CHAPITRE ï. 6l
magnifique contrée. Quelques traits confirmeront ce que j'ai déjà dit de la grandeur qui partout y est empreinte.
L'Indus , que nous rencontrons d'abord en partant de l'orient, est un des plus grands fleuves du monde. On pense qu'il prend sa source dans la partie de la chaîne de l'Himalaya appelée Cailas, à 3i° 3o' de latitude nord, et a 8o° 3o' de longitude est de Greenwich , à quelques milles de la source du Sullez. Après avoir coulé pendant l'espace de i55 lieues dans une direction nord-nord-ouest, il incline vers le sud-ouest, el reçoit a Draus, dans le petit Thibet, une large rivière appelée le Lahdank. Il poursuit ensuite sa course solitaire, pendant plus de 70 lieues, a travers un pays âpre et montagneux jusqu'à Mullay, où il reçoit l'Abasseen; après quoi, pénétrant la plus haute chaîne des monts Indouboosh , il marche pendant 17 lieues, a travers les chaînes basses qui sont parallèles, jusqu'à Sorbaila , où il entre dans la vallée de Chuch : il s'étend alors, et forme un nombre infini d'îles. Environ 1 5 lieues plus bas, près du i'ort d' Attock, il reçoit le Canbul, rivière venant de l'orient, et bientôt après il se précipite, par un passage étroit,
dans les chaînes des monts Solimann. Son cours y est extrêmement bruyant, et même lorsque les eaux sont le plus basses , ces deux fleuves réunis forment des vagues qui s'entre-choquentavec un bruit semblable a celui des eaux de la mer. Lorsqu'ils sont gonflés par les fontes des neiges , ils deviennent un goufre terrible, dont le bruit s'entend à une grande distance; ils engloutissent alors les bateaux, ou les brisent contre des rochers, que la tradition a entourés de superstitions et de terreurs.
Au-dessous d'Attock jusqu'à Kagulcoalla, l'Indus ne reçoit pas à l'orient de courant d'eau qui mérite le nom de rivière. En ce dernier endroit, il rencontre le Kouroum , venant des monts Solimann ; la seule rivière qui lui porte le tribut de ses eaux plus au sud est le Gomul , dont les eaux, épuisées par l'irrigation dans la partie nord de Damaun, n'atteignent l'Indus que lorsqu'elles sont gonflées par les pluies.
La largeur de l'Indus est communément d'un mille, variant en profondeur de 4 <* dix mètres. Il se jette dans la mer par une seule embouchure. On ne s'aperçoit pas des marées plus haut qu'à 20 lieues de la mer ; mais de l'embouchure à