CHAPITRE III. l4g
pace de dix-sept milles carrés ; en les comprenant f et en supposant quUls s'étendissent seulement d'un mille de l'est à l'ouest , cet espace doit avoir été de près de soixante milles carrés. Or Calcutta avec ses faubourgs ne contient pas plus de quinze milles carrés. En estimant à cinq cent mille habitans la population de Calcutta ^ celle de Gour doit avoir été de deux millions } aucune capitale dans l'univers^ si ce n'est peutêtre Pékin f ne peut en approcher:
Passons maintenant dans la partie occidentale de rinde^ où les monumens antiques offrent un caractère plus varié et plus spécial que prescrivait la nature du pays. Les principales antiquités de Salsette sont les temples souterrains de Kennerj ^ construits dans le massif principal de la chaîne de collines qui partage Tile en deux portions à peu près égales. Ces souterrains sont pratiqués à des hauteurs diverses sur chacun des flancs de la colline; leurs dimensions et leurs formes varient. La plupart paraissent avoir servi d^habitation a des moines ou ermites j à plusieurs sont réunies des citernes profondes bien pourvues d'eau. On y voit une très-belle chambre de forme carrée , dont les murs sont cou-
l5o TABLEAU DE l'iKDE.
v«rls de sculptures. Tout autour règne un banc de pierre ; on l'appelle Durbar y et on croit que c'était une école. Le plus vaste et le plus remarquable de ces souterrains est un temple d'une grande beauté et d'un aspect imposant , consacré au culte de Boudha. Même en son état actuel, ce monument constituerait un très -bel édifice religieux. On y entre par un portique majestueux sur le devant duquel , mais un peu a gauche , s'élève une haute colonne de forme octogone, suripontée de trois lions couchés et qui se tournent le dos. De chaque côté du portique est une statue colossale de Boudha , représentée les mains élevées dans l'attitude d'un homme qui bénit. La cloison qui sépare le portique du temple est revêtue d'une suite de figures d'hommes et de femmes , sculptées avec beaucoup de talent et qui paraissent représenter des danseurs. Au centre est une vaste porte, et immédiatement au-dessus , trots fenêtres qu'entoure une arche circulaire, semblable à celles que l'oii voit à l'entrée des églises italiennes. Cette salle, dont la longueur est Ae cinquante pieds et la largeur de vingt, forme un carré oblong , terminé d'une manière semi-circulaire ,