SIBYLLES
raient des sibylles connues sous le nom de Vôluspdf et dont les chants prophétiques nous ont été conservés (i); on en retrouve des traces jusque dans les poèmes germaniques. Les druidesses gauloises pouvaient être considérées comme des espèces de sibylles, prophétisant par l’inspection des eaux ; souvent elles devenaient oracles vivans, obéissant à des inspirations intérieures : leur principal collège était dans l’île de Sein. La Dila des Serbes, qu’on redoute encore dans les pays Slaves, n’a peutêtre pas été autre chose qu’une sibylle. De nos jours on retrouve des sibylles chez des peuples qui échappent à l’état de barbarie.
§ iV. — Des augures, arüspîces et auspices.
Il nous reste à parler des augures et des aruspices , considérés comme' formant un corps important dans l’Etat, et relativement à leurs fonctions j car nous avons déjà examiné le but principal de leur science, en ^ parlant des présages. Les augures et les aruspices formaient à Rome un corps sacerdotal des décisions duquel dépendaient
(i) \oycE noire Biographie ait. Vôi.a.
8o ORACLES:
les plus grands événemens politiques. Toirt le monde sait le cas que les gens instruits faisaient de la science des augures, par le fameux mot de Caton l’Ancien, qui ne comprenait pas , disait-il , comment un augure pouvait regarder un autre augure sans rire.
Tite-Live ne les traitait pas avec plus de considération , et l’on sait ce qu’en pensait * Cicéron , qui était néanmoins du collège des augures, et qui mettait cette dignité au-desyi sus de toutes celles dont il était revêtu.
Les augures, dans l’origine,, n’étaient qu’au nombre de trois : ce nombre, par la suite, s’accrut beaucoup. Un bâton recourbé , leur avait été donné par Romulus , comme signe de leur dignité. Les préceptes de la science augurale avaient été réunis en corps d’ouvrage. Il y avait deux espèces d’augures : l’augure proprement dit et laiispice.
Uauspice était l’inspection du vol des oiseaux; V augure, les prophéties c|u’on tirait de leur chant. L’inspection du moment des ’ . victimes, l’examen de leurs entrailles ap-
partenait plus spécialement à l auspice qui tenait à une classe distincte. L’auspicisme des Gaulois , s’il faut en croire quelques his-
AUGURES, ARUSnCES, AUSRICES. 8i
toriens, était effroyable ; on interrogeait les entrailles d’un homme égorgé sur l’autel. Le même genre de divination était en usage chez les Mexicains.il paraît que les augures examinaient non-seulement le vol et le chant de divers oiseaux , tels que les aigles , les vautours, les corbeaux, les cygnes , mais encore qu’ils , tiraient des présages de plusieurs insectes.
L’art augurai se rattachait à l’astrologie, et était soumis à J’influence des corps célestes.
La divination la plus célèbre et la plus ridicule des augures était sans contredit celle qui s’opérait en examinant la manière dont se nourrissaient les poulets sacrés.
Ces précieux animaux étaient au nombre de deux seulement, et devaient manger avec la plus grande avidité pour qu’on pût tirer d’heureux présages de leur appétit.
L’histoire, du reste, est remplie et des décisions bizarres des augures, et des merveilles opérées par leur science. On sait, à n’en pas douter , qu’ils savaient escamoter à propos le coeur ou les poumons des victimes, et qu’ils avaient l’art d’imprimer adroitement, sur le foie encore chaud, des caracrères prophétiques qu’ils avaient tra-
8i ORACLUS.
cés d’avance sur la paume de leur main. Un général halûle savait tirar le plus grand parti de la science augurale, et elle exerçait une telle influence sur la masse des -armées , ou même sur les chefs , qu’à la bataille de jÇlatée, où les Lacédémonieâs ’^commen- ^çfliient à être accablés par les Perses, Pausanias ne voulut pas donner le signal de la défense jusqu’à ce qu’il eût rencontré une victime qui lui offrît des présages favorables. Naguère encore, les guerriers de l’Amérique méridionale n’auraient pas osé livrer une bataille décisive sans avoir consulté les songes d’hommes accrédités (i).
§ V. •^'Seconde vue, vojrans, etc.
Ce qu’on entend en Europe par seconde vue, n’est pas inconnu aux peuples du Nouveau-Monde ; au rapport d’Urbain de Matba , les Moxes du Paraguay nomment leurs thaumaturges les voyons, les hommes aux yeux clairs. Les Écossais désignent sous le nom d’hommes à la seconde vue des espèces de prophètes, pris-- souvent dans la P
[i)Foj» pour l’antique doctrine des aruipicea, etc., noire Billiographie ; Palingénétit iOciaU., par M. Ballanche.