‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, description géographique, statistiqueChapitre 27 sur 74 · CHAPITRE in. l5l · texte numérisé non relu

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et entouré de tous côtés, si ce n'est à Fentrée, d'une coloRnade de piliers octogones; de ces piliers, les douze qui. de chaque côté sont les plus rapprochés de Tentrée ont des bases et des chapiteaux sculptés , ornement usité dans tous les temples indiens. Les autres ne sont point terminés. Le plafond de ce souterrain est formé d'une voûte semi-circulaire et orné d'une manière très-singulière , de lattes fort minces de bois de teak^ qui, suivant la courbure de cette voûte , paraissent disposées comme pour lui servir d'appui ^ quoiqu'elle n'ait, pas besoin de ce support. On y suspendait sans doute des lampes ou des fleurs dans les fêtes solennelles. Les souterrains innombrables pratiqués dans toutes les parties de la colline , sont de forme carrée , et Le plafond en est horizontal ; tout annonce que cette montagne contenait une cité souterraine , creusée dans les rochers, capable de contenir une population de plusieurs milliers d'habitans , et dont le temple principal était sans doute Tédifice que j'ai décrit plus haut; des terrasses, des escaliers en grand nombre , conduisent d'un souterrain à l'autre et servaient de moyen de communication à CQtte population étrange qui se

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pressait en foule dans ces mêmes lieux où Von n^entend plus que les pas du voyageur qui vient à la hâte visiter ces ruines dont le nom même a péri^ et ces campagnes autrefois fertiles, aujourd'hui presque impraticables , séjour insa-* lubre et désolé, devenues le repaire des tigres du désert.

Des temples souterrains , pareils k ceux de Kennery , mais plus petits et moins intéressans , se trouvent à Monpezier et Ambouli, deux villages sur la route de Bombay.

Tous ces temples sont dans File de Salsette , séparée de Tilc plus petite de Bombay par un bras de mer très-étroit que traverse maintenant un pont. Mais sur le continent de Tlnde , presque en face de ces îles, et sur la route de Pounah, on en rencontre aussi qui méritent d'être décrits.

Le souterrain de Karli est environ a un mille de distance de la route qui conduit du village de Kandaulah k celui de Karli. Il est aussi en face d*un précipice sur le flanc et environ au tiers de la hauteur d^une colline s'élevant verticalement à plus de doo pieds au-dessus de la plaine. Le souterrain contient , outre le ten^le

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principal, plusieurs salles et galeries de deux étages , dont quelques - unes omëes avec une grande beauté et destinées , évidemment, comme à Kennery, à servir d^habitation k des moines. Le temple lui-^même est construit sur le même plan que celui de Kennery , mais une fois plus vaste , et infiniment plus riche et plus magnifique.

Mais le plus intéressant des temples souterrains dans le voisinage de Bombay , est sans contredit celui d'Elephanta, visité et décrit par un grand nombre de voyageurs. La description la plus fidèle de ce monument se trouve dans les Transactions de la Société littéraire de Bombay par M. Erskine. Elle occupe a elle seule la plus grande partie d'un volume in-quarto. Le peu d'espace que mon plan m'oblige à lui consacrer ne pourra sans doute en donner qu'une idée bien imparfaite.

J'ai moi-même aidé à lever le plan du temple ; j'ai accompagné cet homme distingué dans ses explorations; j'ai joui de sa conversation instructive. Je puis affirmer l'exactitude des détails qu'il a donnés au public ; mais, pour moi , je dois me contenter ici d'un abrégé très-succinct«

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Presque au centre de la baie, a environ sept milles du château de Bombay , et cinq de fa rive Mahratte , on découvre une île boisée appelée Elephanta , célèbre par Fun de ces souterrains sacrés. Il se compose^ comme celui de Bombay, de deux longues collines que sépare un étroit vallon ; sa circonférence est de trois à quatre milles. Uéléphant de pierre qui a donné son nom à Tile est dans une plaine à environ un quart de mille du rivage , vers le sud : il est de trois fois la grandeur naturelle , grossièrement sculpté d'un seul bloc de rocher noir, et dans un état déplorable de mutilation. Il a sur le dos un animal qu on dit être un tigre , mais qui n'a plus aucune forme reconnaissable. Un sentier raide et étroit conduit du rivage sur la colline ^ à travers des bois et des précipices. Au bout d'un demi-mille , oh rencontre le premier édifice souterrain. C'est une sorte de portique que soutiennent deux piliers et deux pilastres, et qui parait avoir été destiné à former l'entrée d'un temple taillé dans le roc, qui n'a pas été exécuté. A un quart de mille plus loin, aux deux tiers de la hauteur de la plus élevée des deux collines , se trouve le grand souterrain ; ii

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est dans une situation admirable , et mérite tous les éloges qui lui ont été prodigués.

En y comprenant les salles environnantes , le grand temple a une longueur dé deux cents pieds , sur une largeur de cent cinquante. Il excède par ses dimensions le souterrain principal de Salsette y mais il n'en a pas la hauteur : malgré le nombre et la richesse des décorations , le spectateur ne peut oublier qu'il est dans un souterrain; k Salsette^ la concavité des voûtes, la noblesse des colonnes donnent à tout l'édifice un aspect majestueux; et cependant^, a Elepfaanta , on éprouve un sentiment plus vif de surprise et d'admiration.

On aperçoit trois rangs de colonnes massives taillées dans le roc , formant trois magnifiques avenues qui conduisent à la grande Idole sur laquelle la vue se termine. Une lumière bleuâtre donne a cet ensemble quelque chose de lugubre et de solennel.

La figure du milieu se compose de trois têtes , qui s'élèvent de la porte k la voûte , a une hauteur d!environ quinze pieds.

De ces trois têtes , celle du milieu , qui a quatre pieds de large , est vue de face et porte Tem-

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preinte d^une dignité calme ^ la tête et le coi:» sont couverts d'omemens magnifiques ; la tête à gauche est vue de profil et revêtue d'une riche coifiure ; dans une main elle tient une fleur de loto , dans l'autre un fruit qui ressemble k une grenade ; h son poignet un anneau comme ceux que portent lès Indous. L'expression de sa physionomie est agréable ; il n'en est pas de même de la tête qui est à droite, et vue aussi de profil. Le front se projette ; le regard est farouche ; des serpens forment la chevelure, et on distingue un crâne humain qui couvre la tête comme d'une coilSure : une main tient un énorme serpent ; un plus petit est dans l'autre y tout est propre k frapper d'un sentiment de terreur. Chaque côté de la niche est [soutenu par une figure colossale qui s'appuie sur une main. Il y a de chaque côté de cette niche une autre niche d'une étendue considérable et couverte de figures. Au milieu de la niche de droite s'élève une figure de femme de forme colossale, et n'ayant qu'une mamelle ; cette figure a quatre bras : la première des deux mains droites s'appuie sur la tête d'un taureau , l'autre tient un cobra di capello ; la seconde main gauche tient un bouclier rond; h

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