‹ Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la FranceChapitre 9 sur 194 · Montesquieu^ E$prit des Lois · texte numérisé non relu

Montesquieu^ E$prit des Lois

se trouvent, en y appelant le travail pour tous es degrés de la population, mais elles ont une action beaucoup plus étendue et beaucoup plus large, et elles ont peu à peu conduit Thomme c d*un état voisin de la brute à celui de dominateur du monde i. d

a Devons-nous maintenant attendre des mines, dit avec raison M. Four- « net, des découvertes qui, dans un temps plus ou moins éloigné, feront « faire de nouveaux pas dans la rude voie delà perfection? C'est ce que « j'ignore; mais si je jette les yeux autour de moi, je ne vois certainea ment pas l'activité prête à s'éteindre, le progrès sur le point de s'arrê- ({ ter. Le mineur, toujours à son poste depuis l'enfance de l'homme , ne « s'endort pas encore près de son pic, et, bien certainement^ Dieu, qui « l'a mené jusqu'à ce jour, saura lui faire allonger ses échelles dans les c entrailles de la terre et abaisser jusqu'au niveau des mers les galeries a d'écoulement, dès l'instant où de nouvelles nécessités exigeront soit « des substances ignorées jusqu'à ce jour, soit des filons nouveaux pour « remplacer les anciens. 9

Ces quelques mots suffisent pour exprimer tout l'intérêt qui s'attache à l'étude des substances minérales , et pour montrer en même temps qu'une nation qui possède dans l'étendue de son territoire le charbon , le fer et les métaux, accroît sa force et sa puissance en les exploitant; iU justifient, enfin, l'examen que nous allons essayer de faire des richesses minérales que possède notre pays.

Nous voyons, en France, de nombreux dépôts de combustibles et de nombreuses mines de fer. Les uns et les autres sont aujourd'hui plus recherchés que jamais, et l'art du mineur y est poussé jusqu'aux limites les plus avancées; mais à côté de ces richesses existent encore de vastes étendues de montagnes qui renferment des indices et des traces de mines de plomb, d'argent, de cuivre, pour la plupart délaissées. Ce délaissement a même subsisté avec tant de persistance dans les siècles derniers, que dans le siècle actuel on regardait généralement la France comme dépourvue de substances métalliques.

Nous voulons donc essayer de modifier cette opinion.

D'ailleurs , en voyant les circonstances nouvelles |de l'industrie et le besoin croissant du travail; en voyant ce vaste réseau de chemins de fer qui transforme les conditions économiques et pénètre jusque dans les gorges des montagnes; en constatant que, depuis dix ans seulement, nous avons payé des centaines de millions pour achat, à l'étranger, de métaux que l'on pourrait, suivant nous, extraire en grande partie de notre sol , et depuis vingt-cinq ans plus de 2 milliards aux houillères étrangères, nous avons pensé qu'il pourrait être utile et intéressant de présenter, pour les temps actuels, dans un cadre aussi restreint que possible, un tableau général des mines de France , et d'indiquer le plus

] • Foumet. Du rôle du mineur.

grand nombre de ces gisements métallifères que Ton travaillait avec tant d*ardeur pendant le moyen âge.

Nous ne donnerons que des considérations générales sur les mines de houille et de fer dont l'activité tend à s'accroître de plus en plus; mais nous détaillerons davantage ce qui se rapporte aux mines métalliques pour lesquelles, malgré les progrès qui semblent se manifester aujourd'hui, tout, à peu près, est à créer encore, et nous verrons successivement les Vosges, les Alpes, le plateau central, la Bretagne et le midi de la France.

Nous essayerons, enfin, et c'est là notre principal but, de réunir des matériaux épars, de rappeler ce qui a été dit par les ingénieurs de nos jours ou par les savants mineurs des temps passés, et d'exprimer les impressions que nous avons recueillies nous-mêmes en parcourant nos montagnes.

Nous ne nous dissimulons point toutes les difiScultés d'un pareil travail; bien des choses nous échapperont, sans doute, et nous sommes bien loin de prétendre faire connaître toutes les mines de la France; le seul but que nous nous proposions est de réunir et grouper utilement , dans un cadre restreint, des documents aujourd'hui épars et disséminés, et ce but sera atteint si ces quelques pages peuvent, malgré leur imperfection, faciliter aux chercheurs les moyens d'étudier, d'une manière plus complète que nous ne l'avons fait nous-méme, les gisements de notre pays et d'en tirer parti.

Cependant, avant d'entrer dans le détail des questions et des mines que nous nous proposons d'examiner, nous pensons qu'il ne sera pas inutile de donner, dans les considérations qui vont suivre, quelques aperçus relatifs aux mines métalliques et aux théories dont les gisements métallifères ont été l'objet.

Considération» ténéraleo opr leo onbotancoo méimniitmeë$

leur manière «l'èire an oein de la terre)

Viiéoriea dont lenr formation a été l'objet.

HlneraU. -« Tableau des prinelpatn minerais. — Richesse et fenear des minerais. — Gîte, gisement. •— • Ricliesse d*an gisement. — Association des sahstances d'un gisement. — Nature des gangaes. — Éléments d'an gisement. — Allure. — Affleurement. — Toli et mur. — ^pontes. — Puissance. -^ Direction. — - Inclinaison. -— Salbandes.

Minerais. -^ On appelle mineratê les substances métallifères, plus ou moins accompagnées de matières étrangères et pierreuses » susceptibles d'être traitées pour l'extraction du métal utile qu'elles renferment.

Ces minerais offrent souvent des compositions très-complexes, et présentent même quelquefois des mélanges dorit le traitement métallurgique est difficile et compliqué.

Ceux d'entre eux que l'on recherche le plus ordinairement, considérés dans leur état de pureté, sont désignés dans le tableau suivant^ à l'exœption des minerais de fer qui sont généralement des oxydes, des oxydes hydratés et des carbonates.

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