CHAPITRE II
leur courage. La plus grande partie de rarmée du Bengale se recrute parmi ces hommes; et il est à remarquer qu'il y a dans cette armée peu de punitions corporelles , attendu que les plus légers reproches y font plus d'effet que les plus rigoureux traitemens.
•Sur la côte de Coromandel , Tlndou est une espèce d'hommes moins forte que celle des Rajpoots ; cependant il y en a parmi eux diverses classes qui sont tout-à-fait aisées. De l'autre côté de rinde^ sous la présidence de Bombay, les Indous habitans du Goudjerate sont principalement des Marattes , gens de beaucoup supérieurs aux habitans de la côte du Bengale y et même à ceux qui sont le long de celle de Camatic.
Le Jhareja de Couteh est k demi musulman ; il croit au Coran , adore les saints mahométans , et dans certaines circonstances répète les prières ordonnées par le culte qu'il professe. Il porte un bonnet et des culottes y et jure ordinairement par Allah; il y a cependant k cela quelques exceptions. Le culte de Wishnou a tellement prévalu dernièrement dans le Couteh , que quelques Jharejas l'ont adopté avec tout ce qu'il a de particulier. Quant aux autres habitans , ils sont In-
IIO TilBLEAU DE l'iNDE.
dons; et^ tant quMl lenr reste un brin de cheveux sur la tête , ne se soumettent point à la circoncision , adorent tout ce qui a la forme d'image , et se gardent de manger du bœuf ou autre viande proscrite.
Plus de la moitié des Jharejas sont excessivement adonnés aux liqueurs ; et il n'y a pas un homme sur cent qui ne boiv« des spiritueux tout comme un Européen boit du vin. Ceux qui ont ce goût boivent le matin de bonne heure , au milieu du jour et le soirj de sorte que Fon peut dire qu'ils sont contiduellement sous l'influence de la liqueur. Chaque ville ou village a un alambic où Ton extrait de la liqueur du sucre brut , des dattes ou des carottes , selon les moyens des particuliers. Ce sont des liqueurs très-pures , et beaucoup plus piquantes que nos spiritueux d'Europe , qui ne sont estimés des naturels que quand ils peuvent se les procurer pour rien. 11 n'y a dans ce. pays aucun déshonneur k être ivrogne. Les Jharejas ne prennent pas de Topium aussi (Communément que dans le Kathivar; cependant cette remarque ne saurait s'appliquer a ceux d'entre eux qui sont adorateurs de Wishnou^ qui, privés des liqueurs par leurs préjugés ,