‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, Description géographique, statistique, commerciale, morale et politique de l'IndostanChapitre 96 sur 113 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

<( qu'il n'en avait reçu que seize. » P. 114.

Du reste, il ne faut pas oublier que, outre les seize lacs de roupies que lord Clive avait reçus comme sa part du gâteau, et les deux autres lacs qui lui avaient été adjugés comme général en chef, le tout faisant une somme assez raisonnable de 200,000 livres sterling, on lui avait encore donné un jaghire, ou propriété en terres, d'un revenu énorme.

Pour achever de donner une idée de l'immoralité des moyens employés par la compagnie pour agrandir ses possessions, nous allons citer la lettre suivante du malheureux monarque Shujah Dowla.

« Shujah Dowla au gouverneur en son conte seil :

« Les premiers monarques de l'Indostan, en « exemptant d'impôts la compagnie anglaise, en « lui accordant des établissemens et des compte toirs, et en lui prêtant secours et assistance « dans toutes ses entreprises , lui ont témoigné « plus de bienveillance et accordé plus d'hon- « neurs qu'aux marchands des autres contrées a de l'Europe. Bien plus, sa majesté, dans ces « derniers temps , a daigné vous conférer plus

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de titres et de dignités qu'il n'était convenac ble, et ces bienfaits ont été encore suivis de

faveurs nouvelles. Malgré tant de marques de ( bienveillance, vous avez empiété sur les post sessions du roi, vous vous êtes emparés de ( districts appartenant a son gouvernement, ( tels que Burdvvan et Chittagong, et vous avez ( placé et déplacé des nababs a votre volonté, ( sans le consentement de la Cour impériale.

« Vous avez arrêté et détenu des individus em- ( ployés par la cour; exposé au déshonneur le

< gouvernement du roi des rois; ruiné le com-

< merce des négocians du pays : pris sous votre ( protection les serviteurs du roi ; fait un tort ( grave au revenu de la Cour impériale, et ( écrasé les habitans par des actes de violence; c chaque jour vous envoyez de nouvelles trou-

< pes de Calcutta, vous envahissez des portions nouvelles des domaines du roi; vous avez même pillé plusieurs villages et purgurmas dépendant de la province d'Allahahad. À quoi peuton attribuer ces coupables procédés, si ce n'est

( a votre mépris de la cour et au dessein arrêté ( de vous approprier tout le pays? Si en agis- « sant ainsi vous avez suivi les ordres de votre

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