Traité dé la tourbe par Bosc
D*après M Bofo, on peut évtlaer à 1,200,000 hectaret rétendue toorblère de la France, comprenant :
tourbe dea marais • . • . • 600*000 hectares.
Tourbe dea plaines 400,000
Tourbe des montagnes. 200,000
Elles sont répandues dans plus de cinquante départements et forment plut de 5000 tourbières dont 1 500 à peine sont en activité ou Tout été.
2. Notice sur ta préparation de la tourbe, par Thormann. Bulletin de la Société de rinduiirie minérale, t. IV. CfaaUelon, De la tourbe.
9« D'augmenter sa densité ;
3* D'en faire une masse compacte se prdtaQt aux traosports saus dé*chets trop considérables» et douée 4^ qualités physiques nécessaires pour une combustion facile $1 complétai
é^" Réduire autant que possible la toBftur ^ cendres* en éliminant les matières étrangères.
Après bien des expériences* an est panrenu à produire un charbon de tourbe carbonisée offrant presque toutes le& qualités du ooke« et» on est parvenu à utiliser la tourbe pour le chauffage domestique, le chauffage des locomotives, les généi'ateurs à gàz et ttléme dabj quelques hautsfourneaux.
Dans une grande exploitation des environs de Munich (Haspelmoor}» on a obtenu, avec 400 kilos de tourbe séchée et comprimée :
4i"''',04de gaz d'éclairage épuré; 43^40 d'excellent charbon de tourbe; 6^,7 de goudron; 24 à 25 kilos d'eau ammoniacale.
Le goudron de tourbe fouhiit 1& plupart des produits que donne le goudron de houille ; les cendres qu'on en obtient peuvent encore être avantageusement utilisées comme engrais<
Ces résultats, quoique i»emontant à plus de dix ans, sufSsent pour montrer Tintérôt qui s'attache à l'étude des tourbières, et cet intérêt prend encore une plus grande importance aujourd'hui, en raison de l'accroissement constant des besoins, de la consommation de combustible, de l'élévation des prix de la bouille et surtout des fqiirs nouveaux ou on pourra vraisemblablement utiliser la tourl)e mieux que jamais.
Ainsi que nous l'avons vu plus haut, il y a en France beaucoup de tourbières qui ne sont pas travaillées, mais (îéjà, depqis 4874, on a cherché à mettre en valeur les vastes dépôts tourbeux de la vallée de la Seine, au Marais- Veniier, près de Quillebœuf et beaucoup d'autres eocore.
Enfin, quand on cherche à se figurer ce que deviendraient la France et l'Europe, si, à une époque qui n'est pas bien éloignée, trois ou quatre siècles petit-étre, les houillères ayant cessé de pi*odaire, le géiiie de l'homme n'avait encore rien ti^ouvé pour compenser Tàbseiice du précieux combustible; quand on pense aux fourneaux éteints, aux usines sans alimenti aux villes sans éclairage, en un mot quand on réfléchit à l'abaissement de la civilisation qui en résulterait, on comprend toute l'importance dea éludes qui se rattachent à l'utilisation de la tourbe et à sa reproduction, eomme à tout ce qui peut éloigner cette é|>oque inévitable.
usmt GîMuu
Nousvpici parvenu au terme du travail que nous nous étions propos^» Nous ne nous dissimutoqs ni ses lacunes ni ses imperfectiopsi f^B\§ nous espérons avoir fourni assez 4^ détails pour donner une idée générale de Tensemble des gisements minéraux utiles de la France et dq leur importance, et surtout pour diriger Texplorateur qui suppléera par Tobservation à ce qui pourra manquer daps ce )ivr0.
Si nous résumons rapidement ce que uqus avons dit, nous voyons qu^ les mines métalliques proprement dites, celles qui furent le plus longt temps délaissées et que nous avons plus particulièrement étudiées, nous ont montré leurs traces dans tous les groupes montagneux de la France; nous avons pu reconnaître, malgré leur nombre qui est considérable, que presque toutes celles que nous connaissons ont été travaillées à diverses époques et ont dû présenter de remarquables périodes d'activité. Nous avons constaté les découvertes récentes de dépôts abondants de cuivre dans 1* Allier, de riches colonnes argentifères en Auvergne, d'amas remarquables de calamine dans le Gard ou deipanganèse dans les Pyrénées, et un enrichissement considérable, dans là profondeur, des pyrites de Sainbel que l'on considérait comme épuisées il y a vingt %ns à peine.
Tous ces faits pous piontrent« à révidence,que les montagnes de notre pays sont aussi aptes à renfermer des substances utiles que les montagnes étrangères dans le^ Ueui où les mipes soni le plus exploitées.
Nous pouvons en déduire aussi que les anciens n'ont pas tout reconnu ( que Ton peut trouver encore d'abondantes mines intactes au dehors et au milieu même de leurs propres travaux et que, plus on travaillera le sous sol national, plus on y fera de découvertes utiles comme cela est arrivé même de notre temps, dans tous les pays miniers.
De rbistoire générale des mines nous pouvons conclure encore, et sans risque d'être contreditt, que les mines le plus travaillées anciennement représentent sans doute le travail de plusieurs siècles accumulé sur les mêmes points, mais cette histoire nous montre en même temps que les lieux où les déblais et les excavations anciennes sont les plus
déyeloppés appartiennent à des contrées essentiellement métallifères, plus susceptibles de production que beaucoup d'autres, et que généralement la France peut être considérée, à ce point de vue, comme ayant été seulement attaquée près de la surface, comme intacte et inexplorée à peu de profondeur et renfermant encore de grandes richesses au-dessous du niveau inférieur des anciens travaux.
Nous avons essayé de montrer les différences qui existent entre le travail ancien et le travail moderne, et nous croyons avoir prouvé, comme le prouvent surabondamment les faits qui se passent actuellement sous nos yeux, que les mines travaillées anciennement peuvent l'être encore avantageusement aujourd'hui.
Il est donc raisonnable de penser que l'industrie actuelle, puissamment outillée et profitant de l'accroissement progressif des voies de commanication si impérieusement nécessaires à ce genre de travail, pourra trouver facilement sur le sol national les bases d'entreprises fécondes, utiles au pays et capables de produire une grande partie des métaux que la France achète aujourd'hui à l'étranger.
Or. — La tradition rappelle la présence de l'or en beaucoup de points, et les Gaules étaient autrefois célèbres par la production de ce métal. Tout porte à croire que non-seulement on l'extrayait du sable des rivières, ou de quelques vallées, mais encore des roches elles-mêmes, comme dans le Limousin. Nous ne savons rien de ce qui concerne ces anciens travaux dont nous voyons les vestiges. Mais ces vestiges que nous avons indiqués, dans les Alpes, dans le centre de la France, ou dans les Pyrénées, montrent qu'il ne manque pas à faire de recherches pouvant être utiles.
Argent, planili argentlière. — L'argent, à part quelques mines peu nombreuses paraissant offrir encore bien des ressources, est généralement associé aux minerais de cuivre et de plomb, quelquefois avec le zinc et l'antimoine. On le rencontre avec le plomb dans de puissants faisceaux métallifères traversant de grands espaces montagneux, sous forme de filons ou de filons-couches, dans les Vosges, en Bretagne, dans les Alpes, dans le centre de la France et dans les Pyrénées. Le nombre de ces filons est considérable et il n'est pas possible d'admettre qu'il ne puisse exister, au milieu de tous ces gisements, que trois ou quatre d'entre eux qui soient susceptibles d'une exploitation utile, ainsi que cela semblerait résulter de l'histoire des mines dans le siècle présent. Il semble donc que ces gisements divers puissent être l'objet de nombreuses recherches et de nombreux travaux. G*est, du reste, ce que démontrent encore les tendances actuelles.
Caivre. — Les gisements de cuivre ou de cuivre argentifère se pré-
sentent spécialement dans le Beaujolais et l'Allier, dans les Alpes et les Vosges, dans l'Hérault, les Alpes-Maritimes, dans les Corbiëres et dans la montagne Noire, ainsi que dans certaines parties des Pyrénées. On les travaille activement sur quelques points, et Texamen que nous en avons fait prouve que beaucoup d'entre eux, aujourd'hui abandonnés, dont se rapprochent de plus en plus les voies ferrées, pourraient être avantageusement recherchés.
tfltiiiii. — Le minerai d'étain est connu dans la Bretagne et dans le Limousin. Il a été l'objet de travaux anciens, probablement gallo-ro* mains, ouverts près de la surface sur un grand nombre de filons. Ignoré et délaissé pendant des siècles, il n'a été, dans les temps récents, l'objet de recherches, généralement peu profondes, que sur quelques points.
On ne connaît véritablement aujourd'hui pas beaucoup plus que la partie la plus superficielle de quelques gisements; il serait donc bien prématuré, dans l'état de nos connaissances actuelles, d*oser exprimer une opinion défavorable sur la valeur stannifère de nos nombreux filons, dont l'analogie avec ceux de l'Angleterre est très-grande, et de croire que la France doive toujours rester tributaire de l'étranger.
Zinc. — Ce métal se présente à l'état de blende dans un grand nombre de gisements plombeux. A cet état, il est le minerai dominant dans les environs de Vienne, de Grenoble et du nord de TArdèche; il abonde dans de nombreux gisements métallifères des Pyrénées et de l'Ouest. Il n'est connu à l'état de calamine qu'en peu d'endroits, et il est particulièrement signalé, à cet état, dans le Gard où il donne déjà lieu à une exploitation importante, dans l'Ardèche, dans la basse Normandie et dans la zone métallifère de l'ouest de la France.
Antimoine. —Il se montre particulièrement dans la Lozère, le Gard, la Haute-Loire, le Cantal et l'Ardèche. Des mines importantes de ce même métal argentifère ont été explorées dans les Corbières. Elles sont pour la plupart abandonnées.
Manganèse. — Il a été longtemps exploité dans l'ouest de la France. On le travaille encore dans le département de Saône-et-Loire. Il constitue des gisements puissants dans le Tarn ou dans l'Aude et dans les Pyrénées de remarquables amas qui né sont pas tous connue
Mercare. — Reconnu sur quelques points de la France, le mercure ne parait avoir été exploité que dans la basse Normandie. Le gisement qu'on y connaît parait mériter de nouvelles études. On ignore l'importaQce ou la valeur de ceux qu'on a indiqués ailleurs.
Cobalt et nickel. — La présence de ces deux métaux n'a été con-
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staftée qu'en un petit nombre de points. Le cobalt paraît surtout abondant aux mines d'argent des Vosges et de l'Csère. H a été l'objet d'exploitations restreintes en quelques points des Pyrénées et dans la Dordogne. Le nickel se montre assez abondamment dans l'Isère, et sa présence est signalée en quelques points de la Savoie, dans les filons du Cantal ei dans les Pyrénées. Aucune de^ raines qui le possèdent n'est travaillée aujourd'hui malgré leurs apparences favorables.
pyrites de fer. — Elles constituent depuis longtemps Tôbjet d'importantes eiploitations dans le Lyonnais et dans le Gard. Leurs gisements, dans le Lyonnais» exploités depuis une époque très-reculée pour le enivre et peut-être pour l'or qu'elles renferment en petite quantité, ont montré uneabondance remarquable au-dessous des anciens travaux qui fait croire que, dans cette partie de la France, les autres substances métallifères pourront suivre la même loi d'enrichissement.
On les trouve associées à la plupart des minerais.
Elles se montrent dans les Pyrénées, dans le Vivarais, dans le Gantai, dans le Puy-de-Dôme, sous forme de pyrites pures où de pyrites arsenicales, avec plus ou tnoins de nickel, d'or ou d'argent, et on les exploite depuis longtemps dans le Gard.
il est probable que bien des gisements travaillés pour fer jus(|ue dans ces derniers temps renferment d'abondantes pyrites de fer dans leurs profondeurs.
L'extraction de l'or que renferment la plupart de ces pyrites est encore aujourd'hui à l'état de recherche ou d*essai; mais il y a lieu de croire que, dans bien des cas à l'aida des procédés nouveaux, on pourra parvenir à l'obtenir avec avantage.
Enfin, nous avons pu voir dans le centre de la France d'importants filons pyritifères dont l'étude et Texplor^tiou, ^u point de vue de l'or, peuvent offrir un très-grand intérêt,
Bfttmath. — Connu dans un très-petit nombre de points, il est aujourd'hui recherché dans la Gorrèze. Il paraît se rattacher aux gisements stannifère^. On en a signalé depuis longtemps la présence dans les Pyrénées.
IHlue» de fer. — Nous avons cherché à faire connaître, sinon tous les gisements de fer que la France possède, ce qui nous eût été impossible, ^u moins la majeure partie de ces gisements. Ep nous attachant à indiquer lepr forme, le^r importance, leur situation géographique ou la compositioQ des minerais que renferment quelques-uns d'entre eux, nous en avons dit assez pour montrer les grandes ressources que le territoire national présente pour le présent et pour l'avenir, et pour guider l'ûbservs^tôur dans ses recherches scientifiques ou industrielles.
Nous avons vu des gisements en couches d'one importance considérable et nous avons retrouvé dans les Pyrénées, dans les Corbiëres, dans le Tarn et la montagne Noire de remarquables gisements possédant les qualités les plus recherchées actuellement.
La France est encore loin de donner ce qu'elle pourrait produire, et, comme pour les mines métalliques proprement dites, le travail de bien des gttes,et des meilleurs, est entravé par l'imperfection ou Tinsuffisanoe des voies de communication.
CoiDbiitttlMes. — Nous avons vu que les mines de combustible et surtout les mines de bouille sont représentées en France par de nom* breuK bassins qui sont actaellemetit Tobjet de travaui se développant chaque jour davantage, et dont quelques-uns n'ont acquis dMmportance qu'à partir du moment où ils ont pu être reliés par un chemin de ftp au réseau général. Elles occupent près de cent mille ouvriers, et l'art de Texploit^tion y est poussé pi|r les ingénieurs jusqu'aux limites les plus avancées.
Les bassinsdu Nord, de la Loire, de Saône^et-Loire, du Oard, de rAllier et de TAvayron y sont aujourd'hui les plus importants, eu égard à leur production comme aux qualités de leurs houilles. Ils possèdent d'immenses réserves pour l'avenir et, parmi eux, le bassin du Nord est appelé sans doute, et dans un temps rapproché, i produire autant que produisait la France entière il y a peu d'années.
Nous trouvons en France toutes les qualités de houille, mais celles que Ton nomme anthraciteuses, ainsi que les anthracites inférieurs aux grès houillers, se montrent abondamment et plus particulièrement dans les Alpes et dans les contrées de l'ouest.
Quelques-uns de nos bassins sont circonscrits par des roches plus anciennes, et tout à faits limités, mais leur plus grand nombre, comme ceux de Saône-et-Loire, del'Aveyron, de l'Hérault, du Gard, etc., disparaissent au dessous des terrains plus récents où ils cachent dk grandes ressources houillères dont nous ignorons réellement l'étendue.
Si on ne voit dans leur ensemble qu'une série de dépôts, s' étant formés isolément, leurs limites ne seront vraisemblablement pas bien éloignées de celles que nous leurs connaissons, mais si on observe que leur étendue paraît devoir ôtre en rapport avec leur épaisseur qui atteint quelquefois plus de deux mille mètres, et que plusieurs de ces bassins ne représentent que des portions de cette grande hauteur, il sera naturel de les considérer tous comme appartenant à une vaste formation démantelée. %
Dans ce cas, des dépôts inconnus encore pourront se trouver sous un manteau de roches secondaires et les limites de nos bassins pourront être beaucoup plus éloignées que nous ne le supposons. Elles ne pourront être déterminées, même approximativement, qu'après une étude géulo»
gique des plus minutieuses, et surtout d'après Tétude des failles qu'on observe dans les terrains qui les entourent.
Quelle que soit la manière dont on veuille envisager cette grande question, on pourra toujours reconnaître que la plupart de ces bassins, dans l'intérieur même, ou au dehors des concessions accordées, offrent, pour l'avenir, des ressources considérables, et, en même temps offrent beaucoup de recherches à faire ainsi que de nombreux problèmes dont la solution touche de bien près aux intérêts les plus directs du pays.
Nous avons pu voir aussi que la France possède sur de grande étendues des houilles anthraciteuses de qualité inférieure, et en plus ou moins grande quantité, des lignites et des tourbes. Jusqu'ici l'emploi de ces combustibles divers a été limité, mais la possession de fours nouveaux, tels que les fours Siemens, permet d'entrevoir que bientôt ils pourront acquérir une plus grande importance et entrer pour une plus grande part dans le travail industriel.
Nous pouvons donc conclure de tout ce que nous avons dit qu'il y a beaucoup de choses à faire en France au point de vue des mines, quelle que soit leur nature, et qu'il est de l'intérêt du pays de développer au plus haut degré les voies de communication qui puissent donner la vie à une foule de mines ou de concessions aujourd'hui délaissées : Enfin, nous pouvons croire que grâce aux immenses progrès qui se réalisent tous les jours dans la chimie, dans la métallurgie ou dans les arts mécaniques, les mines métalliques pourront mieux que jamais être utilement exploitées et que toutes ensemble coopérant à accroître le travail au sein des populations, peuvent porter parmi ces dernières et à leur profit, comme au profit de l'État, la majeure partie des sommes que nous payons aujourd'hui au commerce étran^^er.