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garnissent aujourd’hui de hameaux, reçoit le Rideau qu’il fallait faire communiquer avec le noble Ontario. Le canal Rideau, entrepris sur un plan moins vaste qui fut étendu par le génie militaire sous la direction du colonél Richmond; fut ouvert en 1832. . Il a 42 écluseset de longueur, de Kingston à Byton, 133 milles. Mais il n’a fallu creuser le sol: que dans une étendue de vingt milles, tout le reste était une suite de petits lacs et de cours d’eau dont les ingénieurs ont habilement profité. Voilà ce qui est vrai; mais selon l'ingénieur civil, dans son rapport, il aurait fallu transporter l’eau sur les montagnes ouvrir d’immenses rigoles navigables à travers les marécages, fendre des rocs, détruire des îles, niveler des cataractes. Un autre canal, celui de Grenville, part de
J’Ottawa, et tournant le Long Sault, correspond avec
celui de Lachine. On,a employé de préférence des Canadiens pour l’abattis et l’équarissage des bois, et des Irlandais pour les travaux de terrassement. Quant au canal Welland, Lebrun nous disuit: cette voie commerciale cause déjà de la jalousie à l'Etat de New-York.
Ecoutons maintenant M. de Belveze, dans son rapport au ministre de la marine.
‘ En quittant Montréal, je me suis proposé de suivre les belles voies navigables qui conduisent jusque aux confins du Haut-Canada. C’est en effet la route qu’il est important de faire connaître à notre commerce. Le gouvernement canadien a dépensé des sommes énormes pour la rendre facile à la montée et à la descente, et pour faire ainsi du Saint Laurent la grande voie commerciale du Nord et de l’Ouest de l'Amérique Septentrionale. Sous Je rapport politique d’ailleurs, il n’est pas sans intérêt de
connaître cette ligne de grands lacs, sur lesquels est tra”
cée la frontière des Etats-Unis, et où pourraient bien se débattre un jour.des questions d'équilibre, et de puissan-
ce maritime.—Le Saint Laurent ést uni au lac Ontario
par une suite de lacs ; on descend de l’Ontario au Saint
Laurent en franchissant des Rapides que les grands na-
vires. à vapeur bravent avec une audace et un bonheur admirable. On remonte du Saint Laurent au lac Ontario et au delà en passant à travers de magnifiques canaux
qui rachètent les rapides. Ce sont : le canal de Lachiné
rachetant au moyen de cinq écluses, le rapide du Sault
St, Louis, le ca le Beauharnais, rachetant au moyen de neuf écluses, .s rapides du Coteau des Cèdres, de Splitt-Rock et de la Cascade ; le canal de Cornwall, rachetant par sept écluses le rapide du Leng-Saut. Quatre
Canaux de moindres dimensions, rachetent par six écluses des chôûtes d’eau. Enfin le canal Welland, qui unit le lac Erié au lac Ontario, rachète par vingt-sept écluses Ja chôûte de 330 pieds de Niagara. Ensemble ces canaux rachetent une différence totale de hauteur, du lac Erié à la mer de 564 pieds. Le commerce des Etats-Unis est nécessairement tributaire du Canal Welland , l’un des plus beaux travaux hydrauliques qui aient été entrepris. Enfin le canal de Rideau, qui s’ouvre à Kingston, unit POntario, et par conséquent le Saint Laurent à l’Ottawa. —Cette longuc voie de communication est praticable aux navires à voiles et à vapeur de plus de 300 tonneaux. Concurremment avec cette voie navigable, de belles lignes de chemins de fer relient les diverses parties du Canada. Le pont tubulaire de Victoria, jeté devant Montréal, sur un point du fleuve où il a deux milles de large, aura plus de 8,000 pieds de long et servira à la traversée du fleuve par le chemin de fer du Grand-Tronc, qui part de Québec, et par le Great-Western R. R., et le Michigan Central R. R. unit le bassin dr: Saint Laurent avec tous les grands centres commerciaux des Etats-Unis. Quand toutes ces lignes seront terminées, le Canada possédera 1,980 milles de routes ferrées. On trouverait difficilement en ‘Europe de plus:belles entreprises de communication que celles-qui sont près d’être finies dans ce pays.
Comme vous venez de le voir, le Grand Tronc n’intéresse ” .… que nous. Aussi avons-nous vu des Anglais et des Américains éminens venir participer à son inauguration. Plaise à Dieu qu’il fasse aussi bien notre affaire que celles des étrangers ; mais sa fête, que tous ceux qui l'ont vue ont dû trouver bien pittoresque, ne semble lui avoir procuré qu’une éphémère popularité. Espérons que ce ne sera pas uniquement une folie grandiose—des sueurs
| cloniales au profit des capitalistes et des spéculateurs
\ d’une métropole.
Nous avons parlé jusqu'ici des voies de communications, qui sont des causes ; parlons main-
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Piguet ce (ci UD TN CHR LReul
tenant du commerce, qui est l’effet. Sous la dommation française, le Canada fesait un commerce de blé avec les Antilles où il envoyait 19 ou 20 navires. Il fournit durant un temps à la Chine elle-même le Ging-Seng, retrouvé dans ‘nos forêts par le célèbre Lafiteau. Mais on le sécha avec incurie pour le débiter plus vite et le céleste empire finit par le refuser. Le commerce du tabac fut commencé. Celui du thé canadien, auquel l’Académicien Gauthier donna son nom, et qu’il fit apprécier dans son corps savant, prit un grand essor et fesait la fortune de la ville des Trois-Rivières, qui avait commencé par être l’entrepôt du commerce des pelleteries, mais que Montréal avait supplantée. On accuse Trois-Rivières d’avoir été jusque à'ces derniers tems une ville stationnaire ; mais l’histoire n’a pas éncore dit tout le mal que les Anglais lui ont fait. Le baron de Lahontan nous dit de ses traitans au XVIIème siècle, qu’ils sont cousus d’or et habitent des maisons somptueuses ; un marquisat y fut dit-on érigé, le commerce du thé remplaçant celui des fourrures, pouvait la maintenir dans sa splendeur ; mais les conquérans, qui avaient commencé par désorganiser le gouvernement des Trois-Rivières, parce qu’il n’y existait pas assez de protestans anglais pour y faire les fonctions de juges à paix, et qui incorporèrent son territoire aux gouvernemens de Québec et de Montréal, probibèrent aussi le commerce du thé, parce qu’il nuisait au leur. Cette source de richesse ‘est depuis tombée presque complètement dans l’oubli M. Querdisien Tremais, commissaire envoyé au Canada-avant la conquête, cot: vient que l’exploitation des bois sous le régime français était mal conduite, et il nous ayprend même que la corde de bois coûtait proportionnellement plus êher à Québec qu’à Paris. Je'ne saurais dire si l’exploitation est devenue plus habile sous les Anglais ; mais elle est devenue au moins plus active. L’exportation la plus considérable de l’ancien régime ne dépassait.point 150,000 francs. Au commencement de ce siècle, quand le blocus continental eut romme exclu de l’Europe le commerce britannique, de grandes quantités de chêne blanc et de pin jaune furent exortées ‘en Angleterre. Montgommery Martin a raison
e dire que la Grande-Bretagne s’imposa cette fois au moins un sacrifice en faveur de ses colonies, car même