‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, description géographique, statistiqueChapitre 20 sur 74 · CHAPITRE II. tll · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. tll

jprennent de Topium avec excès ^ bien que rien ne soit plus funeste.

Les femmes des Rajpoots sont bien diflEiérentes de celles de toute autre caste d^Indous : elles sont violentes 9 hardies^ entreprenantes, et sont justement célèbres pour la propreté remarquable de leur personne , et une recherche dans leur parure , même quand elles sont avancées en âge, ce qu^on ne rencontre dans aucune autre classe. Ces femmes ont leurs cosmétiques , leurs eaux de toilette, et entendent parfaitement Tart de se faire des marques ou espèces de mouches à Tendroit le plus propre à relever la beauté de leur pefiu ou de leur figure. La belle lUjpoote est réduite k intriguer avec les valets et domestiques, privée qu elle est d^une galanterie d'un genre plus élevé. Les Jharejas suivent strictement la coutume mahométane, qui éloigne les femmes de la vue; et les familles les plus pauvres ne permettent jamai^ que les femmes franchissent le seuil de leur porte. On ne permet pas aux veuves de faire un second mariage ; mais parmi les Abras et les Molheers, qui sont des Jharejas d'une classe inférieure, les cadets épousent les veuves des aînés.

lia TABLEAU De l'Iuds.

Les Grasias qui habitent le pays qui forme la frontière du Couteh, sont des Rajpoots de la tribu de Lodha^ Le territoire anciennement soumis k ces peuples , quoique sur la lisière du Désert, était très vaste d'après leurs traditions, et s'étendait du nord de Jesselmere jusqu'aux bords de Tin dus é Loi^ de Félévation de la maison de Timour, ils étaient encore en possession d'un pays étendu, et jouissaient de l'indépendance. Us sont maintenant dans un état voisin de la barbarie , et comme exilés de la terre ha-^ bitable.

Les Lodhas ne se croisent pas par le mariage , mais prennent des femmes chez les Dyas, les Kiacovis, les Solinkee3 , les Chacvans , les Ralhores et les Rajpoots de Wajela, qui demeurent dans leur voisinage. La caste des Lodhas est de-venue remarquable par le mariage de leurs filles avec les Mahométans : tout homme de distinction dans'cette croyance, et qui habite les pays d'alentour, épouse une Lodha. Elles sont regardées comme une race de femmes extrêmement belles , et sont préférées par les Rajpoots à celles de toutes les autres Castes auxquelles ils s'allient par des mariages. Ces femmes sont douées de

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tàlens naturels et de beaucoup de beauté; mais elles sont ambitieuses et intrigantes : leurs char* mes personnels leur assurent la faveur de leurs maris ; et elles savent augmenter -et raffermir cet empire par leurs artifices et leur adresse. Les Lodhases sojit d'autant plus estimées que leurs pères fondent leurs richesses sur le nombre de leurs filles, et se réjouissent de la naissance d'uir enfant de ce sexe ^ comme d'autres Asiatiques le tont pour celle d'un fils. Le Lodha tire un excellent parti de ses filles : celles qui sont belles lui sont payées de mille k dix mille roupies, outre rétablissement de la jeune fille, et d'un demi-cent de Lodhas besoigneux, ses parens.

C'est chose surprenante de voir les Rajas, les Nacoabs et les chefs, envoyant leurs mei^cures, sous la forme de charons et autres castes religieuses, pour aller chercher dans les Nandhs et les chaumières du désert des femmes destinées à briller et à commander dans les divers rangs de la société; et il est encore plus étonnant de voir que, dans deux pays voisins, chez les uns on ait soin de mettre les filles à mort, et qu'on les conserve chez les autres comme l'honneur et la

richesse de la famille. Outre les diverses classes

tl4 TÀBLEAIT DE l'iNDË.

de llajpoots, de Grasîas et de Mahométans, la populalion du Conteh comprend des Bhatties^ des Barryaiis, des Lowannas , âes Brahmapes de toute espèce, des Abiers, des Rehbaries et autres classes de bergers et de cultivateurs , avec plusieurs tribus mélangées , composées' moitié d'Indous et moitié de Mahométans.

Les Grasias mahométans sont les descendans des Sindbis. Un grand nombre , après avoir quitté leurs habitudes pastorales primitives , sont employés au service militaire. Le Mégannec^ pays montagneux vers la frontière de Test du Couteh, tire son nom des Megannos, tribu infâme venue du Delta de l'Inde, et composée de voleurs et d'assassins de profession. Les Bhatties sont d'origine Sindhie ; un grand nombre d'entre eux sont des marchands et les plus riches du pays. On en rencontre dans tous les ports de l'Arabie et de la côte de Fouest de l'Inde. Le capitaine Maemorde en parle comme d'une race remarquable par sa beauté^ et dont la tournure diffère de tous les Indous qu'il a vus ; il les dit industrieux , mais dissolus et licencieux. Ce n'est que dans ce dernier siècle qu*ils sont devenus sectateurs deWishnou. Us ontpouf leurs

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