‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, Description géographique, statistique, commerciale, morale et politique de l'IndostanChapitre 80 sur 113 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

9 pouces de large et 9 pouces de protondeur, et contenant 12 pintes d'eau. Ses feuilles étaient épaisses d'un demi-pouce, les boutons aussi gros qu'une tête d'enfant, et presque d'une substance spongieuse. La fleur pesait plus de i5 livres. Dans la même forêt croissaient des plantes parasites et des vignes qui s'entrelaçaient h de grands arbres, et retombaient suspendues à plus de 100 pieds de haut, en troncs gros comme le corps d'un homme, et quelquefois davantage. Les arbres s'élevaient rarement à une hauteur de moins de 100 pieds, et généralement ils atteignaient 160 ou 200 pieds. Un grand nombre d'entre eux avaient 3o pieds de circonférence. Ce n'était encore rien, pour me servir de l'expression du voyageur, en comparaison de ce qu'il avait déjà vu a Java.

Le second est un poisson à voile , appelé par les indigènes ikam loyer, long de 10 a 12 pieds, qui hisse une grande voile et vogue de la même manière que les bateaux indiens et avec une grande vitesse. Une collection de ces voiles (ainsi que la fleur gigantesque déj à décrite) fut envoyée en Angleterre par le voyageur. On eu admira la belle forme propre à servir de modèle. Elles se

composent des nageoires dorsales de ranimai; et lorsqu'il y en a un lit sous voiles, on les prendrait souvent pour une flotte de bateaux indiens. Il a été un temps, et il se trouve encore des sociétés où Ton hésiterait à raconter des faits semblables; car, quoiqu'il soit indubitable que l'ignorance est accompagnée de la crédulité la plus grossière, et d'une croyance aveugle dans l'existence de choses impossibles, il n'est pas moins vrai que l'ignorance lait souvent parade d'incrédulité pour tout ce qui est positif, mais extraordinaire. Le célèbre voyageur Bruce fut déclaré imposteur pour avoir mentionné l'usage d'écorcher et de manger vivans les animaux en Abyssinie, et son rapport fut rejeté comme impossible par ceux même qui écorchent des anguilles vivantes, font rôtir des dindes en vie, et mangent des huîtres habituellement. Le docteur Shaw fut regardé comme un romancier pour avoir parlé d'un repas lait de la chair d'un lion en Barbarie ; et les hommes ont douté si des cannibales ont réellement existé parmi les sauvages, quoiqu'il soit constant que des chrétiens ont mangé de la chair humaine et bu du sang, soit par superstition , soit par vengeance.

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