Siatittlque du Contai. Baadin
que des traces de minerai, et la plupart des gttes, doués de quelque richesse, sont peu apparents à la surface ; ces gttes se t'ont remarquer par la variété et^ar la richesse des minerais métalliques ; ils sont tous cuprifères et contiennent, en outre, du plomb, de l'antimoine, du fer et du zinc. Les gangues dominantes sont le quartz et la baryte. Leur direc* tion est généralement N. S. Ils sont encaissés dans les calcaires de tran* sition et dans des porphyres subordonnés à ces terrains. Ils pénètrent dans le trias et s'arrêtent à la hauteur des grès. »
A Brusque les couches paraissent imprégnées déminerai, la blende y domine et la galène a donné 475 grammes d'argent aux 400 kilos. Toutes ces mines étaient abandonnées en 4870. Vers 4858, un certain nombre d'entre elles furent travaillées, des galeries anciennes furent déblayées; mais on n'est réellement pas sorti de la période des recherches, et les travaux ont été abandonnés avant qu'on y ait fait ce qui était nécessaire pour les mettre en valeur. D'un autre côté, il faut reconnaître que de grandes entraves ont été apportées par les difficultés des transports, et il est probable que les conditions de ces mines seront bien modifiées par la présence du chemin de fer de Rhodez à Montpellier.
Ajoutons maintenant ^ qu'en 4806 on travaillait dans les communes de Marciliac^ Valady^ Saint-Christophe^ etc., et sur huit ou dix filons dont la puissance est indiquée de 0,50 à 0,60.
Dans la commune de Bord^ canton de Saint-Geniest, arrondissement d'Ëspalion, on constatait la présence de minerais de plomb tenant 63 p. 400 plomb et 304 grammes argent aux 400 kilos plomb, en même temps que des anciennes fouilles aux environs de Saint-Geniest, Pomayrolle^ etc.
Kn résumé, et sans entrer dans de plus grands détails, nous voyons que le département de l'Aveyron renferme des richesses minérales considérables : que ces richesses se manifestent sous la forme de filons étendus et puissants qui traversent diverses natures de terrains.
Ces filons ont été pour la plupart l'objet de travaux très-développés et de longue durée sous la donimation romaine et au moyen âge ; ils étaient en activité au moment de la découverte de l'Amérique; ils se maintinrent encore pendant près d'un siècle, malgré la dépréciation de l'argent, et ne furent suspendus que par suite d'événements indépen» dants de leur richesse, et particulièrement sous l'influence de l'action .jialheureuse que détermina, dans toute cette contrée, l'explosion des ^(uerres religieuses.
Nous avons vu que depuis cette époque, c'est-à-dire depuis trois iiècles, la plupart de ces mines sont restées abandonnées ; les orifices des puits, altérés par les intempéries, se sont fermés, et toutes les traditions ont été perdues; quelques-unes d'entre elles ont été reprises dans
1, Journal des Mines ^ 1806.
le cours de ce siècle, et, à Texception d'une seule, cette reprise n'a porté que des résultats infructueux.
Il n'est pas nécessaire de faire un examen approfondi des travaux ouverts dans ces derniers temps, pour reconnaître qu'à l'exception de la mine dont nous parlions tout à l'heure, celle de Labaume, il n'a été fait aucun effort véritablement sérieux, ou du moins suffisamment raisonné, pour atteindre les profondeurs situées au-dessous des travaux anciens. On s'est souvent perdu au milieu des anciens déblais, et des sommes considérables peut-être ont été employées infructueusement sans rien enseigner.
Maintenant il est difficile de voir ces immenses filons formant des faisceaux d'une haute importance, sans que l'esprit recherche ce que cette contrée, éminemment métallifère^ serait devenue si elle avait été soumise au régime législatif allemand au lieu d'être régie par les décrets autoritaires qui ont dominé Tindustrie minérale dans le cours des siècles derniers. Il est permis de croire que les choses s'y seraient passées d'une toute autre manière; les filons auraient été activement étudiés depuis longtemps, des routes sillonneraient ces montagnes et un système hydraulique subsisterait pour procurer la force nécessaire aux exploitations; des galeries d'écoulement auraient été pratiquées là où cela aurait été possible, et l'Aveyron jouirait aujourd'hui des bénéfices de plus d'un siècle de travail ; des colonies de mineurs seraient installées, comme autrefois dans le XVI" siècle, au sein de ses vallons, et une fonderie centrale, située près des terrains houillers, produirait abondamment une grande partie du plomb, du cuivre et de l'argent que nous sommes obligés d'acheter à l'étranger.
Enfin la régularité et la continuité des affleurements métallifères, l'étendue considérable des vieux travaux qui n'ont pris que la partie superficielle de la richesse, la haute teneur en argent d'un grand nombre de filons, teneur qui atteint jusqu'à 600 grammes aux 400 kilos de plomb, et celle des minerais de cuivre : l'abondance des cours d'eau, le voisinage des bassins houillers de Decazeville et d'Espalion , la situation de deux chemins de fer traversant le département nous paraissent autant de causes aptes à modifier l'état actuel des choses, à rendre désormais possible et fructueuse l'exploitation de la plupart de ces gisements trop longtemps abandonnés.
Sad-G9l et Midi de la France.