ANIMAUX FABULEUX. III
]es reptiles par les sons prolongés d’une flûte , et qu’ils les font servir à leurs jongleries après leur avoir arraché les denls^ On attribue aux serpens la faculté de fasciner par leur regard les oiseaux et les petits ‘ quadrupèdes", qui, ne pouvant résister à cette espèce de pouvoir magnétique , viennent se précipiter d’eux-mêmes sous la dent qui doit les dévorer. Mettant de côté ces faits qui rentrent dans le domaine de la réalité, mais qui peuvent servir à expliquer de prétendus enchantemens, nous continuerons notre revue féerique.
§ VII. — Des enchanteurs.
Les temps fabuleux qui précèdent le moyen âge étalent fertiles non-seulement en fées , mais en nains et enchanteurs , qu’il ne faut pas confondre avec les magiciens et les sorciers , parce qu’ils ont eu souvent une origine merveilleuse , tandis que les autres étalent de simples mortels , opérant leurs prodiges, grâce à l’étude, à la science , ou à l’intervention du malin esprit.
De tous les enchanteurs dont l’Eurojie a gardé le souvenir, Merdhin, dont on a
FEERIE.
altéré le nom en en faisant Merlin , est le plus célèbre. La tradition seulement a fait d*un barde fameux un être fantastique, dont la puissance est devenue le principal mobile du merveilleux qu’on trouve dans tous les romans du moyen âge. Sa mémoire a exercé une telle influence sur ce qu’on peut appeler la magie poétique, que« nous le considérerons quelques instans ici sous ce rapport. Merdhin était né en Basse-Bretagne, vers le cinquième siècle. L’histoire de sa naissance, comme de tout le cours de son existence, est mêlée de tant de fables , qu’il n’est guère possible de démêler le vrai du faux. Ce qu’il y a de plus certain^ c’est que son berceau fut cette île de Sein où existait , comme on sait, un collège sacré de Druides. La tradition nous le montre comme étant le favori du roi Arihus’, qu’il sert sous plusieurs formes différentes , et qui est devenu lui-même avec son saint Graal et ses chevaliers de la table ronde, un type du merveilleux chevaleresque. Tantôt Merlin se transforme en cerf pour porter ses ordres , tantôt il prend l’apparence d’un nain, et il opère