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chars leur donnent un air imposant. Quand les images ont ëté solidement placées sur leurs chars , on apporte un coffire , qui contient les mains , les pired^ et les oreilles d^or ou dorées de la grande idole ; on les met tn la plate qu-ils •doivent occuper , le tout en grande cérémonie , et on drape avec soin une écharpe d'écarlate sur la partie inférieure du corps , ou plutôt sur le piédestal. La joie et les acclamations de la foule an premier mouvement que font les chars, le craquement des roues, quand ces lourdes machines s'avancent; le bruit discordant d'innombrables instrumens , Taspect général de cette immense masse d'êtres vivaces, qui se ment à la fois , tout cela , il faut Tavouer , produit un effet pittoresque et qui en impose.
Le docteur Buchanan, dans ses Recherches chrétiennes f dit en parlant de sa visite au temple de Juggemacet , en juin 1806 : (tUn grand nombre de pèlerins meurent en route , et leurs corps généralement restent sans sépulture , dans la plaine qui s'étend le long du fleuve , prèa^du caravansérail des pèlerins ; ici à Budruck , à cent milles de Juggemacet , il 7 a plus d'une centaine de crânes humains. Les chiens , les jackals , lés
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vautours , semblent se nourrir ici de chair liu^ maine. De quelque coté que je tourne la vue ^ mes regards ue rençoiitreut quef la mort sous une forme ou sous une autre : du lieu où je suis maîihtenant, ma vue erre sur tme multitude. semUaUe à une aro^e , campée k la porte de la ville de Juggemacet, ou on a posté des soldats qui inter* disent l'entrée dans la ville 9 à moins de payer la taxe. Un pèlerin annonça qu il était prêt à s'oflOrir en sacrifice k Tidole. Il se coucha sur la route , devant le char qui s'avançait ; sa figure était tour^ liée vers la terre , ses bras étaient étendus en ayaqt; la multitude s'écarta y et les roues du char récrasèrdPt. Combien je souhaiterais que les prof priétaîres d'actions de la compagnie des Indes eussent pu contempler, comme moi, ce char de JtiggemM^t, et voir de quelle infâme source ils tirent leurs revenus» J'ai vu ce matin une scène doidoureuse; une pauvre femme se mourait :
elle avait près d'elle ses deux enlans qui regar^ daient les chiens et les vautours près d'eux. Je leur demandai où ils demeuraient. Ils me dirent qn'ib demeuraient là où était leur mère. »
U est impossible de se former une idée exacte du nombre des victimes: un témoin oculaire
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4e ces fênes barbares écrit : « L'aident reçu cette année^ à la porte de la ville, excède de beaucoup Ift somme perçue les autres années ; elle s^élève à :i6o,ooo roupies (800^000 fir.). Le nombre des pèlerins est estimé k 325yooo. Le capitaine F^ élève k 5ooo ceux qui sont morts k Cuttack et k Poorce , et dans l'espace situé entre ces deux stations. Combien donc de ces malheureux ont dû périr avant de regagner leur rési<«dence! Plusieurs étaient venus de 100, ^00 et 30fO li^es. M. le percepteur européen 4e Poorce «slimait la mortalité a 20,000.
SuependoflOkS le récit de ces scènes révoltantes ; elles affligent celui ipii les raeoiite; elles soulèvenit celui qui les écoute. Mais il import'e, pour ri»telligence de Tétat actuel de l'Inde , que ces atrocités soient connues. Je prouverai bientôt , quand je traiterai du gouvernement de ce pays , eh d^s sources éa revenu , que non-seulement les impôts les plus oppressifs pèsent sur les pro*^ 4uoâons de ces contrées , mais que ces horribles et ïtévoUamtes superstitions sont taxées par te gouvernement de Tlnde, qui les sa^nctionne en vue du honteux bénéfice qu'il en retire, te fait, je le prouverai d'une manière incontestable et
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inespéré intéresser par là le politique , le philan*thrope , le commerçant ^ à dénoncer Texistence d^un système qui non-seulement sanctionne toutes les abominations qui peuvent déshonorer rhumanité, mais encore arrête et neutralise dans leurs canaux légitimes les progrès de la richesse et de l'industrie.
Il m^eût été facile de grossir ce catalogue de superstitions; mais j^en ai dit assez pour exciter une indignation salutaire.
Dans le chapitre suivant , je vais tracer This-^ toire de cette compagnie des Indes, le seul monument de monopole commercial qui soit encore debout ( car tous les autres , après une durée plus ou moins longue , se sont successivement écroulés). On verra alors quel déplorable usage on a fait jusqu'à ce jour, de possession^ si riches, si étendues. Ceci nous conduira naturellement à examiner comment, sous une administration phis sage et plus éclairée, le régime de ces vastes contrées peut être rendu bienfaisant pour leurs pro{^res habitans, et favorable au développe*ment du commerce européen.