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l’assure Agrippa, rend invulnérable, fût-on au milieu d’une armée ennemie. C’est , du reste, un conte renouvelé de Pline, qui assure avec le meme sang-froid qu’on peut acquérir le don de prophétie et opérer divers prodiges en mangeant un cœur de -taupe tout cru. Grâce à une vertu analogue , une petite pierre qu’on trouve dans la léie d’une tortue des Indes donne la faculté de découvrir l’avenir ; mais pour cela il faut la porter sous la langue: ainsi, du moins, ledit saint Isidore.
jLa membrane qu’apportent sur la tête quelques enfans en venant au monde, cette membrane merveilleuse qui fait dire qu’un homme est né coijjéf n’a pas des vertus si extraordinaires ; mais, au rapport deLampridius , elle fait réussir les avocats au barreau, et, de nos jours, on exprime par là le bonheur attaché à certains individus. Qui ne connaît les vertus magiques de la mandràgore, qui fait'aimer de tout le monde ceux, qui la portent, et de la pierre alectdrienne, qui donne une victoire assurée à celui qui cherche la gloire ?
Tout ceci est assez innocent et est mis par les démonographes au nombre des prodiges
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de la' magie naturelle. Il n*en est pas de même de ces femmes 'd’Italie qui, au rapport de saint Augustin^ convertissaieht les hommes en chevaux, et de ces philtres si fréquemment employés dans Tantiquité.
§ 111 . — Des philtres, talismans, anneaux constellés, etc.
Parmi ces philtres, on distinguait surtout V hippomanès, qui a été l’objet de plus d’une savante dissertation; selon quelques auteurs, c’est une excroissance charnue de' couleur brune , qui se trouve à la tête des poulains lors de leur naissance, et que la nière est dans l’habitude de manger. L’hip-pomanès est un des philtres d’amour les plus puissans, mais le crapaud desséché, porté dans un sachet sur la poitrine, partage sa célébrité. La tête d’un milan, le poil du bout de la queue d’un loup , et mille autres substances de la même nature, opèrent des prodiges analogues à ceux de l’hippomanès.
Les mémoires' du dix-septième siècle sont encore remplis d’une foulé de merveilles opérées par les philtres.
Les talismans peuvent être rangés dans
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la même catégorie. De tous les peuples de l’antiquité, les Egyptiens paraissent être ceuxqui en ont fait l’usage le plus fréquent. Les espèces en sont innombrables, mais on remarque surtout une espèce de scarabée , à la représentation duquel on attachait une foule d’idées superstitieuses. Le talisman du moyen âge offrait ordinairement l’image d’un signe céleste, gravé ou ciselé, après plusieurs formules préparatoires, sur une pierre sympathique, ou sur un métal correspondant, par sa nature, à l’astre sous la protection duquel on voulait être. C’est ainsi que le talisman du soleil doit être d’or, tandis que celui de la lune est d’argent.
C’est par les mêrries lois que la hyacinthe est de nature solaire, et que l’émeraude est lunaire, tandis que le jaspe convient à Saturne.
Les Orientaux font encore, de nos jours, grand usage des talismans. Il y en a quelques-uns chez eux qui sont d’un travail trèscompliqué. • ‘
On considère Vanneau ou le sceau de lomon comme le plus puissant de tous les talismans. Malheureusement , il a toujours
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été tellement caché aux yeux des hommes, qu’on n’a pas pu s’én procurer encore^une description bien exacte. Entre autres vertus, il a celle de rendre invisible* la personne qui le porte, et de lui donner tout pouvoir sur la nature.'
Cet admirable talisman est plus particulièrement désigné sous le nom de sceau de Salomon par les Arabes et les Persans.
M. Reinaud, dans son ouvrage sur les monumens musulmans, donne des détails pleins d’intérêt à ce sujet. Les Orientaux conviennent que Salomon avait fait monter ce sceau en anneau, et qu’il le portait au doigt ; par conséquent il mérite les deux dénominations sous lesquelles on le désigne.
D’après les uns, le grand roi y avait fait graver le nom puissant de* Dieu; d’après quelques autres, il y aurait inscrit une sentence morale; enfin, il y a quelques auteurs qui veulent que le sceau représentât deux triangles croisés l’un sur l’autre. C’est probablement en raison de cela qu’on voit une figure talismanique semblable gravée sur plusieurs monumens. L’anneau de Salomon est devenu, dans la littérature orien-
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taie , l’emblème de tout ce qu’il y a de beau et d’important sur la terre. Quelques souveraiiÆ mahométans se sont vantes de posséder celte merveille ; mais , selon la croyance générale, Tanneau de Soliman , ou de Salomon, est dans le tombeau de cet enchanteur roi , qui repose lui-méme au milieu d’une des îles de la mer du Sud.
"Les anneaux constellés f si communs dans l’antiquité et au moyen âge , se rattachent encore aux talismans. On distinguait surtout, en ce genre. Vanneau de^ vnj'ogeurSf’ au moyen duquel on pouvait parcourir un vaste espace de terrain sans éprouver aucunç espèce de fatigue. On a conservé la manière de faire Vanneau d’ invisibilité ^ qui est beaucoup plus merveilleux, mais qu’il faut absolument fabriquer avec du mercure fixé, et enrichir d’une petite pierre qu’on trouve dans le nid de la bupe. Les liyres de kubbale entrent à ce sujet dans une foule de détails beaucoup trop longs pour être rapportés ici ; mais ils assurent qu’on acquérait, par leur moyen, la faculté de se rendre absolument invisible. Quoiqu’elles n’aient pas la même vertu, oii doit ranger
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dans la même classe ces médailles des gnos> tiques connues. sous le nom d'abraxas^ et dont M. Mat^er nous a donné diverses figures. Les Orientaux font grand usage de plaques talismaniques couvertes de caractères mystérieux, parmi lesquels on retrouve quelquefois le sphynx , qu’on peut regarder lui-même comme une sorte de talisman, et qui est adopté chez nous comme emblème. On peut considérer sous le même point de vue ces zamès des anciens Haïtiens , qui, par leur forme, se rapprochaient des amulettes égyptiennes. Le fétiche du noir n’est souvent qu’un talisman.
§ IV. — Des pierres précieuses considérées comme talismans.
Au douzième et au treizième siècles, les diverses pierres précieuses connues étaient revêtues d’influences talismaniques. Le confesseur de Charles V, Guevara, indique rapidement les qualités qu’on leur attribuait, et il affirme même que ces qualités ne sont pas à révoquer en doute. Le diamant, dit-il, fortifie le cœur, et peut être d’une grande utilité aux femmes enceintes; l’améthiste