CHAPITRE V
maisons de commerce. Après avoir conduit avec les habitans un commerce avantageux pendant longues années , une guerre commença entre le souverain du Bengale et une partie des forces britanniques. Avant la bataille, un traité fut conclu avec l'un des principaux généraux de l'armée de ce prince, par lequel il s'engagea a trahir son maître le jour du combat, a condition, en cas de succès, de recevoir pour récompense les états de sonsouverain. Un individu, d'un haut rang dans le pays, ayant eu connaissance de ce traité, menaça de le révéler au prince; mais avant qu'il exécutât son projet, une seconde convention eut lieu, par laquelle on s'engagea à donner a cet individu une somme considérable prise sur les trésors de son maître, dans le cas où la guerre se terminerait en faveur des Anglais. Le- prince se voyant trahi s'enfuit du champ de bataille, et pendant la nuit abandonna son palais. Arrivé dans la maison d'un de ses sujets, il fut reconnu, malgré son déguisement. Cet homme avait éprouvé de sa part un acte d'injustice. Il fut arrêté et renvoyé à son palais. Le lendemain il u'étail plus.
2f)8 TAHl.EAt DE L IKDE.
u Ses trésors furent partagés. Les Anglais en (( eurent une large part. Mais on n'exécuta pas (( la promesse qu'on avait faite pour obtenir le <( silence du courtisan qui avait menacé de tout « révéler. Malgré les sermens solennels qui fu- « rent faits par les Anglais de soutenir le nou- « veau prince, il fut lui-même bientôt déposé , « et on tira de son successeur des sommes im- « menses ; ce dernier fut déposé lui-même , et on « rétablit sur le trône son prédécesseur dont on « obtint aussi de grandes sommes. Il mourut. ce Son fils fut mis à sa place ; on lui arracha éga- « lement de grands sacrifices pécuniaires. A « cette époque une guerre éclata entre les An- « glais et le souverain d'une contrée voisine, au- « quel se réunit l'empereur de flnde. La force « les obligea à se soumettre aux conditions qu'on « leur imposa* et outre de grandes sommes a d'argent qu'ils payèrent, ils durent faire une « cession complète et définitive des provinces « dont on s'était emparé.
« Quand tout le pays fut au pouvoir des An- « glais, ils s'attribuèrent le monopole de toutes '( les productions de première nécessité. Les « producteurs ne purent les vendre qu'a la com-
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« pagnie. Les habitans eux-mêmes ne purent « acheter que de ceux que la compagnie avait « désignés a cet effet. Point de milieu; il leur « fallut s'en passer ou se soumettre a ces dures « conditions; et des exemples redoutables fu- <( rent faits pour obtenir l'obéissance par la ter- « reur. A mesure que les agens de la compa- « gnie s'enrichissaient et quittaient le pays , « d'autres venaient d'Angleterre les remplacer. a Le découragement se mit parmi les habitans; (c toute émulation cessa, toute industrie languit. « La disette vint a la suite de la guerre et de (( l'oppression, le monopole s'empara de cette « nouvelle source de bénéfices. Il y eut une « famine. Une foule d'hommes, de femmes, d'en- (( fans, venaient le soir demander des alimens « aux agens de la compagnie qui avaient acca- (c paré toutes les subsistances , et le lendemain « la terre était jonchée de cadavres. Les vivans « ne prenaient même pas la peine d'inhumer « les morts. On estime à trois millions le nomce bre total des Indiens qui sont morts dans les « guerres soulevées par la compagnie, ou que « son administration coupable a fait mourir de « faim ou obligés a fuir celte terre devenue re
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a doutable et fatale. Qu'on se rappelle que c'est m It ce nombre de 3.ooo,ooo que s'élevait la port pulation des Etats-Unis avant la guerre de « l'indépendance.
« Cependant les Anglais qui s'étaient enrichis « des dépouilles de cette nation infortunée re- « venaient dans leur pays; là ils achetaient des « terres considérables, et la corruption électoc< raie les portait sur les bancs de la législature. « Les chefs de la compagnie se plaignaient haute tement de la conduite de quelques-uns de u leurs agens dans Flnde, ils faisaient grand « bruit de ces accusations, mais ils avaient (( grand soin eu même temps de donner des m ordres pressans pour que les revenus de l'Inde, « acquis par ces moyens illégitimes, rentrassent « au trésor de la compagnie; et tandis qu'on « accusait les coupables, on continuait de prélc- « ver sa part du fruit de leurs déprédations. Eu et résumé, nous avons été reçus aux Indes par « la faveur des princes du pays qui nous ont « accordé d'établir des comptoirs et de commer- « cer avec leurs sujets. Nous avons fait la guerre
aux habitans du pays; nous nous sommes « approprié tout le territoire dans lequel nous