‹ Tableau historique des progrès matériels et intellectuels du Canada [microforme]Chapitre 3 sur 10 · RSR PEN EC DE LE · texte numérisé non relu

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après la guerre, elle leur énronis comme le monopole. de la,vente.des'bois, en frappant d’un droit : qu i équivalait presque à une prohibition, les bois.de la Baltique, bien que ceux-ci fussent regardés comme:snpérieurs. Mais ce droit a été considérablement réduit par Sir Robert Peel],

et cinq fois l'Angleterre a mis sur le tapis un projet de loi. qui aurait ruiné le commerce des céréales. . Lord. Malmesbury proposa de prohiber l'importation dans les Iles Britanniques des:igrains entreposés du Canada, mesure dont les Etats-Unis se réjouissaient déjà, mais que Ja sagesse de lord Liverpool écarta. Le Parlement Britannique adopta néanmoins en 1831, un Statut qui, en permettant aux Américains d'importer francs de droits dans les Canadas et aux Indes Occidentales les grains, viandes salées et bois propres à la consommation, et de construire des moulins à farine sur le fleuve Saint Laurent et le canal Welland, dérangea toute l’économie prov inciale, car les Etats- Unis n’accordant pas la réciprocité à cette époque, ce Statut fit un grand tort au Haut- Canada en. fesant baisser le prix de nos produits. - Montréal s’en sentit également.

Les Français avaient établi des pêcheries avec plus ou moins de succès... Jolliet avait médité et commencé de grandes entreprises commerciales, qui furent ruinées par la.guerre. Gaspé exporte en Europe et aux Indes Occidentales du poisson sec et salé. En 1830, 700 barges de 18 pieds de quille jetaient des cênes à $ ou 4 milles du rivage ; des barques montées par huit ou dix hommes allaient pêcher sur les bancs voisins, et dix schooners se livraient à la pêche de la baleine. En 1846 l’exportation de Gaspé, de New Carlisle et des Iles de la Madeleine fut estimée à plus de £62,000. On sait qu’il y a aujourd’hui un Surintendant des Pêcheries, ancien instituteur, ce.qui fait voir que les pédagogues peuvent être bons à autre chose qu’à faire l’école ; et un navire dequatre canons, humble commencement de la marine du gouvernement canadien, en fait la police aux ordres, du capitaine Fortin, mon ancien condisciple au collége de Montréal. En 1800, 64 vaisseaux seulement vinrent à Québec ; elle én vit 1475 en 1845. Un, comité de la Chambre des Lords constata que lexportation des Iles Britanniques au

janada, s’éleva cette année. à plus de quatre millions et

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demi, et que plus de quinze cents vaisseaux entrèrent

* dans leurs ports, venant du Canada: Depuis qne la libre ‘navigation du Saint Laurent a été proclamée, la Prusse,

le Danemarck; le Hanovre, la Belgique et la Sardaigne

- ont des constüls à Montréal, aussi bien qué les Etats-Unis.

Pourquoi la France demeure-t-elle en arrière ? “ Le pa-

‘ villon de la France, dit Lebrun, flotte toujours loin du * Saint Laurent : nos 380 navires qui se livrent à la pêche

et leurs 8000 marins, n‘approchent ni de la Nouvelle- Ecosse ni du Canada ; ces pays sont presque inconnus des

chambres d’assuränces maritimes, et lors du naufrage de ,

la frégate l’Africaine, l'équipage français crut que l’Ile de

Sable était une possession hoHandaise.” | Ce n’est point que là France ne nous apprécie au-

jourd’hui à notre juste valeur. Pour preuve du contraire

‘je ne veux que vous lire le témoignage du journal pari-

sien Le Monde Industriel. “ Il est vrai de dire que cette

“Cblonie se présente au grand Concours universel avec une

wlendeur ét'üne magnificence extrême. On était loin de se doufer en France de la variété des produits, de la beauté des bois, des qnalités précieuses de nombreux minerais, et du nombre infini de productions agricoles que le Canada possède. Si on se reporte avec attention vers les objets que cetté colonie a exposés à l’annexe, ils fournissent la preuve évidente qué ce pays renferme une poprilation active, laborieuse, entreprénante et Surtout progressive.”? MLD AN HAE TON EN L’Angleterre, ou plutôt quelques Anglais ne nous traitent pas aussi bien. Le Canadien-Français, : disaitsan, dans les Communes d’Angleterre, est peu apte au négoce excepté à celui de détail, comme des demi-auberges, des

.demi-magasins dans les campagnes.” Ce n’est pas beau-

coup dire assurément. Mais un Canadien-Français, Richard, a établi un comptoir jusques sur la Côte de Chine. Mais nous avions jadis les rois de la traite des pelleteries —les Perrault, les Tabeau, les Fromenteau, les Cotté, les Giasson et Ménard qui fut Lieutenant-Gouverreur du Missouri, ;.et de nos jours, les Canadiens-Anglais trouveraient difficilement des noms à mettre à côté des Vinet Souligny,des Masson,des Cuvillier, des Langevin,des Buteau,des Homond,des Renaud, Bruneau et autres. Ils n’ont pas eu, ce me semble, beaucoup d’hommes supérieurs à

— là —

Barthélémy Joliette et à François Baby comme citoyens pipes aux grandes entreprises. Mais ce qui est surtout

émonstratif, c’est que le commerce Canadien-Français jouit à présent, en Angleterre mème, d’un crédit mieux assis que le commerce Anglo-Canadien : c’est un fait avéré.

Je m’énorgueillis avec mes compatriotes des témoignages élogieux que nous rendent les étrangers. Mais seraitil bon de trop abonder dans la louange même de notre patrie ? Y a-t-il ici-bas des biens sans mélange de maux? J'ai signalé un grand nombre de belles entreprises. On peut dire à nos cités comme Ezéchiel disait à Tyr : tes marchands sont des princes ; mais au milieu de l’agiotage et du bruit des cupidités ardentes, dans ce flux et reflux de mille convoitises passionnées, au milieu des excès d’un luxe effréné et avec cette soif insatiable de jouissances qui a gagnè toutes les conditions, pouvons-nous bien espérer encore de voir renaître parmi nous la beauté antique des mœurs et des caractères, la noblesse des âmes la loyauté des sentimens, les grandes vertus publiques et privées, la probité dans les relations, la fidélité dans les engagemens, la bonne foi des contrats,—cette mutuelle bienveillance enfin qui fait de tous les membres d’un grand corps une seule et même famille ? Quelle digue opr -ser à l’amour du lucre mercantile et au matérialisme pratique ? Regardez Tyr la grande de l’Ecriture, lorsque le voyant des Hébreux en trace une peinture si magnifiquement graphique, ce n’est pas une caresse qu’il fait à cette superbe ;—c’est une imprécation qu’il lui adresse.

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