‹ Tableau encyclopédique et méthodique des trois règnes de la natureChapitre 62 sur 246 · LXXXIC. Genre · texte numérisé non relu

LXXXIC. Genre

SAVACOU, Cancroma3 Linn. Lath.

Corpus oblongum 3 albo 3 cinereo varium.

Caput cristatum.

Rostrum capite longius 3 latissimum 3 supra carinatum 3 ad nares usque apicem sulcatum ; mandibula superior resupinaU forma 3 inferioris margines tegens 3 apice adunca ; inftrior recta 3 in medio membranacea 3 apice acutissima.

Nares obliqua 3 longitudinales 3 in sulco sita membranâ semi-fornicatâ tecta.

Lingua brevissima.

ïo3o

Collum elongatum ; gula saccaia ; lora glabra.

AU remigibus 2*. , 3*. , 4*. , 5*. omnium Ion-* gissimis.

Femora extra abdomen posita 3 tibia semi-plu mos&.

Pedes tetradactyli ; digiti très anteriores 3 graciles 3 basi membranâ connexi ; posticus unus prope digitum externum 3 latere tarsi articulatus 3 sedilem cingens 3 hurrû incumbens.

Unguis médius latere interno pectinatus.

Cauda brevis.

Cancroma habitat in America meridionali 3 arboribus ad aquas posais ut rami suprà aquas p.endeant , piscibus victitat.

Corps oblong, varié de blanc et de cendré.

Tête huppée.

Bec -plus long que la tête , très-large , caréné en dessus , sillonné depuis les narines jusqu’à la pointe ; mandibule supérieure en forme de cuiller, couvrant les bords de l’inférieure, crochue à sa pointe ; l’inférieure droite , membraneuse dans le milieu, très-aiguë à son extrémité.

Narines obliques, longitudinales, situées dans un sillon, couverte d’une membrane à demi gonflée.

Langue très-courte.

Cou alongé; gorge susceptible de se gonfler en forme de sac; lorurns glabres.

Rémiges 2e., 3e., 4e., 5 e. les plus longues de toutes.

Cuisses posées hors de l’abdomen; jambes à demi emplumées.

Pieds tétradactyies ; trois doigts devant , grêles , réunis à leur base par une membrane ; un derrière, articulé auprès du doigt externe, embrassant le juchoir et portant à terre sur toute sa longueur.

Queue courte.

Le Savacou se tient sur les arbres riverains des eaux , dont les branches sont suspendues audessus , et vit de poissons.

* Le Savacou proprement dit. i. C. Cochelaria. C. Occipite cristato 3 nigro ; fronte albâ ; corpore suprà c arule s cente- cinereo 3 subtàs albo ; abdomine rufo ; rostro suprà nigricante 3 subtàs albido ; pedibus fiavicante-viridibus .

Occiput huppé, noir; front blanc; dessus du corps d’un gris-bleuâtre, dessous blanc; abdomen roux ; bec noirâtre en dessus, blanchâtre en dessous; pieds d’un vert-jaunâtre. [Pl. 72. n. 4 et 5.)

Pppppp 2

io36 . ORNITH

La large forme du bec de cet oiseau lui a fait donner le nom de Cuiller. En effet , ce sont deux cuillers appliquées l’une contre l’autre par le côté concave ; la mandibule supérieure porte sur sa convexité deux rainures profondes , qui partent des narines et se prolongent de manière que le milieu forme une crête élevée, qui se termine par une petite pointe crochue ; elle s’emboîce sur l’inférieure, qui n’est, pour ainsi dire, qu’un cadre sur lequel est tendue la peau prolongée de la gorge. Ce bec a quatre pouces des angles à la pointe, et vingt lignes dans sa plus grande largeur.

Le Savacou habite les savanes noyées de la Guyane , et se tient le long des rivières où la marée ne monte pas ; c’est là que, perché sur les arbres aquatiques, il attend le passage des poissons , dont il fait sa proie , et sur lesquels il tombe en plongeant et se relevant sans s’arrêter sur l’eau.

Barrète distingue trois espèces de Savacou , qu’il nomme : i°. la Cuiller, figurée pi. enl. de Buffon, n. 38, sous le nom de Savacou de Cayenne ; i°. la Cuiller tachetée ; 30. la Cuiller brune, figurée pi. enl. de Buffon, n. 8 69, sous la dénomination de Savacou huppé, de Cayenne; mais on s’èst assuré depuis q.ue ce. ne sont que des variétés d’âge et de sexe d’une même espèce.

Le Savacou brun huppé , qui esc regardé comme le mâle de l’espèce, a le dessus de la tête noir; cette couleur se prolonge sur le derrière du cou ; les plumes de l’occiput sont alongées et forment une huppe assez grande chez 1 lés uns , plus courte chc-z d’autres. Dans l’individu de la pi. enl. n. 889, la huppe a sept à huit pouces de longueur , tombe sur le dos , et quelques-unes des plumes ont huit lignes de largeur, tandis qu’elles sont fort petites dans d’autres ;. elles sont noires , m'olles et sans consistance; le bas du cou en arrière, le bas du dos et les parties postérieures sont d’un gris plus ou moins clair ; le front, les joues , le devant du cou et ses côtés, blancs; le haut du dos est, chez, des individus, d’un cendré foncé ; chez d’autres , d’un beau noir; la poitrine et le déssous du. corps sont blancs , avec une plaque noire sur chaque côté de la poitrine ;;le bord de la tête est blanc ; cette couleur prend une nuance, grise sur? les pennes des ailes et de la queue.

L’individu figuré sur la pl., enl. n. 38? de Buffon., paroît être la femelle ; tout le manteau est. d!un gris-blanc. bleuâtre avec, une petite, zone .

noire sur le haut du dos ; le dessous du corps est noir et mêlé de roux; le devant du cou et le front sont blancs; la huppe est d’un noirbleuâtre.

Un individu, décrit parSonnini,a la tête noire et le reste du plumage entièrement roussâtre. Cet auteur soupçonne que c’est une femelle ou un jeune.

Le Savacou tacheté de Brisson porte une livrée tachetée de brun. C’est probablement un jeûne.

Sonnini , qui a quelquefois observé les vacous vivans , dit , en parlant du Savacou gris huppé , qu’il a l’iris noir ; une membrane qui sort de l’angle intérieur de l’œil , laquelle peut le couvrir à la volonté de l’oiseau; il peut aussi redresser les plumes "longues de la tête , surtout lorsqu’il est irrité ; elles se relèvent en forme de capuchon , et alors il s’élance avec fureur sur l’objet qui excite sa colère, en frappant vivement les mandibules l’une contre l’autre de même que la Cigogne. Brisson, Ornithol. tom. 5 . p. 506'. n. 1 [Cuiller). Idem , p. 509. n. z [Cuiller brune). Buffon, Hist. nat. des Oiseaux , tom. 7 . p. 443. Laeham , Index , n. 1 . Gmelin , Syst. naturn, édit. 13 . n. 1 et 2. V Amérique méridionale.

LXXXIP. Genre.

ANASTOME ou BEC- OUVERT, Anastomus.

Ardea , Linn.. Lath.

Corpus oblongum, albo , cinereo pictum.

Caput rotundatum.

B.ostrum capite longius , lateratim compressum , versus medium hians; mandibula superior marginibus denticulatis aut versus apicem tantum, emarginatis ; inferior integra.

Narès lineares , elongatA.

Lingua.. ...

Collum elongatum.

Al& remigibus. ia. , ia. sub&qualibus , omnium longissimis .

Femora extra abdomen posita ■ tibia semï-plumos&.

Pedes tetradactyli ; digiti très anteriores ; exteriores bast membrànâ: connexi , unus postious , kumi incumbens .

Cauda brevis.

Unguis médius, inths dilatatus, integer.

Anastomi habitant in A si â orientait, ad ripas fluviorum et stagnorum quorum piscibus et amphibiis vient ant..

ORNITHOLOGIE. ro37

Corps oblong , blanc et cendré.

Tête arrondie.

Bec plus long que la tête, comprimé latéralement , entr 'ouvert vers le milieu; mandibule supérieure dentelée sur les bords , ou seulement échancrée vers le bout ; l’inférieure entière.

Narines linéaires, alongées.

Langue

Cou alongé.

Première et deuxième rémiges presqu’égales et les plus longues de toutes.

Cuisses posées hors de l’abdomen ; jambes à demi emplumées.

Pieds tétradactyles; trois doigts devant ; les extérieurs réunis par une membrane à leur base ; un derrière, portant à terre sur toute sa longueur.

Queue courte.

Ongle du milieu dilaté et entier sur son bord interne.

Les Anastomes habitent dans l’Asie orientale, sur les bords des fleuves et des étangs; ils vivent de poissons et d’amphibies.

* L’Anastome BLANC. I. A. Albus. A. Albus ; dorso } remigibus rectricibusque nigris ; rostro pedibusque rufo-Jlavis .

Blanc ; dos , rémiges et rectrices noirs ; bec et pieds d’un jaune-roux. ( Pl . 55. fig. 4.)

Le bec de cet oiseau , que Son ne rat a trouvé aiix Grandes-Indes, est dentelé sur les bords de sa partie supérieure , depuis le milieu jusqu’à la pointe, près de laquelle il y a une échancrure ; ses ailes sont fort longues; la gorge est nue, de même que l’espace entre l’œil et le bec ; les plumes de la tête sont blanches et assez longues pour que l’oiseau puisse à sa volonté les rele^ ver en forme de petite huppe. Le croupion , le ventre , les couvertures alaires et le haut de la queue présentent la même couleur , qui est remplacée par du noir sur le dos , les pennes alaires et caudales; l’iris est rouge. Cet Anastome paroît à l’automne sur la côte de Coromandel , où il se tient sur les bords des fleuves et des étangs, pour y guêter le poisson et les reptiles dont il se nourrir. Sonnerat 3 Voy. 2. p-, 119.pl. . 11 ( Bec-ouvert des Indes). Laiham 3 General Synopsis3 tom. 3. part. 1. p. 102. n, 78 ( Coromandel héron). 2 e édit, dunouv. Dict. d’Hist. nat. tom. i.p.^q.Les Grandes-Indes,

* L’Anastome cendré. 2. A; Cinérêus. A Sordide cinereus ; remigibus nigris ; rostro Jlavo ■ pedibus flav'tc andbus.

D’un cendré sale ; rémiges noires ; bec jaune ; pieds jaunârres. (Pl. 55. fig . 3.)

Cet Anastome se distingue du précédent par sa couleur et son bec sans dentelures, et seulement échancré vers sa pointe; il a de plus l’espace entre le bec et l’œil couvert de plumes. Tout son plumage est d’un gris-cendré , à l’exception des ailes qui sont noires. On le trouve à Pondichéry. Malgré les différences indiquées ci-dessus , ne pourroit-on pas soupçonner que c’est un jeune de l’espèce du précédent ? C’est ce que l’observation nous apprendroic , si l’on s'occupât d’étudier les oiseaux dans leurs mœurs et leurs habitudes, avec autant de soin qu’on en met à recueillir leurs dépouilles. Bujf'on 3 Hist. nat. des Oiseaux 3 tom. 7 . p. 40 9. pl. enl. n 9 32- (Bec-ouvert). Les Grandes-Indes.

LX XXI IIe. Genre..

CHIONIS ouBEC-EN-FOURREAU, Chionis..

Vaginalis 3 Linn. Latlr.

Corpus album.

Caput obiongum.

Rostrum capite longius , conico-convexum 3 rectum , robustum 3 crassum , lateraliter compressum , apice curvatum ; mandibulasuperiorvaginâ corncât mqbilij emarginato-laceratâ 3 superiàs tectâ ; inferior subtus angulosa , brevior 3 acuta.

N ares vdginâ parttm tecta 3 parva 3 obliqua , perviû.

Lingua cartilaginea , supra te res 3 subtus complanata3 apice acuminata.

Faciès glabra3 in adulto papillosa..

Collum médiocre.

AU Jlexurâ nodo obtus 0 munita.

Femora extra abdomen posita 3 tibia s emi- plu- 1 nos a ; tard brèves , validi.

Pedes tetradactyli ; digiti très anteriores ; exter'tores membranâ.connexi ; unus posticus à terra elevatus.

Cauda brevis.

Chionis habitat gregaria in Nova Zeelandia aliarumque maris Australis insularum maritimis ; testaceis et cadaveribus victitat.

Corps blanc..

Tête oblongue.

Bec plus long que la tête, conico-convexe ,. droit , robuste , épais, comprimé latéralement ,

io38 O R N I T H

courbé à la pointe; mandibule supérieure couverte en dessus d’une gaîne cornée, mobile, ■échancrée et lacérée ; l’inférieure anguleuse en dessous, plus courte, pointue.

Narines en partie couvertes par la gaîne, petites, obliques, ouvertes.

Langue cartilagineuse, arrondie en dessus > aplatie en dessous, acuminée à la pointe.

Face nue , papilionacée chez les adultes.

Cou médiocre.

Pli de l’aile muni d’un bourrelet obtus.

Cuisses posées hors de l’abdomen ; jambes à demi nues ; tarses courts , robustes.

Pieds tétradactyles ; trois doigts devant; les extérieurs réunis à leur base par une membrane ; un derrière , élevé de terre.

Queue courte.

Le Chionis habite en troupes sur les bords maritimes de la Nouvelle-Zélande et d’autres îles de la mer Australe.

* Le Chionis nécrophage. i. C. Necrophagus. C. Alba } nodo alarum nigricante ; fade nudâ in adultioribus 3 verrucis albis aut pallidè aurantïis obsitâ; rostro basi nïgro 3 deinjlavo; pedibus rubescentibus 3 quibusdam fuscis aut albidis.

Blanc; pli de l’aile noirâtre; face nue et garnie de verrues blanches ou d’un orangé pâle chez les adultes ; bec noir à la base, ensuite jaune; pieds rougeâtres, et chez quelques-uns , bruns ou blanchâtres. (P/. 63, n. 1, sous h nom de Bec en-fourreau. )

P’orster a découvert, sur les rivages des mers de l’Australasie , cette espèce remarquable par la forme de son bec, dont la mandibule supérieure est couverte d’une gaîne cornée, mobile , échancrée et lacérée à son extrémité. Sa nourriture se compose de coquillages et des animaux marins que la mer rejette sur ses bords.

Tout son plumage est d’un blanc de neige; les joues sont nues et portent des petites verrues blanches ou de couleur orangée pâle ; une autre verrue plus grosse et brune surmonte les yeux , et toutes 11e sont apparentes que chez les adultes ; le bouton osseux du pli de l’aile est noirâtre, et la gaîne cornée, tantôt jaune, tantôt noire. La couleur des pieds varie selon l’âge; les uns les ont bruns , d’autres rougeâtres. Cette espèce vit en troupes. Forster 3 Enchir. Hist. nat. Latham 3 Index [V aginalis chionis). Idem 3 General Synopsis 3 tom. 3. part. 1 . p. z68. n. 1 ,pl. 89 {White- Sheatbill). Bujfon , édit, de Sonninij

tom. 64. p. 18 ( Perroquet calao). V Australasie. L. 15 à 18. E.. P.. R. 1 1.

LXXXIVe. Genre.

OMBRETTE , S copus 3 Linn. Lath.

Corpus oblongum 3 fuscum.

Caput rotundatum 3 cristatum.

Rostrum basi crassum 3 lateratim compressum 3 supra subtîisque carinatum 3 capite longius ; mandibula superior lateribus sulcata } apice curvata inferior brevior , versus apicem angusiior et subtruncata.

N ares linearesj longitudinales 3 membranâ tecta3 in sulco basi rostri sita.

Lingua

Collum elongatum.

AU remigibus 3 â. , 4*. , 5 *. omnium longissimis.

Femora extra abdomen posita ; tibia, semi-plu mosa.

Pedes tetradactyli ; digiti très anteriores 3 basi membranâ connexi ; posticus unus 3 humi incumbens.

Cauda brevis.

Scopi habitant ad ripas fiuviorum Africa 0 aident alis.

Corps oblong, brun.

Tête arrondie , huppée.

Bec épais à la base, très-comprimé latéralement , caréné dessus et dessous , plus long que la tête ; mandibule supérieure sillonnée latéralement , courbée à la pointe ; l’inférieure plus courte, plus étroite et un peu tronquée à l’extrémité.

Narines linéaires, longitudinales, couvertes d'une membrane , situées à la base du bec dans un sillon.

Langue

Cou alongé.

Rémiges 3e., 4e. et 5e. les plus longues de toutes.

Cuisses posées hors de l’abdomen ; jambes à demi emplumées.

Pieds tétradactyles ; trois doigts devant, réunis â leur base par une membrane ; un derrière, portant à terre sur toute sa longueur.

Queue courte.

Les Ombrettes habitent dans l’Afrique occidentale, sur le bord des fleuves.

* L’Ombrette du Sénégal. i.S. Umbretta.S. Fuscus 3 amulus terra umbria ; occipite maris cris-

ORNITHOLOGIE. ï03q

tato ; caudâ obscurè fasciatâ j rostro pedibusque fuscis.

D’un brun de terre d’ombre ; occiput du mâle huppé ; queue à bandes transversales obscures ; bec et pieds bruns. ( Pl. 47. fig. 3 . )

Adanson est le premier qui ait fait connoître cet oiseau, qu’il a vu au Sénégal; mais il ne nous donne aucun détail sur ses habitudes et sur ses mœurs. Il a encore été envoyé plusieurs individus depuis peu de temps , sur lesquels nous n’avons aucuns renseignemens ; nous sommes donc forcés de nous borner à dire que sur le derrière de la tête du mâle seulement, s’élève, en forme d’aigrette, une touffe épaisse de plumes, longues de quatre pouces, étroites et molles, qui, chez quelques-uns , retombent sur le dos. Son plumage est généralement d’un brun uniforme de terre d’ombre, un peu plus pâle en dessous du corps et sur la tige des plumes du cou ; les ailes et la queue de la même couleur, et cette dernière traversée par quatre ou cinq bandes d’un brun plus foncé et terminée de la même teinte. La femelle , dont Buffon a publié la figure et Brisson la description , ne diffère du mâle qu’en ce que sa huppe est très-courte et peu apparente. Brisson , Ornith. tom. 5. p. 503. n. 1. Buffon3 Hist. nat. des Oiseaux 3 tom. 7. p. 440. pl. enl. n. 7 cf 6. L’Afrique.

L X X X Ve. Genre.

ROULOUL, Liponix. Columba et Perdix 3 Lath.

Corpus oblongum.

Caput cristatum 3 frons maris pilis sex longissimis setaceis erectis munita.

Rostrum robustum 3 basi glabrum 3 subcrassum3 supra convexum ; mandibula superior fornicata 3 versus apicem incurva inferiore longior ejusque margines tegens.

Nares convex&3 membranà tecu3 versus medium rostri ffssâ.

OrbitA loraque nuda.

Lingua carnosa 3 integra.

Collum médiocre.

AU concavA 3 rotundatA y remige 1*. brevissimâ ; 4*. et 5*. omnium longissimis.

Femora extra abdomen posita y tibiA plumosA • tarsi mutici 3 ultra suffraginem plurnis carences 3 digito medio et ungue longiores.

Pedes tetradactyli y digiti très anteriores ad itnum fere sejuncti ; posticus unus exunguilatus 3 apice solo insistais. -

Cauda hrevis3 declivis.

Liponix è granis in integrum glutitis victitat ; terra nidiffcat} in Asiâ orientait habitat.

Corps oblong.

Tête huppée ; front du mâle garni de six poils sétacés et très-longs.

Bec robuste, glabre à la base, un peu épais, et convexe en dessus; mandibule supérieure voûtée, courbée vers le bout, plus longue que l’inférieure et couvrant ses bords.

Narines convexes , couvertes d’une membrane, fendue vers le milieu du bec.

Orbites et lorums nus.

Langue charnue, entière.

Cou médiocre.

Ailes concaves, arrondies ; la ire. rémige trèscourte ; les 4e. et 5 e. les plus longues de toutes..

Cuisses posées hors de l’abdomen ; jambes emplumées ; tarses lisses, manquant de plumes audessus du genou,, plus long que le doigt intermédiaire et son ongle.

Pieds tétradactyles ; trois doigts devant , presque totalement séparés ; un derrière, sans ongle,, portant à terre seulement sur le bout.

Queue courte, inclinée.

Le Rouloul habite dans les Indes orientales ,, vit de graines avalées entières , et niche à terre.

** Le Rouloul de Guzurate. t. L. Cam~ baiensis. L. Flavescente-ruber 3 transverstm stria — tus , dilutius corpore subtus ; pedibusjlavis.

D’un rouge-jaunâtre, rayé transversalement, plus clair en dessous ; pieds jaunes.

C’est d’après Latham que nous parlons de cet oiseau , qu’il a décrit dans le Muséum britannique, et qu’il dit se trouver dans le royaume de Guzurate. Son bec est robuste et court ; son plumage, d’un rouge- jaunâtre, et chaque plume rayée transversalement d’une nuance plus foncée ; le roux-jaunâtre est plus clair en dessous qu’en dessus du corps. Latham 3 Index ( Perdix cambaiensis ). édit, du nouv. Diction, d' Hist. natur. tom. 29. p. 501. Les Grandes -Indes.

* Le Rouloul de Malaca. 2. L. Cris t ata. L. F us co- ruf es cens ; cristata ; subtils 3 capite colloque nigris ; dorso caudâque viridibus ; fronte setis sex longissimis erectis ; pedibus j lavis y rostro supra nigro 3 subiits J/av 0.

D’un roussâtre-brun ; huppé; tête, cou et dessous du cou noirs; dos et queue, verts; six soies, très -longues, dressées sur. le front;, pieds.

i oZj.0 ORNITHOLOGIE.

jaunes ; bec noir en dessus, jaune en dessous.

Le mâle de cette espèce , dont nous devons la connoissance à Sonnerac , porce sur le front des crins noirs , ou poils durs , qui forment une sorte de huppe, et sur l’occiput, une touffe de plumes roides, peu barbues, courtes, désunies, d’un rouge- mordoré et s’inclinant en arrière ; le dessus de la tête est blanc dans la partie qui sépare les deux huppes ; les joues et le cou sont noirs ; les paupières, bordées de petites plumes dures, roides et blanches ; la poitrine et le ventre d’un violet foncé ; les ailes ont du brun sur leurs petites couvertures, du blanc-roussâtre , coupé en travers par des lignes noires , sur les moyennes , sur ses pennes secondaires et primaires qui sont rousses ; le dos , le croupion et la queue sont d’un vert sombre.

La femelle porte un vêtement généralement d’un brun-vert foncé , rembruni sur ia tête ; la queue, les plumes des jambes et le bas-ventre sont d’un brun-noirâtre ; les ailes , d’un brun tanné inclinant au rouge et bigarré de noir ; les pieds et le bec , d’un roux-pâle. Latham 3 Index ( Columba cristata 3 mâle ; Perdix cristata 3 femelle). Sonnerai 3 Voyage 2. p. 174. pi. 100. ie édit, du nouv. Diction. d’Hist. natur. tom. 29. p. 501. Les Grandes-Indes.

LXXX VIe. Genre.

K AMICHI ou PALAMÈDE , Palamedea3 Linn.

Lath.

Corpus oblongum 3 nigro alboque varium.

Caput cornutum.

Rostrum capite brevius 3 basi plumosum 3 conico-convexum ; mandibula superior subfornicata 3 apice adunca ; inferior brevior 3 apice subobtusa.

Nares ovatA 3 apertdt 3 versus medium rostri

sitA.

Lingua

Collum elongatum.

AU calcaribus duobus3 robustis3 acutis munit a; remige i\ brevissimâ ; 3*., 4a. omnium longissimis.

Femora extra abdomen posita ; tibiarum pars inferior glabra.

Pedes tetradactyli ; digiti très anteriores 3 posticus unus ; extériores membranâ basi connexi3 hallux apice insistens.

Cauda elongata.

Palamedea habitat in AmericA meridionalis regionibus nonnullis 3 potissimhm uliginosis et ma-

ritimis ; herbis 3 seminibus 3 pr&stràm reptilibus victitat ; nidum ad aquas fur ni facie 3 magnum et latum struit et ova 2 parit.

Corps oblong , varié de noir et de blanc.

Tête cornue.

Bec plus court que la tête, emplumé â sa base, conico-convexe ; mandibule supérieure un peu voûtée, crochue à sa pointe1, l’inférieure plus courte, un peu obtuse à son extrémité.

Narines ovales, ouvertes , situées vers le milieu du bec.

Langue

Cou alongé.

Ailes armées de deux éperons robustes, pointus ; la ire. rémige très-courte ; les 3e. et 4e. les plus longues de toutes.

Cuisses posées hors de l’abdomen ; jambes nues sur leur partie inférieure.

Pieds tétradactyle's ; trois doigts devant; les extérieurs réunis à leur base par une membrane ; pouce portant à terre sur le bout.

Queue alongée.

Le Kamichi habite dans quelques contrées de l’Amérique méridionale, se tient principalement dans les lieux marécageux et maritimes , vit d’herbes, de semences, surtout de reptiles , place son nid près des eaux , lui donne la forme d’un four , le fait grand et large. Là ponte esc de deux œufs.

* Le Kamichi proprement dit. i. P. Cornuta.

P. Fronte cornuta ; capite corporeque supra nigris3 subtùs albo ; rostro pedibusque nigricantibus.

Front cornu; tête et dessus du corps noirs, dessous blanc; bec et pieds noirâtres. (P/. 47. n. 1.)

Les détails dans lesquels nous allons entrer sont dus à notre estimable et savant ami feu Sonnini, qui a observé les KamichisA Cayenne et dans la Guyane, où se trouve cette espèce, qu’on rencontre aussi au Brésil , et vraisemblablement dans d’autres contrées de l’Amérique méridionale ; partout elle paroît rare , soit parce qu’elle est peu féconde, soit, comme Sonnini le présume, qu’elle ne fréquente que les lieux reculés et solitaires. Elle se plaît dans les savanes à demi noyées, où il est bien difficile de l’atteindre. Lorsque, dans la saison des amours, plusieurs mâles se rencontrent , la possession d’une femelle est un sujet de combat ; de vigoureux coups d’ailes, soit à terre, soit au vol, sont assenés et rendus avec acharnement jusqu’à ce que le plus fort ou le plus adroit ait mis ses rivaux en fuite

et

ORNITHOLOGIE. 10L1

et soie resté maître du champ de bataille, souvent ensanglanté, et du prix de la victoire. L’amour alors dépose ses fureurs , et il n’existe plus que tendresse et fidélité } et ces sentiments ont tant de vivacité, que les deux époux ne se séparent plus, et que si l’un vient à mourir, l’autre ne cesse d’errer, en poussant, comme la Tourterelle , des sons plaintifs autour des lieux où la mort l’a prive de ce qu’il aime , se consume et finir par périr victime de ses regrets. .

Cette espèce place son nid sur des broussailles ou au milieu des joncs , et sa ponte , qui n’a lieu qu’une fois par an dans les mois de janvier ou de février , consiste en deux oeufs de la grosseur de ceux de foie.

Les Kamichis se perchent rarement, se tiennent presque toujours à terre et n’entrent point dans les forêts. Leur, démarche esc grave} ils. portent le cou droit et la cête haute } leur voix esc si forte, que leur cri retentit au loin et a quelque chose d’effrayant. Marcgrave lui donne l’épithète de terrible, et l’exprime par vyhou, vyhou. C’est d’après ce cri, que les Indiens de l’Amazone ont nommé cet oiseau Cahuita.hu; ceux de la Guyane française l’appellent Kamouki , dont les créoles ont formé la dénomination de Camoucle. A Surinam, on le nomme Arend, et au Brésil, Anhitna ; enfin, quelques naturalistes l’ont désigné sous le nom à' Aigle d’eau cornu. > »

Le Kamichi se rapproche du Dindon par la forme du corps ; son bec a plus de rapports avec celui des Gallinacés , qu’avec celui des oiseaux de proie } il a les narines grandes } les yeux ronds, saillans et noirs} des ailes très-amples et qui atteignent presque le bour de la queue, qui esc longue} les jambes grosses et recouvertes dans leur partie nue , aussi bien que les pieds , d’une peau noire et écailleuse ; les doigts de longueur inégale , celui du milieu long de quatre pouces et demi, et l’interne de deux pouces, tous munis d’ongles longs et peu crochus, entre lesquels celui du doigt le plus long se trouve le plus court. On remarque sur'sa tête une corne pointue , longue de trois à quatre pouces , et dont la base a deux ou trois lignes de diamètre 3 elle est droite dans toute sa longueur , excepté à sa pointe, qui se courbe un peu en avant ; sa base est revêtue d’un fourreau semblable au tuyau d’une plume. Cet oiseau a de plus sur chaque aileron deux forts éperons triangulaires qui se dirigent en avant, lorsque l’aile est pliée, et dont le supérieur est plus gros que l’inférieur} ce sont

des apophyses de l’os du métacarpe , et leur base est entourée d’un étui semblable à celui de sa corne.

Les parties internes diffèrent peu de celles des Gallinacés ; le jabot a une ampleur considérable, aussi bien que l’estomac, qui diffère par sa forme de celui de ces oiseaux. La membrane externe de ce viscère esc très-musculeuse} l’interne esc veloutée , de même que dans la plupart des quadrupèdes. Les intestins sont longs et leurs tuniques sont très-fortes. La couleur générale du plumage est d’un noir d’ardoise } on remarque sur le cou, le dos, le jabot, une partie d.e la poitrine, les ailes er la queue, de petites taches gruâtres } le ventre est blanc , et le dessous des ailes , d’un gris teinté de roux ; la tête est garnie - de petites plumes, douces au toucher, semblables à du duvet , et mêlées de blanc et de noir. La femelle ressemble au mâle et ne porte point de corne sur la cêce. Brisson , Ornith. tom. 5. p. 518. n. 1. Bujfon , Hist. natur. des Oiseaux , tom. 7 . p. 535. pl. enl. n. 451. L’ Amérique méridionale.

* * * Genre.

CARÎAMA, Cariama. Palamedea , Linn. Lath.

Corpus oblongum , cinereo , fusco rufoque va rium.

Caput rotundatum , cristatum.

Rostrum capite longius, basi rotundatum et pennarum longarum , rigidarum decompositarumque fasciculo obducium ; mandibula çuperior apice adunca , inferiore longior.

Nares minim& , versus medium rostri sit&.

Lingua integra , carnosa.

Collum elongatum.

Ala remige iâ. reliquis breviore ; 5*,, 6*., 71. omnium longissimis.

Femofa extra abdomen posita ; tibu s a mi- plumosA.

Pedes tetradactyli ; digiti très anteriores , membranâ basi connexi ; posticus unus , à terra elevatus.

Cauda b revis.

Cariama habitat in AmericA meridionalis sylvis aridis , prAcipue collibus calculosis ,■ reptilibus terrestribus , potissimé serpentibus lacertisque vie litat.

Corps oblong, varié de cendré, de brun et de roux.

Tête arrondie, huppée.

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ORNITHOLOGIE

Bec plus long que la tête, arrondi et garni à sa base d’un faisceau de plumes longues , roides et décomposées ; mandibule supérieure crochue à la pointe, plus longue que l’inférieure.

Narines petites , situées vers le milieu du bec.

Langue entière , charnue.

Cou alongé.

Rémige irc. la plus courte de toutes ; les 5 *., 6e. et 7e. les plus longues.

Cuisses posées hors de l’abdomen ; jambes à demi emplumées.

Pieds tétradactyles ; trois doigts devant , réunis à leur base par une membrane ; un derrière, élevé de terre.

Queue courte.

Le Cariama habite dans les forêts arides , principalement sur les collines pierreuses de l’Amérique méridionale ; il vit de reptiles terrestres, principalement de serpens e.t de lézards.

Lf. Cariama proprement dit. i. C.Saurophagus. C. Corpore griseo , rufo et fusco mixto ; rostro supra nïgricante , subtus aurantio; pedibus aurantiis ; fronts cristatâ.

Corps mélangé de gris , de roux et de brun ; bec noirâtre en .dessus, orangé en dessous; pieds orangés', front huppé.

La partie historique du Cariama étoit si peu connue, qu’on en a fait un oiseau des marais, en disant qu’il les fréquente et qu'il vit de poisson et de reptiles aquatiques; au contraire, il ne se tient point près des eaux , ni même dans les lieux bas il se plaît sur la lisière des forêts claires , sèches et élevées , et de préférence sur les col - Rues pierreuses. Sa nourriture se compose de reptiles et d’insectes terrestres. M. de Azara , à qui nous devons ces détails, est persuadé qu’il ne boit jamais et qu’il ne mange point de grains. On le rencontre réuni par paires ou en petites troupes j il fuit l’homme de très-loin , et l’on assure qu’il ne prend son vol qu’à la dernière extrémité ; cependant on est parvenu à le rendre domestique; alors , on s’est aperçu qu’il porte le cou droit, vertical, et la tête toujours levée. Son regard est fier et dédaigneux, sa démarche grave et mesurée, et quand il soupçonne quelque sujet de crainte , il examine avec attention autour de lui , avant de se décider à demeurer ou à prendre sa course ; c’est sa seule défense , et il n’inquiète jamais aucun autre oiseau.

Les naturels du- Paraguay Rappellent Saria3 et les Brasiliens Cariama. L’un et l’autre noms onr rapport à son cri, assez semblable à celui d’un

jeûne Dindon , mais si fort, qu’on l’entend à un mille de distance. On assure que sa chair est délicate ; aussi , les Espagnols l’appellent Faisan . Il est rare au Paraguay et ne se trouve point vers la rivière de la Plata. Comme sa livrée ne se présence point chez tous les individus avec des couleurs tout-à-fait pareilles , nous en donnerons plusieurs descriptions.

i°. L eSaria a, selon M. de Azara, les plumes du corps et du dessus de la tête blanches ; celles du cou , de la gorge et de la poitrine, d’un brunblanchâtre, longues, à tige très-foibîe et à barbes désunies; une ligne blanche au-dessus de l’ceil ; les pennes des ailes, noires, avec des lignes transversales blan nés et piquetées de noirâtre; les deux pennes du milieu de la queue , brunes ; les autres, avec une large bande noire sur leur milieu et une blanche à leur extrémité ; il règne , depuis les narines jusque près de l’angle antérieur de l’œil, une rangée de plumes en éventail, longues de deux pouces au moins, fermes et à barbes désunies. Ces deux rangées de plumes forment, en se joignant l’une à l’autre, une espèce de toupet étalé, qui se courbe sur le bec et le couvre; la partie nue des jambes est orangée; les cils des paupières sont no irs; le tour de l’œil est blanchâtre : des individus ont le bec totalement d’un rouge de corail. On soupçonne que ce sont des femelles , qui , dans le reste, ne diffèrent pas des mâles.

i°. Le Cariama du Brésil n’ayant été déciic que d’après Marcgrave , et peut-être même sur la mauvaise figure que cet auteur a publiée, il en est résulté des erreurs, quand on lui donne un bec court, des doigts longs et des ailes qui ne s’étendent guère, étant pliées au-dessus de l’origine de la queue , tandis qu’elles aboutissent à peu près au milieu. Si son plumage est tel qu’on le dit, il diffère du précédent en ce qu’il a une huppe noire et cendrée; la tête, la gorge, le cou et tout le corps , gris, variés de brun ec d’un peu de roussâtre; les pennes primaires de l’aile ét la queue , brunes, roussâtres et grises,

30. Le Cariama qui est au Muséum d’histoire naturelle , et qui est représenté sur la planche B , fig. 3, de la ie édition du nouveau Dictionnaire d’histoire naturelle , diffère encore des deux précédons; les plumes de la huppe et du front sont noirâtres; celles de l’occiput , de la nuque et du dessus du cou, longues de trois- pouces, conformées comme celles du Saria> mais elles sont roussâtres , et chacune est traversée par douze à quinze ligne-» très-étroites et formées par des

ORNITHOLOGIE

taches isolées et d’une nuance sombre; les plumes du dessus des ailés et du corps sont de la même couleur, mais la teinte des lignes est plus pro-' honcée et tire au cendré sur les ailes ; la gorge , le devant du cou et toutes les parties inférieures sont d’un roux très clair , avec une raie longitudinale d’un toussât re presque blanc sur le milieu de chaque plume; la teinte rousse se dégrade sur le ventre et sur les parties postérieures, au point qu’tlle est presque blanche ; les grandes pennes des ailes et celles de la queue sont noirâtres et bordées de roux â 1 extérieur , et les pennes caudales ont à leur extrémité une large tache blanche. Marcgrave 3 Bras. 203. Latham 3 Index ( Palamedea cristata), Brbson , Omit ho!, tom. 5 . p. $16. n. 1. Buffon , Hiu. natur. des Oiseaux 3 tom. 7 .p. 325. V Amérique méridionale.

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