Description géologique du Dauphîni
Pierre-Rùusse : blende. Concédé en 1847. 498 hectares* Environs de Vienne : galène et blende. Concession de la Poipe^ 4M6« 630 hectares. Nombreux fiions travaillés dans le siècle dernier et récemment.
Département deA naate«*Alpeft.
Largentière : plomb, argent. Travaux anciens très-nombreux. Repris plusieurs fois. Concédé en 4838 sur 423 hectares, avec addition postérieure de 23 hectares.
Chardonnet : cuivre, argent. Filons remarquables à une grande hauteur. Explorés de 1835 à 1839. Concédé en 1838 sur 226 hectares. Accès dif^ ficile.
Lautaret : cuivre, argent. Concédé en i836 sur 1,670 hectares. Accès difiScile.
Montagne de Y Homme (Lagrave) : cuivre, argent. Concédé en 1838 sur 1,100 hectares. Plusieurs filons. Accès difficile.
L'Alp (Lagrave) : cuivre, argent. Concédé en 1836 sur 223 hectaiies. Plusieurs filons. Accès difficile.
Grand-Clos (Lagrave) : plomb, argent. Concédé en 1836. Plusieurs filons. Travaillés dans le siècle actuel.
Chazelay (Lagrave) : plomb^ argent. Recherché récemment et abandonné.
Mine des Actes : cuivre.
La Ptarre .- plomb. Canton de Serres, arrondissement de Gap.
Val Gaudemar, La Ckauvetane (Saint-Maurice) : plomb, cuivre, argent. Concédé en 1824 sur 1,582 hectares. Plusieurs filons.
Au-dessus du Rif-du-Sap : plomb, cuivre, argent. Nombreux filons puissants. Accès très-difficile.
Navettes : plomb, cuivre, argent. Concession 1866 sur 1,050 hectares. Nombreux filons. Accès difficile.
Filon du Pendillon : cuivre. Filon couche. 2 à 3 mètres de minerai de boccard (Lory).
Filon de YEchaillon : cuivre.
Chapeau (vallée de Champoléon) : cuivre et argent. Concédé en 1848 sur 699 hectares. Recherches.
La Chapelle : plomb, cuivre et argent^ Nombreux filons recherchés récemment.
Dreziers : plomb. Travaux de 1740.
Arzeliers : plomb.
L'examen de ce tableau nous montre, à côté de plusieurs concessions accordées par l'Administration des mines, un assez grand nombre de mines dont l'existence n'est pas douteuse, qui ont été travaillées à des
époques diverses, dont quelques-unes ont même eu des périodes de grande activité et qui, presque toutes, étaient dans Tabandon en 4873.
Dans la première moitié du siècle actuel, vers 4835, une Compagnie s'était constituée pour exploiter les mines de cette partie des Alpes. Elle était connue sous le nom de Société des mines dAllemont et des Bautes^t Alpes; mais, pouvant explorer une immense étendue de terrain, elle donna, dès le débuts une trop grande extension à l'entreprise, et elle ou-j vrit des travaux, tout à la fois, à l'Argentière, à TAlp, au Lauzet, à Oulles, ^ et dans les concessions des Chalanches, du Çhardonnet et du 6rand-Clo8« Ne redoutant pas le voisinage des glaciers, elle établit à grands frais une laverie près des filons de TAlp, et dans le môme temps elle relevait l'usine d'Allemont et construisait une fonderie au Lauzet.
Tant de courage devait sans doute être récompensé par d'heureux résultats, car, dans toute cette contrée, il existe certainement des filons métallifères d'une grande valeur; mais cette multiplicité des travaux, poursuivis sans doute dans le but de diminuer les frais généraux, si lourds dans ce genre d'entreprise, devait précisément causer la ruine de la Compagnie. Les dépenses qu'elle exigeait n'étaient pas en rapport avec le capital disponible, et, lorsque toutes les constructions étaient terminées et prêtes à marcher régulièrement, le fonds de roulement vint à manquer et la Société succomba.
Après beaucoup d'efforts et de sacrifices, tous les travaux furent abandonnés en 4 839.
Ces résultats malheureux sont un exemple frappant du danger que présentait l'application d'un principe généralement admis en France par beaucoup d'ingénieurs, savoir, qu'il fallait multiplier les points d'attaque sur plusieurs filons pour accroître la multiplicité des chances de succès.
De nombreuses tentatives infructueuses ont encore été faites sur les gisements de cette partie des Alpes. Il serait sans doute superflu de les décrire toutes; mais, en parlant des mines et des concessions les plus importantes, nous en dirons assez pour montrer que si, dans beaucoup de cas, l'abandon était justifié, soit par la pauvreté des gîtes, soit par la difficulté de leur accès, il en est d'autres qui pourtant méritent une sérieuse attention.
Nous parlerons d'abord de TOysans^ de ce groupe de montagnes si remarquable et si pittoresque, décrit depuis longtemps par MH. Élie de Beaumont, Dausse, etc.
Mine de Lagardette : or. Elle est située à 6 kilomètres au sud du bourg d'Oysans, sur la commune de Yillard-Eymond.
Historique. — En 4763, des recherches furent faites pour l'or, au nom du roi, dans le filon de Lagardette, récemment découvert par des paysans.
En 1716, cette mine fut comprise dans la concession faite au comte de Provence.
En 1781, les travaux prirent une certaine importance, quand M. Schreiber, alors directeur des mines d'Allemont, en prit la direction.
La découverte de cette mine produisit en France, à cette époque, une très-grande sensation, et le comte de Provence fit frapper, avec Tor de Lagardette, une médaille représentant, d'un côté, Louis XVI, et, de Tautre, le comte de Provence offrant au roi ce premier produit d'une mine d'or française ^
Les travaux de cette époque, consistant en puits et galeries, furent poursuivis jusque vers 4788 et abandonnés à ce moment.
Pendant ces sept années, la dépense fut de , 30,282 livres.
Et le produit 7,662
La perte fut donc de 22,620 livres.
« Tous les travaux d'exploitation, dit M. Gueymard, dirigés par la main habile de M. Scbreiber, n'ont pas eu le moindre succès^ et l'abandon de cette mine n'a pas été fait légèrement. »
4837. Les travaux, abandonnés en 4788, furent repris seulement en 4837 et suspendus peu de temps après.
Le produit, en quatre années, fut de 8,000 francs.
Avec une dépense de 54,926
Depuis cette époque, ils sont restés indéfiniment suspendus.
Les résultats indiqués ci-dessus semblent évidemment justifier ces abandons; cependant on n'est pas parfaitement d'accord à cet égard, et, d'après M. Lory, « l'exploitation de la mine de Lagardette n'a pas donné de résultats utiles par la faute d'une administration défectueuse et de frais d'installation considérables ^ »
Gisement de Lagardette, ^ Il consiste en un filon de quartz, encaissé dans le gneiss, d'environ 1 mètre de puissance, dirigé de l'est à l'ouest, incliné de 65 à 70", sans variation sensible sur une longueur de 500 mètres, et traversant une montagne de 4 ,290 mètres au-dessus de la mer, de 550 au-dessus du bourg d'Oisans, et dont le sommet est recouvert d'un manteau calcaire appartenant au lias.
Ce filon, remarquable par la régularité de ses allures et par des renflements qui en augmentent la puissance, a été reconnu sur une longueur de 500 mètres, et on peut encore aujourd'hui pénétrer dans les travaux dont il a été l'objet. Il est muni de salbandes argileuses et son mur est strié et poli.