Anciens minéralogistei
reprises avec activité par un nouvel exploitant, et, d'après les anciens minéralogistes qui mettent en relief son savoir-faire et son activité, ces efforts nouveaux furent couronnés de succès.
1760. La production qui, en 4747, ne comptait que 632 quintaux de cuivre (environ 30 tonnes), s'éleva progressivement jusqu'à 2,500 (420 tonnes), représentant pour l'époque une valeur importante.
Dans cette dernière période, on avait relevé des travaux anciens nombreux, on avait établi des machines hydrauliques pour l'épuisement, on avait découvert et mis à nu d'importants filons et de riches minerais de cuivres argentifères, et on fondait les minerais dans une fonderie établie sur les bords de la Nive.
Les cuivres obtenus étaient transportés à Sainbel (Rhône) pour Textraction de l'argent.
Après avoir été travaillées par le dernier concessionnaire pendant vingt-neuf ans et cinq ans par ses successeur^ ces mines paraissent avoir traversé une période moins active; elles étaient en partie délaissées quand, en 4787, Dietrich en fit la visite; néanmoins on y travailla jusqu'au moment de la Révolution.
4823. On tenta de les reprendre à cette époque, mais les travaux, quoique dirigés par Charpentier qui éclaira la géologie des Pyrénées» furent bientôt abandonnés.
4873. Aujourd'hui, ces mines sont reprises depuis quelques années. £lles sont encore dans la période d'installation et elles ne fournissent que 8 à 40 tonnes de minerai par mois; mais le minerai qu'elles extraient, composé particulièrement de cuivre gris argentifère et de pyrite cuivreuse, renferme 300 à 800 grammes d'argent aux 400 kilos, ce qui lui donne une grande valeur.
Si, maintenant, nous réfléchissons sur les diverses phases de ces exploitations dans le cours des temps, en rapprochant déjà par la pensée les observations de Dietrich dont nous indiquerons la partie essentielle, il est facile de voir :
Que les Romains exploitèrent ces filons en un grand nombre de points, près de la surface du sol et tant qu'ils ne furent pas gênés par les eaux souterraines;
Que ces travaux, abandonnés par eux, soit à cause de leur profondeur au-dessous du niveau de la Nive, soit par suite des événements qui les repoussaient de la Gaule, repris au moyen âge, présentèrent à cette époque des diflScultés d'épuisement.
II est permis d'en juger ainsi, puisque Bernard Palissy, dans son Traité de théorique et pratique (1580), nous rappelle que le roi de Navarre Antoine, faisant exploiter des mines argentifères dans ce pays, dut les abandonner à cause de l'affluence des eaux.
Les mêmes obstacles, ajoutés encore à ceux que présentaient des amas de décombres abandonnés depuis des siècles, durent être rencontrés
pendant le dix-huitième siècle, alors que Ton ne possédait réellement que des moyens d'action peu puissants, et nous voyons, en effet, que ces mines ne donnèrent lieu à une production que lorsque le principal concessionnaire y eut fait installer des machines hydrauliques, parmi lesquelles on voyait des roues de 30 et 32 pieds, animées par les eaux de la Nive.
Ces travaux, s'approfondissant -encore, donnèrent sans doute lieu de ressentir bientôt Timperfection de ces nouveaux moyens : comme dans les Vosges, l'extraction et la plupart des épuisements s'y faisaient à bras d'hommes; et cela nous explique vraisemblablement leur ralentissement avant la fin du siècle dernier.
Ces observations sont pleinement confirmées par les détails fournis par Dietrich.
Quant à l'abandon vers 4823, on ne peut guère le considérer, je pense, que comme une sorte de défaillance de la part des exploitants qui, en présence de travaux noyés ou remplis de décombres, ont reculé devant la nécessité d'y appliquer les forces qu'exigeait une pareille situation.
Filons de Baigorri. — Près de Baigorri et sur les deux rives de la Nive, des travaux nombreux ont été exécutés sur un grand nombre de filons qui se croisent, se coupent et s'entrelacent, dans des directions diverses, au milieu des schistes et quartzites de transition appartenant au terrain silurien ou dévonien inférieur.
Ceux de ces travaux qui se rapportent au siècle dernier sont, en quelque sorte, groupés, autour du point où se trouvait la fonderie.
D'après le plan ancien de H. de la Chabeaussière, directeur des mines, plan qu'on retrouve dans l'ouvrage de Dietrich, on voit les indications des mines suivantes :
Sur la rive gauche de la Nive :
Mine de Philishourg;
— de Saint-Louis;
— de Saint- Antoine;
— des Trois- Rois et Berg-op-Zoom;
— des Bois.
Sur la rive droite de la Nive :
Mine de Saint-Michel;
— de Sainte- Marthe;
— d'Aoust; "
— de Sainte-Elisabeth.
Elles sont ouvertes sur plus de 20 filons, et sur de nombreuses ramifications, dont quelques-uns sont désignés sous les noms précédents. Lorsque l'on envisage, d'une manière générale, le plan d'ensemble des
travaux, on reoonnatl que ceux qui ont eu le plus de âéveloppemeDt, dans le sens de la profondeur, sont ouverts sur des pointa de réuoicm de plusieurs filons.
Ainsi, les travaux anciens et modernes les plus profonds, sur le filon des Trois^Rois, se montrent k un endroit où se croisent plusieurs filons, et ceux de Sainte-Elisabeth se développent à la rencontre de trois filons courant sur les b« 8, iQ et 4.
Principaux filons :
Les TroiS'jRois et Sainte-Marthe.
Ce filon paratt s'étendre des deux côtés de la Nive.
Il a été poursuivi, sur la rive gauche, sur 360 mètres, et S70 sur la rive droite.
Il est accompagné d*une multitude de ramifications, ou^ suivant l'expression de Dietrich, de veitfes partantes.
Direction principale sur la rive gauche : h. 9, soit N. O.-S. E.
Inclinaison .; le"" au N. N. E.
Direction sur la rive droite : h. 8 4/8.
Inclinaison : au sud.
Ces différences de direction et d'inclinaison n'ont pas empoché de faire considérer ces deux branches comme appartenant à lin môme filon.
Ce filon a toujours fourni du minerai; on le travaillait encore en 4787, mais à cette époque les fonds en étaient inondés.
C'est dans son développement qu'on trouva un massif de minerai qui s'est soutenu sur une longueur de 400 mètres et depuis la profondeur de 60 jusqu'à 400. On retrouva encore de beau minerai de la profon(^eur,de 4 00 mètres à 460, point lë plus bas des travaux, u Lé filoii y était constamment puissant; il n'a pas cessé de donner de bonnes mines de bocard, et on assure (4787] qu'au sol des tr^vs^ux il subsis^it encore dans le même état et qu'il a plus de 2 pieds d'épaisseur. »
C'est cette colonne de minerai qui servit à refaire la for(uiiç des concessionnaires de 4760.
Pilon de Berg-op^Zoom, — Développé sur une étendue considérable.
Direction : 3 h. 3/8, environ N. E.-S. 0.
Inclinaison .* au N. E.
Puissance : variable. Elle est moyennement de 0<*,75.
Ce filon est régulier dans son allure, quoique présentant de fréquentes inflexions brusques de â mètres d'amplitude.
Minerai : Il consiste en mine de pyrite cuivreuse jaune et en cuivre gris antimonial argentifère. Ce dernier paratt, d'après les observations de Dietrich, se trouver spécialement dans la gangue de quarts et être remplacé par de la pyrite jaune lorsque cette gangue devient du fer spa-
tbiqtie. On l6 rencontre à peu près partout, en plu9 ou moins grande abohdance, et il semble former des amas importants limités dans le sens de la largeur, mais étendus en profondeur, en quelque sorte des lentilles ; c'est ce que Ton peut déduire des paroles suivantes de Dietricb : € Le minerai s^est constamment et abondamment soutenu depuis le sommet de la montagne jusqu'à 40 toises (80 mètres). » Les travaux, noyés ft cette époque, n^ perAiettaient pas de voir au-dessous de ce niveau ; mais il y a tout lieu de penser que le rainerai ne oesse pas d'y exister.
Au milieu des travaux anciens, qui y ont été importants, et dans les parties qu'ils avaient laissées, on trouvait des épaisseurs donnant 8 pouces de mine jaune massive. ^
Ce filon a particulièrement été travaillé à son point de croisement avec les filons des Bois^ des Trots-Mois^ Sainte-Marie^ 5otnK4fi/ome, et cette jonction semble avoir donné lieu à d'importantes eonoentrations métalliques.
Sur le filon de Berg-op-Zoom se trouvent aujourd'hui (4 873) eoncentrés les travaux qui, ainsi que nous l'avons dit plus haut, sont eneere dans leur période d'installation.
Le cuivre gris, minerai principal qu'on en extrait, analysé pfir H. l'ingénieur Genreau qui s'occupe actuellement de l'étudç géologique du dét partement, a donné :
Minerai compacte : Cuivre, 34 pour 400;
— Argent, 4^055 aux 400 kilos;
— Antimoine, non dosé. .
Pour les minerais marchands, la teneur argent varie de SOO à âftO gram* mes aux 4 00 kilos de minerai.
Mous n'entrerons pas dans plus de détails sur les travpux dp dix-huitième siècle dans la concession de Baigorry, détails qu'on retrouvera dans l'ouvrage de Dietricb; mais nous ne quitterons pas ces lieux sans ajouter qu'il y a beaucoup d'indices de vieux ouvrages qu'on n'a jamais repris dans les temps modemeè.
Tels sont, par exemple, ceux que l'on rencontre dans la montagne d'Aetscoria où des afiaissements, dans la direction de Berg-op-Zoom« permettent d'y croire au prolongement de ce filon.
Des observations faitea par tous les mineurs du dix-huitième siècle il résultait que l'un des moyens de perpétuer l'exploitation de Baigon^y devait consister dans la reprise des fonds que Timpuissance dea moyens d'épuisement avait laissé noyer; on pensait qu'il fallait installer de nouvelles machines et que la profondeur de 460 mètres, la plus graade à laquelle on était parvenu, n'était pas assez considérable pour craindre de ne pas rencontrer au-dessous un minerai i^bondaot, surtout sur le filon des Trois-Rois et à a rencontre du filon de Berg-op-Zoom et de
plusieurs autres; que cette dernière mine, desséchée et remise en valeur par l'établissement d'une machine, faciliterait l'exploitation des autres filons importants qui se trouvent à sa -proximité, particulièrement celle du filon Saint-Antoine.
Enfin, comme l'existence de minerais riches dans les filons de Baigorry n'est pas douteuse; comme il n'est pas moins douteux que l'on en a retiré des bénéfices importants dans le dix-huitième siècle, et que ces mines n'ont été arrêtées que par la faiblesse des moyens pour vaincre les obstacles qu'accroissait l'augmentation de la profondeur, on peut croire que les perfectionnements acquis dans la construction des machines, et particulièrement l'emploi des substances explosives nouvelles, permettront, mieux aujourd'hui que jamais, l'exploitation utile et avantageuse des minerais de ces contrées.
Dans toute cette partie des Basses-Pyrénées, on rencontre de nombreux filons de fer spathique, comme aux mines A* Antchmilégui^ d'Usteley territoire de la Bastide, de Lischçueta au-dessous des bois d'£*chaux, d'Eseourbiguy et d^htoustiguy^ dans le territoire de Baigorry, qui toutes renferment des pyrites de cuivre en plus ou moins grande abondance. Lorsqu'il sera possible de les mettre en exploitation, on pourra, par un triage soigné, en extraire le minerai de cuivre dont le produit viendra s'ajouter à celui de la mine de fer.
Cette observation est d'autant plus vraie qu'aux environs d^Ainhoa, par exempte, on rencontre des gttes cuivreux où le fer domine, remarquables par leur allure.
L'un d'eux, (miné de fer d'Ainhoa), délaissé depuis longues années, a été reprisée 1873. Ce filon, de 4 mètre ii 4 "",50 de puissance, est composé de fer cai*bbnaté avec épontes au mur et au toit, d'hématite brune de 0,50 environ. Il renferme des mouches nombreuses de pyrite de cuivre. On peut juger qu'il a été exploité anciennement pour cuivre, parce que les anciens travaux sont entièrement remblayés par des blocs 'de fer spathique^.
On y voit encore des filons de fer spathique très-cuprifères encaissés, comme le précédent, dans les schistes et les quartzites dévoniens, bien réglés, d'une puissance de plus de K mètre, sur lesquels on remarque les traces d'anciens travaux.
Le minerai consiste en pyrite de cuivre jaune, panaché, gris, en grains ou cristaux, dans du quartz ou du fer spathique. Il forme quelquefois des veinules au travers de ce dernier.
La gangue est un quartz blanc hyalin qui, dans certains cas, forme des bandes avec le fer spathique. On y rencontre accidentellement la baryte sulfatée '.