Lettre inédite de H. IMngénienr Genrean
?• Revue de géologie de Delesse et Lapparent, 1873.
Mine (TAspeich. — Vallée d'Ossau, commune de Bielle. On y travaille des filons de minerai de cuivre pyriteux compacte, très-pur, d'une puissance de 0,05 à 0,42, encaissés dans une roche calcaire ferrugineuse que M. Genreau croit appartenir ou au devonien supérieur, ou au calcaire carbonifère.
Concession (TArre. — Elle est située dans les hautes montagnes de la vallée d'Ossau, sur la rive droite du Souzouey, commune de Laruns.
Elle possède des filons de galène, de blende et d'argent. On y a également reconnu la présence du nickel.
Ces filons, généralement peu puissants, enclavés dans les calcaires de transition, ont presque tous, à diverses époques, été Tobjet de travaux plus ou moins superficiels. '
Quelques-uns, de galène, d'une épaisseur de 0,20 à 0,60, donnent du plomb tenant de 400 à 120 grammes d'argent aux 400 kilos.
Plusieurs filons de blende, irréguliers d'ailleurs dans leur allure, ont en quelques points une puissance de plus de 4 mètre.
Tous, en général, courent dans les directions E. 0. etN. E.-^S. 0.
Les gisements qui ont été particulièrement l'objet de la concession sont des filons de pyrite arsenicale ou mispikel, tenant le nickel et souvent l'argent.
Fihn Saint^Pierre. — C'est le principal des filons de cette nature que l'on y connaisse, et celui sur lequel ont été faits les premiers travaux.
Ses affleurements peuvent être suivis sur 2 ou 300 mètres, et ils sont signalés par une crête ferrugineuse qui s'est montrée, en un point, accompagnée de terres rouges au mur, de terres noires au toit, un peu argentifères.
Gangue : calcaire spathique lamelleux.
Puissance : faible, très-variable, variant de 0,04 à 0,05 et 0,60.
Minerais .-.argent natif, kupfernickel, blende, galène, mispikel, pyrite de fer.
Ils sont d'autant plus riches en argent qu'ils renferment moins d'autres substances métalliques.
Les minerais argentifères ont donné à MM. les ingénieurs des mines Garella, Debette, Flajolot, pour quelques échantillons :
Calcaire spathique avec argent natif disséminé, 5^,20 pour 400;
Même minerai lavé, 5 kilos pour 400;
Calcaire spathique avec une forte proportion de kupfernickel,
360 grammes; Calcaire spathique avec peu de kupfernickel, 4^,440; Mispikel en masse, 360 grammes ; Blende mélangée au kupfernickel^ 380 grammes.
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Les minerais rendent une forte proportion de nickel métallique.
Enfin, MM. Garella et Debette estimaient que le produit de 4 mètre carré du filon Saint-Pierre pourrait produire 500 grammes d*argent et 8 kilos de nickel.
Malheureusement, ces divers gisements se trouvent dans une région très-accidentée et recouverte par la neige pendant une partie de Pannée.
On y a exécuté quelques travaux dans œs dernières andées et installé un bocard ; mais ils ont été bientôt abandonnés et sont depuis longtemps suspendus.
Mine d*lsturits. — Nous rappelons eette mine parce qu'Hellot, dans la Note qu'il a donnée des mines de France, la présepte comme une mine d'or présentant d'immenses travaux Romains, s'étendant à plus de 4,200 pieds de profondeur, et où l'on voyait trois grosses tours et d*an:ciens retranchements pouvant contenir 6,000 hommes.
Ces mines sont également citées par Hautin de Yillara en 4749, et désignées par Alonso Barba, plus anciennement encore, oomme mine co/tfchalcy probablement calcaire, et riche en or et argent.
On ne sait réellement rien aujourd'hui relativement à l'existence de ces mines, mais on n'ignère pas qu'il existe en efiet, dans cet endroit, des grottes très-profondes.
D'après M. l'ingénieur Oenreau, la structure géologique de toute la région qui les entoure paraît n'offrir qu'un bien faible intérêt au point de vue des substances métalliques. Il serait néanmoins intéressant de résoudre cette question et de savoir à quoi s'en tenir au sujet de ces renseignements anciens,
JVIneii 4e V*er<
Let minerais de fer sont trës-répandos en France; on les trouve en plus ou moins grande abondance, avec des qualités diverses, sur'une multitude de points du territoire. Des scories anciennes, amoncelées dans les vallées ou disséminées à la surface du sol, dans les plaines cultivées ou au sein des forêts, accusent l'existence de travaux' prolongés, pratiqués à diverses époques, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, qui, souvent, n'ont laissé ni souvenirs ni tradition.
L'bistoire développée de ces travaux et la description des gisements offriraient sans doute un très-grand intérêt; mais Tune et l'autre exigeraient un grand nombre de détails qui pourraient remplir un volume, et leur énumération dépasserait les limites que nous nous sommes imposées.
Noua nous bornerons dono, ainsi que nous l'avons dit dans Tintroduotion, ^ des considérations générales ; mais nous essayerons d'en dire asses pour donner une idée du mouvement de l'industrie sidérurgique dans )es siècles passés et dans le siècle actuel, et pour faire connaître les principaux gisements des diverses parties de la France.
Vers la fin de leur indépendance, les Gaulois fabriquaient le fer qui servait particulièrement à la confection des armes, et, quand César pénétra dans les Gaules, le cuivre et le bronze qui, dans les temps antérieurs, avaient remplacé les ustensiles, armes et outils de pierre, étaient encore les métaux le plus généralement employés, même à Rome, pour les usages domestiques.
Des perfectionnements successifs introduits dans la fabrication ont généralisé l'emploi du fer, et c'est ainsi que, peu à peu et surtout depuis
rapplication de la Tapeur, et depuis la création des voies ferrées, ce métal est devenu Fun des éléments essentiels de la civilisation actuelle, nécessaire dans tous les usages de la vie, et utilisé, comme on ne Favait jamais fait, pour les besoins de la navigation et de la guerre.
Si nous cherchons à nous rendre rapidement compte de la succession de ces perfectionnements, nous arriverons à comprendre comment Tusage du fer s'est si puissamment répandu parmi nous, et comment il a fallu tant de siècles pour parvenir au point où nous en sommes.
Au temps des Gaulois, une production très-restreinte suflBsait k la population guerrière; les routes faisaient généralement défaut, et l'industrie du fer disséminée dans les forêts, particulièrement cultivée par les Bituriges dans le Berry, par les Centrons dans les Alpes, par les Tectosages dans les Pyrénées, par les Gaulois de la Bretagne ou ceux du Jura, n'existait qu*à l'état rudimentaire.
Un creuset, soufflé à bras d'hommes, suffisait au traitement direct des minerais, et cet appareil primitif constituait une forge que l'on transportait sur divers points du gisement quand on en avait épuisé les parties les plus voisines et les plus superficielles.
Cet usage primitif s'est perpétué longtemps à côté même des progrès qui se réalisaient ailleurs, et c'est ce qui explique comment aujourd'hui, dans une foule d'endroits, on peut rencontrer des amas de scories de diverses époques, souvent en faible quantité, disséminés sur de grandes étendues à la surface d'une même contrée et dans des lieux où on trouve encore des vestiges de ces bas fourneaux, mais où on ne voit aucune trace d'établissement fixe et ni même un cours d'eau.
Peu à peu et avec le temps, les creusets s'agrandirent en changeant de forme; de circulaires qu'ils étaient d'abord, ils devinrent elliptiques, puis à quatre pans dont deux arrondis, puis enfin quadrangulaires , tels que nous les voyons de nos jours aux forges catalanes des Pyrénées.
En même temps que ces changements s'opéraient, les forges se fixaient au sol ; elles s'établirent sur les torrents; les souffleries cessèrent d'être animées par des hommes ou par des animaux, et l'eau fut employée comme force motrice ou comme agent de ventilation.
Les travaux de mine s'approfondirent et se développèrent, surtout après le huitième siècle, quand les bas fourneaux anciens furent exhaussés.
C'est dans l'Erzegebirge, berceau de la sidérurgie en Allemagne, que se fit ce premier progrès, cette première amélioration notable qui, se répandant en France, dans les Vosges et en Bourgogne, contribua déjà à généraliser davantage la fabrication du fer.
Au XII' siècle, particulièrement remarquable par le travail des mines en général dans toute l'Europe, cette fabrication avait acquis déjà une grande supériorité; mais» presque partout, si l'on s'en rapporte au dire
de divers auteurs, la fonte n*était considérée que comme uu produit nuisible; on ne faisait que le fer et Tacier naturel.
Cependant on peut croire que, dans les Ârdennes, on coulait déjà, à cette époque, des fontes moulées aussi parfaites que celles de nos jours, et on peut en avoir la preuve dans ce pays même où il n'est pas rare de voir des plaques de foyer portant des sujets bibliques et la date de i \ 40.
Il est donc probable que, si dans la plus grande partie de l'étendue du territoire on ne possédait que des forges et des épéeriesy il existait déjà^ cette époque, dans le nord-est, des fourneaux uniquement destinés à fournir la fonte.
Quoi qu'il en soit, on admet généralement, et probablement à tort* que le haut fourneau proprement dit, particulièrement édifié en vue de ne produire que de la fonte, ne fut construit que dans le courant du XVP siècle.
La province de Liège revendique l'honneur de sa découverte.
Ce nouveau progrès signala le commencement d'une ère nouvelle pour la fabrication du fer, la fin de ce que M. Foumet appelait l'âge de la scorie, le commencement de l'âge du laitier.
Il est probable que ce nouveau fourneau ne servait au début qu'à la production des fontes de moulage. On conserva pendant longtemps encore les bas foyers pour le traitement direct des minerais de fer ; mais il fut le point de départ des transformations qui s'opérèrent dans la fabrication et conduisit aux méthodes nouvelles d'affinage de la fonte, connues sous les noms de méthodes Berganiasquet Wallonne^ Comtoise, du Berri et du Nivernais^ appliquées jusque dans le courant du siècle actuel, et qui tendent de plus en plus à disparaître pour être remplacées par la méthode anglaise.
Depuis cette époque, jusqu'au milieu du XVIII* siècle, les progrès de la fabrication, signalés par l'application des méthodes que nous venons d'indiquer, restèrent à peu près statiounaires ; mais, à ce moment, on se préoccupa particulièrement de l'emploi de la houille carbonisée dans les hauts fourneaux qu'on alimentait exclusivement avec le charbon de bois ou celui de la houille pour l'affinage de la ionte.
Les premiers essais dans ce genre furent faits en Angleterre ; c'est en 1729 qu'on commença à appliquer le combustible minéral.
C'est en 4760 qu'on commença à y employer le coke et que l'on se servit en même temps des cylindres soufflants de Smeaton, qui permirent de modifier les dimensions des hauts fourneaux et d en accrottre le rendement.
De nombreux essais urent aussi tentés en France dans le même sens et vers la même époque; mais ce n'est qu'en 4782 que l'on put voir, dans le centre du pays, au Creuset, uu haut fourneau exclusivement ali mente par la houille carbonisée.
En 4788, presque tous les hauts fourneaux de l'Angleterre employaient
le cliarbon minéral, et il fallut encore en France près de cinquante ans et des circonstances nouvelles imposant le progrès pour qu'on pût y voir généralisé Temploi des mêmes méthodes.
En 4785, Cort et Parnell, encore en Angleterre, rendirent pratique et industrielle la méthode d'aflQnage par la houille, dite méthode anglaise. Appliquée d'abord en Champagne, elle y reçut le nom de méthode champenoùe^ et elle tenait en quelque sorte une place intermédiaire entre la méthode anglaise et les méthodes anciennes.
Ces importantes découtertes, coihcidant pour ainsi dire avec lesuhiéliorations que des hommes de génie apportaient dans la construction des machines à vapeur, furent Torigine d'une transformation complète dans la fabrication du fer. Dès ce moment, les progrès de cette fabrication prirent un élan prodigieux, dont on n'avait jamais eu l'idée dans les siècles antérieurs, et ils ne pouvaient plus être arrêtés par l'emploi du combustible qui, tant qu'il venait des forêts, devait maintenir la production dans d'étroites limites.
Les hauts fourneaux qui, jusqu'alors, n'avaient pas eu plus de 6 à 7 mètres de hauteur, furent exhaussés de plus en plus ; leurs formes intérieures fhrent avantageusement modifiées, des machines à vapeur puissantes animèrent des souffleries perfectionnées.
En 4898, Beaumont et Nelson se servent de l'air chaud, et, à peu près vers la mêttie époque, des ingénieurs français, Thomas et Laurens, utilisèrent les gaz perdus des hauts fourneaux.
Les anciens et lourds marteaux à cames et les martinets furent remplacés par les laminoirs et par les marteaux*pi1ons; l'outillage se perfectionna constamment, tendant toujours à réduire les prix de fabHcation tandis que s'élevaient ceux de la main-d'œuvre et de toutes choses, et enfin Tapplication de toutes ces méthodes nouvelles généralisa tout à la fois, et dans des proportions considérables, l'emploi du fer et de la houille.
Les chemins de fer, l'application du fer aulieu du bpisdanslanavigation, le développement toujours croissant des machines à vapeur, l'abahdon toujours de plus en plus prononcé de la navigation à voile ainsi que Taugnietitation prodigieuse de la consommation en fer et acier darts le monde entier, furent la conséquenèe de ces perfectiontiements. De plus, en même temps que les moyens de transport rapides dont ils avaient favorisé l'exécution ouvraient de vastes débouchés pour l'industrie sidérurgique, ils faisaient nattte partout de nouveaux besoins It stimulaient au plus haut degré le commerce et l'industrie qui, sous toutes les formes, acquirent un développement qu'on ne leur avait jamais connu.
Cependant ces progrès, réalisés vers la fin du siècle dernier ou au commencement du siècle actuel, ne se manifestèrent en France que quelques années plus tard.
C'est seulement en 4848, et même seulement de 4822 k 4827, pendant