‹ Tableau géographique de la distribution ethnographique des nations & des langues au MexiqueChapitre 5 sur 9 · V. — Le Matlatzinca ou Pirinda · texte numérisé non relu

V. — Le Matlatzinca ou Pirinda

Le i/a//a/zi/2ca se parlait, anciennement dans la vallée de Toluca ; aujourd'hui il est seulement en usage à Charo, dans, le Michoacan.

Au dire de Clavijero, les Matlatzincas fondèrent un Etat considérable dans la vallée de Toluca, et, malgré leur antique réputation de grande valeur, ils furent soumis, par le roi Axayacatl, à la couronne de Mexico.

Selon Basalenque, les Matlatzincas de Charo étaient originaires de Toluca, et ils quittèrent leur patrie dans le but de venir en aide dans une guerre aux Michoacanes. Ces derniers ayant remporté la victoire, leurs alliés les Matlatzincas s'avancèrent dans le Michoacan, s'établissant depuis Indaparapeo, jusqu'à Tiripitio, qui était le centre du royaume, ce qui fut cause qu'on les appela perindas, ou mieux perintaSj ce qui, en langue tarasque, signifie ceux du milieu.

Matlatzinco est un mot mexicain qui signifie le petit village

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des ûlets;\\ parait se composer de Mailatl, filet, la par^cule tzinco, indiquant le diminutif. On comprend facilement que puisque Matlazinca vient de Mailaizhico, que Tétymologie exige que ce mot s'écrive avec un <?, et mieux avec un k^ et non pas avec un^, comme le font quelques auteurs.

Les principaux ouvrages écrits sur le Matlatzinoa sont : Dictionnaire et Sermons par Fr, Francisco Acosla; Grammaire, Dictionnaire, Sermons et Manuel des Sacrements, par Fr. Diego Basalenque /Grammaire, Vocabulaire, Catéchisme et Manuel des Sacrements, par Fr. Manuel Guevara, etc. — Il n'y a dans le Mitbridates d'autre mention du Matlatzinca que rinsertîon du Pater, copié d'après Hervas, sans traduction.

Le seul dialecte important de cette famille est VOcuilteca, qui est encore parlé dans quelques petits districts de l'Etat de Mexico.

VL — Le Tarasque.

Le Tarasque se parie dans l'Etat de Michoacan, en en exceptant cependant la partie sud-est, qui confine avec l'Océan Pacifique, où l'on parle le Mexicain ; et une petite partie ati nord-est où régnent l'Othomi et le Mazahua ; enfin une autre partie où le Matlatzinca est en usage. On le parle encore dans . l'Etat de Guanaxuato, dans la partie qui confine avec le Michoacan et le Guadalaxara, limitée à l'orient par une ligne, qui peut commencer dans i'Acambaro, et se dirige sur Irapuato, pour se terminer à San-Felipe, c'est-à-dire sur les confins de l'Etat de San-Luis de Potosi.

L'ancien royaume de Michoacan comprenait à lui seul une étendue de trois degrés de longitude, sur deux de latitude ; il avait pour capitale Tzintzontanj sur les bords du lac de Patzcuaro.

On ignore l'origine de ses habitants; le P. Acosta, dans son Histoire des Indes, conte à ce siyet une histoire insensée,

empruntée, sans doute, à Thistoire manuscrite du Mexique du P. Durand, réfutée, fort à propos, par Clavijero. Acosta rapporte que lorsque les Mexicains descendirent dans la ville de Mexico, une partie d'entr'eux pris de colère contre les autres, refusèrent de les suivre, et que bien plus, pour marquer leur dédain, ils adoptèrent un idiome nouveau, qui fut le Tarasque.

Les Tarasques devinrent indépendants des Mexicains,, malgré les tentatives que firent ceux-ci pour les soumettre. A rarrivée des Espagnols, Sinsicha appelé aussi Galtzontin par les Mexicains, régnait dans le Michoacan ; il se soumit volontairement à Certes, de telle sorte que son royaume fut aussitôt occupé par Cristobal de Olid.

La mythologie des Taras(iiies n'était pas aussi compliquée que celle des Mexicains : si nous en croyons La Rea, ils adoraient seulement une idole, dont le temple était dans le village de Tzacapa, résidence du Grand-Prêtre, et comme au Mexique, ils pratiquaient les sacrifices humains. Ce que Ton sait des coutumes et des institutions des Tarasques, montre que s'ils n'étaient pas un peuple entièrement civilisé, du moins, on ne peut les considérer comme barbares. Leur gouvernement se composait d'un roi absolu qui envoyait des délégués dans les provinces. Les Tarasques faisaient usage d'une écriture hiéroglyphique qui leur servait à conserver leur histoire; ils pratiquaient la polygamie, qui était une récompense par eux accordée aux plus vaillants.

Tarasque vient tle tarbascue, qui, dans la langue du Michoacan signifie beau-père et gendre.

On possède plusieurs îivi^es sur .cette langue, notamment la Grammaire et le Dictionnaire du P. Juan Bautîsta Lagunas, Mexico, 1574. — le Dictionnaire du P,Maturin Gllberti, 1559 ; la Grammaire de Fr, Diego Basàlenque, Mexico, 1714. — Dans le Mîtbridates, il n'y a d'autre trace du Tarasque que le Pater, copié d'après Hervas, avec une interprétation qu'il faut souvent deviner.

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