L. ü j. E. zi {. P. z6. R
* * Le Chevalier noirâtre. 31. T. Nigellus .. T. Front e albido ; pennis capitis fuscis 3 albido marginatis; corpore albo ; remigibus nigrican tibus j caudâ basi apiceque albâ 3 in reliquo nigri cante ; rostro nigro ; pedibus aurantïis.
Front blanchâtre; plumes de la tête brunes et bordées de blanchâtre; corps blanc ;. rémiges noirâtres;, queue blanche à la base et à la* pointe, noirâtre dans le reste; bec noir 5 pieds orangés.
Le Paraguay est la patrie de ce Chevalier ,, que M. de Azara appelle Chorlito pies roxos. Il a les doigts totalement séparés ; ce qui le rapproche des Tringas ; mais son bec pointu, comprimé sur les côtés et fort, l’en éloigne. C’est encore un de ces oiseaux qu’il faut voir en nature pour le classer convenablement. La mandibule^ supérieure étant beaucoup plus grosse que l’infé*
ornithologie;
•rieure, présente un caractère qui lui est particulier.
Il a le front blanchâtre; les plumes de la tête, bordées de cette teinte sur un fond brun; celles de la partie antérieure du dessus du' cou, noirâtres et frangées de blanc; le reste du cou, en dessus, les scapulaires, le dos, les couvertures supérieures de la queue , le dessous du corps , une partie du croupion, de couleur blanche; les grandes couvertures de l’aile les plus proches du corps, terminées de blanc; les autres, noirâtres et à tige noire; les pennes, noirâtres et à tige blanche; celles du milieu, de cette couleur à leur extrémité. De A^ara 3 Apuntamïentos para la Hist. nat. de los Paxaros del Paraguay , etc. tom. 3. p. 3 i S. n. 401 . 2 e édit, du nouv. Dict. d’Hist. nat. tom. G. p. 409. V Amérique méridionale,
Le Chevalier pygmée. 32. T. Pusillps. T. Capite 3 côrpore supra 3 remigibus secundariis 3 rec~ tricibus octo intermedus sordide fusco-virescentibus; remigibus primariis fuscis ; corpore sublus albo ; rostro fusco , apice nigro ; pedibus aurantiis.
Tête , dessus du corps , rémiges secondaires et les huit rectrices intermédiaires, d’un verdâtre rembruni sale; rémiges primaires brunes; dessous du corps blanc; bec brun, noir à sa pointe; pieds orangés.
Nous croyons qu’on s’est mépris en rapportant cet oiseau au Tringa pusilla , et que c’est une espèce distincte qui se trouve dans toute l’Amérique septentrionale, et dont la tête, le dessus du corps, les pennes secondaires des ailes, leurs couvertures supérieures et les huit pennes intermédiaires de la queue sont d’un brun-verdâtre sale et uniforme ; les petites couvertures des ailes, terminées par une ligne transversale noirâtre; les inférieures, brunes et blanches; les pennes, brunes; les deux latérales de chaque côté de la queue , blanches et tachetées de brunverdâtre ; toutes les parties inférieures , d’un beau blanc, avec une teinte grise sur les côtés de la poitrine et stir les plumes des jambes. Le doigt intermédiaire est uni an doigt extérieur par une membrane, qui s’étend jusqu’à la deuxième articulation , et au doigt intérieur, seulement, à sa base. Bris son , Ornith.tom . 5. p. 222. n. 13 [petite Alouette de mer de Saint- Domingue). V Amérique septentrionale.
?*Le Chevalier pointillé. 33. T. Punc -
tatus. T , Superciliis corporeque subtùs albis ; pennis colli amenons fuscis , albo marginatis ; vertice corporeque supra fuscis x albo punctatisj - rectricibus extimis intermediisque fuscis , rèliquis albo nigricanteque striatis ; rostro supra nigricante , subtùs pallidè virdij pedibus flavis.
Sourcils et dessous du corps blancs ; plumes du devant du cou brunes et bordées de blanc ; dessus de la tête et du corps,; bruns et pointillés de blanc ; les dernières et les pennes intermédiaires de la queue, brunes; le reste rayé de blanc et de noirâtre; bec de cette couleur en dessus, d’un vert pâle en dessous; pieds jaunes.
M. de Azara appelle cet oiseau Chorlito pardo minor ; il habite dans le Paraguay , où il se tient sur le bord des eaux , seul ou par couples. Il a le bec étroit; les sourcils, le bord des paupières et les parties inférieures, blancs; les plumes des côtés de la tète et du devant du cou, brunes dans leur milieu et blanches sur les bords; les couvertures inférieures des ailes, rayées de blanc et de noirâtre; les plus extérieures, entièrement de cette couleur ; le dessus de la tête, le dos, les couvertures supérieures des ailes et les pennes les plus proches du corps sont pointillés de blanc sur un fond brun; les pennes extérieures et intermédiaires de la queue, brunes ; les autres ont des bandes, blanches et noirâtres. De A^ara , Apuntamientos para la Hist. nat. de los Paxaros del Paraguay >■ .etc. tom. 3. p. 3-1.5. t«. 400. 2e édit, du nouv. Dict. d’Hist. nat. tom. G. p. 409. L’Amérique méridionale.
** Le Chevalier sasashew. 34. T.Sasashew. T. Orbitis , gulâ , pectore ventreque albis ; gùnis , jugulo nigricante striatis ; vertice nu chaque fuscis , albo radiatis ; remigibus nigris , maculis albis triangularibus ; rostro fusco ; pedibus rubris.
Orbites , gorge, poitrine et ventre, blancs ; joues, devant du cou, rayés de noirâtre; vertex et nuque, bruns et rayés de blanc; rémiges noires , avec des taches blanches et triangulaires ; bec brun ; pieds rouges.
Selon Latham , cet oiseau , que Forster a rencontré dans l’Amérique septentrionale, est une variété de son S c olop ax tôt anus , mais nous croyons au contraire que c’est une espèce distincte , qui habite particulièrement la baie d’Hudson, et que les naturels connoissent sous le nom de Sasashew , et les Anglais, souscelui
à'Yellow
ORNITHOLOGIE
dé'Yellow shanks (pieds jaunes). II y arrive à la fin d’avril ou au commencement de mai , y reste jusqu’au mois de septembre, époque à laquelle il paroîc dans ,1’Ecat de New-Yorck ; mais il s’en éloigne à l’arrière saison , pour la passer dans des contrées plus méridionales. On l’appelle dans cet Etat , Humulieus.3 dénomination généralisée à tous les petits biseaux de rivage.
Les orbites , la gorge et une ligne entre le bec et l’œil sont blancs ; les joues , le devant du cou, pareils et rayés de noirâtre ; le dessus de la tête et du cou est brun et strié de blanc; la poitrine et le ventre sont de cette couleur ; le bec est long de deux pouces et demi. Forster 3 Phil. Trans. ( Spotted woodcock). 2 e édit, du nouv. D'ut. d’Hist . nat. tom. G. p. 422. If Amérique septentrionale.
* Le Chevalier solitaire. 35. T. Soli-
tarius. T. Corpore subtus uropygioque albis ; capite colloque fuscis 3 albido lineatis ; scapularùs3 remigibus rectricibusque fusets 3 nigricante alboque marginatis ; hypochondrïis nigricante trans yersim striatis ; pedibus Jlavis.
Dessous du corps et croupion blancs ; tête et cou bruns, avec des lignes blanches; scapulaires, rémiges et reerrices, brunes et bordées de noirâtre et de- blanc; flancs rayés transversalement de noirâtre ; pieds jaunes.
Chodito rubudilla blanca est le nom sous lequel M. de Azara a décrit ce Chevalier du Paraguay3 qui est sédentaire 'et rare, et qui se tient seul sur les bords unis des lagunes.
Il a le tour de l’œil, la gorge, le dessous du corps, une grande partie de ses côtés et le croupion , blancs ; le reste de la tête et le cou , bruns et veinés de blanchâtre; les scapulaires, les rémiges et les. reerrices, brunes et bordées de piquetures noirâtres et blanches; le dessous des ailes et de la queue , blanc et varié de brun ; les flancs, rayés en travers de noirâtre sur un fond blanc; les deux pennes intermédiaires et les latérales de la queue, égales et un peu plus longues- que des autres; le doigt du milieu est joint à l’extérieur par une membrane, et un peu avec l’intérieur. De Aryira^ Apuntamientos para la Hist. nat. de los Paxaros del Paraguay 3 etc. tom. 5. p. 305. n. 394. 2e édit, du nouv. Dict. d’ Hist. nat. tom. G. p. 413. V Amérique méridionale.
1 io5
* * Le Chevalier a tête rayée. 3 G. T. Virgatus. T. Obscurus 3 subtàs albus ; capite colloque longitudinaliter fusco striatis ; rostro obscuro ; pedibus flavicantibus.
Obscur en dessus, blanc en dessous; tête et cou rdyés longitudinalement de brun ; bec obscur; pieds jaunâtres.
Cet oiseau, que nous décrivons d’après Latham , a la tête ec le cou , blancs , avec des raies nombreuses , longitudinales et noirâtres ; le dos, de la dernière teinte , et chaque plume bordée de blanc; les Scapulaires , frangées et tachées de ferrugineux ; les bords du croupion et la queue, d’un cendré obscur; des couvertures des ailes,1 d’un cendré plus clair; leurs pennes , d’un brun sombre ; tout le dessous du corps et les couvertures de la queue, blancs; les flancs, tachetés de noirâtre. Latham 3 Index 3 n. 3 1 ( Tringa virgata). Gmelin 3 Syst. nat. n. 2 8 (Scolopax virgata ). 2e édit, du nouv. Dict. d’Hist. nat. tom. 6. p. 413. L3 Amérique occidentale.
* * Le Chevalier titarès. 37. T. Titans. T. Nigricans , maculis albis 3 subtus alba3 maculis alarum albis 3 triquetris 3 distinctis ; rostro basi rubescente3 deïn nigro ; pedibus aupantiis.
Noirâtre et tacheté de blanc ; taches des ailes blanches, triangulaires et distinctes ; bec rougeâtre à sa base, ensuite noir; pieds orangés.
. Le nom conservé à cet oiseau est celui qu’il porte dans l’Inde, où il est commun. L’iris est bleu ; la tête, le dessus du cou et le dos sont grisâtres ; le menton , la gorge , la poitrine et le ventre-, blancs ; les côtés des trois dernières parties, tachetés de noirâtre; les ailes , de cette teinte ; leurs couvertures supérieures et les pennes secondaires , traversées par des bandes noires ec blanches sur les bords extérieurs ; la tige des grandes pennes , blanche; le croupion ec la queue , rayés de noir et de blanc.- Gmelin 3 n. 12. Latham-j n. 24 (Scolopax totanus3 var. ). 2e édit, dus nouv. Diction. d’Hist. nat. tom. G. p. 413. L3 Amérique boréale.
* Le Chevalier aux pieds courts. 38. T.
Brevipes. T. Suprà cinereus collo anticè pectoreque albidis 3 lunulis griseis ; super dlïis albis ; rostro rubescente j pedibus cinereis.
Cendré en dessus; devant du cou et poitrine blanchâtres, avec des lunules- grises ; sourcils blancs; bec rougeâtre; pieds cendrés.
Aaaaaka
i ioG ORNITH
Le Muséum cf histoire naturelle conserve cet oiseau, dont le bec est très-comprimé, robuste, tendu et un peu courbé seulement à la pointe de sa partie supérieure ; le dessus de la tête , du cou et de tout le corps est gris'* les plumes du devant du cou , de la poitrine et des flancs, sont blanchâtres et terminées par des lunules grises; deux traits sont sur les côtés de la tête, l’un est blancet au-dessus de l’œil, l’autre, brun et sur le lorum. ie édit. du nouv. Dict. d’Hist. nat. torn. G. p. 410. Pays inconnu.
* Le Chevalier aux pieds jaunes. 39. T.
Flavipes. T. Supra albido 3 fusco , griseo nigricanteque varius ; mémo 3 ventre 3 uropygio albïs ,■ rostro basï virescente fusco ; apice nigricante ; pedibus flavis.
Varié en dessus de blanchâtre, de brun , de gris et de noirâtre ; menton, ventre et croupion , blancs ; bec brun-verdâtre a la base , noisâtre à la pointe; pieds jaunes.
Cette espèce arrive dans les environs deNev/- Yorck au mois de septembre, où elle fréquente les marais et où elle se tient par bandes peu nombreuses.
La tête et le dessus du corps sont variés de blanchâtre, de brun, de gris et de noirâtre; la poitrine est noire et blanche; le menton , le ventre, le croupion et les plumes des jambes sont de la dernière couleur; huit bandes brunes irrégulières se font remarquer sur Jes pennes caudales; les pennes des ailes sont brunes et bordées de blanc; l’iris est cendré. Latham 3 Index ( Scolûpax Jlcivipes). Ie éd'u. du nouv. Dict. d’ Hïst. nat. t-om. G. p. 410. V Amérique septentrionale.
* * * Genre.
STEGANOPE , Steganopus.
Corpus oblongum 3 cinereo 3 alba fuscoque varium.
Caput rotundatum.
Rostrum debilissimum 3 rectum .
Nares lineates 3 in rima sit&.
Lingua gracilis 3 recta y acuta.
Collum, médiocre.
AU remige prima reliquarum longiore.
Femora extra abdomen posita j tibia semi- , plumosa.
Far A utrinquè compressissim'u
)LOGIE
Pedes tetradactyli ; digiti trcs anteriores , intèrmedius exteriori ad primam usque phalangem membranulâ marginati ; interiori basi soiâ rnernbranâ connexus ; unus posticus.
Cauda brevis.
Steganopus in America meridionali habitat.
Corps oblong , varié de cendré, de blanc et de brun.
Tèce arrondie.
Bec très-foible, droit , effilé.
Narines linéaires, situées dans une rainure.
Langue grêle , droite, pointue.
" Cou médiocre.
Première rémige la plus longue de toutes.
Cuisses posées hors de l’abdomen ; jambes à demi nues.
Tarses très-comprimés par les côtés.
Pieds rétradactyles ; trois doigts devant, garnis d’une petite membrane dans toute leur longueur ; l’intermédiaire réuni à l’extérieur par une palme jusqu’à la première articulation , et à l’interne, seulement à la base; un derrière.
Queue courre.
Le Stéganope habite dans l’Amérique méridionale.
* * Le Stéganope tricolor. i. S. Tricolor . S. Loris nigris ; strigâ fusca pone oculos ; fronte3 super ciliis 3 collo anteriori , corpore subtàs uropygioque albis ; vertice 3 collo supra scapulariisque dilute fuscis ; rectricibus duabus intermedùs acutissimis ; rostro nigro ; pedibus obscure /lavis.
Lorums noirs; bandelette brune derrière l’œil ; front , sourcils , devant du cou, parties postérieures et croupion , blancs ; dessus de la tête , dessus du cou et scapulaires, d’un brun clair; les deux rectrices intermédiaires très-pointues ; bec noir; pieds d’un brun obscur.
Cette singulière espèce du Paraguay , que M. de Azara a décrite sous le nom de Chorlua tarso coniprimido 3 a les yeux un peu petits, une ligne noire verticale devant leur angle antérieur, et une autre verticale et brune qui va dé l’angle postérieur à l’occiput; le front, les sourcils , les côtés de la tête, le devant du cou, les parties postérieures et le croupion sont blancs; le dessus de la tète , du cou et les plumes scapulaires, d’un brun clair ; les plûmes du dos et les pennes des ailes , noirâtres , avec leur extrémité blanche; les deux pennes du milieu de la queue , un peu plus courtes que les aucres , trèspointues, d’un brun clairet terminées de blanc; les autres, de cette couleur en dedans et.brunes
ORNITHOLOGIE
en dehors; les petites couvertures inférieures de l’aile, de la première couleur, er quelques-unes ont une bande brune ; les grandes couvertures inférieures et le dessous des pennes sont d’une couleur d’argent et terminées de blanc; le bas des jambes est d’un jaune obscur. De A-{ara3 Apuntamientos para la Hist. nat. de los Paxaros dd Paraguay y Rio de la P lata 3 tom. 3 . p. 3 2.7. n. 407. 2e édit, du nouv. Diction. d’Hist. natur. tom. 32 . p. 15 G. V Amérique méridionale.
X CI IIe. Genre.
HERON, Ardeü 3 Linn. Lath.
Corpus elongatum 3 variis coloribus pictum.
Caput sapé cristatum.
Rostrum capite longius 3 robustum 3 aut tam eiltum quàm latum , aut basi crassius quàm altum, ad oculos usque fissum , pluribus denticulatum 3 utrinquè compressum 3 acuminatum 3 rectum 3 aut versus aipcem subeurvatum ; mandibula superior utrinquè sulcata3 plurimis versus apicem emarginata.
Nares lineares 3 longitudinales 3 membranâ posticè tecta.
Lingua mediocris 3 membranacea 3 plana 3 acuta.
Orbita loraque glabri.
Collum longum.
Ala remigibus tribus primants subaqualibus , omnium longissimis.
Femora extra abdomen posita ; tibia semiplumosa (1).
Pedes tetradactyli ; digiti très anteriores 3 pos ticus unus; améliorés basi membranâ connexi; hallux interiori basi connexi 3 humi incumbens.
Unguis intermedius margine interiori dilatatus punctatusque.
Cauda b revis.
Ardea habitant per omnem terrarum orbem,in uliginosis et ad aquas ; piscibus 3 ranis et ipsis vegetabilibus victitant. A lia nïdum in arundinaceis ; pulli recèns nad è nido discedunt ; alia in altïssimis arboribus struunt ; pulli in nido victati sunt 3 ex illo cedentes 3 tantum ad volandum apti sunt. Ova 4 , 5 pariant.
Corps alongé, orné de diverses couleurs.
Tête souvent huppée.
Bec plus long que la tête, robuste, ou aussi haut que large, ou plus large à sa base que haut; fendu jusqu’aux yeux, dentelé chez plusieurs, er comprimé latéralement ; acuminé, droit ou un
(0 Exception, le lihngios d'Europe.
peu courbé vers le bout ; mandibule supérieure sillonnée sur chaque côté, échancrée chez la plupart vers la pointe.
Narines linéaires, longitudinales, couvertes d’une membraneà l’ arrière,
Langue médiocre, membraneuse, plate, pointue.
Cou long.
l.es trois premières rémiges à peu près égales et les plus longues de toutes.
Cuisses posées hors de l’abdomen ; jambes à demi emplumées.
Pieds tétradactyles; trois doigts devant , un derrière ; les antérieurs unis à leur base par une membrane ; pouce joint au doigt intérieur à la base et portant à terre sur toute sa longueur.
Ongle intermédiaire dilacé et pecciné à l’intérieur.
Queue courte.
Les Hérons habitent sur tout le Globe, dans les lieux marécageux et près des eaux ; vivent de poisson , de grenouilles et même de végétaux ; les uns nichent dans les roseaux ; leurs petits quittent leur nid dès leur naissance; les autres, sur les arbres les plus élevés ; leurs petits sont nourris dans le nid et ne le quittent qu’en état de voler. La ponte est de quatre ou cinq œufs.
A. Bec droit; cou très-long et grêle.
Le Hékon proprement dit. i. A. Major,. A. Oecipite cristâ nigrâ dependente ; corpore cine'reo ; collo subtùs lineâ jasciâque pectorali nigris ,■ rostro obscuro 3 basi subtus Jlavic ante ; pedibus sordide viridibus.
Huppe sur l’occiput noire et pendante; corps cendré ; ligne dessous le cou et bande transversale sur la poitrine , noires ; bec obscur , jaunâtre en dessous à sa base ; pieds d’un vert sale. (PI. 5 3 .
Nous croyons que l’on a confondu plusieurs espèces de Hérons 3 en disant que celui-ci se trouve aux îles Antilles, au Chili , à Otaïti, au Japon, en Egypte, en Sibérie, sur les côtes de 1! Afrique, 'et ‘.enfin , dans le nord de l’Amérique; mais toujours est il certain qu’on le rencontre en Europe, en Afrique et dans l’Asie septentrionale. C’est un de ces oiseaux qui s’élèvent le plus haut dans les airs; souvent on le perd de vue dans les nuages , et c’est lorsqu’il doit pleuvoir qu’il prend le plus souvent son vol. Dans cet état, il roidit ses jambes en arrière, renverse le cou sur le dos , le plie en trois parties , y compris la tête et le bec, de façon que d’en bas oa
ORNITHOLOGIE
ne voir pas sa tête, mais seulement son bec, qui paroîc sortir de sa poitrine. Ses attitudes, ses mouvemens indiquent , selon les Anciens, les changemens de t’air et de la température 3 triste sur le sable des rivières , il annonce l’hiver j s’élève-t-il dans les airs et crie-t-il plus souvent qu’à l’ordinaire , il promet de la pluie*, enfin, le côté où son bec est tourné indique le vent.
Naturellement triste et solitaire, ce Héron ne cherche point Kabri des feuillages , comme la plupart des autres oiseaux , ni un couvert dans les herbes, comme les Blcngios3 ni une retraite dans les roseaux, comme les Butors-, toujours exposé aux injures de l’air, il se tient, dans les plus mauvais temps , à découvert , isolé, posé sur une branche sèche, sur une pierre ou sur une butte, au bord d’un ruisseau, au milieu d’un marais ou d’une prairie inondée; enfin, il s’expose tellement à la. rigueur du froid , qu’on en a pris qui étoienr à demi gelés et tout couverts de vetglas. Craintif et défiant, il s’inquiète de tout 5 l’aspecc de l’homme , même très-éloigné , est pour lui un grand sujet d’alarme. Son bec est pour lui une arme défensive,- d’autant plus dangereuse, qu’il s’en sert dans le moment qu’on s’'y attend le moins ; c’est pourquoi les chasseurs ne doivent l’approcher qu’avec précaution , lorsqu’il 11’est que blessé ; car en étendant le cou de toute sa longueur , il peut atteindre au moins trois pieds à la ronde. Ce cou , effacé , perdu dans les épaules et replié, dans le repos, en forme de charnière, se développe comme un ressort ; lance le bec comme un javelot, lorsque l’oiseau le redresse brusquement , et l’œil de son ennemi est le but où il vise. !
Sa voix , qu’on n’entend guère que, la nuit , esc un son unique, sec et aigre , plus bref, et un peu plus plaintif que celui de l’oie. Ce cri , que les Grées du temps d’Homère exprimoient par le mot elciqen ( clangére ) , -se répète et se prolonge sur un ton plus perçant er très-désagréable , lorsque Torseau ressent de la douleur.
Ce Héron mange beaucoup de grenouilles, ou plutôt les avale en entier, er rejette avec ses excrémens les os non brisés et enveloppés d’une espèce de mucilage visqueux , de couleur verte, que l’on soupçonne être la peau de ces animaux réduite en colle. Il fait du poisson sa nourriture ordinaire, et vie aussi' de lézards et de coquillages j , c’est toujours dans l’eau ou au bord de . l’eau qu’il cherche sa proie, soit qu’il la guette an passage et la darde de son bec pointu, où. les dentelures, la retiennent, soit qu’il la force de »
sortir de la vase qu’il foule et retourne en tous sens.
Quoiqu’il soit forcé, pour vivre, d’habiter les lieux aquatiques , il s’en éloigne quelquefois pour nicher j pour cela il choisit dans les forêts les plus grands arbres, où plusieurs se réunissent et placent souvent leur nid sur le même ; il est vaste, composé de bûchettes, de beaucoup d’herbes sèches , de joncs et de plumes. La ponte est de quatre ou cinq œufs d’un bleu-verdâtre pâle et uniforme. Les petits naissent couverts d’un duvet épais, principalement sur la tête et le cou ; ils sont nourris dans le nid, et ne le quittent qu’en état de voler.
L’adulte a les plumes du sommet de la tête., blanches et noires ; celles de la dernière couleur très-longues, fort étroites et formant une aigrette qui se balance sur le cou, dont le dessus et les côtés sont gris -blancs *} le dos , le croupion , les scapulaires et les couvertures supérieures de la queue présentent un joli cendré; quelques plumes scapulaires sont très-longues et très-étroites, et les autres ont une certaine largeur, avec des petites lignes transversales et noirâtres ; la peau nue des côtés de là tête est d’un vert-jaunâtre 5 les joues et la gorge sont blanches, de même que le devant du cou , sur lequel on remarque des taches longitudinales et noires ; les plumes de sa partie inférieure sont d’un gris-blanc % longues , étroites et tombant sur la poitrine, dont le haut est traversé par une bande -noire; le reste de cette pâme et toutes les postérieures présentent, un mélange de blanc et de noir 3 quelques plumes des couvertures supérieures de l’aile sont de la dernière couleur, et les autres cendrées ;• lés pennes - primaires, noires; queîqu'es-unes"' des secondaires, d’un cendré- noirâtre ; la queue, est pareille au dos, ec l’iris d’un jaune-roussâtre.
Le jeune, pl. enl. de Buffon , n. 755,8 été donné mal-à-propos pour la femelle, qui ressemble au mâle. Il a un peu moins de .grosseur et de longueur que le vieux ses couleurs sont plus ternes, moins foncées et moins lustrées ; il en diffère encore en ce quîil 11’a ni aigrette ni bande transversale noire sur la poitrine. Le corps de ces oiseaux est efflanqué, de même que celui de leurs congénères , aplati , beaucoup plus couvert de plumes que de chair, mince et maigre. 1 Basson , Ornicfyol. tom. 5 , p. 3 8 5 . n. 2 ( Héron huppé). Buffon 3 Hist. nat. des Oiseaux , tom. 7. p, $^i.pl. enl. n. 755 et 787. VEurope
O R N I T HOLO G IE.
Le Héron garzette ou l’aigrette, i. A.
Garqetta. A. Occipite cristato ; corpore albo ;
' rostro nigro ■ loris virescentibus.
Occipuc huppe ; corps blanc j bec noir ; lorums verdâtres. {PL 5 1 , fig. 2, sous Je nom de Crabier blanc , et pi. 5 4 ,fig. 4 , sous le nom d’Ai- ■ grette. )
Si la couleur des pieds est un caractère spécifique, point de doute que la Garzette décrire sous le nom d ' Aigrette de neige ( Ardea /ziveu),qui a les pieds jaunes, celles qui ont les pieds verdâtres ou noirs ne soient des espèces particulières ; mais l’observation s’y oppose, puisqu’elle a découvert que dans les pays où ces oiseaux abondent:, on en voit à pieds noirs , d’autres à pieds jaunes , d’autres à pieds verdâtres ; ce qui indique que les pieds varient en couleurs suivant l’âge, et vraisemblablement selon les sexes. On rencontre cette espèce en Europe , en Amérique , dans l’Asie mineure, en Chine, à Siam , au Bengale et jusque dans les lies lointaines isolées , en Afrique, et particulièrement en Egypte, où on les voit se poser par bandes, au déclin du jour, sur les arbres pour y passer la nuit.
Quoique des ornithologistes soient persuadés ue Y Aigrette d’Amérique est, à quelques modications près, la même que celle d’Europe , elle présente néanmoins des disparités remarquables , comme d’avoir moins de grosseur ; les plumes soyeuses de son dos moins grandes , et celles qui forment sa huppe plus nombreuses, longues de deux ou trois pouces, déliées, à filets fins et doux au toucher ; du reste il y a ressemblance parfaite entre les Aigrettes des deux Continens , et toutes les deux , dans leur premier âge , ont un plumage mélangé de gris ou de brun. La couleur du bec et des pieds varie dans des individus, et nous sommes à peu près assurés que ces parties sont d’un beau noir chez les mâles, et que les femelles ont le bec d’un jaune pâle et les pieds verdâtres.. Les mâles et femelles adultes portent seuls la huppe et les longues plumes" soyeuses dn dos ; ces parures ne se„ trouvent point chez le jeune, qu’on isole sous le nom de petit Héron blanc'a. bec. noir ( Ardea &quinoctialis , var.).
M. de Azara , qui a décrit Y Aigrette sous le nom de Gar-qa chica blanca con manto ,. fait mention de deux petits Hérons blancs, donnés par Sonnini pour le même oiseau que le précédent, mais que le naturaliste espagnol présente comme deux espèces distinctes ; l’uné, son Gar^a blanca médian a 3 a vingt-deux pouces de longueur ; la partie nue de la jambe et. le tarse noirs. I
en devant et jaunes sur lé reste \ le bec jaune à la base de sa partie supérieure , noir du reste ; blanc sur l’inférieure et noir sur ses bords ; tout son plumage est très-blanc. L’autre, son Gar-qa. blanca minor 3 diffère du précédent par son bec moins long et légèrement courbé à sa pointe, par une taille plus petite de trois pouces ; sa peau est noire , et du reste il ressemble au précédent.
La Ganpette est totalement blanche, porte sur la tête quelques longues plumes étroites , flexibles, douces au toucher, roulées les unes dans les autres, couchées en arrière, et parmi lesquelles deux ou trois ont cinq pouces de longueur ; les plumes scapulaires sont soutenues parune tige déliée, légère, élastique, d’où partent par paires, à petits intervalles, des filets très-fins, longs de deux ou trois pouces, aussi durs que la soie , et qui se subdivisent vers ies deux tiers do leur longueur en d’autres filets plus déliés encore et plus courts ; une touffe de ces plumes prend naissance à chaque épaule de l’oiseau , .s’étend sur le dos et dépasse la queue. Le jeune porte un plumage mélangé de gris, ou de brun et de blanc. Cette espèce fait son nid dans les lieux marécageux ; sa ponte est de quatre œufs alongés et tirant sur le vert. Buffon , Hist. natur. des Oiseaux 3 tom. 7. p. 3 71. pi. enlum. n „ 90.1.. V Europe 3 l’ Afrique 3 l’Amérique.
* Le I-Iéron dit grande aigrette. 3. X
Egretta. A. Subcristaia3 alba ; pennis dorsï pectorisque Iaxis y angusûs , pendulis y longissimis rostro nigro aut flavo ; pedibus nigris.
Un peu huppé, blanc ; plumes du dos et delà poitrine, lâches, étroites, pendantes et trèslongues ; bec noir ou jaune ; pieds noirs. {Pl. 54,, fig. 5 , sous le nom de grande Aigrette. ).
La Guyane, les pays adjacens et l'Amériqueseptentrionale sont les contrées qu’habite cette espèce , qui ne fréquente point les bords de lai mer , ni les eaux salées, mais qui vit habituellement près des eaux stagnantes et les rivières. Elle esc farouche , se tient rarement ère troupes, recherche les lieux les plus solitaires, pour y nicher, et choisit pour l’ordinaire les petites îles qui sont dans les savanes noyées. Il; paroît que les Aigrettes se réunissent alors ; car Bartram dit que , dans une savane inondée de lar, Floride, tous les arbres d’un petit îlot , contenant quelques acres de /terre haute, étoienr chargés de nids dioiseaux d’eau de diverses- es—
pèces, et en particulier de ceux de la grande Aigrette. ( Voyage dans la partie sud de l’ Amérique septentrionale 3 tom . i , p. 414 de la traduction française. )
Cette espèce remonte dans le nord de l’Amérique jusqu’au nouveau Jersey , où elle niche sur les grands cèdres. Sa ponte est de quatre œufs d’un bleu pâle. Les ornithologistes allemands la classent parmi les oiseaux de leur pays. Le maie et la femelle se ressemblent.
Le^ plumage de cette grande espèce est , de même que celui de la petite Aigrette y d’un beau blanc, sans mélange d’aucune autre couleur, mais sa huppe est plus courte , et son parement de plumes soyeuses , quoique plus volumineux, est moins précieux , les tiges des plumes étant moins déliées , moins flexibles et moins garnies ; aussi ces très longues plumes ont-elles moins dé valeur dans le commerce ; tandis que celles de la Garçette sont d’un grand prix en Orient, et servent à embellir la coiffure des femmes, le casque des guerriers et le turban dès sultanes.
Cette grande Aigrette y dans ses deux premières années et sous son plumage d’hiver , est privée de sa .huppe et de ses longues plumes dorsales ; alors elle ressemble totalement au grand Héron blanc , que l’on soupçonne être une espèce particulière. Buffon , Hist, natur. des Oiseaux y tom. 7. p. 477, pl. enl. n. y 25 , V Amérique,
* * Le grand Héron blanc. 4. A. Alba. A.
Capite Uvi; corpore albo ; rostro Jlavo ; pedibus pi gris.
Tête lisse ; corps blanc ; bec jaune ; pieds noirs.
Selon Selon, le Héron commun et celai ci se hantent , et sont amis jusqu’à partager quelquefois le même air pour y élever en commun leurs petits. Quoique l’espèce de cet article soit moins nombreuse que celle de l’autre , elle est aussi répandue. On la voit rarement en Angleterre , et très-souvent, dic-on, sur les côtes de la Bretagne. On la rencontre à la Nouvelle-Zélande et pu Japon , où elle porte le nom de Seiro sagi y et elle s’élève vers le nord jusqu'au 3 3e. degré de latitude. On la trouve encore à Madagascar, où elle s’appelle, en langue madégasse , Walsonwalson fouchi; elle porte au Brésil le nom de Guira tinga y et au Mexique, celui d ' A\talt.
Ainsi que tous les anciens ornithologistes, Linnée, Brisson, Buffon, Latham et Gmelin
font de ce Héron une espèce distincte et particulière, tandis que d’autres prétendent que c’est \z grande Aigrette sous son habit d’hiver ou dans ses premières années. S’il en est ainsi , cette dernière se trouveroit donc en Europe, où l’on ne' dit pas l’avoir rencontrée sous ses attributs, çlestà-dire, avec sa huppe et son faisceau de plumes longues.
Au reste , tout le vêtement de ce Héron est d’un blanc éclatant ; la peau nue qui entoure les yeux est verte et mêlée de jaune sur les bords ; la partie nue des jambes et les tarses sont, chez les uns verdâtres , chez les autres noirs. Basson, Ornith. tom. 5 .p. 448. n. 15. Buffon 3 Hist. nat. des Oiseaux y tom. 7. p. 365 . pl. enl , n. 8 S 6. L’Europe y l’ Amérique.