Journal des Minet, an VI
treprenaient rexploitation deà inines de Villéfort. Ils coiistruîstrent une londerie à Roquemaure, sur les bords du Rli6ne; le minârai était ainsi transporté, pour y être fondu, à 70 kilomètres des fhines. Les premières dépenses furent donc excessives et irréfléchies, et bientôt tout fut abandonné.
4776-4792. Après deux ans d*abandon, les mine» furent reprises par une nouvelle Société sous la direction de de Genssane. On attaque de nombreux filons à Yillefort, et la dissémination des travaux empêche qû'auèun d'eux soit vigoureusement poussé. On installe la fonderie à Villèfori. Les fonds allaient devenir insuffisants quand, en 4784, on découvrit les filoni de Vialas. Los minerais, lavés à un bocârd installé sur le Luech, sont transportés à dos de mulef à la fondéfiè de Yillefort, et Tentreprise se soutient.
4799-480(1. Au moment dé la tlévdlutioh, malaise de rèxj)loitation pit ftâllè dil thàilijiie dé bras et de rèxcêssivè chehé de toutes choses.
En l'an VI, Doloqiieu écpvait : c La Ccunpa|;nie qui exploite actuellement les naines d^ Villefort est une de celles de France où on a toujours employé le plus d'ordre et d'économie ; cependant, ayant succédé à une première Compagnie qui avait commencé les travaux sans soin et sans intelligence; ayant payé à cette Compagnie une forte somme pour ôtre substituée à ses droits, et dépensé plus (le ^1)0,0.00 franco pour monter cet établissement, elle a eu da la peine à subvenir tout à la fois aux dépenses journalières et aux intérêts des premières avances. »
4800 à 4825. L'exploitation se soutient dans des conditions défavo-râbles. La direction locale manque d'habileté et d'activité.
4827-48J7i Apport de quelques capitaux insuffisants pour les opérations eji cours d'exécution ou projetées; entre autres, la translation de là fondef'ie de Villefort à Vialàs, translation qui eut lieu en 4898. Grandes sécheresses qui arrêtent la production et annulent momentanément les ressotifcéâ de l'exploitation. Arrêt et suspension d'un an.
4838-4856. Apport de capitaux qui permettent le développement des travaux d'avenir. Période de bénéfices croissants. Les travaux étaient dirig^^ par un ingénieur dont on ne peut omettre le nom, M. Solberge. I^s filom^ de la localité furent étudiés à ce moment, mieux qu'on ne l'avait fait jusqu'alors, et cet ingéqieur put faire adopter l'exécution de grands travaux d'avenir, tels que les principales galeries d'écoulement qui, poursuivies plus tard, ont soutenu Tentreprise jusqu'aux temps actuels.
A cette époque, les mines de Villefort étaient abandonnées, et toutes les forces de l'explottation étaient particulièrement poKëès sur le groupe des filons de Vialas et dans des espaces assez rapprochés de la fonderie qu'on y avait établie.
n y &vâit atoré trois cêhtrés d' activité sur le flaiic des montagiiôs; sur chacun de ces centres, oii avait ouvert plusieurs étages de travaux jusqu'à la t)rofoiideur de 400 à 450 mètres ; mais bri îie pouvait descendre à une profondeur plus grande à cause dé l'abondahce des eaux, ou à cause des frais élevés d*eltraction, dans Tàbsefacé de puissants moyens mécaniques et tout étaht alors tÀli à bras d'hommes.
fit t
C'est dans ces circonstances (^ué M. Sôlbérge eiitrèprit deux galeries d'écoulement qiii devâiôttt ïtteiridi-e les filons, l'une i 60 inètres, l'autre à 200 mètres âu-déssoù^ dés travaût les t>luâ profonds, et assurer à l'exploitation un avenir de longue durée.
Après la ihoK dé l'ingénieur qui avait tlidiqué ces remalrqiiables travaux, peu d'années après leur commencement, et bien avant leur achèvement, les liiines de Vialas furent soumises à un système d'extraction à outrance. On tirait le minerai partout où 11 était en vue, et les travaul d'exploration conime lestravaux d'avenir furent mcme itânénlent partout négligés. L'eiitrepiriSé courait vers de nouveaux dahgers quand 1^ direction passa dans d'autres mains plus habités.
En 4 856, If production d'argent, qui avait généralement varié entre 70b et 4,000 kilos, s'éleva à 4,500.
En 4857, les tfav^ux d'avei^ir et d'aménagement reçurent une forte impulsion sous la direction de M. Rivot. Les gisements furent encore mieux étudiés que dans les temps antérieur^vl^ ipîoBrai fut reconnu en un grand nombre de points et la production s'était élevée à prè$ de 2,000 kilos d'argent en 4863.
Ville fort. — Ces mines, délaissées, depuis longtemps, ont été reprises depuis peu d'années par la Spciété de Vialas, et des travaux importants y sont aujourd'hui en cours d'exécution. Ce district a été particulière* ment étudié par M. Charnier, directeur actuel des mines.
Le district de Villefort est compris entre les vallées de TAltier, du Cnassézac et du Chalondres, et touche par un de ses commets les trois départements du Gard, de l'Ardècbe et de la Lozère. Il offre la physipnomie générale de celui de Vialas en ce seojs que, comme dans cette dernière localité, ainsi qu^ npus le verfpns plus loin, son. ensemble est compris entre deux grands filons quart^eux, dirigés sur 1^. 9 ou N* 0.- S. E., distants d'environ 3 kilomètres, et qui sont : l'un, le grand filon de la Garde f très-puissant; l'autre, le grand filon de Idatimbert.
Plusieurs autres branches, distants d'environ 500 mètres au point de leur plus grand écartement, courant à peu près aans la mémeflirectipp, constituent un faisceau remarquable sillonné par un grand nombre d'autres filons plombeux argentifères dirigés b. ^, où à peu p)rès Ë. 0. Ces grands filons sont coupés par un très-puissant croiseur qûartzeux, N. S. magnétique, de 20 mètres de puissance, dit filon de la Roche f et qui se développe sur plus de 40 kilomètres d'étendue.
On a reconnu dans ce district plus de soixante filons b. 5 et des filons h. 4 et h. 3 que Ton a particulièrement étudiés à Pcyrelade, au Pécbadou, aux Aydons, au Cbambon et aux Salces, et qui tous se trouvent dans le voisinage de la séparation des granités et des micaschistes. Ils passent indifféremment d'une rocbe dans une autre sans solution de continuité et sans différence apparente dans leur remplissage.
Indépendamment du grand croiseur de la Rocbe, on connatt encore des failles N. S. qui offrent une grande importance pour faciliter l'exécution des travaux de recbercbe, par suite de leur régularité et de celle des filons.
Voyons maintenant les caractères généraux de ces divers filons.
Filons A. 5 (presque £. 0. m.). — Affleurements quartzo-barytiques. Le chapeau a généralement une très-faible épaisseur. A moins de 4 0 mètres sous la surface, leurs caractères changent tout à fait : la baryte tend à disparaître et la gangue devient un quartz un peu hyalin.
Puissance : elle est moyennement de 0",30.
Minerai : galène argentifère. Près de la surface et dans la baryte, sa teneur en argent est très-faible; elle s'élève en passant dans le quartz et donne assez constamment SOO à 700 grammes aux 100 kilos de plomb.
On ne sait pas bien encore comment ces minerais, ainsi connus dans les micaschistes, se comporteront dans le granité. On a remarqué ailleurs que leur richesse en argent tendait à y diminuer notablement; mais, dans un des filons de Villefort, au Chambon et dans cette même roche, on a trouvé un minerai blendeux qui a fourni 1,500 grammes d'argent aux 400 kilos de plomb. La loi qu'on avait semblé reconnaître de l'amoindrissement de la richesse argentifère des filons en passant de la région des schistes dans celle des granités pourrait donc n'être pas applicable à tout le district de Villefort, et, suivant toute apparence, les faits que l'on observera tendront de plus en plus à constater que cette richesse est subordonnée à la nature des gangues, quartz ou baryte, tant qu'on n'aura pas reconnu la présence de quelque autre minéral argentifère, tels que la bournonite, les cuivres gris ou les sulfures d'argent qui peuvent se présenter plus ou moins abondamment.
Filons h. 3 (N. E.-S. 0. m.). — On les trouve principalement dans le granité porphyroïde, le granité dominant dans la contrée.
Puissance : 1 mètre à 1",50.
Minerai : galène disséminée dans une gangue feldspathique. Leur teneur en argent est de 40 grammes aux 100 kilos de plomb.
Filons À. 1 . — On n'en connaît jusqu'à présent qu'un qui ait été un peu
exploré : c'est le filon dit du Bouard. On le suit à la surface, sur une distance d'environ 4 kilomètre, avec minerai à TafOeurement.
Il passe des micaschistes dans le granité.
Dans les micaschistes, sa gangue est quartzeuse, et elle devient feldspathique dans les granités.
Puissance : 0,50.
Minerai : il est souvent en rognons et en boules. Sa teneur varie de 400 à 200 grammes d'argent.
Fihns h. 9 (N. O.-S. E. m.). — Ces filons sont essentiellement quartzeux, ferrugineux et cariés à l'affleurement. Us sont très-puissants, trèsétend)js et offrent en certains points, soit au toit, soit au mur, des traînées minérales.
TIs possèdent des salbandes parfaitement déterminées.
Ces filons, d'après l'idée qu'on en a aujourd'hui, idée manifestée généralement d'après des travaux peu étendus et surtout peu profonds, ne paraissent pas être le siège de minéralisations qui leur soient propres; ils semblent être particulièrement enrichis par le contact de veines latérales, et ils renferment des minerais dont les caractères sont ceux des filons qui les ont rencontrés.
Ainsi, dans le grand filon de Mazimbert, on retrouve le minerai de Peyrelade, et dans celui de la Garde on constate des émissions de minerais pauvres.
Ces grands filons h. 9 ne paraissent donc, jusqu'à présent, susceptibles que d'exploitations locales.'
Nous pensons qu'il pourrait être dangereux de formuler des opinions trop absolues relativement au plus ou moins d'abondance de minerai dans ces filons. Les travaux ne nous paraissent pas assez avancés en France pour qu'il soit possible de s'exprimer d'une manière nette et fixe à cet égard, et il faut peut-être attendre que les circonstances aient permis de voir ces filons à des profondeurs plus grandes que celles auxquelles on les connaît aujourd'hui. Cette observation parait d'autant plus fondée que bien des ingénieurs semblent admettre la possibilité d'un enrichissement notable pour quelques-uns d'entre eux.
Grand croiseur delà Roche. — Filon très-étendu, ainsi que nous l'avons dit plus haut, visible sur près de dix kilomètres. Son affleurement rocheux forme une crête saillante qui s'élève quelquefois de 40 à 45 piètres au-dessus du sol.
Direction. — N. S. m.
Puissance. — 4 0, 4 5 et 20 mètres.
Inclinaison. — Vertical.
Ce grand filon coupe tous les autres.
Mmercd. *- ïl paraît être stéri^ç, Cfipendapt à ^nt-J^n^-Çfyazfiri^ie il semble avoir été su? quelque? points l'objet d^ancïênnqs attf^ques çî'qù Ton a extrait des minerais plombeu»» ^lendeu^ et cuivreux siégeant 4«iis 1§ quartai.
On a constaté encore dans le district de Villefort de^ filons cuivreui^; ainsi au Fremtnet, dans un des Talions qui descend de la Lozère oh voit plusieurs de ces filons encaissés dans le micaschiste, et courant presque dans là direction 'h. 9, dû N. 6d à 60 0.
Ils ont été travaillés par la compagnie de Vialad dans le cours du siècle dernier, et le plus important d'entre eux paraît être le précédent.
Filon de Frebsinet. ~ Quartceux avec sulfate de baryte, très«oeren et moucheté près de la surface par des c^^lorationa cuivreuses.
Ce filon, dit M. Lan, pénètre dans le granité près du Pouget, mais ilpa raît y devenir stérile. ' * *
Puissance. — 0,80 à i mètre.
Minerai. — En 1773, le minerai essayé^ produisit 26 livres de cuivre au quintal, 2 onces d'argent e| un peu d*or, mais ce dernier métal s*y trouvait alors en trop faible quanilté pour qu'on pût en faire lé départ.
Les mines des environs de Villefort, dilGenssane, sont très-captieuses; elles ne donnent que par bouillons.
On pourrait, ajoute M. l'ingénieur Lan, qui rappelle ces paroles du mineur du dix-huitième siècle, en examinant bien le résultat des travaux intérieurs, trouver ce jugement un peu trop absolu pour plusieurs dès gisements de la localité. Cèst ce que pense égalenâent la compagnie actuelle de Vialas qui, soutenue aujourd'nuî par une grande expérience locale dans ce genre de travail, ti'hésite pas à travailler ce9 filons de nouveau.
Provenchère. — Crêje quartzo-barytique s'étendant de Festugeire, commune de Prbvehchè're â rèrrèyrole^ commune de iSainte-lfeàrgaerite dans l*Ardècne, encaissée dans le granité. Oh peut la suivre sur qùatf^e kilo* in^tres de longueur dans une direction rapprochée de S. 0. Ce gisement renferrhe peu de galène et beaucoup de blbnde. Il recoupe une' crété de quartz jaspe rouge sferilè courant pendant environ d kilomètres dans la direction N. S. Il dessine la vallée de la Borne depuis la Paillerie, commune de Montselgues, jusqu'aux Aidons, conàmune dés Balmelles et produit dans ces gorges sauvages un effet des plus pittoresques.
En résumé, d après ces quelques mots, on volt'qu'e le district de Villefort présente tous les caractères aptes à lui donner une grande importance. Le voisinage des chemins de fer modifie avaniageUsement ses conditions d'exploitation, et, sous Kimpulsion que donne ftttjourd!hui