SIBYLLES
tant les traditions du pays à qui les voulait entendre.
Selon Varron, les sibylles ëtaient au nombre de dix , quelques auteurs en ajoutent deux de plus ; mais Pierre Petit, dans une dissertation curieuse, prétend qu’il n’en a existé qu’une seule, qn’on a ainsi multipliée, parce qu’elle aurait long-temps voyagé et prodigieusement écrit. Enfin, Thomas Hyde a été plus loin , en affirmant qu’il n’en avait pas existé du tout. Il est infiniment probable que la première version est la plus exacte.
La sibylle de Cames jouissait d’une haute célébrité : s’il faut en croire Virgile, elle écrivait ses prophéties poétiques sur des feuilles qu’emportait le vent , et que ]\I. Niebulir suppose avec raison avoir été des feuilles de palmiers, telles que les enlploient encore, pour écrire, les Orientaux.
C’est cette fameuse sibylle que d’autres nomment Amalthée , Démophile, ou Jlcrophile, qui vendit à Tarquin les livres sibyllins, qu’on consultait dans les grandes calamités, et dont il était défendu, sous peine de mort , de délivrer une seule copie.
M. Niebuhr se demande si ces oracles ren-^ fermaient des prédictions d’événemens futurs , ou bien de simples préceptes pour gagner ou apaiser les dieux. Les duumyirs étaient commis à leur garde< On a fait courir un grand nombre de prophéties apocryphes, qu’on attribuait aux sibylles. Les derniers livres sibyllins furent brûlés en 899, par les ordres de F lavius Stilico, beau-père d’Honorius. Quoique les anciens eussent été détruits sous Sylla, c’est probablement une grande perte pour les sciences historiques, si , comme on le doit présumer, ces livres renfermaient des poèmes cosmogoniques et historiques, relatifs à l’origine des Etrusques, auxquels M. Niebuhr accorde certains livres du destin, libri fatales, qu’il ne faut pas confondre avec les livres sibyllins, et dont la conserv.ation eût été, à coup sûr, une source d’instruction.
Du reste , il est bon de rappeler avec ce savant historien , que les oracles étaient éminemment d’origine grecque , et qu’aucun peuple de l’Italie n’avait d’oracle vivant.
Avant de passer à' Une autre matière , nous dirons que les .Scandinaves hono-