CHAPITRE V
« roi ou les instructions de la compagnie, veuil- « lez m'en informer, afin que je puisse témoi- « gner tout le ressentiment que j'en éprouve. « Mais si ces désordres ne proviennent que de « votre avidité insatiable, abandonnez pour l'a- (( venir une aussi funeste conduite. Ne vous « mêlez pas des affaires de mon gouvernement ; « retirez vos gens et renvoyez -les dans leur « pays; conduisez le commerce de la compagnie u comme par le passé, et bornez-vous aux affaires u commerciales. En ce cas, la Cour impériale vous (1 assistera plus que jamais dans vos entreprises, « et vous conférera de nouvelles faveurs. Ence voyez ici quelques personnes de distinction <( qui vous représentent, qui m'instruisent de « tous les laits, afin que je puisse agir en con- « séquence. Si, ce qu'à Dieu ne plaise, vous êtes « hautains et désobéissans, le glaive de la justice « dévorera les têtes des perturbateurs, et vous a sentirez tout le poids de l'indignation de a majesté^ qui est comme la vengeance de Dieu « lui-même ; et attendu les faveurs dont votre « compagnie a été comblée, il ne vous servira a de rien de vous soumettre et d'exprimer votre « repentir. C'est pourquoi je vous ai écrit ceci.
OQO TABLEAU DE L IMUE.
« Vous agirez comme vous le jugerez convenait ble. Envoyez -moi promptement votre ré- « ponse. w P. 25-20.
Ceci n'a pas besoin de commentaire. Nous passons maintenant au récit fait par le colonel Munro de ses opérations comme général en chef de l'armée du Bengale , commandement dans lequel il avait remplacé le major Carnac. Un des effets de la rapacité du gouvernement de la compagnie était d'inspirer le même amour du gain et du pillage aux troupes qu'elle employait et qui, voulant rivr 'iser avec leurs supérieurs, réclamaient leur pé t du butin.
Les Cipayes , qui se composaient de troupes indiennes, désertaient et rejoignaient leurs princes; les troupes anglaises elles-mêmes aspiraient à prendre leur part des gains dont leurs maîtres se montraient si avides. Il s'agissait de punir ces crimes. On va voir de quelle manière cette répression eut lieu. C'est le colonel Munro qui érit : « J'ordonnai immédiatement qu'on assem- « blât un conseil de guerre , composé de leurs « propres officiers indiens (il s'agissait de punir « un bataillon de Cipayes qui avait déserté). « Après avoir représenté aux officiers le crime