Annalu des Mines, i
dont on ne connaît réellement encore qu'âne partie, les filons de galène sont, jusqu'à présent, les plus nombreux, et on remarque qu'ils sont plus argentifères dans les sebistes que dans les granités, avec certaines variétés de chaux carbqnatée et de baryte, et qu'ils cessent presque de l'être lorsqu'ils pénètrent dans certains terrains calcaires où la baryte se montre en plus grande abondance.
Les principales zones plombeuses que l'on connaisse aujourd'hui dans la Lozère, considérées géographiquement, d*^près M. Lan ou d'après les renseignements qui nous ont été fournis par M. l'ingénieur Garnier et M. Fabre, membre de la Société géologique dé France, suivent plusieurs lignes qui traversent le département à peu près de l'ouest à l'est.
4® Au nord du mont Lozère, de Villefbrt au Bleymardt Mende et les environs de Marvejols ;
2® Au sud du mont Lozère, de tlorac à Chamborlgaud et Peyremale, dans le Gard, passant par Bedouèset Cocurës, Pont-de-Montvert et Vialas;
S"" De Cassagnas au collet de Dèze et Portes, dans le Gard, paasant aux mines de Cluech, Prad^l etCastanet;
i"" Une ligne au nord de l'Aigoual, près de Meyraeis.
Cependant, comme des gisements existent entre ces zones, il serait peut'ôtre plus exact de les rapporter aux grands filons quartzeux, si nombreux dans ces localités, courant généralement dans une direction variant autour du N. 0. S. E., que l'on trouve au milieu de tous ces terrains et auprès desquels ils s'entrelacent et se groupent.
La plus grande richesse en argent a été trouvée dans quelques filons des environs de Yillefort et dans la plupart de ceux que l'on rencontre au sud du mont Lozère, comme Vialas, Bluecht Beduuès et Cocurès; elle varie, suivant le mode de remplissage des filons, de 50 à 400, SOO, loO, 600 et même plus de 4,000 grammes d'argent aux 400 kilos do plomb d'œuvre.
Les gisements placés au nord du mont Lozère, et surtout ceux qui se trouvent enclavés dans les granités ou les calcaires, sont souvent pauvres en argent; leur teneur varie de 45 à 250 grammes aux 400 kilos de plomb, et un grand nombre d'entre eux n'ont été exploités que comme alquifoux.
Les gisements d'antimoine se trouvent principalement groupés dans la région S. E. du département , aux environs de Saint-Germain-de- Calberie, de Cassagnas, de Saint- Martin^de-Boubaux^ et ils paraissent former plusieurs faisceaux qui s'étendent dans le département du Gard jusqu'à Malbosc. Ils se trouvent généralement sous forme de filonscouche, au sein de schistes qui appartiennent sans doute â la partie supérieure des terrains azoïques. On trouve au milieu d'eux quelques gisements de galène qui paraissent leur être tout à fait contemporains et forment une sorte de liaison entre les filons plombeux et les filous d'antimoine.
Enfin, les filons de cuivre que l'on connaît dans la Lozère sont peu nombreux. On en a exploité un auprès de Villefort; les autres se trouvent sur les versants de TAigoual, paraissant appartenir à une bande qui se poursuit dans les montagnes de Satnt-^Jeari'dU'Gard , et la pyrite de cuivre accompagne fréquemment les minerais de plomb sur les pentes nord du mont Lozère.
Nous allons indiquer les principaux gisements connus; mais nous devons nous hâter de faire remarquer qu*il faudrait tout un livre pour en donner une description détaillée, description que le cadre de ce travail ne nous permet pas de reproduire.
Principaux gisementê et mines connus dons le département.
Villefort et Vialas, plomb et argent. Concession de 1808 sur 9,700 hectares, augmentée en 1872 et portée à i i,oOO hectares. Activement travaillé.
BahourSy plomb et argent. Concession de 18(31 sur 870 hectares.
B/uecA et Pradaly plomb et argent. Concession de 1841 sur 1013 hectares.
Ispagnac^ plomb et argent. Concession de 18H2 sur 2375 hectares.
Bedouis et Coeurés, plomb et argent. Concession de 1849 sur 3,987 hectares.
Saint'Michel-^'Dèzê, plomb et argent. Concession de 1822 sur 136 hectares.
Richaldon (Collet de Dèze), plomb et argent. Concession de 1860 sur 636 hectares.
Meyrueis et Gatuziéres, plomb et argent. Concession de 1864 sur 10,575 hectares.
Saint-Léger-de-Peyre^ plomb et argent, environs de Marvejols. En recherches.
Montrodatf — —
* Antrenas, — —
CAtrae, — —
Marvejols, — —
Les Bondons^ alquifoux.
Bleymardf — I
Ailenc, —
BagnolS'leS'Bains, —
Oullet, —
Orciéres^ —
VareiUeSt —
Cubières^ —
Bergongnhoux, »
Grosvialay alquifoux. Vallée du Chassézac.
Belvezet, —
Aufage, —
Forét-de-Mereoire. — Vallée de V Allier.
Saint'Michel'de-Déze, antimoine. Concession de 1822. Vallée du Gardon.
Collet-de-Dèze, antimoine. Concession de 1822.
Cassagnas, antimoine. Concession de 1832 sur 624 hectares.
Terraillonj — — 1832.
Vieljouve, — — 1860.
LaCoupette, — — 1845.
Botioe et Solpeyranf antimoine. Concession de 18(4 sur 1,226 hectares.
Les minerais de cuivre ont été reconnus :
Dans les gîtes de Campû, aux environs de Meyrueis.
— Campredon^ —
— BeyraCi commune d*AIlenc.
— Saint-ÉUenne, vallée française.
— SéjaSy commune de Montrodat.
— Vallée de Coulagnetj commune de Marvejols.
Des gisements nombreux, dont nous n*avons pas cité les noms, se retrouvent aux environs ou autour des localités que nous venons d'indiquer. Ils sont, en général , marqués à la surface du sol par leurs affleurements ou par les déblais plus ou moins considérables des anciens travaux dont ils ont été l'objet.
3tine8 de Villefort et Vialas, — Ces mines se composent aujourd'hui de deux principaux districts, situés l'un à Villefort, entre les vallées de l'Altier et du Chassézac, et l'autre à Vialas, dans les hautes montagnes qui forment la rive droite du Luech. Elles sont d'une grande importance à cause des travaux nombreux dont elles ont été l'objet, d'une manière à peu près continue, depuis plus d'un siècle^ et la Société qui les possède, propriétaire encore de plusieurs autres concessions dans le Gard, s'est toujours fait remarquer par sa persévérance, par sa volonté de créer et de conserver des traditions, par les nombreuses recherches qu'elle a faites, à grands frais, dans ces montagnes, et beaucoup aussi par la libéralité avec laquelle elle a mis à la disposition du public tous les résultats de ses études.
Aussi les documents relatifs aux mines de Vialas ne manquent pas, depuis Dolomieu * jusqu'à ces dernières années. Les études les plus complètes ont été données dans les Annales des mines, en 4855, par M. l'ingénieur Lan, et en 4863 par M. Rivot h qui était confiée la direction des travaux.
On trouvera principalement dans ces deux ouvrages une foule de détails intéressants; nous n'y puiserons que ce qui est nécessaire pour ne pas sortir du cadre restreint que nous nous sommes imposé.
historique. — Les mines de Vialas ont été travaillées dans des temps très-reculés que l'on peut rapporter aux Romains tout aussi bien qu'au moyen âge. Ces travaux étaient ouverts sur les crêtes des filons, et, comme à Pontgibaud, partout où ils ont été poursuivis à quelque profondeur, on a rencontré au-dessous d'eux le prolongement de la richesse minérale.
4768-4774. Après un long abandon,^ deux ou trois propriétaires en-