‹ Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la FranceChapitre 62 sur 194 · Graff, Lettre inédite · texte numérisé non relu

Graff, Lettre inédite

fères variant de 0,01 à 0,45, présentant dans une gangue [quartzeuse et spathique de la galène, un peu de cuivre gris, du cuivre pyriteux et de la pyrite de fer*.

Les minerais de ce gtte rendaient 30 pour 400 de plomb, 70 pour 400 de cuivre et 70 grammes d'argent aux 400 kilos.

S"" Un filon couche d'une puissance de 3 mètres , avec veines métallifères de 0,03 à 0,25 d'épaisseur, contenant les mêmes minerais que précédemment et du carbonate de cuivre, rendant 35 à 40 pour 400 de plomb, 2,50 pour 4 00 de cuivre et de 80 à 90 grammes d'argent aux 400 kilos. On y a très-peu travaillé.

3*" Une sorte d'amas large de 45 mètres, haut de 42, entrecoupé de veines de minerais de cuivre argentifère d'une épaisseur variant de 0,04 à 0,20, rendant 444grammes d'argentaux 400 kilos et 9,50 pour 400 de cuivre.

De 4834 à 4836, la Société des Hautes-Alpes fit construire un atelier de préparation mécanique à proximité de ces divers gisements; malheureusement la neige le recouvrait pendant une grande partie de l'année.

Fonderie du Lauzei. — La même Société avait construit au Lauzet, dans la vallée de la Guisane, une fonderie destinée principalement à fondre les minerais de plomb de la mine de l'Argentière et ceux du Chardonnet, et avec eux ceux des concessions voisines qui lui appartenaient. Cette fonderie avait été élevée en vue d'utiliser l'anthracite du pays. On avait pu employer ce combustible pour le grillage dans les fourneaux à réverbère, malgré la teneur de 45 à 20 pour 400 de cendres, mais la friabilité fut un obstacle pour son emploi dans les fourneaux à cuve.

Toutes les constructions étaient terminées et prêtes à marcher quand le fonds de roulement nécessaire vint à faire défaut. Elle fut abandonnée en même temps que les trop nombreux travaux entrepris sur une foule de points des Alpes, et n'a jamais été remise en activité.

Nous n'avons pas à exprimer d'opinion sur la valeur des mines des Hautes- Alpes dont nous venons de parler; mais, malgré Tinsuccès de 4835, nous pensons qu'elles méritent d'être revues et étudiées; nous le croyons d'autant plus, que, selon M. l'ingénieur Graff, si les fonds n'avaient pas manqué au moment où ils étaient encore nécessaires, avant que les travaux fussent suffisamment développés pour être productifs, la réussite de l'entreprise n'aurait pas été entravée par les frais de transport du minerai et malgré l'élévation de ces frais.

Mine des Acks. — Cuivre. Elle est située près du village de Planpinetz Briançonnais). On y fit des recherches en 4833. Ce gisement se composerait de veines très-irrégulières et sans suite,

t. Société IndiufrioUe do LjoD| Minet defAJp. Graff, 1865.

formées de carbonate de cuivre; ces veines se trouveraient sur une largeur de plusieurs mètres, dans un calcaire dolomitique.

On croyait que ces veines pouvaient se réunir et former un faisceau exploitable, mais les travaux commencés ayant constaté que , dans leur parcours^ cette réunion n'avait pas lieu» les recherches furent abandonnées en 4834. Depuis cette époque, aucune tentative nouvelle ne parait y avoir été faite.

Mine de VArgentière. — L'une des concessions les plus importantes du département des Hautes- Alpes, celle de l'Argentiëre, est située près du village de ce nom. Les travaux se trouvent au fond de la vallée du Fournel, qui de ce village conduit à l'Alp-Martin.

Historique. * La mine de l'Argentière a été exploitée dans les temps les plus reculés, et on fait remonter à l'époque romaine les premiers travaux qui y furent exécutés; mais elle paraît avoir été travaillée avec beaucoup d'activité pendant le moyen âge.

En 4127, Guillaume V, comte de Forcalquier et de TEmbrunois, avait donné à l'église d'Embrun le tiers du produit de ces mines. Des contestations eurent lieu, à l'occasion de ce don , entre l'archevêque , le prévôt et le chapitre, qui se renouvelèrent sous le pontificat de Luce III, et ne se terminèrent que sous celui d'Innocent III, entre 4198 et 4SI 6 ^

Eu 4 220 , le comte de Viennois et d'Albon percevait, pour son droit de seigneur, 6 onces 4/4 d'argent sur 46 marcs, environ 4,6 pour 400*.

En 4690, elle parait avoir été exploitée*.

En 4698, l'intendant de la province du Dauphiné écrivait : « Il a été ouvert une mine à l'Argentière, à 4 lieues au-dessus de Briançon, dont le travail a cessé à cause du peu de matière qu'on en retirait*. ^ Mais, dans le même Mémoire, l'intendant fait remarquer que le pays est dépeuplé par suite de la désertion d'une partie des nouveaux convertis, de la guerre et de la stérilité des années 4693 et 4696.

Les travaux , abandonnés à cette époque par suite des malheurs publics, furent repris dans la première moitié du dix-huitième siècle, et abandonnés de nouveau en 4740 comme improductifs.

Repris de nouveau en 4786, ils furent délaissés en 4792, à l'époque de la Terreur, et restèrent ainsi abandonnés jusqu'en 4835.

Remise en activité à ce moment, elle fut encore abandonnée en 4839 et reprise quelques années après; elle reçut une impulsion convenable en 4854.

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