CHAPITRE IV
les bosquets et les jardins, et qui font place à une variété semblable , composant leur population nocturne. Les mouches a feu (lampyj'is) brillent par milliers dans les recoins obscurs du figuier des Banians; l'énorme tamarin et d'autres arbres en sont quelquefois si couverts qu'ils ressemblent a des pyramides de lumières. Le cree.ping leaf et quelques autres individus de la classe mantis sont extrêmement curieux. Les guêpes et les abeilles pullulent dans l'Inde. Ces dernières bâtissent leurs ruches dans les cavernes des rochers et dans des arbres creux, et fabriquent du miel et de la cire en abondance , qui étaient autrefois des articles d'exportation; mais le meilleur se tire maintenant de Muscate.
Le véritable ver-a-soie (phalœna mori) ne parait pas être originaire de l'Inde, et n'a été transporté dans le pays que dans les temps modernes. Néanmoins , on retire un fil épais du cocon du phalœua atlas qui habite l'oranger, et d'un très-beau vert, couleur vert d'eau, qui se nourrit du ricin dont il a pris le nom de phalœna ricini. Le coccus lacca et d'autres espèces de cette classe se rangent aussi parmi les insectes tra-
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vailleurs. Au nombre des familles d'insectes destructeurs , les fourmis noires et blanches se font remarquer comme un des fléaux les plus terribles du pays. Elles marchent par troupes nombreuses, et dans quelques heures commettent des dégâts funestes. On redoute aussi , dans quelques parties de l'Inde, les invasions des sauterelles. Des araignées grandes et petites, des papillons revêtus des plus brillantes couleurs^ des scorpions , des cousins et des milliers d'imperceptibles persécuteurs ailés , des écrevisses et de nombreux animaux testacés. Le corail et le polype forment une liste qu'un naturaliste érudit aurait seul le courage d'aborder. Avant de finir, je ne puis m'empêcher de rapporter deux faits curieux , comme preuves de la variété infinie et de l'intérêt des découvertes qui attendent les investigations du voyageur dans toutes les parties de ce monde oriental. L'un dans le règne végétal , et l'autre dans le règne animal, sont attestés par sir Stempford Raffles, pendant son excursion a Sumatra. Le premier est la découverte d'une fleur gigantesque, la plus grande et la plus belle peutêtre au monde, dont le diamètre de pétale à pétale était de plus de 3 pieds , le nectareum de