CHAPITRE m. \5q
sus du niveau du terrain intermédiaire. L'aspect de cette cité désolée porte à Tâme un sentiment d'étonnement mêlé de douleur. Le nombre et la magnificence des temples souterrains, rétendue et l'élévation de quelques uns, dans d'autres la diversité infinie des sculptures , la variété curieuse que présentent les découpures, le minutieux des détaris, le travail des colonnes , la richesse des dessins mythologiques, les niches consacrées, les statues colossales , tout saisît et confond le spectateur étonné.
Cet étonnement fait place à un sentiment non moins naturel; on se demande comment de si prodigieux efforts du travail et du talent nous ont été , transmis par des siècles , qui certes n'étaient pas barbares , sans que rien puisse nous apprendre k quelle main sont dus ces dessins et ces plans , et quelle nation puissante les a exécutés.
L'empire dont cesmonumens ont été la gloire , cet empire a passé , et point laissé d'annales. La religion a laquelle nous devons une "partie de ces travaux, existe encore ; le reste a disparu avec les auteurs de ces merveilles.
Sur la colline 5 à deux cents pas au-dessus de
l6o TABLEAU DE 1,'lNDÉ.
Cour de Flnde, est sculpté, dans un roc de basalte noire , une figure colossale de Boudha ou Parisnauth , complètement nue , assise sur un char , comme Tindique une roue qui se projette de la moitié de son diamètre; de, chaque côté de la roue sont des têtes d'éléphans et de tigres qui supportent le siège.
Sur une projection horizontale , immédiatement au-dessus de la roue , est gravée une table astronomique; la figure 9 qui a dix pieds de haut, est assise les jambes croisées^ les mains Tune dans Tautre sur les cuisses ; une chevelure bouclée semble couvrir sa tête y sur laquelle se projette l'ombre d'un serpent à plusieurs têtes, dont le corps roulé en replis redoublés derrière l'image lui sert comme d'un coussin sur lequel elle s'appuie. Le Cour de l'Inde consiste en trois souterrains ensemble ; on y entre par une porte superbe taillée dans le roc, sur laquelle sont deux lions couchans; au centre de l'enceinte dans laquelle cette porte conduit , se trouve une pagode artistement sculptée ; à gau-^ che est un fort bel obélisaue surmonté d'un groupe de figures humaines assises ; et à droite ^ un éléphant sans cavalier.