‹ Tableau historique, analytique et critique des sciences occultes ... Par Ferdinand DenisChapitre 37 sur 56 · ILLUMINISME · texte numérisé non relu

ILLUMINISME

vertures larges et profondes, mais bien gardées de.manière à ce que personne ne puisse sortir sans la volonté divine.

Le cielf cette étendue immense que l’imagination ne peut concevoir, se trouve divisé en deux royaumes, le royaume céleste où les anges participent delà divinité, et le royaume spirituel , ainsi appelé , parce que les habitans reçoivent moins de ce qui fait la divinité de Jésus-Christ. Quoique le ciel ne soit divisé qu’en deux royaumes , il y a cependant trois deux; c’est dans les deux qu’arrivent les élus de toutes les planètes.

Les anges ne sont autre chose que des hommes parvenus au plus haut degré de perfectibilité. Ils conservent la forme humaine, et c’est sous cette forme qu’ils ont apparu aux patriarches. Ils forment un grand nombre de hiérarchies selon leurs emplois ou leurs perfections. Ce dernier monde spirituel est un véritable monde , mais sa magnificence ne saurait être décrite , son soleil est le Seigneur lui-méme, et l’imagination de i’homme ne peut concevoir l’éternelle splendeur de ce soleil de justice, pur amour de Jéhovah. Les anges sont incessamment tour-

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nés vers sa face, mais de quelque côté qu’ils aillent, ils l’ont toujours devant eux; il les inonde de ses rayons célestes, et ces êtres spirituels n’ayant plus aucuneidée du temps ni de ses subdivisions, ne connaissent que l’éternité.

Il y a cependant dans le ciel des temples où l’on-prêche pour que les anges se perfectionnent de plus en plus en intelligence.

A bien examiner le système de Swedemborg ; il se base dans ses principes les plus exaltés sur l’Ëcriture sainte et sur les paroles de l’Évangile. C’est peut-être l’élan le plus poétique et le plus religieux qui se soit manifesté dans une âme initiée aux antiques mystères de la kabbale. Mais dans cett^expression.moderne de sublimes rêveries, tout estcteliement uni , qu’il serait bien difficile de rendre à chaque époque et à chaque système ce qui lui appartient. Nous ne connaissons jusqu’à présent que les célestes compositions de Raphaël elles ravissantes fictions de Martin ) qui puissent donner aux hommes une idée du monde spirituel de Swedemborg ; il n’y a que le langage d*Eloa qui fasse vivre un instant son céleste langage. Il n’y

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a aussi que les terribles peintures du Dante, qui donnent une idée de l’enfer des théosophes allemands.

Les idées poétiques de Swedenborg tiennent si bien à l’ancienne kabbale, que son but est de nous ramener à la science des correspondances connues, dit-il, des anciens, et qui n’est autre chose que le rapport des hommes avec les esprits. Selon luij le livre de Job est plein de ces correspondances.

Les hiéroglyphes des Egyptiens, et les fables les plus anciennes, n’étaient, non plus, qu’une expression déguisée de ces correspondances dont nous avons perdu la clèf.

Quelques pages sont bien loin de suffire à l’explication d’un système vaste et compliqué qui varie à l’infini selon les diverses imaginations.

§ III. — Du magnétisme animal.

En lisant les vieux voyageurs qui ont écrit sur le Nouveau-Monde, une chose nous frappe, et nous la consignons ici, parce qu’il nous semble qu’elle a échappé aux.investigations de ceux qui se sont occupés du magnétisme animal; c’est qu’il est pratique dans les

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iq4 gnosticisme, sociétés secrètes.

Amériqaes du nord et du sud par les indigènes. Parmi nous, non-seulement on en retrouve des traces chez les anciens, mais il paraît certain que, dès le seizième siècle, les VanHelmont, lesMaxwel en montrent dans leurs écrits les principes les plus importans. En. outre, comme l’a fort bien indiqué dernièrement M. Eusèbe Salverle , sa forme moderne a été révélée par l’illuminisme, puisque Swedenborg a dit en 1763: « L’homme peut être élevé à la lumière céleste même en ce monde, si les sens corporels se trouvent ensevelis dans un sommeil léthargique. »

Néanmoins, le magnétisme animal ne commença réellement à se répandre en Europe que quand Mesmer en eut développé les principes, qu’il entoura malheureusement d’un charlatanisme toujours nuisible à une science, quelle qu’elle soit.

Mais que dire maintenant du fluide magnétique? Est-ce à sa présence qu’il faut rapporter certains phénomènes si fréquemment cités que l’incrédulité la plus persévérante doit avoir beaucoup de peine à les révoquer en doute? Ces mêmes phénomènes, ,une fois constatés par d’habiles médecins ,

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doivent-ils être rapportés à un autre ordre de choses qui n’a rien que de fort naturel?

C’est ce qu’il ne nous est pas permis de décider ici. jusqu’à ce que la question soit mieux éclaircie qu’elle ne l’a été jusqu’à présent. Au milieu de faits d’une telle importance, il est bien permis de douter, ou, .pour mieux dire, on doit rester dans le doute, quand on n’a fait aucune expérience pour en sortir.

Si le magnétisme animal , devenu célèbre, .a trouvé de nos jours de nombreux détracteurs, il fut vivement attaqué à sa naissance . par Erasme, qui savait si facilement manier l’arme de la raillerie. Maintenant on envisage la question sous une autre face, et, si l’on adopte le .système d’un savant recoiriinandable, le magnétisme animal n’est plus qu’une variété de l’étal d’extase. Il faut le dire cependant, cette opinion n’est point généralement adoptée.

Il y a, néanmoins, maintenant, peu d’individus qui nient absolument les effets du magnétisme, et nous croyons indispensable de faire connaître dans leur intégrité les effets qu’on lui attribue au dix - neuvième siècle.

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