‹ Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la FranceChapitre 34 sur 194 · Andent minériloglstef · texte numérisé non relu

Andent minériloglstef

réaliBés dans le siècle actuel 9ont six à sepjt fois^ plus cmsidérables qu'ils n'étaient alors et que, par oonséquent, s'il est vrai que dans ces temps reculés on pouvait, avec iine somme donnée, se procurer beaucoup plus d'objets qu'aujourd'hui, il est également vrai que les produits obtenus actuellement dans les mêmes circonstances permettent de satisfaire à peu près aux mêmes besoins.

Eu réalité les prix de revient sont devenus beaucoup moins élevés, les bénéfices beaucoup plus grands et par conséquent, si cela n'était déjà démontré par les faits qui se passent sous nos yeux, nous trouverions encore là un argument tendant à prouver que l'on peut aujourd'hui travailler les mines de la France avec profit, tout aussi bien qu'autrefois.

En admettant donc que les chiffres que nous venons de donner ne soient pas rigoureusement exacts, ils prouvent au moins, ce nous semble, au point de vue pratique, qu'il pourrait être dangereux pour le développement de l'industrie minérale de notre pays de porter des jugements défavorables sur la valeur des mines d'après des idées préconçues ou non suffisamment étudiées. Tout cela prouve, enfin, qu'il convient de s'en tenir uniquement aux faits que l'on observe, qu'il ne faut rien repousser sans étude, et que l'on pourra marcher hardiment toute les fois que l'on se trouvera en présence de travaux 4^ moyen âge ou du seizième siècle très-développés, quand les calculs sur les conditions économiques, dans leur état actuel, auront donné des résultats satisfaisants.

Que Ton multiplie en France les voies de communication, que l'on facilite les moyens de transport dans les montagnes, et on verra bientôt

1. SI nous appliquons ce système «nx mines de Vialas, dont les frais et les produits nets noos ont été indiqués par H. l'Ingénieur Lan, pour Vannée 18S5, dans les Annales des mineSf nous trouvons qu^une extracUon produisant annuellement 1000 tonnes de minerai bon à fondre aurait fourni les résultats comparalirs suivants i

ProduU en 1855. Produit en 1550.

480 tonnes de plomb à 50' «/o kil. 240 000' 480 tonnes de plomb à 4 4' 2 1 1 200

1520 kilos d'argent à 220 fr a34 400 1520 kilos argent à 170 fr. 258 400

Dépenses à 820 fr. par tonne 320 000

Produit net et bénéfices aux

8/10 aux ouvriers

I/IO Dour le Roi

1/60 pour les officiers

5/60 pour le concessionnaire.

concessionnaires 254 400

Produits en 1550 aux mêmes prix.

574 400 francs. 469599,6

8/10 aux ouvriers 459 520

1/10 poor le Roi 57 440

1/60 pour les officiers 9 578,8

5i60 aux concessionnaires. . 47 866^5

On voit donc qne le concessionnaire de 1855 a touehé de six à sept fois plus que celui de 1550, et qne la main-d'csavre a ea dans le xvi« siècle une part beaucoup plus large que dans le xix*«

reprendre beaucoup de travaux anciens et se multiplier ces exploitations qui souvent n'ont manqué ou failli jusqu'à présent que par suite de causes étrangères à la richesse intérieure du sol.

Nous allons maintenant passer successivement en revue les mines des Vosges,, de la Bretagne, du plateau central, des Alpes et des Pyrénées.

CirMipe des If^mgem et «lura,

En 4798, Mulhouse^ rancienne alliée des treize cantons de la Suisse, l'ancienne ville libre, envoyait des députés au Directoire pour lui ex* primer les vœux de ses habitants et se donnait à la France. . En 4684, Strasbourg, Tancien Ârgentoratum des Gaulois Triboci^ de-* venue, par force, ville impériale allemande en 4 205, ouvrait spontanément ses portes à Louis XIV et devenait ville française.

En 4552, Metz, l'ancienne capitale du royaume de Metz et du royaume d'Austrasie, qui, en 452, avait été ravagée par les hordes du Nord, était réunie à la France et soutenait victorieusement la lutte contre l'empereur Charles^Quint.

Aujourd'hui (4872), ces pays, si français de cœur et d'intérêts, n'appartiennent plus à la France; en 4874, ils ont été séparés violemment de leur patrie de prédilection, et ils font partie de l'empire d'Allemagne dont ils avaient combattu la domination dans tous les temps.

Les descriptions que nous aurions pu écrire naguère encore ne sont donc plus celles que nous devions donner aujourd'hui; nous sommes donc malheureusement obligés de restreindre notre étude à la partie de la chaîne des Vosges que la France a conservée ; mais cette partie, on peut le dire, est encore bien riche au point de vue des substances métallifères, et par conséquent elle offre un très-grand intérêt.

Nous y joindrons seulement quelques documents relatifs aux mines de Sainte-Marie-aux-Mines, maintenant allemandes, situées sur le versant du Rhin, dans le val de Liepvre, parce que, en vertu d'un article additionnel au traité de paix de 4874, ces mines, ne cessant pas d'appartenir à leurs concessionnaires, conservent les avantages et les charges qui,

pour elles, découlent de l'application de la loi française de 1840 sur les mines.

En parcourant aujourd'hui les montagnes des Vosges et en ne les observant que d'une manière superficielle, on croirait difiicilement que l'industrie des mines y a été très-développée et que, durant des siècles, on en a extrait des quantités importantes d'argent, de cuivre, de plomb et de fer.

Quand Jean-Georges Rœber vint, en 4755, fonder, à Sainte-Harieaux-Hines, l'industrie du tissage et de la teinture, il était certainement bien loin de prévoir tout le développement que cette industrie nouvelle devait acquérir un jour dans ces contrées, et qu'elle était appelée à remplacer et presque à faire oublier l'industrie métallurgique qui y régnait avant elle.

Cependant le souvenir de cette dernière industrie n'est pas éteint; il s'est perpétué dans les familles avec des usages anciens que Ton retrouve encore aujourd'hui | tt, B*il iUixi ottblié« al les biltortens du seizième et du dix-huitième siècle n'en avaient pas parlé, il suffirait de parcourir les montagnes et d'y voir les ouvertures des galeries encore béantes, les haldes et les déblais sur les pentes, les ruines d'anciens établissements, pour avoir la oertiLuda que des mines y ont été l'objet d^exploltations prolongées*

Malgré tous les renseignements fournis par les auteurs contemporains, à diverses époques, ou ceux qui ont été recueillis dans les archives lo. cales, je orois qu'on ne possède véritablement aujourd'hui qu'une idée fort incomplète de l'extension et du nombre des travaux exécutés jadis dans la chaîne des Vosges. On sait qu'il y a eu plusieurs périodes d'exploitation qui se rapportent au dixième, au douzième, au seizième, au dix-huitième et au dix-ueuvième siècle, mais on ne connaît que bien peu de chose relativement aux anciens travaux, et l'on serait probablement beaucoup au-dessous de la vérité si on estimait à moins de 60 kilomètres la longueur, des galeries de service creusées sur les deux versants de ces montagnes, dans l'espace compris entre la vallée de la Moselle et les contreforts méridionaux de la Haute-Saône et du Haut-Rhin- Belfort.

Nous retrouverions la mAme incertitude si nous voulions chercher à nous rendre compte des produits en argent, plomb, cuivre et or extraits de ces mines pendant les diverses périodes de leur exploitation.

Nous savons que des fonderies ont existé à Plancher-les-Mines, à 6iromagny, à Lacroix-aux-Mines, à Saint-Maurice, à Wissembach, sur la terre de Saulcy,dans les Vosges; sur les rives de l'Oignon et du Rabin, et dans le val de Liepvre; nous savons qu*k partir du seizième siècle il y eut plus de cent ans d'une activité et d'une administration régulières et conUnueSf et que des princes allemands, les ducs de Lorraine et les

rois d'Espagne eu tirèrent des revenus importants; mais c'est là tout ce qui est à notre connaissance.

Il existe des états de production pour quelques mines dans les deiiiiers siècles, et quelques-uns de ces états indiquent des pertes. Mais quand nous voyons, malgré cela, persister les travaux, et quand nous rapprochons une telle situation des droits que les exploitants devaient payer aux seigneurs, droits qui» dans quelques cas, ne laissaient aux exploitants que 22 pour 400 sur les bénéfices^» nous sommes porté à croire, ainsi que l'on parait en avoir conservé le souvenir, que, pour certaines exploitations, la contrebande des minerais riches se faisait sur une grande échelle. Cette idée est tout à fait naturelle, car personne n'ignore que l'élévation des droits fait rechercher, par une foule d'hommes, tous les moyens d'en éluder le payement.

Sans entrer dans d'autres détails à cet égard, et en nous rappelant les mille circonstances diverses qui peuvent modifier Texistence d'une exploitation minérale, nous dirons que nous croyons ne devoir tenir que bien peu de compte des états incomplets qui nous restent relativement à la production, et nous devons principalement chercher l'importance des gisements métalliques de ces contrées dans leur manière d'ôtre, dans la nature des roches qui les enveloppent, ou dans l'étude des travaux dont ils opt été l'objet.

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