‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, Description géographique, statistique, commerciale, morale et politique de l'IndostanChapitre 101 sur 113 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

« sans délai nos trois régimens européens ; élek vons-les à mille hommes chacun. En y joi- « gnant cinq cents hommes de cavalerie légère,, « trois ou quatre régimens d'artillerie , et nos (( forces indigènes, nous serons certainement « invincibles. En un mot, si la richesse et la « sécurité sont les deux grands objets que se pro- « pose la compagnie, voilà le seul moyen de se « les assurer. » P. 257.

La ruse vint au secours de la force, et la compagnie atteignit ainsi le but qu'elle avait invariablement poursuivi. Un nabab détrôné, sou successeur subissant le même sort ! Un si vaste empire devenant la propriété de quelques marchands avides , voilà quels furent le résultat de tant d'intrigues, de tant de sang versé. Les dépouilles de ce brigandage sur une vaste échelle furent immenses, si on en juge par le document suivant extrait des registres parlementaires. Il est impossible de le parcourir sans éprouver une profonde commisération pour les malheureux Indiens ainsi dépouillés de sommes aussi énormes, et sans appeler de tous ses vœux le jour où un gouvernement juste et économe indemnisera ce peuple opprimé de l'avidité de ses oppres-

296 TABLEAU DE L'iNDE.

seurs. » Outre les présens faits a divers individus,,

a il y eut des concessions d'immenses revenus

« territoriaux; en voici l'état succinct :

Reçu par les représentans de la compagnie, comme présens personnels. . . 2,169,865 liv. st.

Gomme compensation des pertes et dépenses supportées parles mêmes. . 3,430,833

Pour les frais de la guerre. 5, 402, 333

Revenus concédés , clairs

de toutes charges. . . . 18,490,582

Total, en livres sterl. 29,482,913

Ainsi, voila en quatorze ans près de trente millions sterling d'arrachés par la violence aux malheureux Indiens, c'est-à-dire a peu près deux millions cent mille livres sterling paran. Hâtonsnous de conclure : nous citerons les termes d'un historien consciencieux, M. Parker: « Les An- « glais, » dit cet historien, « furent d'abord7re~ « «jus dans l'Inde par lâjfaveur des princes du « pays, comme des étrangers auxquels on'per- « mit d'élever des comptoirs et d'établir des

Page 1