‹ Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la FranceChapitre 17 sur 194 · Wilhney · texte numérisé non relu

Wilhney

l'oches vertes amphiboliques, des grauwackes et des schistes. On y a remarqué que ces deux dernières roches exerçaient sur la richesse une influence très-défavorable.

A Kongsberg, les fahlbandes sont recoupées par des filons contenant des minerais d'argent, mais ils ne sont argentifères qu'à leur point d'intersection avec les fahlbandes.

A Brûnsdorf, près de Freiberg, les veines de la formation quartzeuse sont généralement pauvres dans les schistes micacés et riches dans des schistes graphitiques qui leur sont subordonnés^.

Dans le Cumberland, en Angleterre, les filons de plomb traversent le calcaire carbonifère avec des alternances de grès et de schistes argileux. Les filons y sont productifs dans le calcaire et stériles dans les autres roches. Dans le Derbishyre, des filons de plomb traversent le calcaire carbonifère et des trapps, qui prennent le nom de toadstofie. Us sont riches dans le calcaire et pauvres et divisés dans le trapp.

En France et dans la Lozère, on peut remarquer que les filons de plomb argentifère deviennent plus pauvres en argent dans les granités que dans les micaschistes.

D'après Fox, a les filons du Cornouailles sont très-modifiés par la nature de la roche qu'ils traversent, et ils changent souvent en passant d'une roche à une autre. Quelques-uns d'entre eux, très-riches dans le granité, sont devenus improductifs dans le killas, et vice versa. La môme observation peut s'appliquer aux killas relativement à l'elvan ou porphyre granitoïde.

Quelquefois, dans la môme veine, le granité contiendra du cuivre et le killas de l'étain et vice versa. Fox attribue ces divers changements à des influences électriques.

Nous ne nous étendrons pas davantage sur ces considérations générales relatives aux productions métalliques, et quoique tout ce que nous ayons dit soit bien incomplet, nous avons fait assez de citations et fourni assez de détails pour montrer combien les gUes métallifères sont complexes dans leurs formes comme dans les dispositions des richesses qu'ils renferment et pour faire voir combien l'exploitation d'un district ou d'un môme filon exige d'attentions et de soins; c'était là le but que nous nous proposions d'atteindre.

^' VoA GolU.

Théorie des gttaBnéUlIifères.— AgriooU.^ Berit«rd Pallsvy. ^ DMoartet. — Slénen. — Henekel. — Les Encyclopédistes. — Déliui. — Werner. >— LasiiM* *» Lamétherie. — * Bnislaek. — De Genssane. — Torhern-Bergman. — PaoU. — FoorneU ^- D« Boacheporn, — Elle de Beaaiiu>nt. — Daubrée. — Yon Gotla. ^ Résumé*

Théories des gîtes métallifères, — Nous ne saurions donner ici qu'un aperçu très-rapide des idées théoriques relatives à la formation des dépôts métallifères, car ces théories touchent, en réalité, bien peu l'industrie; mais il est nécessaire de montrer quel a pu être, à cet égard, le mouvement des idées.

Aucune limite n'arrôte l'esprit quand il cherche à expliquer les phénomènes bien mystérieux encore qui ont présidé à la distribution des substances minérales utiles au sein de Técorce terrestre , tandis que les forces de l'homme sont bientôt épuisées quand il veut sonder les profondeurs de cette écorce, et, d'un autre côté , les métaux que nous extrayons du sol, tels que le plomb, le cuivre, l'or, l'argent, etc., qui satisfont à nos besoins, sont bien peu de chose, en quantité, si nous les comparons à la grandeur des montagnes d'où ils proviennent*

Un filon de 2,000 mètres de longueur et de \ mètre de puissance pourra suffire, pour alimenter une exploitation productive pendant bien longtemps en ne pénétrant que jusqu'à 400 mètres de profondeur, et le volume de 800,000 mètres cubes qu'il occupe n'atteindra souvent pas la dix millième partie de la montagne qui le renferme, entre les mêmes dimensions.

Il est, enfin, un grand nombre de veines métalliques qui suffisent à un long travail et qui, réellement, deviennent microscopiques et disparaissent devant la grandeur des proéminences ou des masses qui les recèlent.

La théorie peut donc donner libre carrière à son imagination sans nuire à aucun intérêt ; mais la pratique, soumise aux exigences et aux nécessités bornées d'un écu, ne peut se livrer aux spéculations de l'esprit. Elle doit tenir un très*grand compte de la théorie, mais nous croyons qu'il serait dangereux pour elle de s'attacher à aucun système et de s'en servir autrement que comme d'un flambeau qui n'éclaire pas encore toutes les sinuosités du chemin.

Tout ce que nous avons dit a dû montrer que l'art des mines est tout un art d'observations longues, minutieuses et patientes, et, afin de ne pas compromettre les intérêts qu'il représente, le praticien fera sagement de s'en teoî^ aux faits matériels qu'il constate dans le progrès des travaux

qu'il dirige et de fixer sa conduite ultérieure d'après l'étude attentive de ces faits, qu'il doit suivre pas à pas et de proche en proche.

C'est ce que faisaient les anciens, qui ont reconnu avec une admirabla sagacité et exploité presque tous les gisements métallifères de la France, dans des temps où la géologie n'existait pas, et lorsqu'ils ne connaissaient que la théorie d'Aristote, qui attribuait au froid et à la congélation la concentration des métaux ^

Quand on jette les yeux dans les ouvrages anciens, jusque vers la fin du siècle dernier, pour tâcher de se rendre compte de la manière dont leurs auteurs envisageaient les productions métallifères et la formation des substances métalliques dans le sein de la terre, on est véritablement pris de vertige tant ce qu'on y lit ressemble peu à ce que nous lisons aujourd'hui.

C'est qu'en effet, les grands progrès de la chimie et de la géologie , comme toutes ces grandes œuvres qui animent la civilisation actuelle et la font briller d'un grand éclat, n'ont été réalisés que dans le cours du dix-huitième et du dix-neuvième siècle, et tous ces savants si laborieux, si respectables, dont les recherches ont rendu tant de services, devaient forcément confondre une foule de faits qui n'ont pu être éclaircis que par les découvertes ultérieures.

Lavoisier trouve la composition de l'air, et cette immense découverte projette la lumière la plus vive sur une foule de phénomènes naturels; désormais le phlogistique de Stahl, la chaleur combinée de Bertholiet, le principe inflammable de Torbern Bergman, mots employés par des hommes de génie pour exprimer ce qu'ils entrevoyaient sans pouvoir l'expliquer, disparaîtront du langage scientifique. Les discussions de Stahl luttant contre Topinion dô ceux qui soutenaient que si les hommes tiraient des métaux imparfaits et ignobles du sein de la terre, c'est qu'ils n'avaient pas la patience d'attendre que leur coction fut achevée, ne se renouvelleront plus.

On n'entendra plus parler de chaux de fer, de plomb, de cuivre, ni de sucs lapidifiques, ni de substance vitriolique qui soit la mère des métaux, ni de transmutation des métaux.

Les étoiles fixes ne cesseront point de briller au firmament comme des gemmes, le soleil représentera l'éclat de l'or et la lune la blancheur de l'argent, et l'on ne pensera plus, comme au seizième siècle, à l'iniluence des astres sur la génération de ces corps.

Désormais on saura expliquer ce fait d'une immense portée, l'oxydation des substances minérales; on connaîtra la cause du feu, et les clas- Bifications méthodiques, comme l'étude des phénomènes naturels, entreront dans la voie rationnelle qu'elles poursuivent aujourd'hui.

Il serait superflu d'exposer les théories des philosophes du moyen âge

t. Agricob. dellc co»c qui soKo terra sono.

et des alchimistes. II nous suffira de dire que ces théories, le plus sou- Tent bizarres, étaient l'objet d'interminables discussions où trouvaient place, au milieu d'une prolixité infinie, les rêves les plus étranges.

Nous ne considérerons que ce qui a été dit depuis le seizième siècle, et nous ne prendrons dans les nombreux travaux publiés sur la génération des métaux et de leurs gisements que quelques points de repère suffisants pour indiquer le mouvement des idées et les progrès réalisés dans ces connaissances si ardues, si profondes, et qui, en réalité, sont encore aujourd'hui enveloppées de beaucoup d'inconnu.

Agricola, 1550'.— Médecin saxon de grand savoir qui possédait une grande expérience des mines; il fut le premier probablement qui écrivit quelque chose de rationnel en géologie '.

Il luttait contre les idées de son temps, mais sans cesser de s'en dédétacher entièrement, et il admettait que les filons étaient des fentes ou des crevasses du sol, dont les unes provenaient de la dessiccation des roches, et les autres, et surtout les plus grandes, avaient été creusées par les eaux qui descendaient de haut en bas et y portaient tous les éléments propres à la génération des métaux.

Bernard Palissy^ 1550 *. — Il dit que toutes les mines ont été formées dans Veau,

Descartes, 1644. — Le premier, il avait considéré la terre comme un soleil éteint conservant un foyer de chaleur dans sa partie centrale. Le premier il avait attribué les grandes dislocations de l'écorce terrestre à la contraction de la masse interne. D'après lui, les filons métallifères résultent de ces dislocations, et c ils ont été remplis par des exhalaisons partant des régions profondes du globe *. »

Sténon^ 1669. — Il admet le soulèvement des montagnes sous l'influence des forces souterraines, et il enseignait que les dislocations qui en résultaient avaient dû frayer un passage aux sources des montagnes, à des courants d'air, à des exhalaisons méphitiques, à des produits de combustion , à tous les contenus des filons , tels que les minéraux déposés sur les parois et à l'intérieur des fentes, produits qui sont tous postérieurs aux (oches qui les renferment ^.

Henckel^ 1725. — Les idées de Stéuon, qui se rapprochaient beaucoup de celles que l'on admet aujourd'hui, étaient à peu près perdues en 1725«

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