‹ Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la FranceChapitre 94 sur 194 · GrUncr · texte numérisé non relu

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48i4. — Cesmines, faiblement exploitées depuis dix ans» passent dans les mains d*un nouveau propriétaire.

Pendant cette longue période de plus de cent ans, si Ton étudie attentivement le mouvement des travaux, tel qu*il nous a été donné par M. Gruner, on reconnaît d'abord que les Bluroenstein ne tiraient aucun parti de l'argent contenu dans les minerais, à une époque où on ignorait les méthodes nouvelles du patinsonnage, etc.

Les travaux, quoique dirigés sans état-major coûteux, paraissent néanmoins avoir été très-onéreux, par suite de l'emploi presque exclusif du bras de l'homme dans tous les services tels que les transports et l'épuisement des eaux. De plus ils n'étaient vraisemblablement conduits qu'avec une lente activité, puisque généralement on ne comptait guère plus de 400 ouvriers occupés dans toute l'étendue de cette vaste concession.

Si l'on ajoute à cela une grande dissémination, « pas de plan préconçu, » la rencontre d'anciens ouvrages dans des filons où on ne connaissait pas leur existence et l'imperfection des moyens, il sera facile de comprendre que sur de telles bases l'exploitation a dû subir des phases diverses de prospérité ou de malaise et que, dans tous les cas, les bénéfices n'ont dû rien présenter de saillant. Il résulte néanmoins de l'examen de tous les documents existant, que les filons se poursuivent dans les profondeurs et y présentent en beaucoup de points le minerai vierge et ofirant probablement de grandes ressources pour les exploitants de l'avenir.

1844-4863. — Les mines de Saint-Martin, acquises par de nouveaux propriétaires, sont travaillées avec un capital insufiisant. On reprend les mines de GrézoUes et de Juré sans y faire de véritables travaux d'exploitation. En 4855 les travaux reprennent plus d'activité et, de cette date à 4860, dans l'espace de six ans, on y dépensa une somme de près de 500,000 francs (448,098 fr. <}.

£n 4860 ces mines furent abandonnées de nouveau. M. Tingénieur Lavigne, qui a particulièrement étudié la localité, a démontré que l'insuccès de ces travaux à cette époque était dû à plusieurs causes parmi lesquelles il signale le mauvais emploi du capital de premier établissement, dont la disparition sans profit a découragé les actionnaires, les frais exagérés du lavage des minerais qui s'élevaient à 6 fr. 60 cent, par 400 kilog., les pertes sur l'argent dans la vente aux fondeurs qui ne reconnaissaient qu'une teneur de 450 grammes pour des minerais tenant 630 grammes à la tonne de plomb, et enfin le bas prix du plomb.

Cet ingénieur constate que dans une seule année, où les dépenses s'élevaient à 438,000 francs et les recettes à 422,000, on aurait pu réaliser

t. Rapport de M» LtTigne*

-rr 302 —

60,QQ0 frênes 0e hitkiûeeèf donnant 48 pour 400 du capital, au lieu d'une

perte de i 6,000.

BnQOf il démontre que la suspension de ces travaux est plutôt due à leur mauvaise ge$tioi) qu'à Tinsuffis^nçe de^ gisements,

Aujourd'hMÎ ces oondi^ions sont favorablement modiQées par suite de la bausse des pri^des ;nétaux, et les minea de Saint-Martin peuvent sans doute être reprises plus avantageusement que -dans aucun temps. Il nous reste k dire quelle fut la production des mipes de cette longue période de travail de 47294 484*:

4729 à 47B0. 88,600<nt de mineralsâelSàBOp.Vode plomb.

4794 fl 4800. 45,500 —

4866 à 4800. â0,000édviron,dont9,400TeiidbsàutpotlérS.

ïôtal général.,.. 4 49,0SO quintaux métriques.

Total exploité pai* les Blùmensteln : 429,680 quintaux mdtriqUes en 4 15 ans, soit atiniiellëment 410 tonnes environ.

Examen des principaux filons. — Nous ne saurions mieux faire que dé reproduire Içs descriptions données par M. Gruner.

Fihn de Mat^èiêkux. ^ t k 4,000 mètres ati sud de Qhavagneux, en a c exploité lé filon de Marèillétli; c'est le prolongement du filon de Oréc ftolles, dit Jars en 4784: Dâfts tous les 6as, H rejoint ce dernier et ap'- « parttent au systèttie des âloàs de Juré^OréioUes. On voit son afileure- « ment au pied de la gorge qui limite, à TËst, le plateau de Marcilleux, ç et^en gravissantle po|ea^ Iqi-méme, depuis ce point, dans la direction

< du village, on rencontre dans les champs les débris du filon, c*est-à- € dire du qpartz parié blanc, de la baryte sulfatée et de la galène ; le ter- € rain encaissant se compose de grès porphyrique sur le haut du plateau^ f et de schistes carbonifères dans la partie basse*

c Une galerie d'écoplenient et de roulage a été établie sur le filon en « f77û, da^islefond delagorgedontje viens de parler. A son embogçhqre € on voit enoofe des fragments de quartz et de baryte sulfatée empâtant c de la galène, de la blendei de la pyrite de fer ou de cuivre. Ou a c exploité pe filon pendant 25 ans, mais d'une manière peu active et sans

< y laire jamais de notables bénéfices.

€ Dans le mémoire du 3 brumaire an III, Blumenstein assure que le t produit de cet ouvrage n'a jamais été bien fort» la mine fut aban-

— 3oa —

c donnée en 4705. Selpn Kôningt le miperaî rendait 7Q pour lOQ de € plomb et 2 onces d'argent pour 100 livres de ploifîb d'œuvre, soit 42Si € grammes aux 400 kilog. ; msys un échantillon pris sur les haldes ne c m'a donné que 15 gr^fpp^es. T aurait*!! $ur ce point deux filona dif- € férents? »

Il est possible qu'il en soit ainsi, et dans tous les eas des rainerais d'une teneur très-variabla peuvent se rencontrer dans un même filon ; ici, il est probable que l'ingénieur Kôninga donné l'analyse des minerais préparés.

Filon du Oatait — « On ootitiatt ptusieurê filons dans la commune de a Saint-Marcel-d'Urfé. L'un d'eux, celui du Garait, a produit beaucoup ff de minerais pendant quelques années. Oii y a rencontré une épaisse « colonne de minerai masslfi dont la puissance s'est accrue, en qtielqtiés « points, Jusqu'à 4"50. C'est un renflement qui permit au sieur de BIu^ « menstein de rembourser à ses créanciers, dans les années de 4758 à € 4763, une somme de 450,000 livres, et qui fournit, dans la seule année « de 1768, 5,600 quintaux anciens de rainerai. Malheurensenàenl,ce massif t fut bientôt épuisé, et, au-delà, dans les parties toisines, lé filon s'est « montré partout stérile.

t Ce filoti encaissé dans les schistes carbonifères fht découvert en <K 4751 , et il fut exploité sans discontinuité jusqu'à 1764. Le minerai s'est <t bien soutenu Jusqu'au niveau de la galeHe d'écoulement, percée à « 44 toises des affleurements. En ce point, oti fonça un puits dans la coït lonne même, mais déjà, à 13 toises au-dessous de la galerie, le miherai c se trouva réduit à de simples mouches. En même temps les fVaîs c étaient devenus considérables, à cause des eaux et de la friabilité des t parois du filon.

« Cependant des massifs analogues pourraient se rencontrer sur d'autres « points du même filon. On aurait dû le suivre avec une persistance « plus grande, soit en direction, soit en profondeur. »

L'analyse d'un échantillon de minerai trouvé sur les haldes a produit à M. l'ingénieur Lavigne 73 pour 100 de plomb et 84 grammes d'argent aux 100 kilog. de plomb d'œuvre. Sa valeur intrinsèque dépasserait donc aujourd'hui 500 fr. la tonne.

Parc de Neufbourg. — Ce filon, situé dans la même région que le précédent, a été découvert en 1862. La direction est h. V ^ YI, on y voit une veine métallique massive de 0,07 d'épaisseur dans un filon de quartz ferrugineux.

Job. — Il a été attaqué par de Bluraenstein au moyen d^une galerie de 200 mètres environ. Il fut abandonné à l'époque de sa mort.

En 4860 on y fit quelques explorations qui furent arrêtées au moment de la suspension de tous les travaux.

Souiagetie. — Aux environs de Saint-Thurin on découvrit, en 4838, une veine de galène de l'épaisseur de quelques centimètres entre deux salbaiides argilo*ocreuses, mais auprès du hameau de même nom on peut remarquer un gisement de fer oxydé d'une puissance de 5 à 6 mètres que Ton a exploité pendant quelque temps comme minerai de fer.

M. Gruner considère ce gisement comme un amas superficiel pouvant provenir d'une source ferrugineuse qui aurait coulé à la surface du grès carbonifère; mais quand on observe les haldes des travaux peu profonds qui y furent faits et qu'on y trouve des fragments de sulfates et de pyrites de cuivre ; quand on voit aux environs de Saint- Thurin un grand nombre de filons de mispikel, on peut croire, jusqu'à nouvel ordre, que cet amas de fer représente le chapeau ferrugineux de quelque filon plus ou moins important de plomb ou de cuivre.

Filon de Grézolles. — C'est l'un des plus remarquables filons de la concession de Saint-Martin. « Sa puissance est considérable; Jars dit qu'elle < varie de 3 à 4 pieds jusqu'à dix et douze, soit de4 à 4 mètres. Les épon- « tes sont généralement friables, et consomment beaucoup de bois. Le c minerai s'y présente en veines et colonnes isolées. La gangue se com- « pose, outre les débris de la roche encaissante, de quartz et de baryte <f sulfurée en égales proportions. A la galène se trouve partout mêlée de « la blende et du cuivre pyriteux.

« Deux échantillons ont donné à l'ingénieur Kôning les teneurs sui- « vantes :

« 4° Minerai en morceaux, 73 pour 400 de plomb, «4*4 gros d'argent aux 400 livres, c Soit 93 grammes aux 400 kilog. de plomb; t â» Minerai préparé, 75 pour 100 de plomb,

c 4« 6 gros d'argent aux 400 livres de plomb, a Soit 409 grammes aux 400 kilog. de plomb. »

Les analyses de M. Lavigne ont donné 70 pour 400 de plomb et 95 grammes d*drgent aux 400 kilog. de plomb.

<( Ces teneurs rendraient possible l'affinage du plomb d'œuvre, môme « sans employer le procédé de concentration dû à Patinson, mais la a famille de Blumenstein n'a jamais séparé l'argent contenu.

c A 40 toises au S. 0. du filon principal, la galerie d'écoulement tra- « verse un filon parallèle de moindre importance, mais qui néanmoins a a pu être exploité avec avantage à cause de la solidité de ses épontes. « Sa puissance varie de 0,50 à 0,65 sur lesquels le minerai occupe» en « certains points, 0,42 à 0,45. o

Les travaux proprement dits n'ont commencé qu'en 1763. Ils ont ëté poursuivis jusqu'à la fin du siècle. La galerie d'écoulement la plus basse est ouverte au niveau de l'Aix ; sa longueur est de 400 mètres et elle se continue dans le filon qu'elle a poursuivi sur près de 600 mètres^

Dans les moments les meilleurs, cette mine fournissait annuellement jusqu'à 3y000 quintaux anciens (!,4iO quintaux métriques] de minerai, et « elle ne donna réellement de produits importants que de 4770 à 1780. » Au moment de l'abandon du grand filon, on attaqua le filon latéral dont nous venons de parler. « Ce dernier est épuisé au-dessus du niveau de c la vallée, mais à peu près vierge dans les niveaux inférieurs. Les puits tt inclinés, foncés en reconnaissance au-dessus de la galerie, n*ont dé- « passé nulle part 45 à 46 mètres sur le grand filon. Les eaux gênaient « les travaux entrepris au treuil à bras. »

Le filon latéral fut exploité sur 400 mètres en direction, et jusqu'à 30 mètres au*de$sous de la galerie d'écoulement. En 4807 on commençait un puits pour atteindre un niveau inférieur : « le minerai se maina tenait sur tous ces points, et on se proposait même d'établir des pompes « mues par un manège. »

En 4854 de nouveaux travaux furent entrepris sur le filon de Grézolles, au-dessous de la galerie d'écoulement, et on pénétra en même temps dans les deux filons voisins, dits filon bourru et fiion Bargeat.

Le premier de ces deux filons était très-irrégulier, mais le second, qui vient rencontrer le grand filon, a produit une quantité notable de minerai. D'après l'opinion de M. l'ingénieur Lavigne, c'est ce filon qui aurait été l'objet de toute l'exploitation de 4854 à 4860.

Cet ingénieur estime que le produit du filon de Grézolles était, par mètre carré de filon, de 400 kilog. de minerai à 70 pour 400 de plomb.

La teneur des minerais envoyés à la laverie était de 4 à 4 0 pour 4 00.

Filon de Durel ou Juré. — Ce filon se trouve dans la direction du précédent, et quoiqu'il en soit distant d'environ 3,000 mètres, on peut le considérer comme en étant le prolongement ; c'est ce qu'admettait l'ingénieur Kôuig en 4766.

a Entre le filon et l'Aix au mur du gtte> régnent principalement des « schistes carbonitères tort durs et siliceux; plus au Nord et dans la « partie supérieure, le grès porphyrique et le porphyre granitoïde. L'une « et l'autre roche sont d'ailleurs traversées par des dickes et des porc phyres quartzifères.

c Ce filon a une puissance variant de 4°* à 4 "",50 à 2 mètres. II est a régulier et ne renferme le minerai que par massifs ou colonnes c isolées.

f . Len trataiix récents ont démontré que le déveluppement de celte galerie snr le filon n'était que de 493 mèlres.

« Il renfermait dans la partie haute, principalement de la baryte sulc fatée qui, plus bas, fit place au quartz et la galène y devint plus « abondante.

0 Elle est accompagnée d*un ppu de blende, de pyrite cuivreuse et c ferrugineuse, de spath fluor en masse cristallisée et de rares cristaux « de spath calcaire Terro-magnésien.

ff Les épontes se composent en grande partie de schistes plus ou « moins ramollis, difficiles à soutenir sans boisages. Des débris de c schistes composent aussi en partie le remplissage du filon.

a Outre le filon principal on a longtemps exploité une assez belle u veine latérale qui, tantÀt, se réunit au tronc, tantôt s'en détache juste qu*à la distance de plusieurs mètres. »

Ce filon a été particulièrement travaillé dans les temps anciens, et « de Blumenstein le trouva épuisé sur une hauteur de 410 mètres et « à plus de 30 mètres au-dessous du niveau de TAix. »Les travaux postérieurs sont descendus jusqu'à 75 mètres au-dessous de ce torrent.

On y était parvenu, vers 1820 à 4825, à l'aide d'une machine à vapeur intérieure et l'on avait rencontré le filon vierge, c Malheureusement € l'installation de cette machine était vicieuse. Elle ne rendit pas les serc vices que Ton attendait, il fallut y renoncer et la démonter. » On dut renoncer alors aux travaux productifs dans la profondeur; on se contenta de glaner dans les vieux travaux, et en 1834 on abandonna la mine.

On y est rentré, en 1850, mais sans entamer les niveaux inférieurs : ce filon a donc été exploité très-grandement d'abord par les anciens du moyen âge, et plus tard de 1790 à 1800 comme de 1815 à 1825.

Le minerai trouvé sur les haldes a donné à l'ingénieur KOnig 60 p. 100 de plomb et 125 grammes d'argent aux 100 kilog. de plomb. Des analyses récentes ont donné aussi à M. Lavigne 55 pour 100 de plomb et 100 grammes d'argent aux 100 kilos de plomb. D'autres échantillons n'ont fourni que 28 grammes d*argent.

Les pyrites de cuivre se trouvent quelquefois assez abondamment dans ce filon. Il est remarquable de voir aussi que les travaux, étendus sur une longueur de 300 mètres environ dans le sens de la direction, se développent entre deux failles qui^ de chaque côté, arrêtent brusquement le filon, et que celui-ci conserve au fond des travaux actuels tous les caractères métallifères et une épaisseur notable de galène.

L'avenir pourra donc profiter vraisemblablement des parties du filon rejetées au delà des failles où elles paraissent être intactes, et retrouver, dans la profondeur, le prolongement de sa richesse métallique.

Filon de Charmet ou Charmay. — Il est situé sur le versant nord du mont d'Urfé, et à une distance de 2 à 3,000 mètres de celui de Juré. Ce filon a été l'objet d'une exploitation considérable dans le temps des comtes du Forez et dans le siècle dernier. Cette exploitation fut poursuivie au mi-

lien fies anciens travaux, sans qu'on ait entrepris aucun ouvrage de profondeur. € On l'abandonna, dit M. Gruner, en 4770, sans avoir fouillé le « fond des anciens travaux, mais l'importance de ces derniers indique € qu'il a dû renfermer des massifs riches. »

La puissance du filon atteint 8 à 40 pieds, d'après Konig, c'est-à-dire plus de 3 mètres.

Les minerais analysés ont donné 64 pour 400 de plomb et 90 grammes d'argent; et 60 de plomb et 108 grammes d'argent.

Ce filon parait pouvoir être facilement attaqué et mérite une reprise sérieuse.

Filon de Gréznllette. — Parallèle à celui de Grézolles; il court de Grézollette sur TArgentière. Il se compose de deux veines dont la plus forte a 0.50 à 0,60 d'épaisseur, encaissées dans le porphyre granitoïde. Les épontes so)it friables et la gangue quartzeuse. De Blumenstein y trouva beaucoup de minerai, mais il fut géué par les eaux, et le filon fut rejeté par une faille, au delà de laquelle il paraît être intact. On n'y employait alors que 15 à 16 ouvriers, et la production annuelle ne dépassa pas S à 300 quintaux.

Cependant, c suivant l'ingénieur KOnig, les frais étaient couverts et ils laissaient quelques bénéfices. > Ce filon a été délaissé depuis le commencement du siècle actuel.

Les travaux ne paraissent pas s'étendre au-dessous du ravin de Grézollette. La galène a donné 73 pour 100 de plomb et 405 grammes d'argent aux lOO kilog.

Serveaux^ continuation du filon de GrézoUette.— Fut repris vers 4860. On y trouva, d'après riiigénieur qui alors dirigeait la mine, une colonne de minerai donnant 5 à 700 kilogrammes par mètre carré. On pénétra au-dessous des anciens travaux de Blumenstein, mais on fut obligé de se retirer faute d'air. La gangue est baryto-quartzeuse; épontes friables.

Puissance. — 0,60 à 0,80.

Grandes Chazelles et ISoUieux. — Prolongement du filon précédent.

Filon de Poyet ou de Champoly. — C'est Tune des mines les plus importantes du Forez : t celle dont la production a été la plus considérable et « la plus constante de 4729 à 4770. De 4730 à 4750 la mine occupa 50 à € 80 ouvriers produisant, en moyenne, par année, 2,500 à 3,000 quin- « taux anciens et, à certaines époques, jusqu'à 4,000. » Les travaux y furent poursuivis jusqu'à 4809.

Ce filon avait été exploité antérieurement et au temps du moyen âge, dans les parties supérieures.

IL est encaissé en partie dans le porphyre granitoïde et, en partie, dans les orphyres quartzifères et les schistes trappéens du mont d'Urfé.

Il se compose de deux veines , l'une dite le grand filon et Tauire la veine latérale.

Puissance. — Celle du grand filon parait être do ^''SO à 2 mètres, SaU bande argileuse et faces de frottement bien caractérisées.

Inclinaison. — 80 à 85"" au Nord.

Gangue. — Principalement quartzeuse et un peu baryttque.

Minerai. — Galène mélangée d'un peu de blende, donnant, d'après Kônig, 70 pour 1 00 de plomb et I once d'argent aux 400 livres de plomb, soit 60 à 65 grammes aux 400 kilog. de plomb.

Des analyses récentes ont donné 63 pour 4 03 de plomb, et 96 grammes d'argent aux 400 kilos de plomb.

M. Vingénieur Lavigne, d'après Texamen des travaux exécutés, estime à 32,864 mètres carrés la superficie totale du filon explorée, et la superficie utile à 24,650.

Les produits obtenus ayant été d'environ 5,240 tonnes, on voit que chaque mètre carré utile a produit environ 213 kilog. de minerai bon à fondre.

Les documents montrent que ce minerai était disposé par colonnes qui vraisemblablement devaient, dans bien des points, donner lieu à un rendement beaucoup plus considérable.

La galène ne paraît pas être le seul minerai qu'on rencontre dans le filon du Poyet; M. Lavigne a reconuu dans les déblais, non-seulement des pyrites de cuivre disséminées dans la gangue quartzeuse, mais encore du cuivre gris argentirère, paraissant se rattacher à une salbande d'une épaisseur de 0,01 à 0,45 et donnant 200 grammes d'argent aux 400 kilo^

« Ce filon a été exploité pendant 80 ans, et pendant cet espace de € temps, on l'a suivi en direction, sur plus de 500 mètres, et en hauteur, € sur environ 430 mètres, c'est-à-dire jusqu'à 64 mètres au-dessous du < niveau de la galerie d'écoulement, ou 475 mètres au-dessous du point € le plus élevé de la crête du filon. »

Le niveau le plus inférieur des travaux est encore supérieur au fond de la vallée, et tout porte à croire qu'il est possible d'en reprendre aujourd'hui l'exploitation en profondeur.

Il est digne de remarque que ce filon a été interrompu brusquement par une faille au delà de laquelle il n'a pas été recherché et où il peut exister intact sur toute la hauteur qu'on lui connaît.

Enfin, il nous reste à dire qu^au moment de l'abandon des travaux, au commencement du siècle, en 4809, le minerai se montrait toujours dans la profondeur, mais l'abondance des eaux que l'on tirait à bras d'hommes et la dureté de la roche encaissante créèrent des obstacles qu'on n'essaya pas de surmonter.

A cette époque, la mine était exploitée par des tributaires qui vendaient le minerai extrait à la fonderie de la Goutte. Les ouvriers, pour abattre les minerais les moins coûteux, abandonnèrent les fonds, qui

furent bientôt noyés, et lorsqu'on voulut remédier à cet état de choses et épuiser les eaux, on dut reconnaître Timpuissance des moyens dont on disposait.

Ces circonstances déterminèrent bientôt l'abandon définitif de la mine.

Nous n'entrerons pas dans d'autres détails sur les divers filons de la concession de Saint-Martin, ni sur les tentatives diverses dont ils ont été l'objet; on retrouvera tout ce qui les concerne dans le travail de M. Gruner sur la géologie de la Loire.

Les éléments que nous avons donnés suffisent, ce nous semble, pour permettre de juger, sinon d'une manière absolue» au moins très-approxi- •mativement que, dans les temps actuels, avec les moyens que l'on possède, et en profitant de l'argent des minerais que Blumenstein n'extrayait pas, ces mines peuvent être avantageusement reprises, à la condition toutefois, pour elles, comme pour toutes en général, d'être conduites avec économie, sans état-major, et tout autrement que Ton a fait de 4855 à 4860.

Cette opinion acquiert une consistance très-grande quand on voit la grande étendue des filons qui, pour quelques-uns, dépasse 44 kilomètres, le nombre et la puissance de ceux de Saint-Martin, et quand on se rappelle ce qui s'est passé dans le Cornouailles en Angleterre.

Dans ce pays, en effet, les mines de plomb et argent, travaillées an cîennement avec beaucoup d'activité dans le douzième siècle, furent abandonnées comme un grand nombre de mines semblables de TEurope, à tel point que, en 4758, on n'en comptait plus qu'une. £lles furent reprises après la découverte de Patinson, et le Cornouailles qui, d'après Labéche, ne produisait que 480 tonnes de minerai en 1839, eu produisit annuellement plus de 40,000 de 4845 à 4850, quoique la teneur moyenne de l'argent île fût que de 408 grammes aux 400 kilog. de plomb.

Enfin, il n'est pas encore dit qu'on ne trouvera dans ces contrées que des minerais peu riches en argent. Déjà la présence du cuivrç gris argentifère y a été reconnue, et dernièrement (4873), à Samt-Priest-ia- Roche, sur les bords de la Loire et non loin de la concession, on a fait des travaux de recherche sur un filon de galène à la teneur de près de 500 gr. d'argent aux 400 kilos de plomb.

Il ne parait donc pas douteux qu'on puisse tirer encore mi grand parti deâ filons de Saint-Martin quand on voudra y déployer l'activité nécessaire et correspondante aux besoins de l'activité industrielle actuelle.

Mines de Saint-Julien. — Elles sont toutes situées au pied oriental de la chaîne du mont Pilât, dans l'espace triangulaire compris entre les villes de Bourg-Argental , Andance et Condrieu. Ces mines se relient à celles qui furent ouvertes sur la rive gauche du Rhône à côté de Vienne.

Historique. — Les filons de Saint-Julien paraissent avoir été peu travaillés par les anciens. Concédés en 1747 à la famille de Blumenstein, le privilège fut étendu en 17£6 à dix lieues à la ronde, autour du bourg.de Saint-Julien, dans les provinces du Forez, du Languedoc, du Dauphiné et du Lyonnais.

L'exploitation, poursuivie sur un grand nombre de filons, fut maintenue jusqu'à i831 , avec des périodes diverses de fortune ou d'embarras.

La période la plus florissante correspond aux années 1750 à 1755, et, à répoque de la Révolution et de TEmpire^les travaux ne purent se soutenir qu'à la faveur des prix élevés du plonib. A ces époques, les minerais purs se vendaient 50 à 60 francs les 400 kilos, au lieu de 30 et 40, prix le plus élevé de l'époque antérieure. £n 4791, Talquifoux coûtait môme jusqu à 40 francs le quintal ancien.

Depuis 4770 la production, qui s'était élevée à 44,000 quintaux de minerai, diminuait; elle atteignait rarement 5 à 6,000 avec 200 ouvriers, et descendit même au-dessous, non à cause de l'appauvrissement du filon, mais par suite de l'accroissement des difiicultés d'abatage et d'épuisement des eaux.

L'histoire des mines de Saint-Julien, dit M. Gr^ner, de 4720 à 4830, peut se résumer en deux mots : vivre au jour le jour, attaquer et abandonner, puis reprendre les filons ; il n'y a là nul travail d'euseuàble, aucun vaste sy&tème d'épuisement destiné à relier les fiions les uns aux autres.

La reprisede ces mines, ajoute-t-il,paratt impossible aujourd'hui (^852) à cause de la faible puissance des fiions et de la faible teneur de leurs minerais en argent, teneur qui ne dépasse généralement pas 23 à 30 grammes aux 400 kilos; seuls, un certain nombre de filons blendeux, comme ceux delà Combe-Broussin, mériteraient d'être exploités au point de vue de l'alimentation d'une usine à zinc comme celle de Vienne.

L'extraction totale des mines de Saint-Julien, de 1747 à 4840, a été :

De 4717 à 473» 400,0ro quintaux anciens.

De i740 à 4770 270,000 —

De 4771 à 1790 410,000 —

De 17tfl à 1840 75,0l0 —

De iSll à 18.J0 40,000 —

De 1831 à 1840 10,000 —

soit environ 30,000 tonnes, qui ont rendu environ 4 0,000 tonnes de plomb et 4,000 tonnes d'ahjuitoux.

Les principaux filons connus autour de Saint-Julien, dans les départements de la Loire et de l'Ardëche, existent dans trois districts principaux, qui sont :

4* Dans le district de Saint- Julien, quinze à vingt filons sont concentrés

le long d'une crête de granité schisteux^ la Combe-Broussin, qui va d« Saint-Marcel-d'Annonay à Saint-Pierre-le-Bœuf» sur une longueur de 8 à ^0 kilomètres;

2^ A l'ouest de cette première zone, les filons mêmes de Saint-Julien- Molin-Molette^ situés sur le prolongement de ceux de la Combe-Broussin;

d^* Plusieurs groupes de filons traversant les communes de Félines^ Peaugre^ Xernosc et Talencieux dans TArdèche.

Tous ces filons, encaissés dans un granité schisteux^ courant dans la direction N. O.-S. E., ont été explorés ou plutôt exploités, d'une manière plus ou moins suivie, de 4720 à 1830. Ceux de l'Ardèche et notamment ceux des environs de Talencieux, repris dans ces dernières années, ont été l'objet de travaux assez étendus.

Parmi tous ces filons, nous distinguerons :

Dans la Loire :

Le filon de La Pause;

Le filon de Combe-Noire et Jtevoin.

Filon dé la Pause. — Direction : b. 8 4/4 de la boussole, ou 56 N. 0., 56 S. Ë.

Inclinaison : 65 à 70 du sud au nord. Son étendue est de 4 à 5,000 mètres.

Gangue. — Le filon est formé de deux veines, dites le filon blanc et le filon rouge, souvent réunies, et dont l'écartement maximum, lorsqu'elles sont séparées, est à peine de S mètres. La gangue de la première est du quartz blanc légèrement calcédonieux, avec un peu de baryte sulfatée. Celle de la seconde est du quartz coloré par de l'oxyde de fer.

Roche encaissante : granité kaoliuisé verdâtre, ébouleux au contact de l'air.

Puissance totale : 0,50 à 0,65.

Minerai : galène avec un peu de blende et de pyrites. Il est disposé en colonnes séparées par des espaces, presque entièrement stériles, de 50, 80 et même 400 mètres de longueur. L'une des plus grandes colonnes connues a 80 mètres de longueur sur 35 à 40 de hauteur suivant la pente du filon.

La galène tient, d'après Konig, 2ii grammes d'argent aux 400 kilos plomb. Ce filon a été attaqué par des galeries d'écoulement et exploité sur 4,000 mètres en direction et 430 à 450 mètres en hauteur.

C'est, en raison de sa grande étendue, un filon important qui doii nécessairement se continuer en profondeur et qui doit renfermer encore de grandes quantités de minerai de plomb.

Mine de Bussy^ peu éloignée de Saint-Germain-Laval. -^ Cette mine» qui fait partie du groupe filonien de Saint-Just-en-Chevalet et de Juré,

est probablement inconnue aujourd'hui (1873). Nous la signalons parce qu'un document de 1 390 en constate l'existence à cette époque, et surtout parce que ce document nous donne des indications économiques susceptibles de modifier bien des idées.

Nous y voyons, en effet, les frais de fusion et les frais de maîn-d^œuvre beaucoup plus élevés qu'on ne le suppose généralement, si nous nous en rapportons, comme nous croyons pouvoir le faire, aux prix dôîmés par M. Leber, dans son livre : Appréciation de la fortune privée au moyen âge.

Ainsi, dans le document cité, on voit 'que la fonte d'un quintal de minerai était donnée à prix fait au prix de 10 sous tournois : c Primo solvit Durando S^guin^ piumbi fabro^ pro fundetida ii quintalia xxiii libras et dimidium {mina piumbi) pro qwdibei quintali x sol, valentes xxii so( vi den, »

Or, le sou tournois de cette époque valant 0^66 de notre monnaie, sans tenir compte du pouvoir de l'argent qui le porterait à 2 francs (suivant Pierre Clément], nous voyons que la fonte de 48 kilos environ était payée au prix de 6^66, soit environ {S francs les 400 kilos, c'est-à-dire plus du double de ce qu'elle coûte aujourd'hui, sans les frais généraux.

c Item solvit Stephano Aujardi, qui vacavit cum eodem {ad faciendum carbonem) per novem dies, pro dicta et expensis xxji solidos vi denarios turo^ nensi. i

Ce qui porte le prix de la journée à 2 sous 6 deniers, ou ^,65, prix que l'on retrouve encore aujourd'hui dans bien des lieux de la France, et qui, dans tous les cas, est bien loin de ces différences énormes qu'on a l'habitude de signaler.

Fiion de Gumières, cuivre. — On connaît plusieurs filons cuivreux dans le départeinent de la Loire, mais le filon de Gumiëres paraît être, d'après M. Grùner, celui d'entre eux qui présente les meilleurs caractères.

Il forme la ligne de faîte de l'étroit promontoire granitique sur lequel est bâti le bourg de Gumières.

Direction : N. 30"" 0., parallèle à la vallée de TOzon.

Inclimiison : S. 0. de 70 à 80».

Puissance : 2",60.

Gangue : quartz blanc, saccbarolde plus ou moins carié, veiné parallèlement au plan du filon.

Salbandes argileuses, épontes granitiques d'apparence talqueuse.

Minerai : pyrite de cuivre presque pure. — Consiste en deux veines minces à l'affleurement.

En 4839 et 4840, on y fit quelques tentatives, consistant en quelques galeries dont la dépense s'éleva à 7,000 francs. La présence de l'eau et la constance de la faible quantité de minerai firent suspendre ce travail.

Ces recherches laissent nécessairement le problème sans solution, et il n'est pas prouvé que ce filon ne se modifie favorablement à une pro-

fondeur plus grande, telle que serait celle d'une galerie d'écoulement prise à 70 ou 80 mètres au-dessous de Taffleurement.

Ces modifications dans la richesse ont été vues b^en des fois dans des filons semblables, et notamment dans les Marèmes toscanes; on y a, en effet, rencontré l'un des filons quartzeux et cuprifères de la contrée présentant à peine les signes du minerai dans ses affleurements, et en renfermant cependant des quantités considérables au-dessous d'eux.

Gisement de la Pacaudière. — Il est situé près du village de Crozet^ sur les collines qui dominent la station de la Pacaudière. Il est ouvert sur un filon dont les affleurements ferrugineux apparaissent au milieu de ces collines.

Direction : environ N. O.-S. E. (?)

Inclinaison : vertical.

Puissance : dépasse 4 mètre.

JRoche encaissante. — Il est encaissé dans des roches granitoïdes décomposées.

Ganguie : terreuse, feldspathique et kaolinisée.

Minerai : galène argentifère en boules et en rognons. Des minerais cuivreux ont été trouvés près de la surface.

En 1872, ce filon était l'objet de recherches consistant en puits et galeries.

Environs de Saint^Martin et de Dourzieu, — Des recherches v étaient en activité vers 4869. Elles furent suspendues par suite des événements

de 4870.

Mine de Saint^-Martin-la-Plaine. or. — L'or fut découvert en 4608 dans la commune de Saint-Martin-la-Plaine, près du hameau de Bissieux. Jars^, en 4756, assure qu'il y avait autrefois une mine d'or dans cette localité et qu'il existait dans le trésor de l'abbaye royale de Saint-Denis une coupe d'or qui en provenait, a Mais, ajoute-t il^ il est certain que c les travaux de cette mine ont été comblés, parce que l'or était d'un c titre assez bas et qu'il était si difficile de le tirer qu'il ne payait pas 0 les frais d'exploitation. »

On y fit des recherches en 4745 et l'on y dépensa 6,000 livres sans aucun résultat avantageux.

D'après d'autres documents que cite H. Grûner dans la Géologie de la Loire, l'existence d'une mine d'or dans cette localité est positivement constatée. Les traces des anciens travaux ont complètement disparu, mais M. Grûner signale, à la surface du sol^ la prestance de fragments

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