Géologie du Haul-lViin
plus élevé qu*on ne le suppose, et des redevances énormes, tendant tout à la fols à accroître les prix de revient et à amoindrir les bénéfices, sont autant de circonstances qui permettent de croire qu'à l'aide des forces nouvelles que nous possédons nous pouvons aujourd'hui exploiter les mines anciennes avec avantage, et qui expliquent comment, en effet, ces exploitations se pratiquent utilement malgré l'élévation actuelle de la maiU'-d'œuvre.
Il est pourtant encore une autre considération qu'il n*est pas inutile de rappeler ici. C'est à l'époque du moyen ftge que se formèrent les corporations et, d'après ce que Fou sait sur les exploitations anciennes, en France, en Allemagne et en Italie, les mineurs constituaient des associations, telles que peuvent être aujourd'hui celles des tributaires des mines anglaises, qui prélevaient en quelque sorte leur salaire et le payement des objets nécessaires sur le produit même des mines. Cette organisation et ces usages particuliers, que nous retrouvons encore aux mines de Rancié, dans l'Âriége, où les usages actuels remontent au douzième siècle, étaient une conséquence des tendances sociales de Tépoque, tendances qui se transformèrent de plus en plus et complètement vers le seizième et le dix-jseptième siècle, quand le pouvoir monarchique absolu se fut placé sur les ruines de la féodalité; malgré les inconvénients que ces sortes d'institutions pouvaient faire naître dans la pratique, on peut croire, avec beaucoup de raison sans doute, que les événements qui détruisirent ces associations en France portèrent un coup funeste à Findustrie minérale, et furent encore, sous ce rapport, une des grandes causes de l'anéantissement de cette industrie.
Quoi qu'il en soit, si on recherche comment les produits des mines étaient distribués à l'époque de ces associations de mineurs, on reconnaît encore que, par le fait même de leur existence, la main*d'œuvre devenait très-élevée.
Nous en avons un exemple très-net, aux mines de Chitry dans la> T^ièvre, exploitées depuis U92, jusqu'au moment où les conflagrations religieuses se firent sentir. Les produits y étaient amsi répartis :
Les ouvriers recevaient 8/40 pour les frais de lamine^; Pour le roi 4/40; Pour les officiers 4 /60 ;
Pour le concessionnaire, propriétaire des lettres royales et des usines, 5/60.
Or, si on applique aux mines actuelles cette organisation qui évidemment n'était alors que la suite d'anciens usages pratiqués dans beau» coup d'endroits de l'Europe et encore pendant le dix-septième siècle aux mines de la chahie des Vosges, on reconnaît que les bénéfices