‹ Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la FranceChapitre 42 sur 194 · Anciens mlDénloglatea* 3. De la Fonte dee Uinee · texte numérisé non relu

Anciens mlDénloglatea* 3. De la Fonte dee Uinee

Bourgogne et la Franche-Comté, dans ane terre argileuse, qui contenait ^^ ^ ^^ ^^^^' c'est-à-dire de 3 ou 33 de métal par tonne, et dans une

carrière appartenant au marquis de la Charce. Aujourd'hui on n'a même pas conservé le souvenir de cette découverte, quelque importantes qu'aient pu en être les conséquences.

Si on jette un coup d'œtl sur la carte géologique de Royer et fiarotte, on voit surgir, non loin de Faybillot, le pointement granitique bien connu de Buxièresples-Belmont. Ce pointement relève une bande étroite de terrains anciens, qui se prolongent au-dessous des marnes irisées et des grès et calcaires infraliasiques.

Les conditions géologiques de des oontféds permettent donc d'y admettre la possibilité de l'existence de substances métalliques et même du mercure, que l'on exploite en Autriche, à Idria, en Toscane, à Castellazzara, au milieu des calcaires et des argiles.

La découverte de Faybillot est donc possible, et il reste à retrouver l'endroit où elle fut faite. Quant à son importance, on ne saurait rien déduire de la découverte et de son abandon presque immédiat.

En se reportant au temps, il sera facile de reconnaître que les recherchée faites par des paysans devaient être arrêtées au premier obstacle, et que ces recherches ne pouvaient pas être stimulées par l'Idée de leur importance, importance beaucoup plus faible à cette époque qu'aujourd'hui, et qui, d'ailleurs, devait être alors entièrement méconnue.

Nous rappelons encore que Ouillaume Budé, dans son livre deAsse^ écrit vers 1624, parle de mines argentifères qui auraient existé dans l'évêché de Langres , dont il ne nous a pas été pdësible de retrouver les traces, et que, dans le journal de Verdun de 1716, H est question d'une mine métallique de même nature, située à Bleicourt, entre Joinville et Blaize. Nous rappelons ces souvenirs sans chercher à en interpréter la valeur.

1. L'indlcatlou de rrz esl donnée dans le Journal des Mines. (. 1, p. 77.

Ciroape des Alpes.

Alpes. — Les Alpes centrales françaises, comprenant la Savoie et une partie du Dauphiné, embrassant dans leur ensemble les départements de la Savoie, de l'Isère et des Hautes-Alpes, portent aussi les empreintes d'excavations minéralurgiques qui, dans des temps plus ou moins reculés, paraissent avoir été l'objet d'exploitations prolongées.

Un grand nombre de ces exploitations nous seraient encore aujourd'hui tout à fait inconnues, si les chasseurs de chamois et les pâtres n'en avaient découvert les traces, et si quelques noms, tels que ceux d'Argentine, d*Argentière, etc., n'avaient été fixés au sol comme pour appeler notre attention et suppléer en quelque sorte aux traditions qui nous manquent.

Quand on a parcouru les anfractuosités des hautes chaînes des Alpes; quand on a gravi, comme nous avons eu occasion de le faire plusieurs fois, les pentes escarpées et abruptes, au milieu des rochers et des pierres que le temps et les intempéries ont détachés de leurs cimes; quand, enfin, on se représente les exigences du travail des mines en général, on ne peut réprimer un certain sentiment de surprise à la vue de ces anciennes excavations abandonnées que l'on a pu rencontrer à des hauteurs de plus de 2,000 mètres, au pied des glaciers et des neiges éternelles, dans des lieux presque inaccessibles aujourd'hui.

Telle est la mine de Courmayeur, située sur le versant italien du Hont- Blanc, où le Trou des Romains rappelle l'époque de son exploitation ; telles sont les mines de la chaîne des Rousses dans l'Isère, non loin du bourg d'Oisans, dont nous parlerons plus loin, ou celles qui se trouvent disséminées au pied des glaciers du Hont-Blanc ; et il est probable que nous ne connaissons pas toutes celles qui peuvent avoir été travaillées jadis sur les hauteurs de ces gigantesques montagnes.

Pourtant, notre étonnement disparaît peu à peu quand nous réfléchissons aux diverses dominations qui se sont succédé dans ces contrées;

aux modifications que les éTénements politiques ont fait subir, à diverses époques, à leur commerce comme à leur industrie, et aux variations qu'ont pu éprouver les prix des métaux.

Après les Allobroges, les Centrons et autres peuples qui, aux temps gaulois, couvraient la Savoie et le haut Daupbiné, les Romains vinrent activer dans ces montagnes le commerce et la civilisation, et rien ne pouvait plus en faciliter le développement que la création de grandes voies, comme celle des Gaules en Italie, de la métropole de Vienne à Turin, tracée sur les bauteurs, au travers de FOisans.

Après la chute de l'empire romain, le mouvement de ces grandes voies s'arrêta, et la contrée qu'elles traversaient, presque réduite à elle seule, semble être tombée dans l'oubli.

Plus tard, pendant le huitième siècle, les Sarrazins, fuyant devant l'épée de Charles-Martel, vinrent chercher un refuge dans ces montagnes ; ils y firent de nouvelles invasions pendant les neuvième et dixième siècle, et s'y maintinrent jusque dans le courant du onzième.

A cette époque (\ 037), la Savoie et la Maurienne, berceau de la famille du roi actuel de l'Italie, constituaient un État distinct que dominait Humbert P', et le Daupbiné se formait vers le même temps, aux dépens du royaume d* Arles, sous la maison des dauphins de Vienne.

La Savoie, après avoir subi bien des péripéties, devint française en i792; piémontaise en i8U, elle fut annexée de nouveau à la France en 1860, à la suite de la guerre de 185d, tandis que le Daupbiné avait été réuni à la France sous le règne de Philippe de Valois, en 43i9.

A cette dernière époque, un grand nombre de châteaux existaient sur le roc des montagnes ou sur le sol des vallons, et un peu de l'activité romaine avait pu renaître; mais tous se sont écroulés avec la féodalité : il n'existe plus que quelques pierres des uns, et la charrue du laboureur passe sur l'emplacement des autres.

Les grandes voies de communication, abahdonnées depuis longtemps, furent détruites par les intempéries; l'industrie se localisa de plus en plus, et le commerce prit une autre direction et une autre forme; les guerres de religion et d'autres fléaux vinrent aussi, à plusieurs reprises, désoler ces contrées qui, plus que jamais, restèrent oubliées au milieu des glaciers qui les dominent.

Sous l'Empire de Napoléon I", de nouvelles grandes voies ont été créées pour relier la France et l'Italie ; ces grandes voies, achevées aujourd'hui, traversent les montagnes, comme celles des Romains, mais on ne les voit pins sur les hauteurs, et l'art de l'ingénieur les conduit dans le fond des vallées, où elles ne rencontrent plus les forêts qui jadis, en certains points, rendaient l'accès de ces vallées impénétrable^ et s'étendaient jusqu'auprès des sommets.

Le tracé de ces voies est plus que jamais favorable au développement du commerce, mais il se prête moins que celui des voies antérieures aux

recherches de mines dans les montagnes, dont le voyageur ne voit plus que les flancs déchirés et souvent inaccessibles.

Ce rapide examen nous montre que les mines dont nous voyons les vestiges ont dû être exploitées au temps des Romains» perdre leur activité sous les rois bourguignons, fournir aux Sarrazins les métaux dont ils avaient besoin pour leur défense ou pour les usages de la vie, et pré<« senter jusqu'à nos jours des périodes diverses d'activité et d'ahapdOQt

Les comtes, et plus tard les ducs de Savoie et les rois de Piémont, firent exploiter les mines de leur pays pour leur propre compte, ou eQ donnèrent la concession à des compagnies ; les anciennes exploitations da Daupbiné furent reprises par les dauphins ou par les seigneurs (éo^ daux; mais elles paraissent avoir été généralement délaissées depuis cette époqua jusqu'au siècle dernier.

Dans ce siècle, des reprises nombreuse furent faites, notamment sur les mines de cuivre de la Savoie; ces reprises furent arrêtées par des causes diverses auxquelles les événements politiques n'étaient pas étrangers, et, à l'exception des mines de fer, la plupart d'entre elles sont restées dans l'abandon jusqu'à nos jours (1873).

Nous devons néanmoins ajouter que, lorsqu'on a parcouru les contrées où ces mines se trouvent; lorsqu'on y a vu les vallées profondes , les pentes escarpées et les cimes gigantesques, on comprend facilement, malgré l'absence des traditions, qu'elles devaient ressentir l'effet des moindres fluctuations dans les prix des métaux, et que leurs conditions économiques ont dû varier singulièrement dans le cours des temps.

Par conséquent, sans rappeler les autres causes qui, pendant les siècles derniers, ont entravé le développement de l'industrie minérale, dans les Alpes comme en France, on peut raisonnablement y attribuer l'abandon d'un grand nombre de travaux aux difficultés des transports, à Téloignement du combustible, ou aux modifications des prix des métauXt

Les chemins de fer qui pénètrent aujourd'hui dans ces vallées, pu ceux qui y pénétreront bientût, les voies secondaires dont le nombi^ s'accroît de jour en jour, et une connaissance plus approfondie des lieux et des circonstances qui les entourent, modifieront -ils avantageusement les conditions d'existence des gisements métalliques des Alpes ? C'est ce que l'avenir nous dira ; c'est ce que l'on pourra peut-être déduire aussi de ce que aous allons exposer.

Aperçu géologique. — La géologie des Alpes a été illustrée par un grand nombre de savants. C'est de Saussure qui, le premier, en 4779, en fit connaître méthodiquement la structure et y distingua les roclies primitives et les roches fossilifères. Brochant de Villiers, Studer, Foumet, Alphonse Favre, Élie de Beaumont, Dausse, etc., nous ont donné les descriptions de leurs diverses parties, et aujourd'hui nous pouvons étudier ti>us les détails de cette grande nature dans le$ ren^arquables carias

géologiques de MM. Pillet, Lory, Vallet, pour la Savoie; de H. Lory pour risère et le Dauphiné. Nous devons encore rappeler le travail de M. de Mortillet S où nous avons puisé un grand nombre de renseignemepts.

3ans entrer dans de longues considérations à ce sujet, nous dirops que les Alpes centrales, considérées dans leur ensemble e( d'une msuiière générale, sont formées de protogines, de gneiss, schistes talqueux et micacés, qui semblent surgir du sein des roches antbracifères et des calcaires jurassiques et néocomiens, sur lesquels viennent s'appuyer des terrains plus récents.

Les protogiqes forment les hautes cimes et les aiguilles déchiquetées qui s'élancent vers les plus grandes hauteurs. On peut les considérer comme formant l'ossature intérieure des Alpes. Les schistes divers qui recouvrent leurs flancs se modèlent sur leurs formes et, suivant le point où on les observe, on peut y voir les schistes cristallins proprement dits, ou les terrains siluriens et devoniens métamorphisés. .

Le terrain anthraoifëre« très- développé dans les Alpes, se présente en certains points, comme dans Tlsère, sous les formes ordinaires du terrain houiller; mais dans beaucoup d'endroits, comme dans les vallées de l'Arc, de TArve et de Tlsère, il se montre sous forme de schistes tal*queux ayaqt toute l'apparence du verrucano des Italiens. Ce terrain, comme la plupart de ceux des Alpes, est souvent disloqué, mouvepenté et transformé à un haut degré. On en a trouvé dea Umbeaux enclavés comme des coins étroits et serrés dans les terrains cristallins, ou placés dans des situations telles, que des géologues éminepts croyaient devoir les rapporter au lias. Ce sont ces situations particulières du terrain houiller dans certains cas qui ont donné lieu à ces nombreuses discus-^ sions qu'on se rappelle encore, surtout au sujet de ce que l'on désignai^ sous le nom u d'anomalie de Petit-Cœur, n

Le trias apparaît spécialement sous forme de cargueules, de grès et de dolomies, généralement peu développées à la surface dans la partie que nous considérons.

Les calcaires jurassiques et néocomiens enveloppent les roches anciennes, sur lesquelles ils s'appuient souvent directement; leur étendue est immense. Ils contrastent avec ces dernières par leur couleur blanche aussi bien que par leurs formes, et ils constituent upe série de puiasantea montagnes profondément accidentées, aux couches contournées et repliées, qui s'étendent au loin, dans le Jura, le Dauphiné et la Provence.

£n général, les serpentines, les euphotides, les diorites, etc., sont pe^ abondantes ; on ne les trouve que sur quelques points, mais Tensemble des terrains anciens et paléozoïques présente partout les caractères d'un métamorphisme profond. L'amphibole pénètre les schistes sur de grandes

Page 1