‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, description géographique, statistiqueChapitre 13 sur 74 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

excavations sont très-spacieuses, et ressemblent k des voûtes de marbre. La neige en fondant tombe comme une forte {doie dans* le fleuve qui semble k sa source tirer de Ik la plus grande partie de ses eaux. La source est trop chaude pour qu'on y tienne le doigt plus de deux secondes, et doit être au degré de Teau bouillante. Ty mis du riz k bouillir, mais la coctîon ne £ut qu'imparfaite. La ligne des sources s*étend très-loin, mab je ne pus toutes les visiter. Plusieurs se trouvent dans des endroits recelés et dans des cavernes de neige. L^eau sort en bouillonnant fortement k travers les crevasses du roc de granit, et dépose un sédiment ferrugineux. Je la trouvai sans goût, et \e ne m^aperçus pas qu'elle eût la moindre odeur. »

La sourde de la branche 1 a plus sacrée du Gange est k Grurgantri, où le Mahades s'élève sur un trône de neiges étemelles. Rien de ce que M. Fraser avait vu de plus sauvage et de plus singulier dans les montagnes et les vallons qin bordent le Jumma ou le Unllez, n'égale les rives désertes du Bhagirjitteç. L'embranchement de ce dernier avec le Jahnevi ou Jahni^Gangap au lieu appelé GhairO'Ghati ou Effiysenn Gkanir

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iie, présente un aspect IrappaiU; et terribit. Tous deux se précipitent dans des gouffres dont Ten^ ^rgement et rescarpèmenc ne sauraient se décrire.

Au^essus du débouché de Kedas Gouda > le Ut commence à être enfermé dans «m petit canal alk>ngé, dans lecpel le fleuve roule rapidement, changeant de maa^che selon la force des eaux. Précisément à l'entrée on a jeté un pont appujrë par son milieu sur un rocher; et un peu avant le pont y au bord d'une baie fermée par les eaux dans ce petit canal ^ à i5 pieds au-dessus du courant , se trouve le petit temple ou Afe^^édié a la déesse Gunga ou Bhaginecti. Cette scène est digne de )a sainteté mystérieuse qu'on y attache. De tous côtés la vue est bornée ^ excepté devant soi^ en faisant faoe h Test; et de ce côté , du milieu d'une masse de pointes arides , quatre pics énormes s'élèvent, hauts et couverts de neige* Ce60iU<^uxdu Boodroo Himalaya. Hieû m pouvsât mieux terminer cette vue.

. Xiléclat éblouissant de 1^ neige est encore i^endu pk» happant par le qontrasie du bleu du cîel^jKl^ukem^nt foncé ^ k tause de la raréfaction de l'iajr. lift m^t, les écidiles briltîetit avec un éclat

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qu^ell^s vtom pas dans une atmosphère plos dens^. Riea d'aussi cuiieuK que de les voir se leveir. Leur sortie des montagnes de neige , qui eiiiourent le voyageur , produit comme un éclair soudain; e€, quand elles se coucbent derrière les pics qui bordent leur horiasim, leur dispwition se lait avec la même rapidité que leur occultaiion par la lune.

La ôfBàe la plus élevée de cette partie de l'Himalaya paraît être le Duddrinaâth , qui^ d'après le calcul du major Neabel , a une élévation de ^3,44^ pieds. Le pic de Kedarnautb , autre cime de la jnème chaiue , n'a ^que 400 pieds de moins. 11 existe dans le district de Javrahir trois pointes encore plus élevées , et dont la plus haute n'a pas mmns de 25,749 pieds, au-dessus du niveau de la mer.

Mais nous ne sommes pas encore arrivés au point le f]us élevé. Auprès de la source du Gunduk j dans le Tfaibet , est un pic très^emarquable distingué par le nom de Dhawala^^Giri , la monr^ tagne blanche j qu'on peut certainement considérer, dît M. Colebrooke, comme élevée de 26,863 pieds au-dessus de la mer : c'est le Mont- Blanc de l'Himalaya; Quoi qu*il en soit, cette

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éionnanie chaîne de montagnes renferme incontestablement les plus grandes ëlëvations du globe. Le Chimboraço, montagne la plus élevée des Andes en Amérique, n'est pas à plus de a 1^70 pieds au^essus de la mer; ce qui faii 3,000 pieds, ou, si nous en croyons M. Gole-i brooLe , 5,ooo pieds de moins que les sommets les plus élevés des montagnes de Flnde.

Apràs cela il nous reste peu a dire pour ajouter à riptérét dé cette description. Les Ghates, qui étendent leurs chaînes de montagnes depuis Boo[ibay jusqu'au cap Gomorin, dans une direct tion presque nord et $ud , avec une petite incli- ^ai^n k Test, en suivant la lig^e de la côte, sont plutôt remarquables par leur beauté pitto-. resque que par leur hauteur. Cependant les Nilgherry de Tautre côté de Tlnde , presque derr irière Madras , oflfrent assez d^ntérét pour mériter quelques mots avant de terminer. Chure quç cela pourra exciter la curiosité , nous y trouverons un exempte de Tabsurdité de cette poli* tique qui faisait que les Espagnol^ tenaient tous les autres peuples dans Tignorance de ce que contenaient leurs colonies d'Amérique, et de ççl(e des Anglais , doublem^t absurde ), qui rcr

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tiennent non-seulement leis étrangers, mais en^ core leurs compatriotes y dans une ignorance encore plus profonde au sujet de Tlnde.

Avant la récente conquête du Népal, sous le marquis d^Hastings, les régions élevées des monts Himalaya étaient inaccessibles aux voyageurs anglais. Dans la partie du sud de Tlnde^au contraire, tout le pays était ouvert h leurs recherches. Le meilleur motif qu'on pût alléguer pour la découverte et la possession d'une région dans un climat tempéré , était les maux auxquels sont sujets les Européens dans les climats chauds des Indes , et la nécessité qui en était la suite , dans Tidée de Tabsence de tout climat tempéré dans rinde , l'inaccessible Himalaya excepté , de faire entreprendre aux malades de dispendieux voyages à nie de France , à la Nouvelle Galles du sud, au cap de Bonne-Espérance ou en Angleterre. L'éloignement de tout climat bienfaisant avait coûté la vie à une quantité innombrable de personnes. Des années d^un temps précieux et des sommes énormes avaient été sacrifiés, dans ces longs voyages , par ceux qui étaient obligés de s'absenter pour rétablir leur santé<

Eh bien! pendant tout ce temps ^ une région existait parmi les colUnes du Nilgherry ^ à une petite distance de Madras , où les Anglais avaient des établissemens depuis près de deux siècles ; et y grâces ati système de restriction et d'apathie qui gouvernait ce pays sous ses rois marchands^ ce ne ftit qu'en 1819 que cette région fut découverte.

Quel que soit Fétat de maladie et de souffrance de ces corps civils et militaires d'Européens, que le destin relègue dans les plaines basses de Cakutta^ de Madras et de Bombay, il n'y a k cela pour le moment aucun remède. On n'a fait encore aucune recherche sur la salubrité comparative d'autres positions/ et, par suite, on n'a encore jeté les yeux sur aucun lieu, où les Européens pussent )ouir de la température du climat de leur pays natal, ni trouvé de ville où Ton fut à Tabri des maladies et du mauvais air de la plaine. Cependant rien n'égale la salubrité des collines du PjfilgheiTy , plateau étendu entre Madras et la côte de Malabar. Le thermomètre s'y maintient à 60° dans la première quinzaine de juin^ à une élévation d'environ 3, 000 pieds

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au-dessus dii niveau de la mer ; tandis qa à cette même oppq^ue il est a i lâ"" au pied de ces mêmes coUlues.

Je ne puis résister au plaisir de communiquer au lecteur y a ce sujet » quelques extraits d'une lettre écrite du plateau du Nil^;lierry, le 16 )uin 1824 7 et qui a été. publiée dans les journaux anglais du tedips. Yoici cette lettre.

(( Vous apprendrez , je pense , avec plaisir que je jouis pour, ma santé de tous les avantages que je pouvais souhaiter; et pour cela rexperience que j'ai £aite de vemir sui* ces montagnes ui^a parfaitement réussi. Après avoir passé quelques jours très-agi'éalilemeut à Calicut, je moiatai dans mon palanquin y aVec le jour, dans la maiînée

du.<,. *, ^ je me dirigeai parle Coim-

betor y dç préfër<^ce k un auu^e tchemin .^ de moitié moins long , mais qui est considéré oomme daagereuK. Le matin du cinquième jour, j'arrivai au pied des collines , et je commençai h les gra^vir vers le milieu, de la nuit suivante^ Au point du jour, je me trouvai au milieu de tout ce qu'a de charmes le spectacle dçs montagkies, des rochers 9 des collines , des bois et des torrens i et, après avoir motité encore quelque temps >

92 TABLBÂtJ DE l'iUUE.

j^anÎTai à lo heures pour dëjeuner à un petit établissement nonuné Dinhutty, où quelques Européens ont construit des habitations. Le thermomètre y qm plus bas était k 98"* , était en cet endroit descendu de So"*, et je ne fns pas fâché le soir de me coucher sous deux bonnes couvertures. Je ne saurais vous décrire le plaisir que me causait ce changement. J'oubliai que j'avais été malade, et, malgré mes fatigues, j'étais dehors toute la journée , imaginant presque que )'étais eu Angleterre. Le paysage est charmant h Dinhutty ; les montagnes y sont taillées k pic , et resremiblent beaucoup k celles de la Suisse ; le climat y est délicieux, et tout y a tellement Tair de r Angleterre , qu'on oublie qu'on est dans l'Inde ; et je l'oubliai réellement quand je marchai au mois de mai, l'espace de deux milles, avec des dames, pour me rendre k un diner k trois heures. Après avoir passé Ik quelques délicieuses journées, je me remis k monter; je fis quinze milles k cheval , et j^arrivai ici en un lieu nommé Cotacamund , environ 3^000 pieds au-dessus de Dinhutty et par suite un peu plus froid. Le paysage est tout le long de la route d'une extrême beauté t La campagne est différente de celle d<^

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