‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, description géographique, statistiqueChapitre 12 sur 74 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

antre où le senlier avàii été eoleVé, et qui aurait 4té impraticable « si, avertis d'ayaiice, ils n'eus^ sent envoyé, un jour auparavant, trente per^ sonnes de Phangé, qui construisirent deux Sat^ gas où la caravane passa en toute sûreté.

Us parcoururent ensuite , dans dÂ0érentes directions, le district de Spiti, situé entre la Tar^ tarie chinoise , le Ladak , le K.00I00 et le Bis* cfaur ou Baschar, a chacun desquels ce district paie tribut.

Les habiians en sont tous Tar(ares , et suivent la rdigion du Lama. Il y a des mines de plomb; les villages sont de la à i5,ooo pieds au-dessus du niveau de la mer. Vers le Ladàk, les h^itations doivent être encore plus élevées, le pays stérile 9 et le climat .insupportable. Cependaut ces voyageurs éprouvèrent un certain regret en disant adieu à la sérénité du ciel de la Tartarie et aux charmes qu'ils trouvaient à cette aride contrée , au moment où ils se préparaient h s^ivre le Sultez pour descendre dans les plaines arro^ sées et chaudes de Tlndostan.

Le colonel Hodgson, qui visita le Jummentri au mois d'avril 181 7, décrit Vaspect quil avait en cette saison. A cette époque le courant était

84 TÀBLKÀU DE L*1ND1.

couvert et caché par une couche de neige de 60 pieds de large et de 4o d'épaisseur , tombée des précipices qui se trouvaient au-dessus. Elle était bordée des deux côtés par des espèces de murs naturels de granit 9 et vis-à-vis , k la distance d^environ 5oo mètres , une partie de la base de la montagne s'élevait soudain couverte de neige et de glace, et bouchait Tespèce de gorge dans laquelle est la source du fleuve. La neige était très-solide et fortement gelée , mais il trouva moyen de descendre jusque dans le lit même, par un passage très escarpé, étroit et obscur, formé k travers la neige par les exhalaisons d'une source bouillonnante située en dessous. U fut en cet endroit témoin d^une scène extraordinaire. (( Quand je mis le pied, dit-il , sur le lit dt| fleuve , large seulement d'un bon pas en cet endroit, je ius quelque temps avant de pouvoir rien distinguer, à cause de l'obscurité, augmentée par la densité de la vapeur; mais comme j'avais sur moi des compositions phosphoriques que j'enflammai, k cette clarté je pus voir et admirer ces curieux dômes suspendus sur ma tète , et formés dans la neige par la vapeur qui la fait fondre. Quelquei-uneS de ces

Page 1