‹ Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la FranceChapitre 57 sur 194 · Oriff. Uiirê inédite · texte numérisé non relu

Oriff. Uiirê inédite

ArticoL — Cet endroit était connu par le minerai de fer qw*on en extrayait et le fourneau de fusion qu'on y construisit, dont on toit encore aujourd'hui les ruines. On y signale, dans les hauteurSi plusieurs (ijons de cuivre pyriteux dans une gangue ocreuse.

Mine du Grande-Clos. — L^argent existe principalement dan9 les Alpes, associé aux minerais de plomb et de cuivre.

Le premier gisement de ce genre, dont nous parlerons, est celui qui se montre aux yeux des voyageurs quand, à peu de distance avant d'arriver à Lagrave, ils admirent les escarpements abruptes de la Tallëe de la Romanche et les cimes pittoresques qui dominent les glaciers et les neiges étemelles.

La concession du Grand-Clos s'étend à la fois, autant que nous pouvons le croire, sur les départements de Tlsëre et des Hautes«-A]pes. La mine qu*on y a travaillée est située sur la route de Grenoble à Briançon, à peu de distance de Lagrave.

Historique, — Elle fut travaillée, pour [plomb et pour alquifoux, vers 1827, et abandonnée en i 829 par suite de la baisse des droits d'eijtrée sur les plombs étrangers.

4835-1839. Reprise par la Société d'Allemont et des Hautes-Alpes, on l'abandonna au moment de la chute de la Société, en 1839.

4843. Reprise par les acquéreurs des mines de Chalanches, elle fut abandonnée en 1845.

1861. Reprise après un abandon de plus de quinze ans, elle fut de nouveau inactive à partir de 1 867^ état dans lequel elle se trouve encore aujourd'hui, 1873.

Gisement. — Les mines que Ton a travaillées dans la concession du Grand-Clos consistent en plusieurs filons qui traversent la vallée.

Deux de ces filons, dits filons de Pisse-Noire et Javanel, ont été surtout l'objet des travaux qu'on a faits jusqu'à présent, tels que ceux de YEscot' celle et de la Grande-Baime,

Ils sont enclavés dans les couches du gneiss, dont ils suivent presque la direction et l'inclinaison; il sont à peu près verticaux et se dessinent à la surface de l'escarpement vertical de la vallée , sans variation sensible, sur une hauteur de 5 à 600 mètres.

Ils présentent un des plus beaux exemples que l'on possède en France de la continuité des gîtes dans le sens de la profondeur.

Filon de Pisse-Noire. — Direction à peu près nord-suiy puissance Taria^ ble de 1 à â mètres; gangue quartzeuse. Il traverse la Romanche et prend, sur la rive gauche, le nom de Fkhe-Rande*

De ce côté, on peut le suivre sur une hauteur de plus de 400 mètres, et on le voit se perdre au-dessous du glacier de Girose. Ces filons s'étendent sur plusieurs kilomètres.

Filon de JavaneL — Absolument analogue.

Minerai. — Il consiste en galène à larges facettes et à grains d'acier ; il est généralement pauvre en argent, et c'est là une des difficultés principales que les exploitants ont rencontrée jusqu'à présent.

Cette galène rend jusqu'à 70 pour 400 de plomb et de SO à 60 grammes d'argent aux 4 00 kilogrammes de plomb d'œuvre.

Les travaux ont été ouverts sur les deux côtés de la Romanche, mais principalement sur la rive droite. On a pu y atteindre les parties métallifères à l'aide d'échelles appliquées contre les parois du rocher, et l'on s'est constamment élevé de façon à extraire toutes les parties métalliques les plus rapprochées de la face extérieure de l'escarpement de la vallée. Tous les renseignements que nous avons pu recueillir portent à faire croire qu'aucune des Sociétés qui ontexploité jusqu'à ce jour n'a exécuté aucune galerie d'allongement qui aurait pénétré plus avant dans l'intérieur de la montagne, et aurait pu reconnaître d'autres parties riches de minerai.

On comprend que la faible teneur en argent du minerai n'encourageait pas à faire des travaux d'exploration; mais quand on remarque, ainsi que nous aurons lieu de le signaler tout à l'heure, qu'il existe dans la même montagne des filons courant dans une direction différente et renfermant des minerais riches en argent, il est permis de croire qu'il n'eût pas été déraisonnable de poursuivre, sur la direction de Pisse-Noire, une galerie qui aurait pu, peut-être, rencontrer des croisements avantageux et transformer ainsi la fortune de l'entreprise.

Dans ces dernières années, on a tenté d'abattre la roche au moyen du feu, comme faisaient les anciens avant l'invention de la poudre, mais ces essais, qui semblaient avoir assez bien réussi quand on les appliquait sur un bloc erratique de la vallée, n'ont pas produit de résultat satisfaisant quand on a voulu attaquer le quartz massif, qui, en quelques points, atteint plus de 4 mètre d'épaisseur.

Une laverie, située sur les bords de la Romanche et le long de la route de Briançon, avait été construite vers 4835, par la Société des Hautes- Alpes; mais, en 4861 , elle avait paru insuffisante, et elle fut sensiblement augmentée.

Les minerais étaient descendus à la laverie au moyen de cliariots glissant sur des câbles en fer, dont les points d'attache étaient fixés à l'escarpement de la montagne, aux divers points d'extraction et jusqu'à plus de 200 mètres de hauteur.

Gisement de Chazelay. — Nous disions tout à l'heure que des filons cou-

rant dans une direction différente de celle des filons du Grand-Clos pou*valent se trouver dans la même montagne, recouper ces derniers et peut« être donner lieu à des nœuds ou à des accroissements de richesse inconnus aujourd'hui. Nous en trouvons la preuve dans l'existence du filon de Cbazelay, situé entre le Grand-Clos et Lagrave.

 Cbazelay, qui se trouve au-dessus des escarpements de la Romanche, la nature a complètement changé d'aspect pour l'observateur, et si des hauteurs où il se place il peut admirer les glaciers de Lagrave , les anfractuosités des montagnes et les pics qui les dominent, il ne voit autour de lui qu'une vaste plaine ondulée, couverte de pâturages soustrayant aux regards les affleurements métallifères pouvant se trouver au-dessous d'eux.

C'est près de Chazelay» sur la rive droite du torrent qui coule au pied du village, que se présente l'affleurement du filon que l'on explorait en 1869.

Ce filon coupe nettement et presque à angle droit les couches du calcaire du lias, qui forment en quelque sorte un manteau recouvrant les gneiss, dont sont exclusivement formés les escarpements de la Romanche.

D'après cette disposition, on conçoit que le filon de Chazelay atteindra le gneiss à une certaine profondeur au-dessous du lias, et pourra y présenter des caractères différents de ceux qu'on lui connaît aujourd'hui.

La puissance de ce filon est de 0,80 à i mètre, sa direction est N.-O., tandis que celle des filons du Grand-Clos se rapproche de N.-S.

Sa gangue est principalement formée de baryte sulfatée et de chaux carbonatée, accompagnée d'un peu de spath fluor et de quartz.

Le minerai consiste en galène, rendant 4 4/2 à 5 4/2 d'argent aux 4000kilos dû plomb d'oeuvre. La teneur en argent a singulièrement varié, ainsi que le démontrent les résultats suivants^ :

533 gr. aux 4 00 kilos de plomb d'œuvre. Puy et Radisson (Lyon). . . 4,600 —

Halse(Allemont)., 4,640 —

Vicaire (Saint-Étienne).. . . 645 —

École des mines de Paris. . 850 —

Essai en grand fait à ÂUe-

mont sur 42,700 kil. ... 646 —

On a trouvé dans la même mine du nickel et du cobalt.

Les travaux de recherche exécutés sur ce filon consistaient en puits et galeries, et, près de l'entrée de la galerie principale d'extraction, ouverte sur ce filon môme, on avait construit un atelier de lavage , consistant

U BaadiooU

en cylindres broyeare, tables i secousses et cribles , animés par une rooe hydraulique soos une chute d'eau de S mètres. Ge gisement, le ^enl que Ton connaisse aujourd'hui dans cet «droit , avait déji été , signalé par M. Gueymard à. cause de l'aspect particulier de la galène! qu'il renferme, et dans laquelle il avait trouvé 9 pour 1 00 de cobalt.

Mines de la ehaîne des Bùusies. — Lorsque de la petite ville du Bourg \ d*Oysans on dirige ses regards sur les montagnes escarpées qui forment la rive droite de la Romanche» on aperçoit sur les hauteurs le clocher du village d'Huez, situé à 750 mètres au-dessus de la vallée. Si l'on veut gravir ces hauteurs, on passe par le village de Lagarde, Tancien Catorissium des Romains, le lieu où résidait Tintendant ou Tof&cier gardier des Dauphins. Huez, d'une origine fort ancienne , si l'on en croit la tradition, prit naissance & l'époque des plus anciennes exploitations minérales qui furent créées dans ces montagnes, et il s'accrut ensuite d'une des migrations sarrasines réfugiées dans TOysans. Le grand chemin de Brandes, dont on voit les traces encore aujourd'hui, traversait ses murs, et plus d'une fois il donna passage au cortège iblphinal dans les visites du prince à l'établissement dont nous parlerons tout à Uheure.

Au-dessus d'Hués, à près de [1 ,800 mètres au-dessus de la mer, Tœil découvre les vastes prairies qui s'étendent au pied de puissantes montagnes, dites les Grandes et les Petites Rousses à cause de la couleur ocreuse des roches qui en constituent l'ensemble, et le point culminant, l'Étendard, se dresse à 3,600 mètres de hauteur. Cest dans ce groupe pittoresque et accidenté que se trouvent un certain nombre de mines, cou* vertes de neige pendant une grande partie de Tannée; néanmoins elles ont été travaillées activement à plusieurs époques et, probablement, elles offriraient de grandes difScultés si on voulait les exploiter aujourd'hui , à cause de leur position. Nous allons en dire ce que nous en savons.

Bn gravissant le chemin qui de la plaine monte à Lagarde, on rencontre une excavation ancienne, dont toute tradition est perdue, à environ 400 à 150 mètres au-dessus de la vallée.

Cette excavation paraît ouverte dans les gneiss» sur un filon mince« courant du sud au nord et venant se heurter contre les calcaires du lias. Les travaux, qui semblent assez étendus, sont remplis d'eau* Uj avait là, sans doute, un gisement de plomb argentifère*

' Saint'Ferréol-cFBues^^kprèt avoir passé Lagarde, au-dessous de Saint4 Ferréol-d'Huez, on rencontre dans le vallon de la Sarenne une ancienne] excavation que Ton rapporte aux Sarrasins. EHe est ouverte sur un filon quartzeux de plus de 4 mètre d'épaisseur, traversant une roche feldspa* thique et schisteuse. Les travaux j ont été, ditK)n, consiftérables. C'est probablement sur ce gisement que, d'après Héricart de Thury, la direction d'AUemont, dans le siècle dernier, ouvrit quelques travaux sur un

filon de cuivre grîs argentifère, eu elie leDOontraKle grandes excavatioDS dont jHsqu'alore en avait ignoré TeKistenee.

Btmnéks. — Aa^deasus 4*Hoee et au Dhrean des prairies qui le demi- MBt , swr les i)opds escarpés dn torreiit-4e la Sarenne » ee tronvait TexpIoitatioD de Brandes, dont TexirtenGe ancienne aovs «st encore aujourd'irai révélée par des tas de défelaiB qui se 4évéloppeBft sur une étendue de 7 à 800 mMres et par des constroetions en mine.

On pense que cette -exploitation remonte an temps des Romains ou à répoque des Sarrasins; que, délaissée peut^tre poiéant des siècles, elle fut reprise par les DarufAins; ils y appelèrent des travaillées et 7 créèrent un établissement important.

A c(^té de murs écroulés, on voit, au milieu des débhris des excavatîoDs, de nombren écrasements du sel en fonne d*enlonnoirs indi* quant des éboolements intérieura dans de vastes travsmx, et sur les bords du torrent on vejsit encore, an commencement du siècle actuel , d'anciennes retenues d'een «t des meules de qvartz <ou de grès micacé.

Cet établissement était dominé par une tour de 40 mètres de diamètre, dont on voit encore la base, et cette tour, d'afprès la iraditieii, aurait appartenu à un prince ladre, directeur^ des exploitations, et très-vrai* semblablement à l'un des princes de la famille des Dauphins, qui y établît sa résidence pendant plnsievra asmiées ^«

En 4776, on découvrit, près de la tour, tin tombean de maAre blanc, orné de cristaux parangons , e'eet-^hdire de «ristaux de qnaitz pur, limpide et de la plus belle eau. n oontenait des «aasements très-gnnds, et, dans le fond de ce tombeaa, mt -peavait Uae «le âseription greoqne, que nous a conservée M. Héricart de Thury.

On ne peut pas remonter à l'origine ou à la cessation [des travaux de celte loc!dité, car on n'» possède qoe pe« de aonreinrs. On soppose que les Romains , dent la route priMtpale de Lyon à Mflan passait non loin de là, y entretenaient des criminels. On sait qu'en f StO on parlait de far* gent des mines de Brandes], et que le Dauphin fiuijgnes André ordonna, par un testament de iS36, qu'on prélèverait pendant trois ans, sur le produit de l'argenterie de Brandes , la somme nécessaire pour l'entière eoDstruction de régliae de Saint-André de ^ksMUe.

Ces mines eont encore rappelées dans «n docunwul de 43M , existant dans lee arohirnsda Danphisié, oè l'on conrtate le tanaport des minerais de Brandes, ad Gratianopolim, à Grenoble. En 1740, on en découvrit encore un analogue^ portant la date de 4 404.

Ces dates diverses iiidi<|im*dtlda8nDefltqrf« y m ^& «M«spk>i-

tatlon^ f kwanas attoles,

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