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Rapport dea gîlea m 'tallifôres avec les roches éruptives. — Rapport des ((ttes avec les roches
encaissantes*
Les substances métalliques sont à peu près répandues à tous les niveaux dans Técorce terrestre et dans toutes les roches de la nature; on en trouve dans les eaux de la mer et dans les eaux thermales actuelles ; mais celles de ces substances , à Texception du fer, qui doivent plus essentiellement attirer Tattention du mineur et qui nécessitent des conditions particulières de quantités et de concentrations existent généralement dans les terrains les plus anciens.
Les granités, les gneiss, les micaschistes, les terrains siluriens et dévoniens, qui occupent la position la plus basse dans l'échelle géologique, renferment les minerais, autres que les minerais de fer, les plus abondants, et les gisements de ces minerais paraissent offrir dans ces terrains une plus grande continuité que dans les autres.
Ceci n'est pas rigoureusement vrai, puisque Ton connaît des gisements fort riches et fort étendus en Hongrie^ en Algérie et ailleurs, que l'on croit exister dans les terrains tertiaires; mpis, en général, le nombre de ces gisements paraît être infiniment plus grand dans les terrains anciens.
Les contrées où on les trouve paraissent encore être celles où les actions volcaniques de tous les ftges se sont manifestées et où se présentent les roches éruptives les plus nombreuses.
Les ramifications méridionales des Karpathes sont infiniment plus riches que les ramifications septentrionales, et nous voyons dans les premières des granités, des syénites et des porphyres, qui, s'ils existent dans les secondes, y sont recouverts par des dépôts qui les cachent aux yeux des observateurs.
Les gisements argentifères de Gharnacillo, au Chili, sont associés à des porphyres et à des greenstones ; ils sont principalement placés dans des couches métamorphisées^ c'est-à-dire dans des couches dont l'aspect ne ressemble plus à leur aspect originaire et qui doivent très-probablement les changements qu'elles ont subis au voisinage de ces roches. ,
I Les gisements métallifères du Beaujolais, dans le département du Rhône, sont en rapport intime de position avec un puissant développement porphyrique.
Des porphyres quartzifères et des eurites se rattachent aux nombreux gisements de l'Aveyron.
Certains gîtes des Vosges traversent des roches devoniennes métamor-
phisées, qu6 Ton a considérées longtemps comme des porphyres auxquels on a donné le. nom de porphyres bruns, et tout autour d'eux on voit des mélaphyres et des syén i tes très-dé veloppés.
Les gîtes métallifères qui jalonnent une longue faille sur laquelle se trouve la mine d*Âgordo, en Vénétie, sont liés, d'après M. l'ingénieur Hatton, à une éruption porphyrique.
En Toscane comme au Canada, comme à Cuba et en une foule d'autres points de notre hémisphère, les minerais de cuivre sont dans un rapport si intime avec des greenstones, des roches amphiboliques ou ophioliliques, qu'ils semblent quelquefois en faire partie intégrante.
En Amérique, en Espagne, etc., partout enfin où abondent le plus les substances métalliques proprement dites ^ on reconnaît la présence voisine de roches plutoniques plus ou moins nombreuses et d'âge géologique plus ou moins récent.
D'après les idées admises, les roches porphyriques paraissent si directement liées avec les productions métalliques, que l'un de ces porphyreç a reçu le nom de porphyre métallifère.
Ces rapports des roches éruptives avec les métaux n'avaient échappé ni aux savants ni aux mineurs.
Dès 1834, M. Fournet, dans ses Etudes sur les dépôts mitallifères^ en faisait mention, et il montrait que le docteur Boue fut le premier à les indiquer d'une manière générale.
Necker, frappé par des rapprochements nombreux , rechercha aussi s'il n'y avait pas, auprès de chaque gisement métallique connu , des roches non stratifiées, et, dans le cas contraire, s'il n'y aurait pas des faits, tirés de la constitution géologique de la contrée, qui mèneraient à conclure que des roches de cette nature peuvent s'étendre sous le district métallifère.
Les savantes études de M. Élie de Beaumont sur les émanations métallifères ont établi aussi « la relation impossible à méconnaître entre la nature des filons et la nature des roches éruptives dans le voisinage desquelles ils se trouvent et avec lesquelles ils sont en connexion; » et M. Fournet, que nous venons de citer, a recherché, dans un remarquable travail sur les mines de l'Aveyron , quelles sont celles de ces mines qui se rapportent aux éruptions porphyriques ou serpentineuses des environs.
Enfin, d'après les nombreuses observations déjà faites, d'après la disposition des gisements et leur aptitude apparente à produire telle ou telle substance minérale utile en plus grande abondance, quand, dans leur voisinage, existe telle ou telle roche éruptive , on pourrait presque espérer d'arriver à une classification méthodique de ces substances ou de leurs gisements liés à une classification pareille de ces roches. En un mot^ on pourrait espérer de parvenir à reconnaître à quelle roche éruptive se rapporte particulièrement une substance métallique donnée.
Cependant cette idée, qui semble soutenue par un grand nombre de faits, n'est pas reconnue par tout le monde.
On comprend les discordances d'opinion à cet égard, car la formation des roches éruptives et le mode de production des substances minérales sont encore environnés de bien des mystères ; mais il est une chose que le praticien ne saurait méconnaître, c'est celle sur laquelle nous venons d'insister, c'est-à-dire les rapports de voisinage entre ces substances et ces roches dans les lieux où l'industrie minérale métallique offre la plus grande activité.
En s'appuyant sur les faits connus, lorsqu'il trouvera un gisement dont les caractères pourront laisser dans son esprit quelque doute, il pourra puiser une certaine confiance dans ses efforts s'il reconnaît dans le voisinage de ses travaux la présence d'une de ces roches non stratifiées qui, dans des cas analogues et sur d'autres points de la terre, se retrouvent auprès de la substance qu'il recherche.
Rapport des gîtes avec les roches encaissantes, — D'après ce que l'on peut déduire de ce que nous avons écrit jusqu'à présent et sans entrer dans de plus grands détails qu'on retrouvera dans les ouvrages spéciaux sur la question , il sera facile de reconnaître que la richesse métallique dans l'intérieur d'un gisement peut subir un grand nombre de modifications ou de changements inattendus. La forme qu'elle affecte est généralement irrégulière, et l'abondance plus ou moins grande des minerais correspond à des circonstances particulières qui paraissent se rattacher surtout an mode de groupement des gîtes et en quelque sorte à leur manière d'être dans leur association au milieu des terrains divers qu'ils traversent.
Ces circonstances ne sont pas les seules , et un grand nombre de faits semblent démontrer encore que la nature de la roche encaissante a exercé une certaine influence sur la richesse minérale.
Au Lac supérieur, les filons de cuivre traversent un frapp amygdaloide, un trapp cristallin ou greenstone et un conglomérat. D'après H. Rivot, ces filons sont très-riches dans Tamygdaloïde, très-minces et improductifs dans le greenstone , et, dans le conglomérat, le cuivre est généralement remplacé par des calcaires et de la calamine. Il n*en est peut-être pas toujours ainsi rigoureusement parlant, mais la différence de richesse du minerai en passant d'une roche à l'autre a été constatée. Cette différence a été signalée aussi, dans la même localité, aux mines de Kewenaw-Point, où l'on n'a trouvé que rarement, dans le conglomérat, des masses de cuivre natif ou quelques indices de cuivre oxydulé noir^
En France, à Huelgoët, le filon argentifère recoupe des porphyres, des