubro pictum.
Caput rotundatum , inter dîim cristatum.
Rostrum longissimum y rectum , supra subt-hsque planum3 basi cutâ s cabra tectum , flexibile j mandibularum pars interior denticulis acutis proeminentibusque munit a ; superior supra versus margines sulcata3 ungue adunco terminata.
N ares basi rostri in sulco sUd^angusu, oblonga membranâ marginal a.
Lingua brevis\ima y triangularisj acuta.
Collum elongatum ; gulâ in saculo dilatât a.
AU remige secundâ longissimâ.
Fernora extra abdomen posit a ; tibia semi-plumosa.
Pedes letradactyli ; digiti très anteriores } membranâ basi connexi , dein ad ungues usque fimbriati i posticus un us 3 quemadmodkm anteriores imo tarsi posit us 3 sedilem. çingens y omnibus articulis humi incumbens.
Cauda brevis.
Platalea habitant ad aquas Europe. 3 Africa-3 Asie 3 America ; gr amine , caricibus } arundinum radicibus 3 ramis 3 mutilis , aliisque testaceis pr&serùm piscibus victitant ; in altissimis arboribus nidificant et ova 3-4 gallinaceis aqualia pariunt. Pulli in nido victati , ex illo discedentes ad volandum tantum apti sunt.
Corps obîong, peint de blanc, de rose ou de rouge.
Tète arrondie , quelquefois huppée.
Bec très-long , droit, aplati dessus et dessous, flexible ; l’intérieur des mandibules garni dans le milieu d’une cannelure bordée de dentelures aiguës et proéminentes ; la supérieure sillonnée
ï o3à ORNITH
en dessus vers ies bords, munie à sa pointe d’un onglet crochu.
Narines situées dans un sillon , à la base du bec, étroites, oblongues et bordées d’une membrane.
Langue très-courte, triangulaire, pointue.
Cou très-long ; gorge susceptible de se dilater en forme de sac.
Deuxième rémige la plus longue de toutes.
Cuisses posées hors de l’abdomen ; jambes à demi emplumées.
Pieds tétradactyles ; trois doigts devant , réunis à leur base par une membrane , et ensuite bordés jusqu’aux ongles ; un derrière, posé au bas du tarse sur le même plan que les antérieurs, cerclant le juchoir et portant à terre sur toutes les articulations.
Queue courte.
Les Spatules se trouvent sur le bord des eaux de l’Europe, de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique ; elles vivent d’herbe, de glaïeuls, de racines de roseaux, de grenouilles, de moules et d’autres testacées , surtout de poisson. Elles nichent sut les arbres les plus élevés ; leur ponte est de trois ou quatre œufs de la grosseur de ceux de la poule. Les petits sont nourris dans le nid, et ne le quittent qu’en état de voler.
La Spatule proprement dite. i. P. Leucofodia, P. Occipite cristato ; corpore albo ; gulâ nudâ ; rostro nïgro , apice Jlavo ; pedibus nïgris.
Occiput huppé; corps blanc; gorge nue; bec noir et jaune à sa pointe ; pieds noirs. ( PI. ji. fig, r et 2.)
La nature s’est plue à mouler le bec des oiseaux sous des formes variées , dont quelquesunes ont pu servir de modèle aux instrumens de notre industrie ; c’est ainsi qne le long bec des Spatules i arrondi et aplati à son bouc en lames minces, a fourni peut-être à certains arts l’idée de l’ustensile très-simple qui porte le nom de ces oiseaux : ce bec ressemble en effet à deux spatules appuyées l’une contre l’autre. Cette conformation a valu à ccs oiseaux quelques autres dénominations, comme celles de pale ou palette 3 et celle beaucoup moins convenable de cuiller ou de bec à cuiller 3 qui doit être réservée aux Savacous, dont le bec représente réellement une cuiller.
Les Spatules ont très peu de force dans leur bec , avec lequel elles ne serrent que mollement ; mais en faisant mouvoir les deux mandibules avec précipitation , elles produisent , lorsqu’elles
sont animées par la colère ou par la crainte , un claquement qui se rapproche de celui que font entendre les cygognes. Ces oiseaux se tiennent ordinairement sur les bords marécageux de la mer, pour être plus à portée d’attraper les poissons et les autres animaux aquatiques, dont ils font leur nourriture. Ils construisent leur nid avec des bûchettes au haut des grands arbres , et leur ponte consiste en trois ou quatre œufs blancs tachetés de rougeâtre. Ce sont en général des oiseaux voyageurs peu sauvages, et qui ne refusent pas de vivre en captivité.
Il est très-rare de rencontrer la Spatule de cet article dans l’intérieur des terres , si ce n’est près des grands lacs, et passagèrement le long des rivières. On la voit arriver sur nos cotes de l’Océan dans le mois de novembre, et elle y repasse en avril. Cette espèce, quoique peu nombreuse, se répand dans toutes les contrées de l’Europe. Pallas l’a vue en Russie, sur les rives de i’Oka, et on la rencontre en troupes sur l’Iaik, dans le pays des Kalmoucks, qui l’appellent Kolpi\a. Les Italiens la nomment Gar^a ou Beccaroveglia; les Siciliens lui donnent le nom de Cucchiarone. On la retrouve encore en Barbarie et sur toute la côte occidentale de l’Afrique jusqu’au Cap de Bonne-Espérance. On dit que sa chair est bonne et n’a pas le goût huileux de celle de presque tous les oiseaux de rivage.
Des plumes longues, étroites et très-fournies s’élèvent sur sa tête, garnissent l’occiput et forment une espèce de huppe qui retombe en arrière. Ce panache manque à plusieurs Spatules 3 et ce défaut indique un jeune avant sa première mue. Tout le plumage est blanc, à l’exception d’une large tache d’un roux-jaunâtre sur la poitrine ; cette tache, dont les extrémités se réunissent sur le haut du dos, signale un plumage parfait ; la peau nue de la gorge et du tour des yeux est d’un jaune pâle. La femelle ne diffère du mâle qu’en ce qu’elle est plus petite.
Le jeune n’a point de huppe ; les plumes de sa tête sont arrondies et courtes ; les pennes extérieures de l’aile, noires le long et dessus leur tige ; le bec est d’un cendré foncé ; la peau nue de la gorge et du tour de l’œil , d’un blanc terne. C’est à tort qu’on a fait de ce jeune oiseau une espèce particulière, sous le nom de Platalea alba. Il paroît qu’il subit sa première mue fort tard, car lors de son passage à l’automne sur les marais et les côtes maritimes de la Picardie , on ne voit sur son plumage aucun des attributs de l'adulte. Bris son , Ornith. tom. 5. p. 351. n. 1.
ORNITHOLOGIE
Buff'on i Hist. nat. des Oiseaux 3 tom. 7. p. 44S. pl. enl. n. 405. V Europe 3 l’Afrique et l’Asie.
* La Spatule couleur de rose. 2. P. Ajaja. P. Capite gulâque nudis ; corpore coccineo ( forte adulta avis ) ; corpore roseo ; tectricibus cauda coccineis ; rectricibus roseis 3 rostro cinereo-albo; pedibus nigric antibus.
Tête et gorge nues ; corps rouge ( vieux ) ; corps et queue roses ; tectrices des ailes rouges ; bec d’un blanc-cendré ; pieds noirâtres. (Pl. 72. n. 3.)
Cette Spatule est particulière aux climats chauds de l’Amérique, depuis les côtes de la Floride jusqu’à celles des Patagoils ; on la trouve aussi sur quelques côtes occidentales, et particulièrement au Pérou. Elle est connue au Brésil sous le nom d 'Ajaja3 et les naturels du Paraguay l’appellent Guirapita (oiseau rouge) , et quand elle est jeune, Guirate (oiseau blanc). Cet oiseau aune manière dépêcher assez singulière; il fait autour dè lui ,suivanc l’observation d’un savant voyageur espagnol, de côté et d’autre, un demi-cercle avec sa spatule, et s’en sert avec tant d’adresse, qu’aucun petit poisson, vers lequel il dirige son bec, ne peut lui échapper. On voit cette Spatule tantôt seule , tantôc par couple , et quelquefois en troupes nombreuses ; elle est assez farouche , et se perche sur les arbres ; on la rencontre souvent enfoncée dans l’eau jusqu’au genou , balançant son bec entièrement plongé dans cet élément.
Un peu moins grosse que la Spatule de l’ancien continent, cette espèce en diffère encore par le défaut de panache sur le derrière- de la tête et par les nuances des couleurs de sa livrée ; la partie nue de la tête est jaune en dessus, orangée sur les côtés, noire sur l’occiput et les oreilles; celle de ka gorge est blanchâtre. Son plumage, dans son premier âge, est blanc, ensuite il est couleur de rose pâle, avec le haut de l’aile et les couvertures de la queue d’un rouge vif; les pennes caudales sont jaunes. Quand elle est dans un âge avancé, ordinairement à trois ans , l’incarnat tendre qui la paroit devient totalement rouge. C’est sous cette dernière livrée que les ornithologistes l’ont présentée comme une variété. Brisson 3 Ornithol. tom. 5. p. 3 5 6. n. 2. Buffon 3 Hist. nat. des Oiseaux 3 tom. 7. pl. enl. n. 16,5. L’Amérique.
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* * La petite Spatule. 3. P. Pygmaa. P. Corpore supra fus co 3 subtàs albo ; rostro nïgro.
Corps brun en dessus , blanc en dessous ; bec noir.
On a remarqué à la Guyane hollandaise un petit oiseau pas plus gros qu’un Moineau 3 qu’on a décrit comme une espèce de Spatule 3 qui a le haut du bec presqu’en forme de losange 3 la queue, arrondie, et les doigts entièrement divisés (Bancrofc les dit palmés); le corps est brun en dessus et blanc en dessous; la tige des pennes alaires , de cette couleur ; la queue , courte, arrondie et. d’un blanc-brunâtre; les ongles pointus. Bancroft3 Hist. of Guiana3p. 171. Latham3 General Synopsis 3tom. $.part. 1 . p. 17. n. 3 ( Dwarf spoonbill). A édit, du nouv . Dieu d'Hist. nat. tom. 31 . p. 572. La Guyane.
LXXXe. Genre.
JABIRU, Mycteria3 Linn. Lath.
Corpus oblongum } album nigrumque.
Caput rotundatum 3plus aut minus glabrum.
Rostrum longissimum 3 crassum 3 conicum 3 lave 3 lateraùm compressum 3 acutum ; mandibula superior 3 trigona 3 recta ; inferior crassior 3 recurvata.
Nares angusta 3 longitudinales.
Lingua brevissima.
Collum longissimum 3 plus aut minus denu datum.
AU remigibus 3*., 4*., 5*. omnium longissimis.
Femora extra abdomen posita ; tibia semi umosa.
Pédes tetradactyli ; digiti très anteriores membranâ basi connexi; posticus unus 3 quemadmo dàm anteriores imo tarsi positus 3 sedilem cingens 3 omnibus articulis humi incumbens.
Cauda brevissima.
Mycteria in Africa 3 Asia orient ails 3 America Australasiaque humidis locis habitant 3 piscibus victicant • in arboribus magnis ripariis nidifie ant ; ova 2 magna pariant. Ptillis in nido victati 3 ex illo discedentes ad volandum tantum apü sunt.
Corps oblong , blanc et noir.
Tête arrondie , plus ou moins glabre.
Bec très-long, épais, conique, lisse, comprimé' latéralement , pointu ; mandibule supérieure droite ; l’inférieure plus épaisse , retroussée.
Pppppp
io34 O R N I T H
Narines étroites , longitudinales.
Langue très-courte.
Cou très-long, plus ou moins dénué de plumes.
Rémiges 3e., 4e. et 5e. les plus longues de toutes.
Cuisses posées hors de l’abdomen; jambes à demi emplumées.
Pieds tétradactyles ; trois doigts devant , réunis à leur base par une membrane; un derrière, posé au bas du tarse, sur le même plan que les antérieurs, embrassant le ju choir et portant à terre sur toutes les articulations.
Queue très-courte.
Les Jabirus habitent dans les lieux aquatiques de l’Afrique, de l’Asje orientale, de l’Amérique et de l’Ausrralasie ; vivent de poissons et nichent sur les grands arbres des rivages ; leur ponce esc de deux grands œufs. Les petits sont nourris dans le nid et ne le quittent qu’en état de voler.
* Le Jabiru proprement dit. ». M. Ameri-
cana. M ., Alba ; remigibus rectricibusque nigro purpurascenübus ; rostro nigro ; pedibus longissitnis j ràgric antibus..
Blanc; rémiges et rectrices d’un noir- pourpré ; bec noir y pieds très-longs, noirâtres. (P/. 47. n. 2.)
Les naturels du Brésil appellent cet oiseau Jabiru ; les Hollandais , Negro et on le connort dans la Guyane sous la dénomination de Touyouyou. Ce dernier nom a été le sujet d’une forte méprise dans l’histoire naturelle des oiseaux par Buffon y car, faute de renseignemens suffisans , Montbelliard a appliqué le nom de Touyouyou y et plusieurs traits de l’histoire de cet oiseau, au Nanduy comme nous l’avons dit à l’article de cette Autruche:. Enfin-, c’est, dans Brisson , la Cigogne du. Brésil y et au Paraguay , YAîaiau.
Les Jabirus se nourrissent de poissons et de reptiles; ils sont très-voraces ,et il leur faut une grande quantité de nourriture pour les rassasier ; mais ils la- trouvent en abondance sur les terres inondées de l’Amérique méridionale. On. les rencontre fréquemment dans les vastes savanes noyées, de la Guyane. Ils s’élèvent haut dans les airs ; leur vol est lent , mais soutenu et de longue durée.. Ils construisent un nid spacieux sur les arbres élevés , et le composent de rameaux assez' jfengs et gros,, entrelacés avec soin. La ponte est
de deux œufs. Les petits sont défendus avec courage par leurs père et mère ; ils claquettent du bec, et le même nid sert pendant plusieurs années.
Plus 1 q Jabiru vieillit, plus son bec prend de courbure; elle est peu sensible dans l’oiseau ; jeune. On aperçoit sur son front quelques barbes rares; le cou, dans l’adulte, est entièrement dénué de plumes, et la peau de cette partie, de même que celle du front, est ridée , noire et si flasque, qu’elle pend comme le fanon des vaches et qu’elle pourroit contenir plusieurs cous , d’où lui est peut-être venu le nom de Jabiru 3 qui* dans le langage guarini, veut dire une chose renflée par le vent. Il y a une petite tache près de l’occiput et au bas du cou; cette peau forme un collier d’un rouge vif, large de quatre pouces et parsemé de quelques petites plumes. Le jeune n’a que la moitié supérieure du cou semée de plumes; elles tombent à mesure qu’il avance en âge, et la peau des portions, qui se dégarnissent est jaunâtre avant de devenir noire; les jambes sont nues à six pouces au-dessus du talon , et recouvertes sur cet espace, ainsi que les pieds , de plaques rhomboïdales. La couleur du plumage des jeunes Jabirus est d’abord d’un gris pâle y elle prend ensuite une teinte de rose et finit , vers la troisième année , par être blanche y les pennes des ailes et de la queue sont d’un noir tirant à la couleur pourpre. Le Jabiru est rare au Paraguay , où il vit seul ou par paires, et jamais en troupes. Brisson x Orrüthol. tom. 5. p. 3 7 1 . n. 4 ( Cigogne du Brésil), Buffon , Hist. nat. des Oiseaux 3 tom . 7 . p. zSo. pl, enl.n. 8 17. L. 72. E.. P.. R. 12.
* * Le Jabiru des Indes. 2. A/. Asiatica. M Alba fasciâ per oculos 3 dorso infimo , remigibus rectricibusque nigris 3 rostro nigricante ; pedibus incarnatis .
Blanc; bande oculaire, bas du dos, rémiges et rectrices noires y. bec noirâtre; pieds incarnats.
Cet oiseau, que Latham a classé dans le genre Jabiru y ne nous paroît pas s’y rapporter avec exactitude, car il s’en éloigne par des traits particuliers de conformation. Quoi qu’il en soit , cq Jabiru y Lqui se nourrit de coquillages , a sur le bec une sorte de protubérance cornée et en dessous un renflement ; un large trait noir est sur chaque côté de la tête; le croupion , l'es ailes et la queue sont de cette couleur; le reste du plumage et blanc., Latham 3 Index. , n. 2. Buffon3
ORNITHOLOGIE
édit, de Sonnini 3 tom. 57. p. 1 9. Les Grandes- Indes.
* Le Jabiru de la Nouvelle-Hollande.
3 . M. Australis . M. Alba ; capïte colloque viridinigris ; tectriclbus 3 permis scapularihus caudâque nigris ; rostro riigro ; pedibus rubris.
Blanc; tête et cou d’un noir vert; tectrices, plumes scapulaires et queue noires; bec de cette couleur; pieds rouges.
Latham a publié la figure de cet oiseau qui se trouve â la Nouvelle-Hollande. Sa gorge est à demi nue ét rouge ; mais son cou et sa tête sont revêtus de plumes d’un vert-noirâtre; les plumes scapulaires et les couvertures supérieures des ailes, de la queue , noires ; le reste du plumage est blanc. Le jeune n’a point de place nue sur la gorge , et sa livrée est variée de blanc , de brun et de gris. Latham 3 2e suppl. du Synopsis 3 p. 294. pl. 178 [New Holland jabiru). Ie édit, du nouv. Dict. d’Hist. natur. tom. 16. p. 440. V Australasie.
* Le Jabiru DU SÉNÉGAL. 4. M. Senegalensis. M. Alba ; capite colloque nigris ; rostro basim versus albido 3 apicem versus rubro ; pedibus nigris.
Blanc ; tête et cou noirs ; bec blanchâtre vers la base, rouge vers la pointe; pieds noirs.
Cette espèce, que le docteur Shaw a décrite , a le corps blanc; les plumes scapulaires et le cou, noirs; le bec rouge vers sa pointe , blanchâtre dans le reste , avec une bande noire à sa. base et une tache sur chaque côté. Le plumage du jeune est varié de gris, de blanc ec de brun. Latham 3 Index 3 Suppl. 2e édit, du nouv. Diction. d’Hist. nat. tom. 16. p. 440. pl. E. 20. n. 3. L’Afrique. L. 6 E.. P.. R. 12.