CHAPITRE III
mille des rois du Delhi, avec ce quelle était
quand Bernier visita ces contrées.
Voici la description que donne ce voyageur
du grand Mogol de son temps. « Le roi parut alors assis sur son trône au bout de la grande salle, et revêtu du costume le plus magnifique. Sa veste était de satin blanc richement brodé d'or et de soie. Le turban de drap d'or était surmonté d'une aigrette dont la tige était composée de diamans d'une grosseur et d'un prix inestimable , outre une topaze orientale dont rien n'égale la richesse et qui brillait comme un soleil. Un collier formé de perles immenses, tombait comme un chapelet sur sa poitrine. Le trône porté sur six pieds massifs , qu'on disait être d'or , étincelait de rubis, d'émeraudes et de diamans. Autant que je puis m'en souvenir il était estimé a une valeur de quarante millions de roupies ( cent millions de francs). Il avait été construit par ordre de Shahjehan, père d'Aurengzeb, afin de déployer l'immense quantité de pierres précieuses, successivement accumulées dans le c trésor par la dépouille des anciens rajahs et c Patans, et par les présens que chaque omrah
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(( devait l'aire au monarque à certaines letes an- « miellés. Le travail ne répond pas à la matière. « Cependant deux paons, couverts de joyaux a et de perles, sont fort habilement exécutés. « Ils sont l'ouvrage d'un ouvrier français d'un « grand talent, qui, après avoir trompé plusieurs « monarques européens avec de faux diamans (( qu'il fabriquait avec un art tout particulier, t( avait cherché un asile dans la cour du Grand « Mogol , où il avait fait sa fortuue. Au pied « du trône étaient assemblés tous les omrahs » magnifiquement vêtus, sûr une estrade qu'en- « tourait une grille d'argent, et au-dessus de « laquelle s'étendait un vaste dais de brocard « avec de larges franges en or. »
Un autre objet de curiosité est le Cuttub Mi~ nar. C'est une tour ronde formant un polygone a vingt-sept faces ; sa hauteur est de deux cent quarante-deux pieds; elle a cinq étages, qui plus ils s'élèvent, plus ils diminuent en circonférence. L'étage inférieur, qui est a une hauteur de quatre-vingt-dix pieds, se partage en vingtsept compartimens angulaires et demi-cylindriques sur lesquels sont gravés en vieux caractères arabes des passages du Coran. Le second