CENTRE DE LA FRANCE
n existe, sur le pourtour des montagnes granitiques occupant le centre de la France, une série de bassins bouillers plus ou moins étendus, placés, pour la plupart, dans des dépressions profondes qu'entourent les roches anciennes. Les couches houillères se relèvent sur ces roches et vont se perdre sous les formations secondaires déposées au pied de la saillie granitique. Outre ces dépôts houillers, en général les plus importants, on en trouve encore des lambeaux disséminés sur la surface des terrains cristallins, les uns sans aucune loi apparente, les autres, au contraire, disposés sur une ligne droite de plus de soixante lieues de long.
Tous ces dépôts forment un ensemble général qui a acquis, dans les temps actuels, une importance toujours croissante.
Tonne et Céte-d'Or.
Sincey. — Le terrain houiller y constitue une bandé étroite de 480 à 500 mètres de largeur, de 24 kilomètres de longueur, depuis fiierre, près Buffey (Côte-d'Or), jusqu'à Villers-les-Nonnains (Yonne), formée de couches presque verticales, resserrées au milieu d'un granité à grains fins que l'on a considéré comme un porphyra.
On y a trouvé un charbon anthraciteux irrégulièrement disposé, et on y travaille actuellement, 4873.
Ce dépôt, qui se perd à ses deux extrémités sous les terrains supérieurs, ne peut être considéré que comme un des points qui manifestent Textension du terrain houiller sous le sol de la France, et quand, d'une part, on se rappelle l'étranglement que subit, au delà de Béthune, le terrain houiller du Nord qui pourtant possède une largeur de 45 à 46 kilomètres entre Béthune et Valenciennes : quand on voit la disposition des couches houillères autour du massif du Horvan, on peut concevoir, ainsi que l'a fait H. Fournet, la réunion du terrain houiller de Sincey avec celui d'Épinac, et la possibilité de son expansion dans les plaines de Dijon et près du canal de Bourgogne. A ce point de vue, l'étude du dépôt de Sincey offre un grand intérêt.
Sadne-et*Lolre.
Le bassin d!Autun est borné, au nord et au sud, par des montagnes porphyriques et granitiques; mais, au nord-ouest, il s'enfonce sous le trias. Son étendue, d'après M. Manès, est d'environ 252 kilom. carrés.
La partie supérieure du terrain houiller forme un étage qui i^ ren-
ferme que quelques couches de houille de peu d'épaisseur. Cet étage paraît acquérir une assez grande puissance, et c'est au-dessous de lui, dans un étage inférieur, que se trouvent les cotiches exploitées aujourd'hui à Épinac, au grand Moloy, etc. C'est là aussi que se trouvent les exploitations qui, jusqu'à présent, ont ofTert le plus d'importance.
On y connatt plusieurs couches et entre autres une couche principalct de plusieurs mètres d'épaisseur, occupant le fond du bassin et qui s'est retrouvée à 430 mètres de profondeur avec une puissance de 8 mètres.
La vaste étendue du bassin d'Autun, disait M. Burat il y a quelques années seulement, qui, dans les dépôts supérieurs, ne contient que des couches de peu d'importance, peut être regardée comme inexplorée; c'est seulement, ajoutait-il, par des travaux de grande profondeur que l'on peut espérer de rencontrer le prolongement des gîtes d'Épinac.
Depuis cette époque, cette grande couche a été reconnue à la profondeur de 620 mètres. »
En 1866, la production d'Épinac était de 460,000 tonnes (Burat).
Forges. — Le terrain houiller, peu puissant, y remplit une sinuosité des gneiss, et il va disparaître «ous les couches horizontales des marnes irisées, au-dessous desquelles sa largeur reste indéterminée. Sa largeur est de 300 à 800 mètres et sa longueur visible est de 7 kilomètres. Il paraît être dans un repli des terrains' anciens parallèle à l'allure générale du bassin du Centre. Des travaux y sont aujourd'hui en cours d'exécution. Production en 4874 : 2,420 tonnes.
La Chapelle-sous- Dun. — Ce bassin, situé au pied de la montagne de la Chapelle-sous-Dun, forme une bande allongée de terrain hoùiller qui traverse la vallée du Sornin; elle est visible*à la surface sur environ 4 kilomètres de longueur et de 500 inètres de largeur daiis la partie la plus large ; elle paraît resserrée entre des roches granitiques et porpbyriques. Ce terrain semble s'élargir vers son extrémité notd-ouest, et il passe au-dessous des alluvions de la plaine et des marnes irisées. On n'en connaît pas les limites dans ce sens. On y a reconnu 4 couches de houille ayant, dans leur ensemble, environ 7 mètres de puissance. L'une d'elles, dite la Grande-Couche, particulièrement exploitée, atteint de 3",50 à 4 mètres. Production en 4871 : 14,274 tonnes.
Quand on examine la carte du basçin de la Chapelle-sous-Dun, dressée par M. l'ingénieur Drouot, on voit que le trias enveloppe sur de grandes étendues les masses porphyriques,etil y a tout lieu de croire qu'au-dessous de lui se développe aussi le terrain hoùiller qui pourrait s'étendre, ainsi que le pensait M. Fournet, au-dessous de la vallée de la Loire.
Creusot, Saint-Bérain, Blanzy^ etc. — Le bassin du Centre est l'un de nos pkis importants bassins houillers. C'est là que se trouve le Creusot,
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Tune des usinés 2 Fer les pluâ cdtisitiérableâ de la France et où, dans lé siècle dernier, se firent les premiers efforts pour le traitement des minerais de fer par la houille.
Leâ progrès réalisés dans ces corili'ées depuis quarante ans ont été immenses, et on en aura une idée quand ori pensera que, vers 4835, le Creusotne comptait pas plus de 12 à 1,500 habitants, et qu'il y a aujourd'hui plus dô 6,000 âmes à Montcëau-lcs-Mines qui n^était alors qu'un hameati.
Ce bassih, situé entre le massif du ttorvan et le t)rolongement de la chaîne du Beaujolais, commence à Saint-Bérain-sur-Dheune et s'étend, de l'est à l'ouest, jusques et au delà de H Loire, il Constitue le remplissage d*iine immense vallée ouverte dans les terrains anciens, qui, de Saint-Bérain, va en s'ouvrant et en s' élargissant de plus en plus et atteint une largeur de plis de 4$ kilomètres à la hauteur de Perrecy-Ies- Forges.
Le terrain houilter occupe toute la largeur de cette vallée, mais il n'apparaît que sur ses bords et, dans le centre comme à l'ouest, il est recouvert par des grès supérieurs et notamment par les grès bigarrés.
C'est doiié sUr les bords de la vallée que se trouvent les exploitations actuelles et que les couches ont été jusqu'ici travaillées.
Sdr la Hve nord sont échelonnées les tnines du Creusot^ de Saint" Engene, Toutorï et dU Morillon^ qui ne sont qu'à quelques kilomètres de la Loire.
Sur la i^ive du sud se montrent les hiineà de Saint-Êérain, de Long' Pprtdu^ de fifonichanin, de Btanzy^ de Montceau et de Monimaillot, De ce côté, le terrain houiller disparaît bieîitât sous tes terrains tertiaire, jurassique ou triasique qui reihplisscht les vallées de l'Ârroux, de l'Oudrache et de la Bourbince. La présence du trias dans celte dernière valiée et sur les bords de la Loire, auprès de Paray-le-Monial, y indique probablement le voisinage du terrain houitler.
Bien que l'aspect des lieux confirmât l'idée de l'existence d'une vallée remplie de terrain houiller et pouvant contenir d'immenses quantités de hotiille, on n*en fut cependant assuré qu'après l'exécution du grand sondage de Houille-Longue qui, placé entre lé Creusot et Montchanin, a été foncé jusqu'à la profotideur de 920 mètres et a reconnu le terrain houiller sur une épaisseur de près de 170, après avoir traversé une épaisseur de plus de 700 mètres de grès bigarré ^
Ce sondage n'ayant découvert aucune couche de combustible dans Tépaissélir du terrain houiller qu'il a traversée, a montré que vraisemblablement la houille s'y trouve dans les parties les plus basses de ce terrain, près des schistes anciens sur lesquels il repose, de la
1 • FooraeL De Vextemion de< lerrains houillen.
même manière qu'on la trouve au Creusot, à Blauzy et dans le bassin d'Autan.
Les ingénieurs regardent comme certaine l'ekistence de la houille dans la majeure partie de cette vaste étendue, promettant pour l'avenir des ressources considérables.
Le bassin du Centre ne paraît pas s'arrêter à la vallée de la Loire, et depuis longtemps M. Manès considérait le bassin de Bert, situé dans l'Allier, comme lui appartenant. L'ensemble du bassin du centre, dans ces seules limites, aurait donc une étendue en longueur de près de 100 kilomètres.
Rappelons encore qu'à Saint-Bérain le terrain bouiller disparaît sous les marnes du keuper et, de ce côté encore, on ignore quelles en sont les limites.
Des détails nombreux ont été donnés sur toutes ces mines, particulièrement par M. Burat et dans plusieurs numéros du Bulletin de la Société de rindustrie minérale; nous ne les développerons donc pas et nous nous bornerons à rappeler que, d'après M. l'ingénieur Estaunié^ :
La lisière septentrionale du bassin fournit des houilles anthraciteuses et des houilles grasses à courte flamme ;
La lisière méridionale possède des houilles demi-grasses et surtout de la houille à longue flamme.
D'après H. Estaunié, «en classant les charbons d'après les proportions croissantes des gaz qu'ils contiennent, on aurait successivement, dans ces contrées, le Creusot, Épinac, Blanzy,la Chapelle-sous-Dun, et, ajpufet-il, la série est assez continue pour qu'il soit impossible de reconnaître des bassins distincts par une variation brusque de qualité. C'est une considération de plus à ajouter à celles qui militent en faveur de l'existence d'une seule mer houillère avant les dislocations qui ont formé de petits bassins isolés, ou avant les dépôts secondaires qui ont recouvert les intervalles. »'
La partie centrale de ce bassin, de 1,000 mètres environ d'épaisseur, possède une puissance de 50 mètres de charbon. AuCreusot, on exploite depuis longtemps une couche d'une épaisseur qui atteint quelquefois 45 et plus de 20 mètres. Elle est presque verticale et descend, avec des ondulations plus ou moins prononcées, jusqu'à plus de 400 mètres.
A Blanzy, le gîte principal consiste en deux couches de 10 à âO mètres de puissance. On y connaît aussi plusieurs autres couches de 4 à 3 mètres.
A Montchanin, on exploite plutôt une série d'amas représentant probablement une puissante couche disloquée. L'un de ces amas avait de 20 à 60 mètres de puissance. Cette couche parait correspondre à celle du Creusot qui se trouve sur l'autre bord du bassin.