‹ Tableau ethnographique du genre humainChapitre 1 sur 13 · ARTHUS BERTRAND, LIBRAIRE · texte numérisé non relu

ARTHUS BERTRAND, LIBRAIRE

ËDITEUR DES NOUVELLES ANNALES DES TOTAGBS,

S3, rue Hautefeuille.

Minaum

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PARIS.- IMPRIMÉ PAR E. THUNOT ET t-,

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St. R1IK RACINE . PRÈS DE TODl^ON.

Ce tableau ethnographique du genre humain , œuvre si étrangère en apparence aux questions qui agitent la société * n^aurait probablement point vu le jour en ce moment , si l'impression n*en eût été conunencée antérieurement au U février 1848.

Il est impossible, en effet, de se dissimuler le peu dMntérét qu'offrent en général de tels sujets d*étude, au milieu des débats passionnés qui semblent aujourd'hui détourner violemment les esprits du culte de la science.

' Qu'est-ce pourtant que cette science des races humaines, si ce n'est la première dont l'homme politique doive désormais se préoccuper? Cette science a pour objet l'étude des ](HS sacrées de la famille, des nationalités, de l'humanité tout entière. — Or, surtout dans ces temps d'ébranlement politique, lorsque l'Europe continentale est en feu, lorsque le monde est dans l'enfantement, qu'on examine le mobile de toutes ces agitations : on verra, sur presque tous les points, que le combat est engagé sur une question de races. Près de nous, ce sont des peuples séparés d'origines, de mœurs et d'idiomes, qui sont en proie à de sanglants démêlés. Au loin, ce sont des races asservies qui cherchent à briser le joug des

conquérants En vue des changements qui se préparent,

puissions-nous nous mettre en mesure de comprendre les lois qui président à ces grands mouvements , pour adoucir les transitions et assurer la paix de l'avenir !

Ce sont des considérations de cette nature qui dominaient l'auteur , lorsque , dans des pensées de prévoyance, il écrivait ces mots :

« Observez, dans le rapport des races, que le bras qui opprime est aussi celui qui protège. Il est beau de détourner le joug, mais à la condition de n*y pas substituer l'abandon. Nous avons tous sondé la plaie de Tesclavage : elle est hideuse ; mais sondons aussi d'autres plaies! Quel nom donnerez- vous à cette incurie sociale qui brise sous nos yeux tout lien de solidarité entre le fort et le faible?... Est-il une pire condition que celle qui condamne rirlandais à mourir de misère? Est-il un pire esclavage que l'esclavage delà faim? Prenez-y garde ! chaque condition a ses chaînes. En brisant les fers de Tesclave , craignez d'y substituer toutes les tortures qu'impose le délaissement: Vainement aurez-vous résolu les dangereux problèmes du passé .\il est d'autres problèmes, il est d'autres dangers dans les secrets de l'avenir... Offrez à tous nos frères une égale hospitalité ; mais commencez du moins par leur préparer un abri ! »

Ces mots, écrits en 1847, en prévision des événements qui devaient avoir pour effet d'abolir l'esclavage dans toutes les possessions de la France, s'adressaient justement à l'un des principaux auteuj:^ de cette grande mesure. On comprend dès lors que les pensées énoncées ci-après puissent fournir la matière de graves réflexions. Si un penseur lit ces pages avec quelque intérêt , le but de l'auteur sera atteint.

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