‹ Tableau historique, analytique et critique des sciences occultes ... Par Ferdinand DenisChapitre 25 sur 56 · ENCHANTEURS · texte numérisé non relu

ENCHANTEURS

plus d’un prodige en faveur de son ami.

jPuIs l’amour s’empare du cœur de ce célèbre enchanteur, il est soumis lui-méme à la belle Viviane. Cette fée jalouse l’enferme dans la forêt Broceliande , et le Cache aux yeux de tous les hommes; mais elle est la première victime de ce* funeste enchantement : le barde devient invisible pouf elle , comme pour le reste du monde. Pendant plusieurs siècles, la forêt de Broceliande est le théâtre d’une foule de merveilles qui attirent même de graves voyageurs. Ne doit-on pas voir dans cette fahle la preuve de l’existence des doctrines magiques du druidisme, conservées dans l’Armorique, et cachées sous un emblème?

Ce qu’il y a de certain, c’est que le barde Merlin écrivit une série de poèmes prophétiques , qui , traduits en ii35 par Geoffroy de Montmoulh, se répandirent dans le reste de l’Europe , et devinrent le type d’un genre inconnu jusqu’alors.

L’astrologue Guinclan, qui vivait à la même époque , jouit long - temps d’unq grande célébrité en Bretagne; mais il exerça moins d’influence que son illustre con-

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temporain ; ses prophéties étaient en rers bretons, elles existaient encore manuscrites au commencement du dix-huitième siècle; mais ce qui nous en reste maintenant n’est plus que dans la tradition. '

Ce n*est pas sans raison que nous nous sommes étendus sur Merlin et sur ses ouvrages , puisqu’il faut nécessairement y rattacher les principales idées de la magie moderne , de même que celles des anciens semblaient, dans leurs diverses ramifications , appartenir^ à Hermès ou à Zoroastre.

' § VIII.— EnàhaAteiirs de V Orient.

En donnant à la Frgn.ce sa traduction incorrecte, mais naïve, des Mille etune JNuits, Galland étendit prodigieusement le champ du merveilleux; c’est alors qu’on yit se populariserxes enchanteurs de caractères poétiques si variés, de formes si fantastiques : les Arabes et les Persans ont , dans la création de ces êtres produits d’un mythe oucomplètementimaginaires, une supériorité évidente sur les autres nations. Salômon ou Soleiman éSt regardé chez eux comme un puissant enchanteur, (V Oy. Sceau de'Salomon.') Abraham

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OU Ibrahim peut élre quelquefois rangé dans la même classe. Qui ne connaît le roi Saleh, Abdallah, et Marti le puissant enchanteur, qui n’est autre chose que notre Manès,' c\\eî de la secte des Manichéens? Les Hindous n’ont pas d’enchanteurs proprement dits,' mais il est très-souvent fait mention, dans leurs poèmes,*de solitaires voués à la contemplation et à la pénitence, qui, à force d^ustérités, parviennent à*acquérir un pouvoir extraordinaire sur les objets delà création, et qui peuvent même devenir un sujet de jalousie pour les dieux, puisque ceux-ci craignent de leur être soumis. Dans Ÿ Ermitage de Kandouy poème charmant,* traduit du sanskrit, on voit un de ces merveilleux solitaires prêt à acquérir le dernier degré de la perfectibilité, et que les habitans de l’olympe indien envoient tenter par la déesse du plaisir, pour lui ravir ainsi la puissance à laquelle il veut atteindre.

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