CHAPITRE III
De la kabbale,
§ I. — De la kabbale et des mots kabbalis~ tiques. Ses divisions.
Le mot kabbale est tiré d’un mot hébreu qui signifie tradition; il paraît avoir eu dans l’antiquité une acception purement religieuse; c’était une espèce de théologie secrète enseignant à découvrir le sens mystérieux des livres sacrés; mais, dans le moyen âge, et même à une époque plus re- culée, on en fit plus spécialement l’art de . commercer avec les esprits qui animent le monde invisible, et celui de se rendre semblable à eux par la contemplation.
On divisait autrefois la kabbale en deux sections : la première est désignée sous le
nom de beresshh: c’est la science proprement dite des vertus occultes renfermées dans le monde ; l’autre, appelée marcava, est la connaissance des choses surnaturelles.
Il y a une espèce de kabbale d’un ordre infiniment moins élevé qui consiste dans la combinaispn de certains mots mystérieux que l’on porte sur soi, et qui ont, entre autres vertus , celle de chasser les démons ou de rendre invulnérable. C’est sans doute dans cette série qu’il faut ranger le fameux mot abracadahra. Parmi les formules kabbalistiques de ce genre, on révère surtout le mot agla. Ce mot puissant, prononcé en se tournant vers l’orient, fait retrouver les choses perdues, découvre ce qui se passe aux pays lointains , et opère encore mille autres merveilles ; mais les savans qui ont sondé toutes les profondeurs de la kabbale, n’ajoutent point foi à ces espèces de formules talismaniques , qui nous sont peutêtre parvenues sous une forme altérée , et dont l’origine religieuse est entourée de mystères (i).
(>) Voj. pour le mol Tiedouh notre Bibliographie. (Monumen arabtt, eic., par Rcinaud.)