GROUPE DU MORVAN
Le Horvan embrasse une partie des quatre départements de la lU^vre, Tonne, Côte-d'Or et Saône>et- Loire; c'est un groupe de montagnes, situé sur la rive droite delà vallée de la Loire, qui se relie, d'une part, aux chaînes accidentées dont le prolongement méridional traverse le Beaujolais et le Lyonnais, et, de l'autre, aux sommets de la Côte-d'Or, au plateau de Langres; on peut le considérer comme le prolongement relevé des montagnes granitiques du plateau central, et, ainsi que le dit M. CollenotS comme un cap avancé de ces montagnes au milieu des terrains sédimentaires.
Si on l'examine au point de vue géologique, on reconnaît qu'il est essentiellement formé d'un groupe central porphyrique, aux sommets coniques, découpé par de profondes vallées, paraissant surgir du sein des roches granitiques, et son ensemble, s'abaissant peu à peu, va disparaître, au nord comme au midi, à l'est et à l'ouest, au-dessous des terrains paléozoîques ou secondaires de l'Yonne, de la Côte-d'Or, de Saône-et- Loire et de la Nièvre.
Les porphyres y sont recoupés par des filons d'eurite et de roches trappéennes, généralement formées de feldspath, pyroxène, amphibole, quelquefois de mica, et ils lancent des ramifications au milieu des granités. A leur contact avec ces derniers, on rencontre des roches modifiées passant à l'eurite, à la minette, à la diorite, et des filons de barytine et de fluorine avec galène*; enfin, les granités sont eux-mêmes souvent traversés par des filons de pegmatite et de leptynite.
Les gneiss et les micaschistes se trouvent à l'entour du Morvan; les terrains silurien et devonien paraissent y exister aussi, mais leur position n'a pas encore été déterminée d'une manière suffisamment précise.
Celte contrée est sillonnée par de nombreux filons quarlzeux, et Ton y voit de fréquentes infiltrations siliceuses qui, traversant les granités, pénètrent et imprègnent, en plusieurs points, les couches triasiques ou liasiques superposées ; on n'y connaît pourtant, jusqu'à présent, qu'un Ifrës-petit nombre de gisements métallifères proprement dits.
t. Géologie de VÀuxoiê, 1873.